Gregoire Barbey

02/02/2012

Réflexion sur la non-violence : la résistance

 

Résister, oui, mais pas n'importe comment !

Pour ma part, il est impératif de respecter une éthique précise, et celle-ci trouve son terreau dans la non-violence. J'ai souvent entendu des discours grandiloquents qui tentaient de me faire adhérer à l'idée que la brutalité, c'est la nature de l'être humain. Bien essayé, cependant pour ma part, je ne suis pas sûr que l'être humain soit réduit à un quelconque « état de nature », duquel il serait incapable de s'extraire. Je suis même persuadé du contraire, pour être franc. Considérer qu'il existe un prototype humain dont il est impossible de s'émanciper me semble être une pensée saugrenue. Je ne comprends pas très bien la portée d'une telle conclusion, sinon de justifier toutes les pires atrocités qui soient.

S'il fallait absolument étiqueter une « nature humaine », je la définirais comme étant versatile, impropre à la stagnation et par essence en constante évolution. C'est cette qualité unique qui a permis à l'être humain d'évoluer sur le plan intellectuel. L'adaptation est, à tout point de vue, son meilleur outil.

Les comportements varient d'un individu à un autre. La violence n'est ni une fatalité, ni une nécessité. Par le passé, j'ai déjà tenté d'apporter quelques éléments de réponse dans une entreprise visant à déconstruire la violence. L'essai s'intitule « questionnement sur la violence ».

J'aimerais compléter celui-ci par un petit traité de résistance non-violente. Je me suis toujours considéré comme étant quelqu'un de pacifique. Cependant, ce terme n'est pas assez fort, et même, il est flou. Être pacifique ne signifie pas adopter une attitude de cloisonnement à l'égard de soi-même, et de tous comportements violents. Or, mon désir est très exactement de ne jamais recourir à la violence. C'est pourquoi j'adopte cela sous la dénomination de « non-violence ».

Il est important d'en définir les contours.

Mon implication dans ce rapport non-violent s'étend jusque dans mon assiette. J'ai décidé de ne plus consommer de viande pour des raisons évidentes. Premièrement, afin d'être en accord avec ma prétention d'égalitarisme envers les êtres humains et les animaux, et deuxièmement, pour ne plus consommer de la nourriture issue de la brutalité.

Dans ma conception de la non-violence, concéder à consommer de la nourriture qui implique la mise à mort d'un être vivant sensible, quel qu'il soit, c'est-à-dire un animal ou un humain, est une forme, même passive, de violence. Le fait de tuer relève évidemment d'un acte violent. Je n'emploierai pas le terme de cruauté, car il serait malavisé d'en faire l'usage dans un cas comme celui-ci.

Cette volonté de ne pas accepter la violence, sous ses formes les plus habituelles, part d'un constat personnel : si dans mon comportement, j'ai recours à la violence, comment pourrais-je souhaiter ne pas en être victime ?

Concernant ce qui nous intéresse, à savoir la résistance, j'applique l'attitude non-violente comme étant un point d'ancrage de toute forme de contestation, de protestation et d'opposition. Je pars du principe qu'un mouvement, quel qu'il soit, se doit de ne céder à la violence sous aucun prétexte, sous peine d'en être victime également. Même face à une agression quelconque, la violence ne doit jamais être une réponse. Elle ne saurait être favorable à quiconque. En fait, la violence engendre la violence. Une phrase d'Albert Einstein me semble très appropriée pour défendre mes propos : « on ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré ».

Résister à l'oppression peut s'avérer coûteux en utilisant le cours à la violence. L'oppresseur peut, à tout moment, empirer la situation de ceux qui s'opposent à lui. La résistance non-violente permet à la fois de faire passer un message, d'agir et de ne pas s'attirer les foudres de l'oppresseur. Bien sûr, ce dernier peut utiliser la brutalité à sa guise. Combattre le feu par le feu ne le fera sûrement pas déposer les armes. Les conséquences peuvent parfois être catastrophiques. Dans un pays comme le nôtre, en Suisse, appliquer cet impératif de non-violence est probablement beaucoup plus facile qu'ailleurs, dans des nations où règne la dictature et la violence en permanence.

Il serait difficile pour moi de dogmatiser la non-violence. Personnellement, je n'ai envie d'utiliser la violence en aucune façon, mais l'imposer comme nécessaire relève peut-être d'un fantasme.

Je n'ai pas encore d'avis définitif à ce propos. Je crois malgré tout qu'adopter un comportement non-violent apporte beaucoup de bien-être pour celui qui s'investit. Cela permet aussi de se sentir libéré d'un joug qui ne nous correspond pas forcément. L'essentiel est d'agir tout en ne faisant pas aux autres ce que nous n'aimerions pas qu'ils nous fassent.

Être cohérent avec soi-même.

22:44 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : non-violence, réflexion, pensée, résistance, protestation, contestation |  Facebook | | | |

Commentaires

Salut P'tit,

Ta "philosophie" sur la non violence, étendue au fait que tu ne mange pas de viande, s'apparente au "Jaïnisme"

Cette "religion" n'est pas dangereuse mais contraire, pacifique, pour ce que j'en connais. Si elle te permets d'être "bien" tant mieux, mais attention à la santé, le corps ne peut être privé d'éléments nutritif afin d'assurer la bonne santé physique et mentale. "Il est bon de consulter un médecin pour d'éventuelles prises de sang, et également pour les conseils."

