Gregoire Barbey

29/01/2012

Du vertige d'être soi, mes pensées pour moi-même à l'attention des autres

Je me pose d’innombrables questions, sur moi, et sur le sens des choses. Jour après jour, je constate avec insistance à quel point Nietzsche était dans le vrai lorsqu’il disait que « vivre, c’est repousser quelque chose qui veut mourir ». Est-ce le cas pour tous ? Je ne me risquerais pas à cette généralisation, car je ne suis pas en mesure de l’affirmer. Pour moi, ça l’est. Ce quelque chose qui veut mourir, je pense l’avoir cerné, bien qu’il tente de se cacher. Il s’agit de l’enfant qui n’a jamais pu s’exprimer, et qui n’a cessé de gémir, esseulé et incompris. Je le sens se débattre, et je connais son moyen de se faire entendre. Cet enfant, ou cette métaphore, peu importe, transparait nettement dans mon comportement émotionnel. Il est là, à tenter de combler le néant qui s’est développé suite à ce manque. La reconnaissance, l’affection, la considération, l’amour, l’écoute, nommez-le comme il vous siéra. Pour ma part, cela n’a guère d’importance, les mots ne sont finalement que des symboles référentiels qui nous permettent de percevoir et de nouer des pensées. C’est ce vide qui me tire vers le bas, continuellement, comme une absence prolongée d’oxygène, ou une apnée du sommeil. Je trouve des astuces pour compenser, l’écriture en est une, ou la réflexion. Ainsi que l’exprimait Marx, je noie mes problèmes dans d’autres, plus grands. Cela m’aide à oublier, certes. Mais cela n’est qu’un pansement, tout au plus, protégeant de façon superficielle la plaie qui, elle, est beaucoup plus profonde. Je m’essaie à esquisser quelques sourires, qui d’ailleurs ne trompent personne, ou presque. Ce mal-être persiste, stagne et pourrit en mon sein. En faire une force, voilà ce à quoi je m’évertue quotidiennement. Une fois de plus, c’est un puissant analgésique, qui toujours n’agit qu’imparfaitement. Je titube, tout en marchant le dos droit, pour taire aux autres ce qui résonne en moi comme un requiem. La douleur de vivre ! La dépréciation de soi. Ô poésie ! Ô philosophie ! Ô musique ! Que serais-je, sans votre réconfort ? Je m’accroche à la réalité, désespérément. Il m’arrive de me demander quel en sera le bénéfice, puisqu’au fond, la fin est inéluctable. Mourir, lorsque l’on est soi-même déjà mort, devrait être une formalité. Il n’en est rien. Je la crains. Est-ce l’avoir que trop côtoyé qui me la fait redouter ? Est-ce toutes ces fois où mon existence semblait s’arrêter, soudainement, qui me fait perdre la tête en l’imaginant m’envelopper ?

Je veux vivre ! Et mourir également. Être réveillé en tout temps, ainsi que m’endormir définitivement. Dualité. Antagonisme. Cette solitude de l’âme, comme une gangrène me ronge de l’intérieur. Se soigne-t-elle ? J’y crois, tel un fou. Je me vois, incapable de m’en empêcher, quérir l’attention du monde entier. En société, il n’y a que cet enfant meurtri qui veut hurler, et attirer le regard des autres. J’ai compris que la conscience de soi ne s’expérimentait que dans le reflet des autres, qui nous renvoient une image, impalpable et palpable à la fois. Sans le rapport à l’autre, il n’y a que le néant. L’être se perçoit dans sa continuelle confrontation à d’autres que lui. C’est un jeu, une constante, une énigme. C’est mon cœur qui bat, expulsant mécaniquement le sang dans mes veines, et qui trouve sa résonnance ailleurs, au-delà de lui-même. L’autre nous transcende. Et ce, malgré son immanence. Moi, je me connais, et c’est pour cela que je me cache. La peur de laisser aux yeux curieux la vision de cette partie malade. Et pourtant ! Je ne suis rien sans autrui, et je souffre de ma dépendance à l’affection. Je me surprends souvent à offrir aux autres ce que j’attends, naïvement peut-être. Une oreille attentive, une épaule sur laquelle se reposer et un réconfort ainsi qu’un soutien à toute épreuve.

