Gregoire Barbey

10/01/2012

Thèse de la liberté restreinte

Une question qui a fait couler beaucoup d’encre au cours de ces derniers siècles et qui a profondément marqué la philosophie et la politique est celle de la liberté.

Rousseau est l’auteur de la célèbre phrase « l’Homme nait libre et pur, c’est la société qui le corrompt ».

Il faut comprendre le terme « société » dans son acception globale. Une société est donc la construction d’un ensemble de règles qui relient des individus entre eux, schématiquement dirons-nous. À l’heure actuelle lorsque nous parlons de société nous pensons à ces grandes institutions étatiques dans lesquelles nous vivons. Néanmoins en poussant la réflexion plus loin nous pourrions aisément concevoir une société constituée de quelques dizaines d’individus uniquement. Nous pouvons aussi considérer une communauté restreinte. Ma méthode ici est de définir où apparaissent les contraintes liberticides. Imaginons une famille constituée d’un père, d’une mère et de leur enfant, vivant en autarcie. Ce que les parents enseigneront à leur fils peut être considéré comme un facteur influent sur la formation de son esprit critique et de ses valeurs, le prédéterminant ainsi à certaines formes de comportement et de réflexion, d’attitudes automatiques etc. Je veux dire – et cela je ne l’ai lu nulle part – qu’il me parait évident que toute emprunte sur le développement psychique d’un individu (contrainte externe) est un coup porté à la notion de liberté dans son acception philosophique. Consultons le Vocabulaire technique et critique de la philosophie1 à propos de la liberté :

« Sens primitif : l’homme « libre » est l’homme qui n’est pas esclave ou prisonnier. La liberté est l’état de celui qui fait ce qu’il veut et non ce que veut un autre que lui ; elle est l’absence de contrainte étrangère. (…) »

Ici apparait donc avec une certaine évidence les arguments présentés dans mon précédent essai Critique de la notion de Libre-Arbitre et éloge du déterminisme et que maintenant je désire élaborer de manière plus précise : la théorie d’une liberté restreinte.

Rappelons au lecteur que le déterminisme tel que je l’entends n’est pas issu de la doctrine philosophique dont il a été l’objet. Il faut ici rapporter une acception propre à ma définition et mon utilisation de ce terme. Nous dirons donc que le déterminisme est l’ensemble des causes qui influencent les comportements humains, par des nécessités intérieures ou des contraintes externes.

Le meilleur exemple de déterminisme latent dans notre époque est l’omniprésence des médias dans notre quotidien. Il serait de très mauvaise foi que d’affirmer qu’ils n’ont aucun impact sur notre comportement. La société est en elle-même un facteur déterministe important – peut-être même le plus grand et le plus influent sur notre volonté. L’endoctrinement consiste à déterminer de l’extérieur le comportement interne d’un individu lambda. Chez Chomsky, les médias sont l’expression d’une propagande qui veut imposer sa vision des choses. Ici, la méthode est plus perverse et sous-terraine, car nous vivons dans des sociétés de type démocratique, ce qui, à l’inverse d’un État totalitaire, présuppose qu’imposer explicitement une ligne de comportement et de conduite est antinomique à la constitution de ce système. Cependant, Chomsky met l’accent sur le fait que les médias, et j’adhère personnellement à ses propos, ne font pas l’objet d’une censure gouvernementale systématique, mais sont dans la même ligne productiviste que les gouvernements eux-mêmes, donc appliquent des autocensures à leurs plateformes d’expression pour des raisons de politique intérieure et de business. En somme, leurs intérêts concordent plus ou moins avec ceux de l’État. Mettons donc de côté les habituels lieux-communs sur une quelconque Théorie du Complot, tout à fait hors de propos. L’important ici n’est pas de tenir un procès aux institutions et à notre système. D’autres l’ont fait mieux que je ne saurais le faire. Ce qu’il faut retenir, c’est l’influence des médias dans notre perception de la réalité. Il est aisé de constater à quel point nous sommes tous victimes des propagandes à grandes échelles. Il y a actuellement dans la société de consommation une agression – et le terme est un euphémisme – externe due à la quantité impressionnante d’informations qui défile perpétuellement. Je ne pense pas trop m’avancer en affirmant que nous devenons essentiellement des capteurs sensoriels qui reçoivent une masse toujours plus importante d’information en tout genre. Majoritairement, notre échange avec le monde – la réalité dirons-nous – se fait à sens unique. Malgré l’essor des moyens de communication, nous nous exprimons de moins en moins. Dès lors, trier l’information de la désinformation devient une tâche si ardue qu’une très faible proportion de la population en est capable. Imputons cela en grande partie à l’éducation – l’enseignement scolaire principalement. Nous reviendrons sur ce sujet ultérieurement.