L'évolution humaine, fait que nos pieds qui servaient de mains comme chez nos cousins "les primates" ne nous servent plus qu'à marcher, et garder l'équilibre pour la stature debout et dans la démarche. Dans un million d'années si l'être humain est encore là, peut être n'aura-il qu'un moignon plat un peu style pied d'éléphant ? Ce pied d'aujourd'hui sera devenu inutile.

Comme je l'avais déjà indiqué, nous sommes issus du monde du plus fort et du plus rusé,dans un environnement évolutif et hostile. La violence est intégrée à l'être humain, autant que les peurs, les croyances, les incompris, l'amour, les rêves etc...

Des centaines de millions d'années ont passé, avec des bouleversements terribles; il s'est adapté, il a improvisé, il a inventé, il a innové il a balayé bien des espèces animales ou homo quelques peut semblables, et, en finale, il est la seule espèce d'êtres humains à être présent par milliards sur cette planète.

Cette évolution s'est faite dans la violence la plus inouïe, jusqu'à ce qu'il se constitue en sociétés organisées "depuis le néolithique" mais c'est discutable... Dès qu'il a su trouver les outils pour ensuite les fabriquer afin d'améliorer sa vie, il vivait déjà en société tribales telles que nous les voyons avec nos cousins Gorilles, Chimpanzés, Bonobos, loups etc..

Qu'en est-il aujourd'hui sur la non violence ? Ben c'est pas joli joli! Qu'en est-il sur sa nourriture ou, des religieux et leurs religions, sacrifient des animaux en les massacrant au nom des divinités invisibles et absentes? Brigitte Bardot a été condamnée pour avoir dénoncé ce massacre au nom d'une religion cela situe notre désintégration en marche!

Qu'en est-il à propos des enfants que l'on mutilent au nom d'une appartenance religieuse? Qu'en est-il des enfants qu'on laisse mourir de faim? Qu'en est-il des enfants de cette planète qui n'en peut plus de nous supporter?

Quel est le budget mondial réservé à la guerre?

J'ai fais mon temps, j'ai également des enfants dont le dernier doit avoir ton âge. Votre avenir sera très très difficile. Il y a remise en cause de ce monde du fait que son développement était basé sur des énergies fossiles, avec toutes les technologies qui vont avec.

L'obscurantisme religieux reprend "du poil de la bête" prophètes contre prophètes, dieu contre dieu, pharaons contre pharaons, etc..etc...C'est le retour à un obscurantisme inquisiteur qu'il faudra tuer ou alors nous deviendront des esclaves. Pas moi!

Je suis le plus brave des braves si je puis dire, mais il faut pas vouloir ma mort, sinon je tire le premier! Je suis ou plutôt j'ai été d'une violence terrible lorsqu'il m'a fallu défendre ma peau ou ma famille. Et pourtant si un frelon (très dangereux entre autres) entre dans la maison par mégarde, je lui ouvre portes et fenêtres, afin qu'il continue son chemin....

Si quelqu'un fait du mal à un gamin en ma présence, je l'attrape par le KIKI et je lui en colle une*... Enfin presque car je suis devenu fragile...

(*) j'ai payé très cher pour cela..

-Tu risques, fort de virer mon commentaire, loin de moi de t'en vouloir.Mais je suis pour imposer le respect, la liberté et le bien être, quitte à faire une guerre de mille ans. Je n'ai pas ce talent qui mène à la non violence.

Au Japon, pour la première fois une étude gouvernementale fait apparaître que d'ici vingt ans, il y aura plus de robots humanoïdes que de naissance ! Il faut en tirer les conclusions.

Il n'y a pas que l'arme nucléaire qui est destructrice: "l'être humain, en particulier -l'HOMME- est le pire de tous les êtres vivants, il n'est que violence.

Allez P'tit passe une excellente journée à bientôt peut être?

Écrit par : Pierre NOËL | 03/02/2012

"mais au contraire pacifique" milles excuses!

Écrit par : Pierre NOËL | 03/02/2012

Il existe des être végétariens qui frappent leurs enfants tout en étant eux mêmes de très grands croyants et pratiquants ,comme quoi la religion c'est une chose ,mais ceux l'enseignant peuvent être très dangereux et aussi avec leurs proches

Écrit par : lovsmeralda | 03/02/2012

@losmeralda
Vous avez raison de relever ces faits. La religion n'existe d'ailleurs pas dans l'absolu, elle n'est qu'une manière dont diverses cultures organisent leur rapport à leur dieu ou leurs dieux. Etant chose humaine porte donc en elle la possibilité de toutes nos qualités et défauts. A juger, par ailleurs, l'image que les hommes se font de leur dieu aux qualités limitées qu'ils lui attribuent, dont notamment la volonté d'être l'unique, l'esprit de vengeance, le but avoué de réserver la vie dans l'au-delà aux seuls qui se sont soumis à sa volonté, et autres mesquineries du même genre, il est bien difficile de ne pas être déçu, même en tant qu'athée, du peu de cas qui est fait des qualités attribuées à un être qu'ils veulent parfait
J'écris "dieu" au singulier dans ce cas, car dans les polythéistes ne font en général pas secret du fait que leurs dieux sont à leur propre image.

Écrit par : Mère-Grand | 03/02/2012

Personnellement je n'aime pas les religions, et je ne considère donc pas la non-violence comme relevant d'une religion.

Merci à toutes et tous pour vos commentaires.

Et en particulier Pierre NOËL pour sa participation régulière, ce que j'apprécie grandement ! Losmeralda aussi d'ailleurs.

Écrit par : Grégoire | 03/02/2012

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