Moi, je me demande qui me réconforte. Je suis bien trop blessé pour oser le demander, trop abusé pour me laisser aimer sans résister. L’amour, je l’aime, mais ne le comprends pas. J’ai besoin de contacts, physiques comme psychiques. La nuit m’est propice, parce qu’elle m’offre le loisir d’une longue conversation avec moi-même. Je tente au mieux de rassurer ce penchant psychédélique qui gesticule en tous sens pour saisir une main à la volée, et s’y accrocher. Je n’ai besoin de matériel que le rapport humain. L’argent m’est indifférent, d’où mon incapacité à le gérer correctement. À dire vrai, j’aime l’utiliser pour faire plaisir. À moi, avec quelques livres, et aux autres, dès qu’il m’est possible de le partager. J’en ai peu, et n’en veux guère plus. Mes aspirations sont ailleurs. Quelques délicates paroles, voilà qui me satisfait mieux qu’aucun autre objet de consommation. J’aime les mots de par leur capacité à me faire comprendre et à me mettre en relation avec mes semblables. Leur beauté ne m’est pas indifférente. Les manier est ma façon de construire mes rapports. Je pense d’ailleurs que sans eux, je n’aurais tout simplement pas survécu. Mon idéal est une myriade de mots échangés. Est-ce l’amour maternel qui m’a manqué le plus, au point où j’en adore les femmes, sinon les sacralise ? C’est la première fois que je pose sur papier cette question. Le besoin viscéral que je ressens se situe probablement dans la reconnaissance féminine. Cela parait abstrait, néanmoins c’est ainsi que je le perçois. Suis-je dans le fantasme ou l’onirique ? Je me sens honteux et ridicule. Je ne suis que paradoxe. D’un côté, les autres m’effraient, de l’autre, ils me sont essentiels. J’y songe, écrire, c’est déjà offrir une part de soi aux autres. Incomplète, énigmatique et peut-être pas tout-à-fait exacte. J’offre à la vue de tous ma propre introspection, chose que je redoute par-dessus tout en société, où je me sens scruté, analysé et perçu, tel un livre ouvert où transparaîtraient avant toute autre chose mes faiblesses. À l’écrit, mes inhibitions et mes angoisses s’estompent. Grand bien m’en fasse. Mon hypersensibilité m’apporte beaucoup de difficulté. La souffrance des autres m’est insupportable, comme une torture faite à moi-même. Je sens la tristesse, la colère, la peur, et toutes ces émotions. Il me suffit d’un regard pour plonger dans l’abîme d’un autre. L’empathie. Mes relations privilégiées avec les animaux s’expliquent probablement par cette sensibilité. J’ai toujours eu des contacts remplis d’émotions avec les animaux. Je crois, bêtement peut-être, qu’ils ressentent cette part de moi. J’aime leur regard dénué de jugements et d’animosité. Ils sont là, à mes côtés, et se content de celui que je suis. Ni masque ni parade. C’est ma richesse personnelle. J’ai tant d’émotions à partager, et cette sensibilité, qui me porte à vouloir effleurer toutes les autres. C’est ainsi que la douleur des autres devient mienne. Je me souviens, il y a quelques temps, m’être retrouvé dans une situation insoutenable. Il y avait dans le jardin se trouvant face à la maison dans laquelle je vis un petit oiseau, jeune adulte semblait-il. Ô misère ! Celui-ci battait furieusement des ailes, couché sur le sol. Je me suis approché, les larmes aux yeux, pour tenter de l’aider. Malheureusement, il avait dû se cogner quelque part, car son cou était tordu. Je le voyais, suppliant et se débattant dans l’incompréhension totale, et moi, assis-là, conscient qu’il ne pourrait jamais plus voler majestueusement. L’évidence tentait de faire place dans mon esprit, qui refusait sciemment de l’accepter. Il me fallait l’achever, et rien que ce mot me pétrifie, afin qu’il ne souffre plus. Moi qui ne mange plus de viande pour ne pas être responsable de la mort d’autres êtres vivants sensibles… Il m’a fallu abréger sa peine. Ça date de plusieurs mois, et me pèse encore sur le cœur.

Je m’en veux encore, tout en sachant pertinemment qu’il n’y avait rien de mieux à faire. Je me demande de quel droit je me suis permis de décider de sa mort.

Certains riront peut-être à la lecture de cette anecdote. Pour ma part, cela symbolise tout ce que je suis. Je suis tout entier dévoué aux autres, et ne veux guère être l’instigateur de souffrance quelconque. Je suis non-violent par essence. Comme excédé de l’avoir trop subie ? Probable, en effet.

J’en reviens toujours aux mêmes conclusions. Ce vide affectif me pèse certainement plus que toute autre chose. Des larmes, à défaut d’une main rassurante, effleurent mes joues.

