Gregoire Barbey

07/02/2012

Les indigné-e-s en deuil, Maudet jubile à chaud, mais tombe sous l'échafaud

Aujourd'hui, la Tribune de Genève publie un article au sujet d'un décès survenu à proximité du camp des indigné-e-s. .

Il y a quelques jours, j'avais rédigé un billet à l'encontre des propos tenus par Michel Chevrolet, afin d'y répondre de façon constructive, pour défendre la cause des indigné-e-s et leur droit d'occuper le parc des Bastions. Voici une nouvelle démonstration des déboires d'une certaine portion des représentants politiques genevois.

Je précise ne pas faire partie des indigné-e-s, je suis en contact avec certain-e-s d'entre eux/elles mais n'y ai jamais pris part, à l'heure où j'écris ces lignes.

« Il s’agit là d’une véritable tragédie. Il n’est pas question aujourd’hui de pointer du doigt des responsables. Ce lieu était devenu un aimant, pour les marginaux et les sans domicile fixe. »

Ces propos, relevés par la Tribune de Genève, sont de Pierre Maudet, Maire de la ville de Genève. En somme, il ne désire pas explicitement pointer du doigt des responsables (sic) parce qu'il se considère indirectement comme étant responsable de cette tragédie. Je m'explique.

Il souligne le fait que le camp des indigné-e-s est devenu un repère à marginaux et sans domicile fixe. Les indigné-e-s ne sont pas coupables de cette réalité. J'aimerais quand même comprendre les références de monsieur Maudet, qui catégorise une proportion de la population avec des considérations péjoratives. Qu'est-ce qu'un marginal ? Faut-il considérer que toutes celles et ceux qui participent aux actions des indigné-e-s rentrent dans cette catégorie simpliste et peu représentative de la réalité ? Toute personne qui dévie, même de façon involontaire ou irrégulière, aux normes – qui sont très restrictives et inadéquates face à la pluralité des personnalités que compte l'humanité – institutionnalisées par quelques-uns doit-elle en conséquence être qualifiée de ce terme ? Je suis interloqué qu'un magistrat, Maire de la Ville de Genève, emploie des mots aussi catégoriques à l'égard la population dont il est le représentant en tant qu'élu. Eu égard aux actuelles affaires qui ont éclaboussé la sphère politique ces derniers temps en ville de Calvin, je pense qu'il faudrait inclure certains de ses collègues dans l'appellation « marginale ».

Les récentes implications dévoilées par la presse de différents représentants politiques, issus de partis très populaires, comme le Parti des Libéraux-Radicaux ou de l'Union Démocratique du Centre, dans des altercations violentes, laissent à penser qu'une certaine éthique manque désormais à nos élus. Et ceux-ci continuent d'exercer leurs fonctions visiblement sans remords.

Monsieur Maudet continue, toujours dans l'article de la Tribune de Genève : « j’en ai marre de passer pour le vilain petit canard de droite. J’étais bien conscient qu’un jour ou l’autre, il allait se passer quelque chose. C'était irresponsable de laisser ce campement en place» ».

Le Maire semble bien sûr de lui. Peut-être est-ce dû au fait que le camp des indigné-e-s accordait aux sans domicile fixe un lieu où discuter et se sentir écouté ? Et qu'il craignait que ces gens, oubliés par notre État, tentent de mettre fin à leurs jours pour y dénoncer leurs conditions de vie, tant et si bien qu'il leur faille en recourir à l'ultime sacrifice, celui de leur propre vie ?

Lisons les faits énoncés dans l'article : « la personne décédée, âgée de 31 ans, était connue pour avoir des problèmes sociaux. « il était toxicomane et avait fait plusieurs tentatives de suicide», explique Stéphane, un indigné de la première heure, qui poursuit : «Nous l’avions déjà redirigé vers les institutions. Il a fait trois mois à Belle-Idée puis est revenu au camp.» Xavier, un indigné proche de la victime précise qu’«il n’était pas intégré au campement. Il venait juste pour la nuit car il avait nulle part où aller». ».

Il apparaît comme évident que Pierre Maudet tente de reprendre ce décès et de l'instrumentaliser en la faveur d'une idéologie politique précise, celle de la droite genevoise, qui voulait démanteler ce camp (voir mon article à ce sujet : il n'est pas acceptable de s'indigner à Genève, selon certains représentants politiques). Celui-ci n'est pas survenu, malgré ce qu'il souhaite nous faire croire, à cause de la présence de ce camp des indigné-e-s. Non, la véritable source de ce drame vient de l'incapacité de nos institutions à veiller sur l'intérêt des opprimé-e-s de notre société. Trois mois à Belle-Idée ne l'ont pas aidé. Pourquoi a-t-il pu en sortir et se promener librement ? Sa toxicomanie, avérée, n'aurait pu s'être estompée en ce court laps de temps. Pourquoi Maudet se lance des fleurs en faisant remarquer qu'il savait qu'une tragédie allait survenir au camp des indigné-e-s, alors qu'en tant que Maire de la Ville de Genève, il n'a apparemment pas suffisamment axé son action sur l'aide pour les personnes opprimé-e-s par ce système ?