Rajoutons à cet océan d’information le facteur du quotidien. Dans la société capitaliste la norme est d’exercer un travail. Celui-ci nous accapare une très grande portion de nos journées. En moyenne, il faut compter un tiers voire plus. Je ferai ici intervenir Nietzsche qui dit « celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour lui-même est un esclave, qu'il soit d'ailleurs ce qu'il veut : politique, marchand, fonctionnaire, érudit ». Comme à son habitude, il est franc, la chose est dite sans plus de tergiversation. L’évidence s’impose d’elle-même, mais dans une société qui se dit « libre », il est difficile d’exprimer un tel point de vue sans se heurter à un mur impénétrable. Ainsi, l’individu lambda qui travaille huit heures par jour n’a pas le temps de remettre en question le flux d’information continu que ses sens perçoivent. D’autant plus s’il allume la télévision lorsqu’il rentre chez lui. Le vertige, c’est réaliser à quel point tout est information. Dans les magasins, les rues où sont placardées affiches politiques, publicités, slogans et autres, chez soi, dans son frigo, dans les journaux, à la télévision, sur l’ordinateur, à la radio, même dans la musique que nous écoutons. Je puis donc certifier que l’afflux incessant d’éléments extérieurs qui viennent irrémédiablement se loger dans nos pensées, conscientes ou inconscientes, influencent très sérieusement notre rapport au monde, et également à nous-même. Ce sont ce que j’appelle des facteurs déterminants – c’est-à-dire qu’ils s’intègrent dans notre processus psychique et ce faisant, déterminent nos actes et notre manière de penser dans une situation donnée – et ceux-ci peuvent être observés à tous les stades de l’évolution d’un être humain. Certains le savent déjà, et utilisent cette malléabilité de l’esprit pour leurs propres intérêts. Prenons par exemple certaines multinationales, ici la façon de procéder est sournoise. Des statistiques sont faites pour prendre la température de l’opinion publique sur un produit spécifique, ce sont bien sûr des recherches qui sont menées avec une rigueur extrême, il s’agit là de l’avenir de l’objet qui sera mis à la portée des consommateurs. Si les études concluent à une opinion plutôt défavorable, il faudra alors mettre en œuvre la façon dont sera vendu le produit (il peut s’agir d’une technologie, d’un traité, d’une nouvelle loi, d’une guerre, bref le champ est large) pour contourner la désapprobation du public. Les techniques sont multiples, nous pouvons noter la restriction d’un champ lexical précis qui sera intégré par les consommateurs de façon positive. L’image est également très importante et peut constituer en elle-même la mise en valeur. La perversité est constatable par exemple dans le cas d’une technologie dont le consommateur n’a pas besoin. Néanmoins pour qu’il achète le produit en question, il faut qu’il ait la sensation que cela lui est nécessaire. Tout sera misé là-dessus. Chomsky, dans une interview, donne une très belle illustration de cette méthode d’influence : à l’époque, les femmes ne fumaient pas. Mais après la première guerre mondiale, des publicités ont jailli en nombre incroyable. Il fallait désormais donner envie à la gent féminine de fumer. Pour cela, rien de très sorcier : quelques stars se délectant de leur cigarette à l’écran et sur les affiches, et le tour est joué. L’art de cette duperie est de vendre non pas le produit, mais l’image de ce dernier. Toute l’esthétique prend alors une place prépondérante afin d’enjoliver la chose et donner envie à d’autres de la posséder. Tout cela met en lumière les mécanismes internes qui nous déterminent. La publicité est matraquée sans discontinuer afin de conditionner les consommateurs à s’intéresser à l’objet de sorte qu’ils en oublient les contours négatifs pour n’avoir plus qu’en tête les aspects positifs. Il serait alors possible de vendre à peu près n’importe quoi dès lors que la mise en valeur du produit a été travaillée avec rigueur.