Pourquoi devoir me cacher en permanence ? Il m’apparait comme un défaut dans notre société d’être aussi sensible et vulnérable que moi.

Ce monologue avec moi-même s’éternise, et la fatigue me guette. L’amertume peut être parfois un puissant remède face à l’envie d’en finir, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

Je me sens déjà mieux, mais pour combien de temps ? Jusqu’à la prochaine crise existentielle. À n’en pas douter, cette conversation était trop égocentrée. Je retourne à mes considérations d’ensemble, qui, elles, méritent que je m’y attarde davantage.

04:47 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : témoignage, monologue, prose, amertume, sensibilité |  Facebook | | | |

Commentaires

@ Grégoire seront-ils nombreux a se reconnaitre dans ce récit plein de tendresse? sans doute car ces crises exsitentielles n'obtenant aucune réponse ,qui oblige l'humain a se tâter les neurones afin de trouver l'origine de ses propres défauts parmi les isolés ,les blessés à vie beaucoup éprouvent les mêmes sentiments que vous décrivez si bien.Ce qui me fait dire,beauooup d'humains sont autistes ou le sont devenus pour s'autoprotéger suite à d'impensables coups durs de la vie
L'animal euthanasié ,terrible expérience surtout si on vit seul au propre comme au figuré,cependant dites vous ,j'en ai fais l'expérience ,que même mort celui -ci tout comme un humain décédé reviendra vous soutenir vous fera comprendre combien il vous en est reconnaissant d'avoir su abréger ses souffrances.D'avoir su franchir l'impensable car votre seul confident en qui vous pouviez avoir confiance et qui parti vous laisse seul face à votre propre miroir,qui est votre propre histoire
La vie est faite de hauts et de bas,y'a des caps ou seuils auxquels personne n'échappe,riches ou pauvres et souvent ce sont les riches qui les vivront plus difficilement,maigre réconfort peut-être mais qui peut faire du bien si l'on songe que parmi eux se trouve d'autres humains n'ayant jamais dénoncé ce qu'ils avaient pourtant devant le yeux et ce chaque jour.La roue tourne pour tout le monde ,vous aurez des périodes de déprime à surtout ne pas confondre avec la dépression et notre pays est connu pour ces dépressions saisonnières aussi périodiques que les fins de mois difficiles et qui disparaissent miraculeusement avec le soleil revenu ou un tribolo gagnant ou simple bonjours comment ça va?faut peu pour être heureux surtout chez nous,mais encore faut-il avoir le temps de contempler le temps qui passe et ce qui l'accompagne
Quand on est autiste,on a le temps d'observer les comportement humains.Faites-le sans arrière pensée comme un peintre qui s'amuse à deviner les contours de sa prochaine toile et vous verrez combien la ressemblance avec le monde de l'autisme et celui des gens dits* normaux * s'associent parfois! vous y trouverez de quoi vous divertir aussi afin d'aller au delà de votre remise en cause éternelle croyant qu'en étant né sans tout ce fatras d'idées revenant vous hanter ,vous obligeant parfois à vous coucher en position foetale ou vous cacher dans un carton ,ou sous un camion comme pour fuir un ennemi invisible ,vous verrez qu'en réalité vous êtes beaucoup plus proches que d'autres des vraies réponses aux questions de l'existence taraudant tant d'humains.
Au sujet du camion,il m'aura fallu plus de 60 ans pour comprendre mon réflexe,j'avais besoin de chaleur humaine comme celle du chauffage,à l'époque du charbon fallait attendre les charbonniers et grelottante de froid ,seul moyen pour avoir chaud,sitot arrivés,je m'enfilais sous leur camion pour profiter de la chaleur du moteur,je n'avais que 2ans¨!Beaucoup ont dû penser elle est pas normale,avec le recul je conçois leur peur et j'en ris intérieurement malgré tout oui car j'ai conservé leur visage à tous, la mémoire de l'autiste est un cadeau ,elle aussi ne vous laissera jamais choir et saura le moment venu vous rendre service,elle s'appelle patience!
Alors Courage Grégoire et bon dimanche

Écrit par : lovsmeralda | 29/01/2012

Superbe preuve de conscience.

Majestueuse façon de prouver ton humanité.

Je pense que cette question mérite tout à fait que tu t'y attardes car elle me parait toucher aux profondeurs de ton être.

Je ne veux pas commenter plus car j'admire ton texte et je ne veux le souiller par le commentaire.

Simplement bravo et merci pour partager une telle reflexion.

Écrit par : Arkan | 29/01/2012

Je n'arrive pas à vous atteindre sur l'adresse hotmail. A-t-elle une erreur ?