Comment ne pas voir, justement, la démonstration explicite de l'importance qu'a le camp des indigné-e-s dans une société comme la nôtre ? Un être humain y est mort. Ceci s'apparente étrangement à une tentative de suicide, même si le légiste affirme que le froid est la cause de sa mort ce qui est sûrement tout à fait exact. Mais il avait déjà essayé, par le passé. Il le souhaitait, sûrement désabusé par ce monde. En proie au sentiment de l'absurde, pour reprendre l'expression d'Albert Camus dans son mythe de Sisyphe. L'absurdité immanente d'un système qui laisse mourir celles et ceux qui ne lui apportent rien, matériellement. Oui, les qualités humaines ne suffisent pas, de nos jours, pour avoir un droit à la vie. Il faut accumuler, enrichir, et se conformer. Maudet nage dans son autosuffisance, mais je suis persuadé que celles et ceux qui lisent entre les lignes, comme moi et beaucoup d'autres, apercevront le hurlement sous-jacent à cet acte terrible, qui ne méritait nullement d'être bafoué par un désir avide, celui d'être repris par des personnalités qui n'y voient pas le tragique qui s'en échappe, mais un intérêt pour prêcher leurs idéologies...

Une âme s'est éteinte, tourmentée par les assauts répétés d'une élite qui ne laisse aucun répit aux affaiblis. Mais c'est le décès d'une pensée, également, en terres calvinistes, celle qui a voulu cacher les ténèbres avec d'obscurs mensonges, et la naissance d'une certitude : nous ne pouvons ignorer que des gens souffrent, et ce même face aux lapalissades de nos députés, qu'ils se nomment Michel Chevrolet, Pierre Maudet, ou Alexis Barbey. En parlant de ce dernier, j'ose une petite digression, au sujet d'une conversation émanent de Facebook sur son profil officiel, où il s'est exprimé en ces termes (je vous fais grâce des fautes, parce que les nœuds papillons ne protègent visiblement pas de l'analphabétisme) : « Si vous saviez lire et écouter: j'ai dit lors de mon intervention, qu'il fallait les évacuer pour des raisons sanitaires. (Voir le mémorial à venir). Bien sûr, il est plus facile de faire ses plénières sur Facebook. La politique est une affaire d'hommes, pas de personnes qui restent planquées derrière les réseaux sociaux. Vous êtes à l'image de cette polémique: pitoyables. »

Monsieur Barbey professe-là des pensées qui devraient en révolter plus d'un-e. Oui, il semble penser que la politique est « une affaire d'hommes ». Aucun doute, il ne parle pas des êtres humain-e-s dans leur ensemble, mais bel et bien du mâle. Au vingt-et-unième siècle, c'est difficile à croire. Et il siège pourtant au Conseil Municipal en compagnie de femmes. Qu'en pensent-elles ?

Manifestement, le beau verbiage dont se pare l'intimé n'est qu'un atour pour se donner l'allure du stéréotype de l'aristocratie, celle qui s'est vue décapitée en 1789.

Il assure également que les réseaux sociaux ne sont pas favorables à la politique. Il en fait toutefois partie. Qui polémique, en réalité ? Je laisse cette question ouverte.

Conclusion : le comportement de ces personnalités qui sont censées se soucier des intérêts de leurs concitoyen-ne-s et prochain-e-s plonge dans la gadoue. La manipulation d'un événement aussi triste à des fins politiques force à l'indignation.
Le bilan de l'actuel Maire de la ville de Genève serait-il à ce point négatif pour qu'il se compromette ainsi médiatiquement afin d'embrigader quelques esprits endoctrinés dans son idéologie intolérante ?

Le vilain petit canard de droite, à n'en pas douter, ce titre lui va comme un gant.

Laissons ce diablotin dans son coin, et rendons hommage à l'être humain qui nous a laissé-là, ce soir, avec un sentiment de profonde tristesse et de révolte. Que sa mort puisse grandir le mouvement des indigné-e-s, et lui offrir un nouveau départ. La neige recouvre encore les tentes qui partiront bientôt. Une page se tourne, un deuil est à faire, mais tout reste à bâtir.

Nous ne pourrons pardonner, nous toutes et tous, les êtres humain-e-s qui fondent cette ville, ce pays, et cette terre.

Une phrase afin de marquer un point final à ce réquisitoire, professée par une indignée.

Respect existence or expect resistance.

 

Grégoire Barbey

 

SOURCES : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Un-homme-decede-au-camp-des-indignes/story/10216038

Commentaires

j'apprécie la conclusion qui fait parti de mon point de vu, ainsi je partage le tiens.

Cordialement et amitiés de Luttes,

Greg. S

Écrit par : Greg Themonk | 07/02/2012

Triste situation, qui est malheureusement devenue trop commune dans notre société.

Une rupture, un choc, peut survenir a n'importe quel moment, il suffit d'un drame familial, de la perte d'un être cher, et les pieds se dérobent, l'esprit se brouille et c'est la plongée dans les enfers, prison sans barreau mais dont nous pensons jamais pouvoir sortir.

La société ne laisse que peu de chance aux individus en rupture, je ne lui lance pas la pierre car bien souvent nous souhaitons ignorer les appels au secours par une peur sourde et angoissante d'être happé soi même par le malheur, mais l'utilisation du malheur à des fins calculées est malsain.