Pour obtenir l’approbation du peuple afin de mener une guerre, il faut impérativement jouer avec les faiblesses de celui-ci. De nos jours, la médiatisation a apporté une autre image de la guerre, et de nombreuses personnes savent ce que peut réellement représenter en termes de vies humaines et de dégâts une confrontation militaire. Le meilleur moyen de manipuler l’opinion publique en lui faisant accepter la guerre, c’est lui servir continuellement et à toutes les sauces une information qui finira par le déstabiliser. Nous savons aujourd’hui que les thèmes principaux utilisés par les grandes puissances sont la peur et l’insécurité. Les États colonialistes, comme les États-Unis d’Amérique, ne peuvent pas partir en guerre contre un autre pays sans l’acceptation de la masse, ce sont les règles de la démocratie. Le meilleur moyen de procéder sous couvert d’agir démocratiquement est d’offrir aux masses la sensation d’être libres de choisir, alors qu’en réalité le choix fut fait bien avant qu’elles soient prises à parti. Plusieurs possibilités s’offrent aux intéressés pour obtenir une opinion favorable à une guerre, nous pouvons mettre en exergue quelques exemples : diaboliser un dirigeant, comme ce fut le cas en Libye avec Kadhafi. Pour cela, il faut invoquer les plus grosses atrocités qui peuvent être imaginées, la cible doit devenir un monstre inhumain et menaçant pour le reste du monde et en particulier le pays concerné. Il en fut de même pour l’annexion de l’Irak après les attentats du 11 septembre 2001, mais également pour le Cambodge, le Viêtnam, et bien d’autres victimes de l’empirisme américain. Pour en revenir à Chomsky, celui-ci a permis d’établir très clairement qu’elle a été la politique gouvernementale dans ces cas précis, allant jusqu’à clamer haut et fort que la guerre contre le terrorisme voulu par les États-Unis n’était qu’une hypocrisie faramineuse puisqu’ils étaient d’autant plus coupables que n’importe quel autre pays à travers le monde. Là, les médias prennent une place nécessaire dans la mise en place de la manipulation de masse puisqu’ils ont tout intérêt à parler de sujets sensationnels. À ce propos, Chomsky nous révèle une information capitale : « La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature. »

Et cela fonctionne d’autant plus que le peuple se croit libre de choisir. Il est important de noter la rupture qui s’effectue dès lors entre l’impression d’être libre et le véritable mécanisme sous-jacent qui s’opère, celui-là même que je nomme détermination. Prenons une citation qui fera la lumière sur cette sensation que les êtres humains ont face à leur impression de liberté totale :

« … Plus je recherche en moi-même la raison qui me détermine, plus je sens que je n’en ai aucune autre que ma seule volonté : je sens par-là clairement ma liberté, qui consiste uniquement dans un tel choix. Ce qui me fait comprendre que je suis fait à l’image de Dieu ; parce que, n’y ayant rien dans la matière qui le détermine à la mouvoir plutôt qu’à la laisser en repos, ou à la mouvoir d’un côté plutôt que d’un autre, il n’y aucune raison d’un si grand effet que sa seule volonté, où il me paraît souverainement libre.2 »

Cette citation est d’autant plus significative qu’elle permet de démontrer avec pertinence la valeur que prend la liberté. Celle-ci ne doit en aucun cas être considérée comme le décor de la condition humaine, au contraire, elle tient le premier rôle dans le rapport de l’humanité au monde.

Nous accorderons volontiers à Bossuet, auteur de la phrase précitée, notre humble compréhension pour avoir écrit cela, puisqu’il était lui-même déterminé par le christianisme, sans lequel il n’aurait probablement jamais rien dit de tel en ces termes. Il a vécu au XVIIe siècle, il lui était donc difficile d’avoir autant de recul sur son époque que nous, d’autant plus que la science n’avait pas mis au jour ce que nous savons aujourd’hui. Les neurosciences, la génétique, l’embryologie etc. n’existaient pas en ce temps-là, et l’implication de la culture chrétienne était si importante que s’extraire des présupposés religieux relevait du génie.

Néanmoins, il est fondamental, pour saisir la clef de l’influence déterministe, d’étudier cette phrase.

Il semblerait qu’en écrivant cela, l’auteur ne prenait pas la problématique dans la bonne direction. Il ressentait visiblement que ses actes étaient dénués de tout déterminisme – interne comme extérieur – alors qu’il est très facile de deviner que pour rédiger cette certitude, il lui a d’abord fallu être prédéterminé par le langage humain et la pensée, donc l’ensemble de sa composition biologique, et en même temps d’avoir été déterminé par son époque, par l’enseignement intrinsèquement lié à la religion et donc au dogmatisme, la situation sociale et plus encore des connaissances qui étaient à portée de sa pensée.

Pour illustrer mes propos, prenons ce que Confucius disait : « N’oublie pas que ton fils n’est pas ton fils, mais le fils de son temps. »

Cette phrase proverbiale suppose qu’être le fils de son temps, c’est évidemment être déterminé par l’époque en question, donc par l’ensemble des composantes qui la constituent : les mœurs, l’enseignement, l’avancée de la connaissance, la politique, le système social, la localisation, etc.