Écrit par : Calendula | 29/01/2012

Salut P'tit,

Ce blog est un des moyens dont tu disposes pour vider la benne à déchets accumulés en peu d'année d'existence.Ce n'est en aucun cas ta faute, tout viens de tes parents -ou -autres qui, de l'extérieur on semé dans ton jardin les pires saloperies que l'humain puisse vomir.

James Dean (La fureur de vivre) avait ce mal être qui le mettait à nu face aux autres....Le dernier qui a soulevé les foules est Mickaël Jackson. Ont-il voulu la mort? Certainement pas. Ont-ils voulu disparaître à certains moment oui.

Nous, qui ne sommes pas des idoles ou des dieux, avons eu ces pensées, nous sommes des humains avec les mêmes maux donnant les mêmes effets.Dans ces grands moments de solitude la réponse ne peut venir de l'extérieur, malgré la bonne volonté ou les erreurs de communication de soit ou des autres. L'empathie mal "servie" peu être refoulée dans certaine cas, elle n'est pas la solution.

L'écoute est une des thérapies, tout dépend -qui;cela ne peut se faire d'un coup de baguette magique.La formule employée par les pouvoirs publics lors de drames en constituant les fameuses "cellules psychologiques est plus du domaine de la bonne conscience et du cirque. D'autant que celles et ceux qui viennent "écouter" n'ont pour ainsi dire aucune qualification requise dans le domaine ou très peu. Le voyeurisme et le bien paraître pratiqué par certains "sapeurs.." est connu je l'ai vécu c'est révoltant voir plus...

Comment compenser ce vide qui est néfaste? Celui-ci est d'autant plus grand si la personne est jeune et blessée intérieurement, voir plus.Il n'y a pas de règle, je dirait que tout est bon du moment que la formule convient et que la démarche est honnête.

L'amour vers les autres est "presque" aussi égal à celui qui nous manque dans bien des cas. La nature comble les vides, l'être humain fait partie de cette vie,de cette nature "le phénomène de compensation" fait partie de la vie de tous les jours.Consciemment ou inconsciemment cela se fait plus ou moins vite. Il faut trouver l'alibi ou bien le créer...pas facile, c'est une démarche.

Dans ces moments là il faut se réapproprier son corps, et son "surmoi" l'inconscient, jardin en friche qui doit faire l'objet d'un renouveau, il faut retrouver du plaisir. Retrouver du plaisir n'est pas supporter la misère du monde sur ses épaules qui ont déjà la charge de sa propre misère... Sans vouloir affirmer qu'il faut être "ego" autant que "echo" néanmoins se reprendre en main avec ses moyens personnels est obligatoire; et pourquoi pas avec d'autres personnes, qui ne doivent pas être des donneurs de leçons ou des diseuses de bonnes aventures...

En nous, il y a cette "petite flamme" qui, à certains moments se met en veilleuse. L'animal de compagnie n'est qu'un animal de compagnie il apporte sa contribution à la solitude, il est plus ou moins joueur mais il ne compense pas tout ce manque, ou alors de manière provisoire, ce qui n'est déjà pas rien.

Pour ton cas P'tit, elle semble être en veilleuse depuis le début ou presque, le réservoir énergétique à été saboté, les dégâts sont apparents.Ce fut un véritable attentat. Pourtant, tu es encore en vie si je puis dire, cela veut dire qu'une lueur d'espoir maintient consciemment et inconsciemment la veilleuse. Le réservoir se reconstitue lentement mais sûrement.La nature est bien faite. Mais cela reste insuffisant, ça traîne, et le vide a du mal à être comblé.Là c'est du domaine conscient.

"Le P'tit est dans un mal être insoutenable, il s'accroche et se raccroche."

En fait, tu privilégies la vie sur la mort dans une démarche positive.En tous cas, c'est ce que je ressens ou perçois au travers des mots et du comportement. Mais il te manque l'aide harmonieuse essentielle pour faire repartir "la machine"

Un amour, une amie serait les bien venus me semble-t-il. C'est aussi normal que ma respiration...Ne mets pas la barre trop haut, afin de ne pas créer un mur infranchissable pour qui voudrait le franchir. Soit toi même, avec l'humilité du jeune adolescent en perpétuelle évolution et curieux de la vie.

Le temps presse, à tes yeux, mais il faut laisser du temps au temps même si...

Un corps a besoin de temps pour resouder la cassure d'un membre. Il en faut un peu plus pour l'inconscient, ce jardin qu'il faut remettre en état. Dans notre mémoire il y a des petites cases par milliards ou les informations vont s'y loger d'elles mêmes. Quelque fois il faut les y aider car consciemment, nous les ressortons pour X raisons souvent justifiées.