Ce triste évènement n'aurait pas dû être mis en corrélation avec les indignés, il s'agit avant tout d'un drame personnel qui aurait pu survenir n'importe ou sans que quiconque le sache, mis a part les proches, je regrette donc profondément la récupération politique qui en est fait.

Écrit par : Laurent Leisi | 07/02/2012

Cher jeune Barbey, il me semble que, tel l'arroseur arrosé, vous êtes bel et bien en train de récupérer la mort d'un homme pour faire de la politique. Et de la pire des manières, en travestissant la vérité et l'Histoire.
1) Marginal n'est pas un terme péjoratif. Tous les gens de ma génération l'ont employé fièrement à leur propre égard, lorsque nous étions à votre place, en train de nous indigner - de manière nettement plus radicale entre nous - contre la bonne société d'alors. Nous étions des marginaux et fiers de l'être.
2) Le fait qu'un pauvre hère puisse ressortir de Belle Idée de son propre gré sans être guéri, c'est l'un des plus importantes conquêtes des mouvements socio-culturels alternatifs de ces années 60-70... L'anti-psychiatrie, matrice des thérapies ambulatoires et des établissements ouverts... Comme d'autres de ces conquêtes qui ont mis sans dessus-dessous l'establishment, on peut juger qu'elles ont été trop loin (ou pas) et parfois même menacent l'équilibre de la société, ou la sécurité des individus... Mais l'imputer à l'establishment, il faut oser. A vrai dire, cela fait un peu enfant gâté, qui s'oppose à ses parents, juste par principe.
3) Ce n'est pas la bourgeoisie qui a été décapitée en 1789, mais l'aristocratie. En 1789, la bourgeoisie a au contraire pris le pouvoir. Ce n'est pas fondamental par rapport à ce qui nous préoccupe, mais lorsqu'on veut faire l'intellectuel, mieux vaut pouvoir assumer.
4) Je ne connais pas Alexis Barbey, mais s'il oppose "les hommes" et les gens qui restent planqués dérrière les réseaux sociaux, il peut aussi bien signifier le sens que vous dites (genre on n'est pas des lopettes, ce qui est idiot, je suis d'accord) que quelque chose de plus profond, à savoir que c'est une affaire de vraies gens, qui se parlent de vive voix, se touchent et s'aiment ou s'invectivent pour de vrai, dans la vraie vie et pas uniquement par délégation scripturale dans un monde virtuel où les choses sont aussi inconséquentes que dans un jeu vidéo.
5) quand vous dites "les qualités humaines ne suffisent pas, de nos jours, pour avoir droit à la vie", vous semblez signifier que c'est la conséquence de notre système capitaliste bourgeois... Erreur, jeune homme, grossière erreur. Il n'est pas une seule société humaine dans l'Histoire qui ait accordé le droit à la vie à ses membres (et au gite, au couvert et au chauffage) sans rien demander en échange. Et plus l'on remonte vers des sociétés proches de la nature, plus c'est comme la nature: sauvage et sans pitié. La loi de la sélection naturelle. Alors on peut estimer que notre société ne va pas encore assez loin, mais pas lui reprocher d'être pire que celles qui l'ont précédé, car c'est faux. Même dans le bloc communiste, on était obligé de travailler...
6) Le gars n'est pas mort parce qu'il était SDF. Il y a des structures d'accueil pour éviter cela à Genève. Il est mort parce qu'il était toxicomane et qu'il se mettait dans des états où l'on n'est plus capable de faire ce qu'il faut pour mintenir sa chaleur interne. Même Pagani le dit. Ce n'est ni le premier, ni malheureusement le dernier à qui cela arrive. Des comas éthyliques ou des overdoses qui finissent en hypothermie, il y en a régulièrement. De gens qui bien souvent ont un "chez eux" bien chaud quelque part.
On peut en revanche se demander s'il n'aurait pas été mieux secouru ailleurs - sur la voie publique ou dans un centre d'accueil - que dans le camp des Indignés. Nul ne peut l'affirmer objectivement, mais on peut se poser la question. En créant une sorte de cour des Miracles modernes au coeur de la cité, le mouvement a involontairement créé les conditions d'une zone de non-droit où les gardes-fous sociaux habituels n'avaient plus court. Une sorte de société primitive où la solidarité reste affaire de bons sentiments - généralement sélectifs - et non de professionnels payés pour ramasser ceux que plus personne ne veut prendre en charge et s'en occuper.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/02/2012

C'est l'une...

Écrit par : Philippe Souaille | 07/02/2012

Cher monsieur Souaille, tout d'abord je vous remercie pour votre commentaire, quand bien même je ne suis pas d'accord avec vos propos.

J'aimerais clarifier certains points, si vous le voulez bien. Il m'apparaît nécessaire de vous faire remarquer que ma réponse est une conséquence aux propos tenus par Pierre Maudet. Contrairement à ce monsieur, je n'ai aucune responsabilité en tant qu'élu représentant de la Ville de Genève, et ne suis également d'aucun parti politique. Cet article n'est donc pas une reprise, comme vous le sous-entendez, à des fins politiques précises. Bien sûr, si Maudet n'avait pas eu la démagogie de tenir pareils propos, je n'aurais jamais écrit sur ce sujet, par respect pour la victime. Malheureusement, il en a été tout autrement.