Ne peut-on pas conclure que démontrer la pertinence du Libre-Arbitre revient à être déterminé par la nécessité de le faire ? Soyons moins obscurs : pour en être arrivé à écrire cette phrase, Bossuet a dû inévitablement vivre dans une société dont les présupposés sont impossibles à anéantir totalement – même le plus libre des penseurs ne saurait se dire lavé de toute prédétermination, cela n’aurait pas de sens, et au contraire plutôt qu’une liberté de penser, cela serait l’incarcération de son esprit au sein d’un système réflectif qui l’empêcherait de s’évader de façon significative – et il s’est donc prélassé dans la doctrine chrétienne selon laquelle Dieu a donné à l’Homme le Libre-Arbitre et que donc, ses choix sont le résultat de sa seule volonté et non d’un enchevêtrement de conditionnement génétique et biologique ainsi que des déterminations issues de l’extérieur ce qui me paraît insoutenable intellectuellement. Même Chomsky, pour qui j’ai un profond respect pour tout le travail incroyablement sensé qu’il a apporté, tombe dans le piège du labyrinthe « Libre-Arbitre » en affirmant qu’il serait peut-être impossible d’y répondre un jour sérieusement, et qu’il s’agit sûrement de la limite de la pensée humaine.

Je ne le répéterai jamais assez au cours de la rédaction de mes réflexions sur le sujet, mais il est d’une extrême complexité d’aborder cette thématique sans blesser l’égo de l’être humain et probablement que certains lecteurs auront aussitôt fait de se détourner de mon approche.

Pourtant, il est d’une importance toute philosophique que de se pencher rigoureusement sur cette problématique, car elle englobe bon nombre de présupposés, à commencer par l’enseignement, les méthodes punitives de la Justice, la structure sociale, l’acheminement de la pensée humaine, etc.

Tous ces thèmes et beaucoup d’autres encore, je les aborderai chacun à leur tour dans la suite de cet essai. Il faut rendre compte de nos connaissances, aujourd’hui suffisamment avancées, pour définir si oui ou non la liberté telle qu’elle nous est enseignée et telle que nous la comprenons à notre époque et durant celles qui ont précédé la nôtre n’est pas erronée.

Pour terminer cette introduction à mon projet, je propose une petite illustration qui répond à la question que certains ne manqueront pas de poser : « Pourquoi remettre en cause la liberté ? »

La liberté idéologique peut être comparée à de l'eau pure : cette dernière, dans la situation d'une température qui descend au-dessous de zéro degré, ne gèlera pas. Néanmoins, dès la moindre bactérie, la réaction sera instantanée. L'eau n'est alors plus de l'eau mais de la glace. Il en va de même pour la liberté : dès lors qu'une contrainte survient, comme je l'explique par les déterminations internes et externes, nous ne pouvons plus parler de liberté au sens philosophique, c'est pour cela que j'ai développé ma théorie de la liberté restreinte.

 

1 «Vocabulaire technique et critique de la philosophie », Paris, 2010 p. 558, art. Liberté

2 Traité du Libre-Arbitre, chap. II. Bossuet

11:34 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : philosophie, pensée, liberté, thèse |  Facebook | | | |

Commentaires

merci pour votre magnifique texte
sur la liberté restreinte:)))

bravo pour votre beau blogue
sur la liberté

permettez-moi de vous offrir
une de mes chansons
une vraie histoire vécue
écrite sur le thème de la liberté

SUFFIT D'UNE ALLUMETTE

COUPLET1

ma liberté
une nuit un orage
un jeune pouceux
que j'ai connu s'a route

à 25 ans
y a perdu son courage

j'ai 58
c'est pas grave un naufrage

l'un comme l'autre
pas de sac de couchage
rien à manger
une chance ma gourde est pleine

le jeune a mal aux pieds
j'le vois dans son visage
y va pleuvoir
y a d'la glace dans ses veines

REFRAIN

que je lui dis
suffit d'une allumette
pour enflammer ta vie

rêve d'une conquête
d'un grand feu sous ta pluie
d'un grand feu sous ta pluie

COUPET 2

ma liberté
une nuit un orage
j'ai dit au jeune
va dormir en d'ssous d'l'arbre

m'a prendre soin d'toé
m'a m'occuper du feu
mets mon manteau
tu vas t'sentir au chaud

une chance qu'on est
en d'ssous d'un sapinage
je casse des branches
chu mouillé d'bord en bord

la run est toffe
pendant que le jeune dort
je pris pour qu'il
retrouve son courage

COUPLET 3

ma liberté
une nuit un orage
au p'tit matin
chu complètement crevé

y mouille encore
mon feu est presque mort
le jeune se lève
y est comme énergisé

y fonce dans l'bois
y casse des gros branchages
y est en pleine forme
son feu m'monte au visage

sèche mon linge
lui son manque de courage
y m'sert la main
et reprend son voyage

REFRAIN FINAL

c'est lui qui m'dit
suffit d'une allumette
pour enflammer ma vie

j'te jure
que j'rêverai de ma conquête
d'un grand feu sous ma pluie
et le vieux
je te remercie

Pierrot
vagabond celeste

www.enracontantpierrot.blogspot.com
www.reveursequitables.com
google,
video vagabond celeste,
conteur Simon Gauthier

Écrit par : poete du quebec | 01/02/2013

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