Tu fais partie de la vie ce qui est déjà très important, elle ne demande qu'à s'exprimer au travers de tout ton corps, alors laisse la s'exprimer et fait lui confiance. Ai confiance en toi, et aux autres, mais contrairement au passé, c'est toi qui doit tenir les rênes, tu as ce pouvoir et les qualités requises.

Allez P'tit courage t'as du boulot et soit patient; les choses arrivent très souvent plus vite que l'on ne le pense. Vouloir quelque chose, avoir des souhaits, c'est déjà les posséder à 50 % le reste c'est toi, ta démarche et les moyens d'agir que tu mets en place...

A+ P'tit bonne soirée

Écrit par : Pierre NOËL | 29/01/2012

Merci à vous toutes et tous pour vos commentaires, qui me touchent énormément.
Calendula, pour ce qui est de mon e-mail, c'est gregoire_barbey@hotmail.ch
J'espère qu'il fonctionnera.
À très bientôt, et encore merci !

Écrit par : Grégoire | 29/01/2012

Pierre-Noël dit : « Un corps a besoin de temps pour ressouder la cassure d'un membre. Il en faut un peu plus pour l'inconscient, ce jardin qu'il faut remettre en état. Dans notre mémoire il y a des petites cases par milliards où les informations vont s'y loger d'elles mêmes »

Moi je dirais que parfois les « ressoudages » se font avec une telle intensité que du coup, c’est l’autisme total qui s’installe dans certains domaines.

Je considère un sacré atout de n’avoir aucune dépendance affective (je veux dire d’avoir comment certaines empathies ou partager des affinités mais pas de réel attachement)

D’ailleurs dans l’évocation du surhomme de Pauwels et Bergier, on esquisse un peu cette idée, le vrai pouvoir est l’affranchissement total de toute dépendance à l’émotion, c’est extrême mais drôlement efficace.

PS : Evidement les mêmes remèdes ne marchent pas pareil sur tout le monde et la génétique influence un peu la manière de gérer toute résilience.

Meilleurs salutations Grégoire (+_+)

Écrit par : Le comte de Monte Cristo | 29/01/2012

si l'exercice en question concerne la recherche du passeport suisse que bon nombre de would-be successful ont fait,

alors ok:
car
être l'un de ces français (du nord) cherchant à gagner plus & profiter de sa relation sexuelle avec une suisse de l'étranger

(car pour ce français: pas question de gagner moins que la soeur de sa femme: la soeur en question étant suisse d'origine, sans autre nationalité, qualifiée & diplômée)

allant jusqu'à profiter de la caution familiale demandée par sa femme, pour obtenir une naturalisation facilitée dans 1 délai de 6 ans, avant de divorcer, avant d'obtenir un job à l'Etat-de-Ge
n'ayant jamais résidé en Suisse !!!! !!!!!

Où l'Etat de Genève employe de nouveaux naturalisés sans légitimation de base, sans culture suisse, comme ce français n'ayant jamais vécu en Suisse devenu employé de l'Etat de Genève.

Écrit par : suisse qui peut | 29/01/2012

Quel est le rapport avec mon article ?

Écrit par : Grégoire | 29/01/2012

car
Oser penser par soi-même,

pour tant de ces français & autres venus s'inscrire au chomdu des communes frontalières suisses,

c'est bouffer du suisse,
écraser avec aplomb les salariés d'agences d'emploi sélectionneurs

Car pour ce qui est des suisses virés de leurs jobs, rien ni aucune assoce ne les accompagnent.

Écrit par : suisse qui peut | 29/01/2012

Vous êtes un xénophobe illettré. Je ne suis pas français... mais suisse. Donc votre propagande fasciste, aller la pondre ailleurs.

Écrit par : Grégoire | 29/01/2012

P'tit

C'est un taré raciste il faut virer son commentaire qui pollue le reste.Il y en a quelques unes ou quelques uns qui traînent leur savates sur les blogs.

Bonne continuation.