Quant à vos allégations sur un quelconque travestissement de la réalité, je vous prie, cher monsieur, de vous renseigner sur cette histoire. J'en sais, ne vous en déplaise, probablement plus que vous sur le déroulement de ce drame, que je déplore et qui m'a bouleversé.

Que certain-e-s abhorrent avec fierté le terme de marginal, que je n'apprécie guère, ne justifie aucunement qu'un magistrat de la pointure de Maudet l'utilise à des fins d'étiquetage de sa propre population. Ce terme est malheureusement beaucoup trop connoté actuellement, et stigmatise des personnes qui peut-être le prendront comme une insulte. C'est le cas.

Concernant Belle-Idée, je suis tout-à-fait d'accord avec vous, et l'antipsychiatrie est une pensée à laquelle je souscris moi-même. Cependant, la victime avait un lourd passé en matière de consommation d'opiacés, et avait par ailleurs déjà attenté à sa vie. Que ce soit Belle-Idée ou une autre institution, il n'aurait pas dû pouvoir sortir sans une surveillance accrue. Ne serait-ce que par pure professionnalisme. Suis-je idéaliste ? Peut-être. Mais je juge nécessaire qu'il y ait de véritables prises en charge (pas nécessairement psychiatriques puisque je n'y suis que peu favorable) lorsque l'on a ouï dire d'un cas comme celui-ci.

Pour la bourgeoisie, effectivement je me suis peut-être trompé. Je le reconnais.

Pour ce qui est d'Alexis Barbey, il peut paraître quelque peu prétentieux de décider d'où et comment la politique doit se faire... Je suis sûr qu'un politicien de sa trempe n'irait pas contester la politique de ses collègues de partis qui en font tout autant sur leurs propres réseaux sociaux. Trop facile d'imputer ça à ses opposants.

Pourquoi usez-vous aussi régulièrement de modalité comme "jeune homme", "jeune" et autres ? Pensez-vous que mon âge disqualifie mon article ? Je me pose la question, ces formulations ne sont pas anodines et démontrent une certaine prétentieux de votre part, ne vous en déplaise.

Qu'il n'y ait jamais eu de droit à la vie par le passé dans nos sociétés humaines sans réciprocité, déjà j'en doute, et quand bien même, cela ne justifie pas pour autant cette attitude qui n'est qu'une monstrueuse atteinte à un droit que je juge fondamental dans une société aussi évoluée que la nôtre.

Vous semblez bien sûr de vous concernant les structures d'accueil pour SDF. Peut-être y avez-vous séjourné ? Je veux dire, pourquoi tant de SDF refusent d'y aller et préfèrent dormir dans la rue avec des températures hivernales ? Faut-il y déceler un problème ? Je le pense.

Votre question n'a aucun intérêt. Il n'y a pas à tergiverser sur le lieu où le drame s'est passé. Il aurait pu mourir dans des WC publiques au beau milieu de nulle part et vous n'auriez même pas posé la question. C'est une hypocrisie monumentale. Il s'agit d'une volonté éhontée de discréditer ces gens qui se sont réunis pour faire changer les choses, que cela fonctionne ou pas.
Une cour des Miracles... vous y allez quand même assez fort cher monsieur. Société primitive ? Encore un jugement hâtif de votre part, et qui n'est pas du tout représentatif de la réalité, mais c'est toujours plus facile de vous mentir en vous faisant votre propre idée du sujet sans jamais n'y avoir mis les pieds. Vous vous rendez compte des accusations que vous portez à l'égard de ces personnes ? Vous sous-entendez que leur solidarité était sélective et qu'en conséquence, la victime est morte parce qu'elle ne présentait aucun intérêt pour les indigné-e-s ? C'est grave monsieur, très grave. Vous devriez vous reprendre avant de sombrer dans un mauvais vaudeville.

Écrit par : Grégoire | 07/02/2012

On peut s'indigner jusqu'à - 10 degrés. Après on rentre chez papa et maman dignement.

Écrit par : Phil | 07/02/2012

Dans votre délire égalitariste, vous oubliez que les personnes - masculines ou féminines - peuvent être opprimées mais certainement pas "opprimés"...

Un-e/Des indigné-e-s

Écrit par : meta | 07/02/2012

Je me permet un peu de sémantique, le sens du mot "bourgeois" a évolué depuis 1789, époque où il avait son sens premier de citadin, et qui était notamment opposé la noblesse, alors propriétaire des terres, donc vivant à la campagne. Ce sont... les nobles qui ont été décapités, et les bourgeois faisaient alors partie du Tiers-Etats avec le bas Clergé et les serfs, c'est-à-dire le bas peuple.
Ce terme n'avait pas encore le sens de détenteur du capital qu'il a aujourd'hui, aussi si on parle de Révolution bourgeoise en faisant référence à 1789, ça signifie quand même que c'était une révolution populaire puisqu'émanant du Tiers-Etats.
Ainsi, il est aujourd'hui totalement acceptable d'utiliser le terme bourgeois dans son sens actuel pour parler de la classe dominante jusqu'en 1789, afin de rendre le texte intelligible au personnes peu au fait de cette évolution linguistique comme M.Leisi.

Écrit par : Sylvain Morand | 07/02/2012

Merci meta, si votre seule critique à l'égard de mon texte se résume à une faute d'inattention, je le prends comme un compliment.

Phil, il faisait -15 ces derniers jours, donc vous vous fourvoyez.

Écrit par : Grégoire | 07/02/2012

Allez faire une visite au Raccard à Genève: on y accorde "aux sans domicile fixe un lieu où discuter et se sentir écouté". Vous trouverez rarement une organisation de ce type, avec des thérapeutes hyper dévoués et sans prétention. Cet endroit est sponsorisé par la Ville de Genève. Oui, il faut s'indigner mais aussi et avant tout, il faut se renseigner.
Amitiés.

Écrit par : NIN.À.MAH | 07/02/2012

Le Raccard : Prix par jour : Frs. 100.-
Ce qui fait 3000.- par mois, c'est de l'exploitation de la pauvreté pure et simple.
Dans le cas où c'est remboursé par la Ville de Genève, ça implique des démarches pour se voir rembourser ces frais, et c'est un détournement de subventions communales au profit des membres salariés.

Écrit par : Sylvain Morand | 07/02/2012

Je crois que nous n'avons visiblement pas la même définition de la misère... Merci Sylvain pour ces détails édifiants, ça démontre à quel point certain-e-s s'accrochent à des pacotilles pour discréditer les autres... quand bien même l'information est faussement justifiée.

Écrit par : Grégoire | 07/02/2012

Monsieur Barbey, pardonnez-moi le "jeune" donc, d'autant que vous êtes visiblement en train de passer vos épreuves d'initiation à l'âge adulte. Quand je parlais de travestissement de la réalité, je ne pensais pas aux circonstances de la fin malheureuse de ce jeune homme, pour la bonne raison que vous n'en parlez pas et que je n'en sais rien, mais bien de vos analyses historico-politiques.
Le fait d'être ou pas membre d'un parti n'est pas signifiant en la matière. Vous parlez de politique, vous avez des opinions que vous exprimez sur votre blog et même vous manifestez en leur faveur. Donc vous faites de la politique. Comme M. Jourdain faisait de la prose, peut-être.
J'ai rédigé il y a une trentaine d'années un rapport pour la commission fédérale de la Jeunesse sur les mouvements de jeunes d'alors. J'y démontrais notamment, par une étude historique sur les mouvements de jeunesse du XXème siècle, que les leaders des mouvements de révoltes post-adolescentes, si anti-systèmes qu'ils puissent être, se retrouvent généralement aux commandes politiques du-dit système une vingtaine d'années plus tard. Les rares exceptions ayant été victimes de leurs excès ou d'une répression sanglante.
Ce qui souligne deux choses: le nécessaire renouvellement des générations et l'existence de leaders nés, quel que soit le côté de la barrière où l'on se place, puisqu'ils restent souvent les mêmes, lorsqu'ils changent de côté... Bienvenue au Club, donc :-)
Pour ce qui est du droit au suicide, ou de la contrainte à exercer sur des personnes ayant un comportement en rupture avec la norme, nous sommes là au coeur de vastes débats. Qui décide de la norme et de quel droit obliger quelqu'un à vivre s'il ne le souhaite pas ? C'est par ce genre de cheminements que l'on passe justement de la révolte adolescente aux responsabilités sociales adultes. Bienvenue au Club :-(
Contrairement à Claude Guéant sans doute, je ne mets aucune connotation péjorative dans le vocable de "sociétés primitives". Ayant reçu une formation d'ethnologue, je les considère également dignes d'intérêt, même si elles correspondent à des strates historiques et technologiques différentes.
Aussi, quand je parle de sélectivité des sentiments, je ne parle pas d'intérêt au sens économique du terme, ou alors de manière extrêmement indirecte. Non, il s'agit tout simplement d'empathie et à contrario d'efforts pénibles. S'occuper de personnes toxicomanes ou séniles, c'est extrêmement dur et prenant, même lorsqu'on est leur parent proche. Je le sais pour avoir vécu les deux. Y consacrer tout son temps, c'est une horreur.
Loin de moi l'idée d'accuser les Indignés de manquer de coeur. Ils en ont tout autant que n'importe qui en ce bas monde. Avec des doses certes variables d'un individu à l'autre, mais ni plus ni moins que la moyenne. C'est pourquoi, dans nos sociétés, on délègue la prise en charge des personnes en souffrance à des gens payés pour.
Il n'y a pas les méchants de droite d'un côté, les gentils indignés de l'autre. Il y a la nature humaine et les circonstances. Qui nous font agir au mieux de notre conscience. Ou pas. Complètement indépendamment de nos idéologies.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/02/2012