Écrit par : Pierre NOËL | 29/01/2012

@Pierre Noel,ce que vous avez écrit me rassure,je revenais justement pour faire part à Grégoire de quelques cotés positifs de la vie qui sont aussi et sans doute plus que nécessaires pour les autistes ou ceux vivant dans l'éternel crainte d'un chambardement inventé de toutes pièces
Ce qui est à craindre aussi c'est de voir le monde de l'autisme réduit a un seul clone,car il y autant de forme d'autismes que de façons pour les soigner.On est tous uniques et non unformisés
bonne soirée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 29/01/2012

@Grégoire ,ce que je vais vous dire vous semblera peut-être bizarre mais si vous avez vos parents c'est déjà une chance extraordinaire et sans doute êtes vous trop jeune pour avoir visualisé les orphelins Roumains autistes pour beaucoup et laissés carrément à l'abandon .Laissés à eux -même dans un vrai mouroir sans soin et souvent sans nourriture. Alors c'est en me remémorant ces horreurs que j'y ai trouvé malgré tout l'espoir à vous insuffler car vous êtes entouré et c'est une chance que beaucoup n'ont pas ,ou n'ont jamais eue
toute belle soirée

Écrit par : lovsmeralda | 29/01/2012

Mes parents sont en vie, mais nous ne nous adresserons plus jamais la parole.

http://gregoiresapereaude.blog.tdg.ch/archive/2012/01/19/les-defaillances-de-la-protection-de-l-enfance-et-la-mauvais.html

Écrit par : Grégoire | 29/01/2012

Objection -comte de Monté Cristo, le P'tit est trop jeune pour être sage...il doit avoir en lui cette fureur de vivre qui est une émotion très forte. C'est de l'énergie gratuite elle peut vous propulser dans des dimensions auxquelles vous ne pensiez pas. Toute notre histoire humaine est faite d'émotions....

.../...

"Il est donc clair qu'un contrôle des émotions peut et doit être sélectif car la vie sans joie, sans enthousiasme, c'est-à-dire sans aucune émotion serait triste. Il est d'abord indispensable de connaître ce qui cause l'émotion. Contrairement, à ce, qu'on pourrait penser, les émotions ne sont
pas causées par des événements. En réalité, ce sont les pensées, croyances, conceptions, réflexions personnelles, interprétations et idées qui s'y rattachent qui provoquent les émotions. Ressentir une émotion est donc un geste personnel réalisé par celui qui l'éprouve à l'occasion d'un
événement. L'émotion n'est jamais causée par l'événement lui-même.
En changeant vos idées à propos des événements, vous changerez donc vos émotions. Certaines de nos croyances peuvent avoir des effets émotifs dévastateurs et nous amener à poser les actes carrément contraires à nos véritables intérêts ou, au contraire, nous amener à en omettre d'autres
tout aussi nuisibles."

-Source: CLOUTIER, Sonia et NOLIN, Danielle, L'ACSM - Saguenay, L’Anonyme, Vol. 9, No. 4

- J'ajoute :"Qui sème l’Enthousiasme récolte la réussite" ça n'est pas de moi mais j'en ai fait un des piliers de ma grande et belle vie.

Salut P'tit, ne te démonte pas....Tu dois au contraire te re-construire.

Écrit par : Pierre NOËL | 29/01/2012

Merci une fois de plus Pierre NOËL, c'est toujours un plaisir de vous lire.
À très bientôt.

Écrit par : Grégoire | 29/01/2012

@Grégoire comme je vous comprends , .Etre parent n'est pas et n'a jamais été évident. Les parents ne peuvent donner ce qu'ils n'ont pas reçu,ma mère avait à 12 ans reçu en cadeau le départ de sa mère pour les camps de l'horreur et c'est sur moi qu'elle reporta cette haine accompagnée de coups .60 ans de recherches en continu sans une seconde de répit pour comprendre et enfin j'ai appris ce qui m'avait été caché,un autiste a de la suite dans les idées et celles-ci peuvent aussi lui être fatales c'est bien de le savoir surtout s'il ou elle vit seul/e/ et devenue muette suite aux coups ,j'acceptais ce que je croyais être pour ma punition et grâce à l'écriture j'ai pu pardonner,peut-être un jour y arriverez vous c'est ce que je vous souhaite du fond du coeur

Écrit par : lovsmeralda | 29/01/2012

Grégoire, quoi qu'il arrive, tu grandira, mais reste petit !!! Même si tu deviens un grand, reste petit !!

Écrit par : Corto | 30/01/2012

"Elle avait dix huit ans et demie, elle s'est retrouvée enceinte de sont petit ami qui lui avait vingt ans.Elle était assez diplômée malgré son jeune âge pour avoir un job en comptabilité,en secrétariat et organisation administrative.

C'était une belle jeune fille grande, fine une belle adolescente. La déprime, puis la dépression lui donnait un aspect très pâle, elle était craintive elle s'exprimait très bien, sa timidité lui donnait encore plus de charme.Le noir de sa robe mini accentuait le personnage, ça lui allait très bien malgré tout.