M. Morand, il n'est pas question de glissement sémantique, mais d'Histoire. Les bourgeois de 89 faisaient certes partie du Tiers-Etat, mais ils étaient déjà bel et bien les capitalistes d'alors, marchands, armateurs, entrepreneurs et les premiers industriels. C'est précisément parce qu'ils avaient acquis le pouvoir économique, face à un pouvoir terrien qui déclinait, qu'ils firent cette révolution, n'admettant plus d'être dirigés par l'aristocratie qu'ils renflouaient de plus en plus souvent.
Ils firent la Révolution avec l'appui momentané du peuple. Et toute l'histoire de la Révolution française est faite de ces rapports de force entre les différentes composantes de ce tiers-état qui est en réalité profondément divisé. On peut noter d'ailleurs que les rares moments où le peuple, en tant que tel se rapproche du pouvoir contre la bourgeoisie, sont aussi celles qui ressemblent le plus à des dictatures sanglantes. Au point de susciter des chocs en retours rapides.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/02/2012

M. Barbey, si je n'ai voulu faire remarquer que ce glissement c'est parce que M. Souaille s'attaque - certainement avec beaucoup plus de talent que je ne saurais le faire - sur le fond de votre pensée rase.

Toutefois, je me permets de soulever un autre point : n'était-ce pas vous que disiez être pour qu'on mette fin aux "vies inutiles" (discussion Facebook sur l'avortement il y a quelques semaines) ?

Écrit par : meta | 07/02/2012

M. Souaille, j'ai aussi fait des études d'anthropologie, où j'ai appris que le concept de "sociétés primitives" est largement dépassé aujourd'hui, car il porte en lui l'affirmation d'une antériorité de celle-ci sur des sociétés plus complexes qui est fictive, car des sociétés moins complexes existent aujourd'hui et sont le produit d'une évolution, tout comme la nôtre. Elles méritent tout autant que la notre leur modernité.

Écrit par : Sylvain Morand | 07/02/2012

Merci Philippe Souaille, vos commentaires ont le mérite d'être constructifs et bien développés, c'est un honneur, quand bien même je n'y souscris pas nécessairement.
L'initiation à l'âge adulte, je n'y crois guère pour ma part. C'est un concept métaphysique qui part du principe qu'il y a des étapes invisibles entre l'enfance, l'adolescence et l'adulte. Je n'y vois qu'une évolution, une acquisition de connaissances et de comportements en rapport à la société dans laquelle s'épanouit un individu.
Je ne remets pas en cause votre travail d'investigation, mais je me permets une petite réflexion, qui je crois devrait porter le débat vers des sentiers plus intéressants encore : êtes-vous certain que nous pouvons parler de "leaders nés" ? Cela suppose des prédispositions naturelles pour un comportement spécifique. Ne peut-on pas, au contraire, supposer que le milieu environnemental où se développe l'individu est principalement responsable de ses comportements ? Si chefs il y a, ne sont-ils pas une construction sociale, conséquence de paradigmes invisibles qui régissent notre société actuelle ?
Pour le suicide, je considère que toute personne a le droit de choisir librement de vivre ou de mourir, et nul ne peut juger.
Vous semblez penser que je fais partie de cette catégorie d'être humain-e que vous avez étudié, pourquoi ?

Meta, vous devez confondre, je suis pour l'avortement, et j'ai des arguments en la matière. Ceci n'est pas le sujet, mais en résumé, je considère qu'il est important qu'une personne soit libre de son corps, et donc de décider si oui ou non elle désire qu'un être se développe en son sein. Mais de là à dire que je considère ces êtres en devenir des vies inutiles, il y a un monde.

Écrit par : Grégoire | 07/02/2012

"de là à dire que je considère ces êtres en devenir des vies inutiles, il y a un monde."

Je vous cite, donc:

Le 8 décembre 2011, 18:18
"Je suis pour l'avortement dans la mesure où les parents, et surtout la mère, se savent en incapacité de subvenir aux besoins de l'enfant à naître durant ses premières années. Une situation financière instable, un âge trop jeune, etc. me paraît être de bons indicateurs.
Pire, si un embryon est détecté comme étant porteur d'une maladie incurable, par exemple la mucoviscidose, qui te donne une espérance de vie de seulement 25 ans, je considère que les parents sont en mesure de décider s'il vaut mieux mettre un terme préalable à sa vie ou le garder et se sentir responsable de sa condamnation programmée..."

http://www.facebook.com/julien.cart/posts/10150496508231967

Écrit par : meta | 07/02/2012

Ai-je écrit qu'une vie était inutile ? Toute vie a son utilité, mais certaines peuvent parfois être épargnées. Les parents en devenir ont le droit de faire ce choix, selon moi. Je n'irais jamais dire qu'il faut avorter lorsqu'un enfant est détecté comme étant handicapé (je suis même opposé à cette pratique si c'est l'argument qui prédomine, mais je n'ai pas le droit de juger cet acte).
Tentative de me décrédibiliser ou avez-vous mal compris mon intervention ?

Écrit par : Grégoire | 07/02/2012

Disons les choses clairement : faire ce "choix" c'est juger de l'utilité de cette vie à naître.

En fin de compte, votre langue de bois et celle de M. Maudet sont assez proches l'une de l'autre.

Écrit par : meta | 07/02/2012

Meta, vous êtes un sacré sophiste. Si vous aviez au moins la décence d'apporter des arguments à vos allégations...