Son ami était maçon, courageux il préparait un BTS donc on ne peut pas dire qu'il était insignifiant.Je ne l'ai rencontré qu'une seule fois.

Sa mère qui a fait la démarche auprès des autorités afin qu'elle soit accompagnée avait un poste à responsabilité dans une grande institution elle travaillait dans un service administratif.Elle s'occupait de l'accueil en même temps elle avait le talent et la culture pour recevoir les gens ce qui dans une administration est rare....

Son père était artisant, apparemment un rustre toujours pressé comme toutes ces personnes mal organisés, il avait une bonne réputation sur le plan professionnel, mais dans la vie c'était un con. Il était vieux jeu et fermé à tout. Il y en a comme cela plus qu'on le pense.

Cette ado avait une très bonne relation avec sa mère, aucune quasiment avec sont père ce qui est un drame. Une autre difficulté, elle était fille unique, donc un manque qu'elle compensait un peu avec une amie de son âge.

Son père était également un violent dans toute discussion il tirait des lignes droites aucune pédagogie, cependant sa femme l'aimait bien sa fille également ce qui était paradoxal. Malgré tout ce n'était pas étonnant puisque la mère comme la fille, culpabilisaient à fond. Elles étaient d'accord pour dire que tout était de leur faute.

Cette petite et son ami avaient pour ambition de vivre ensemble, ils avaient acheté en commun un appartement à rénover. Le père était contre, la mère ne savait plus ce qui était bien pour sa fille. En fait elle déprimait également elle était plutôt déboussolée.

Je n'ai jamais rencontré les parents de son jeune ami cela ne m'a pas paru utile.

Quel était le dossier si je puis dire. Le chantier de l'appartement était arrêté. Son petit ami ne savait plus s'il fallait tout laisser tomber, il était amoureux et convaincu mais il était en attente que tout se remette dans l'ordre, il était gêné et démuni.

Le drame, cette jeune fille a fait une tentative de suicide en se jetant de la moto que son ami pilotait, à une vitesse de 90 km heure. Elle était enceinte de quatre mois! Ce qui l'a sauvée, c'est avant tout un équipement de qualité et les buissons en contre bas de la route, ou les genêts ont bien amortit le choc.

Elle s'en tira avec une fracture du poignet et quelques traumatismes, une grande frayeur et quinze jours d'hôpital. Le bébé n'avait souffert de rien.

Au troisième entretien, elle m’indiquât que sa vie n'avait aucun sens! Tu me suit P'tit? Elle se sentait isolée malgré son ami, malgré sa mère, et malgré sa copine. Elle culpabilisait avec cet enfant qu'elle portait par rapport à son père et aussi par rapport à son jeune âge. Autre difficulté elle n'était pas en mesure de trouver un emploi elle n'osait même pas faire un pas dans ce sens.Pourtant elle voulait travailler elle voulait ne pas dépendre de ses parents.

Nous nous sommes vus chaque semaine, je lui réservait trois heures dont une à aller boire le café en ville afin de discuter de la vie, de tout et de rien en fait. C'était pour éviter la barrière des génération et la mettre à l'aise par rapport à mon personnage. Car encore faut-il être crédible et surtout accepté par ces jeunes dont le regard sur nous est révélateur.

Drôle de situation pour moi dans une fin de carrière ou il ne me restait plus que sept à huit mois pour terminer mon contrat.

Donner du sens à sa vie voilà bien une difficulté. C'est une question très difficile surtout lorsque l'on est jeune et cassé par un mauvais démarrage de la vie. On est cassé mais pas détruit c'est ce qu'il faut dire. Comment se perçoit-on? Quel regard je porte sur les autres. En général le regard sur les autres est plutôt positif. Alors que le regard sur soit est très défaillant.

D'ou l'importance de se réapproprier tout son corps le bichonner si je puis dire. Il faut réapprendre à s'aimer du pouce du pied jusqu'au bout des cheveux. C'est un travail monstrueux qui nécessite d'être fait chaque jour et devant la glace.Il ne s'agit pas de faire grossir son orgueil telle la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf. Non; être humble face à se corps qui a été mal mené, meurtri et ce quelqu'en soient les raisons. Il faut accepter le bouton que l'on a sur le nez ...Ne pas y en penser et ne pas penser que les autres auront les yeux dessus de manière permanente.

Quel sens je donne à ma vie? Et bien lorsque la question ne trouve pas de réponse, cela veut dire qu'il me faut "produire" du sens. Cela veut dire que je suis déconnecté de la vie, de mon environnement, de mes liens. Cela veut dire que la blessure à fait des ravages tellement importants que toute mon énergie, mes pensées, mon esprit sont en parti mobilisés pour refermer cette blessure. Plus rien ne compte. C'est tout le problème justement de se sortir de ce chantier de très longue durée.

Il faut réparer la blessure et encore que je n'ai jamais vu ou constaté que ce genre de plaies puisse se refermer...On ne peut mobiliser toute son énergie à cela car non seulement ce n'est pas très productif, mais surtout il y a le danger d'oublier le principal; l'être humain que je suis, dans sa globalité et d'une complexité telle, qu'il demande une attention de tous les instants.

Produire du sens afin de trouver de nouvelles "plages" ou il fait bon vivre.Ce sont les alibis dont je parlais précédemment, c'est un véritable entraînement!

-Lister* ce que je ne veux plus être, ce que je n'aime pas, ce que je veux fuir, ce que je ne veux pas faire etc...Les lister, car visualiser ce qui est en nous permet de bien mémoriser et à un moment chaque chose se mettra en place dans les "petites case" il faut faire travailler ses neurones (pour simplifier), c'est ce qui permet d'avoir les réflexes positifs. C'est comme le permis de conduire au début c'est une montagne d'informations, qu'il faut "avaler" et mettre en place.Le corps est mobilisé, des mains aux pieds ainsi que le cerveau. Puis viens le jour ou, on monte dans sa voiture le voyage peut commencer, car dans l'inconscient tout est à sa place...La mémoire, les réflexes sont là car le cerveau ne sert pas qu'à réfléchir mais surtout à agir.

*C'est une méthode surprenante, car lorsque tu fais cela reste plus qu'à réfléchir et lister ce que tu souhaite. Le résultat est significatif.Il faut un cahier scolaire...

Voilà P'tit ces quelques mots qui j'espère t'aideront à avancer avec une nouvelle vision de toi et des autres. Reste humble, reste l'ado éclairé c'est un peu le message de Corto. Produire du sens c'est donner du sens à ta vie car elle a du sens.Ne soit pas pressé; chaque chose doit être à sa place afin de ne pas perturber les autres fonctions du corps. Oui, il faut être un peu sélectif car chaque jour suffit sa peine et c'est toi qui doit le décider.

Bonne journée P'tit et courage.

@ Lovsméralda

Toutes mes excuses je n'ai pas pris le temps de vous répondre, n'ayez crainte je vous lis, ce sera fait dans la journée..

Bien à vous.

Écrit par : Pierre NOËL | 30/01/2012

@Pierre Noel,merci mais à vous tout seul vous êtes un vrai feu follet et je comprends,si,si/rire
mes salutations les meilleures pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 30/01/2012

Mille mercis Pierre NOËL, j'ai beaucoup aimé votre texte.
Particulièrement la métaphore où vous dites que toute l'énergie du corps et de l'esprit se mobilisent pour refermer la plaie, ce qui laisse que peu de force pour tout le reste.
Oui, je ressens ça, très exactement. Et pourtant le reste importe peut-être plus, car le passé est passé et ne peut être changé. Seulement, le psychisme humain a ça de paradoxal qu'il s'accroche à son expérience passée comme s'il s'agissait de sa seule force.
Encore merci, m'a beaucoup touché ce texte. À bientôt, au plaisir de vous (re)lire.

Écrit par : Grégoire | 30/01/2012

Bonsoir Lovsmeralda,

Je n'oublie jamais de vous lire sauf lorsqu'il y a des articles(*) peu intéressants qui sont plus du domaine de la discussion de bistro...

(*)je ne pense pas la même chose des commentaires et leurs auteurs.

Au travers de vos commentaires on comprend la souffrance vécue, vous avez pu faire face et passer au travers. Vous avez du coeur et vous débordez d'affection..C'est ce qui manque dans nos sociétés modernes ou le temps est robotisé pour des raisons mercantiles.

Prendre le temps, l'évolution a besoin de ce temps pour faire les belles fleurs que je vous offre avec mes meilleurs pensées...

Bien à vous.

Ps. Je ne peux être un "feu follet" puisque le diable est mon cousin....

Écrit par : Pierre NOËL | 30/01/2012

Si vous le permettez, je n'aurais qu'un seul conseil: lisez Boris Cyrulnik plutôt que Friedrich Nietzsche qui demeure à ce jour le plus grand "penseur" réactionnaire.

Écrit par : Johann | 07/02/2012

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