Non, faire ce choix, c'est laisser choisir si oui ou non la personne (en l'occurrence, une femme) qui devra porter cet être en a l'envie et souhaite accepter d'endosser une telle responsabilité.

Vous êtes peut-être un-e militant-e pro-vie, mais je ne cherche pas à débattre de cela ici et maintenant. Vous avez mon mail sur le blog, faites-en l'usage, et cessez vos accusations infondées. Vous voyez la teneur de mon article, j'en attends de même à toutes celles et ceux qui désirent me répondre. Je n'aime pas les propos non-argumentés, ça n'a pas de sens. Vous proférez des accusations sans même développer votre position, c'est dommage et ça n'est pas constructif.

Merci de recentrer le débat, les prochains commentaires qui sortent du cadre de cette discussion seront susceptibles d'être supprimés si j'en ressens l'utilité pour le bon déroulement des discussions qui ont trait à cet article.
J'en rédigerai peut-être un à l'occasion sur ma position concernant l'avortement, à la rigueur, afin d'exposer clairement mes arguments.

Écrit par : Grégoire | 07/02/2012

J’ai un nombre certain de désaccords avec vous, Grégoire.

1. Je rejoins d’abord les points 1 et 2 du premier commentaire de Philippe Souaille: être marginal fut une fierté à une époque. Curieux renversement de sens, très conformiste au demeurant. La pensée normative avait reculé devant la créativité et la radicalité des années 60-70. Elle est en train de revenir à grands pas. De plus, en effet à une époque être interné c’était ne plus sortir sans l’accord de la famille et sans celui des médecins. C’était la prison! On ne s’appartenait plus. Electrochocs, camisole de force, prison, c’était le bonheur des internés avant 68.

Je continue:

2. «le camp des indigné-e-s accordait aux sans domicile fixe un lieu où discuter et se sentir écouté».

Si c’est exact, il semble qu’il n’ait cruellement pas été entendu ce 29 janvier 2012. Tellement peu entendu qu’il en a perdu l’usage de la parole. Et de la vie en même temps. Les plus proches, ceux qui selon vous lui offraient écoute et discussion, où étaient-ils? Pas là. Il est resté seul suffisamment longtemps pour tomber en hypothermie. Un responsable du camp a d’ailleurs déclaré hier au JT qu’il avait honte (de ne rien avoir vu).


Je continue:

3. «Ceci s'apparente étrangement à une tentative de suicide, même si le légiste affirme que le froid est la cause de sa mort ce qui est sûrement tout à fait exact. Mais il avait déjà essayé, par le passé. «

Comment pouvez-vous affirmer cela? Avez-vous connu la personne? L’avez-vous vue ce soir-là, pour parler en son nom? Connaissez-vous son dossier médical? Merci de nous informer, vous semblez en savoir beaucoup sur lui. Ou bien lui prêtez-vous cette intention sans être certain? Parce qu’il avait déjà tenté le suicide, il l’aurait donc inévitablement refait ce 29 janvier? S’il avait voulu se suicider, serait-il resté dans (selon la presse) les toilettes où il pouvait être retrouvé rapidement?


4. «Il le souhaitait, sûrement désabusé par ce monde. En proie au sentiment de l'absurde, pour reprendre l'expression d'Albert Camus dans son mythe de Sisyphe.»

Vous l’a-t-il dit? Sur quels éléments probants lui attribuez-vous cette intention?


5. «L'absurdité immanente d'un système qui laisse mourir celles et ceux qui ne lui apportent rien, matériellement. Oui, les qualités humaines ne suffisent pas, de nos jours, pour avoir un droit à la vie. Il faut accumuler, enrichir, et se conformer.»

En effet les qualités humaines ne suffisent pas. Il faut échanger avec le monde pour recevoir du monde. Toutes les espèces bossent et échangent, même les espèces végétales. Le fait d’être humain n’octroie pas un droit à recevoir sans donner. A moins d’avoir des parents riches. Et encore.


6. « Cet acte terrible, qui ne méritait nullement d'être bafoué par un désir avide, celui d'être repris par des personnalités qui n'y voient pas le tragique qui s'en échappe, mais un intérêt pour prêcher leurs idéologies...» (S’il s’agit bien d’un suicide. On n’en sait rien.)

Je constate qu’ici il est bien repris, non pour la tristesse de ce décès, mais pour faire le procès de la société et de certains politiques dûment nommés et identifiés: c’est bien cela, c’est exactement cela l’instrumentalisation politique d’un événement. Vous serez un excellent politicien le jour venu...


7. «Une âme s'est éteinte, tourmentée par les assauts répétés d'une élite qui ne laisse aucun répit aux affaiblis.»

Qu’en savez-vous? Quels éléments probants à l’appui de votre thèse?


8. «Mais c'est le décès d'une pensée, également, en terres calvinistes, celle qui a voulu cacher les ténèbres avec d'obscurs mensonges».

Pourquoi donc personne, pas plus les indignées que la police ou les politiques, n’ont-ils voulu en parler avant? Le silence est en l’occurrence un hurlement qui vient de partout, y compris du parc des Bastions.


9. «Oui, il semble penser que la politique est « une affaire d'hommes ». Aucun doute, il ne parle pas des êtres humain-e-s dans leur ensemble, mais bel et bien du mâle.»

Aucun doute: avez-vous vérifié? Lui avez-vous demandé? La thèse de Philippe Souaille est tout aussi plausible: «une affaire de vraies gens, qui se parlent de vive voix, se touchent et s'aiment ou s'invectivent pour de vrai, dans la vraie vie et pas uniquement par délégation scripturale dans un monde virtuel où les choses sont aussi inconséquentes que dans un jeu vidéo.»


10. «le beau verbiage dont se pare l'intimé»

L’intimé? Il est déjà en appel? Qui l’a condamné? Vous-même? Etes-vous procureur?

«Dans le langage de la procédure judiciaire, l' "intimé" est le mot par lequel est désigné le défendeur à l'instance d'appel.». (Juritravail)


11. «La manipulation d'un événement aussi triste à des fins politiques force à l'indignation.»

En effet, votre billet force à l’indignation par cette manipulation à des fins politiques si évidentes d’un événement aussi triste.


12. «rendons hommage à l'être humain qui nous a laissé-là, ce soir, avec un sentiment de profonde tristesse et de révolte.»

En 2006 il y a eu un peu plus de 1’000 suicides en Suisse. Rendons hommage en même temps à tous les autres dont personne ne parle. Ils ne sont peut-être pas mort au bon endroit. Ecrasé sur un train, c’est moins romantique. Et pensons en particulier que près des 3/4 des suicidés sont des hommes. Visiblement cette société en veut particulièrement aux hommes.


13. «Nous ne pourrons pardonner, nous toutes et tous, les êtres humain-e-s qui fondent cette ville, ce pays, et cette terre.»

Nous? Qui nous? Vous? Plus qui précisément?

N’est-ce pas vous qui dans un précédent billet reprochiez à Freud d’avoir généralisé son histoire personnelle? Parce que j’ai comme l’impression que c’est ce que vous venez de faire.


Désolé de vous cherchez noise. Je me suis impliqué à fond, toute ma vie, pour changez des choses dans un sens de plus de liberté, d’autonomie, de responsabilité individuelle. J’ai mis en pratique mon idéal. Alors j’ai toujours quelques résistances quand je vois la théorie et l’idéologie prendre le pas sur le réel.


Et à propos du langage épicène, il m’amuse toujours tant il complique la lecture et fait bon élève. Et puis, étrangement, c’est le féminin qui est enfermé entre les tirets. Raaaahhhhh.....

Écrit par : hommelibre | 07/02/2012

Que voulez-vous, que j’étaye mes arguments ? C'est juste, mais si c'est pour le faire à votre façon, "nous sommes les gentils, ils sont les méchants" en 1'500 signes, non, merci !

Écrit par : meta | 07/02/2012

Je me demande si une citation Albert Camus suffit à valider l'intention que vous prêtez au mort. C'est pratique les morts, on leur fait dire ce que l'on veut: ils ne sont plus là pour nous contredire.

Sur Albert Camus encore, homme d'une grande exigence et intégrité intellectuelles, il risquerait bien de se retourner dans sa tombe en voyant qu'il sert à votre instrumentalisation politique d'un cadavre.

Écrit par : hommelibre | 07/02/2012

C'est hors sujet Meta: avorter de foetus porteurs de maladies, fussent-elles la mucoviscidose, c'est faire peu confiance à la vie, et surtout c'est de l'eugénisme. Un projet d'extrême-droite, ça, l'eugénisme, quand il s'agit d'éliminer les faibles et les tarés.

Écrit par : hommelibre | 07/02/2012

Pauvre de vous Meta... Stratégie évidente de fuite face aux difficultés soulevées. Bref, si vous vous contentez de si peu, je ne vais plus perdre mon temps davantage à vous répondre. Si vous aviez quelque argument à fournir pour votre position, vous l'auriez énoncé depuis fort longtemps.

Hommelibre, dois-je moi aussi vous tenir un procès d'intention par rapport à vos propos reçus en e-mail il y a quelques jours ?
Cet article cache une dizaine d'heures de recherche, de discussions avec des personnes qui l'ont connu, de remaniement divers et variés afin d'être le plus proche des faits. Les proches ne se sont pas offusqués de mon article, par contre ils étaient en larmes concernant ceux de monsieur Maudet.
Vous devriez vous renseigner un peu plus.

Écrit par : Grégoire | 07/02/2012

Vous allez vite en besogne hommelibre, vous qui êtes un machiste mal assumé, me qualifier d'extrême droite sans jamais n'avoir même eu une seule conversation avec moi concernant mes positions sur l'avortement, c'est décidément une preuve d'incapacité réflective.

Écrit par : Grégoire | 07/02/2012

M. Morand, tout ce qu'on "apprend" à l'école n'est pas forcément parole d'évangile. En plus je suis mécréant. La base de la science est d'être réfutable. C'est vrai des sciences exactes, à fortiori des sciences inexactes, à savoir les sciences humaines... C'est ainsi que j'ai mis en doute la parole sacrée de Claude Levy-Strauss qui était prof dans mon école...
Tout cela pour dire que je considère la théorie dont vous parlez comme une magnifique fumisterie. Que toutes les sociétés humaines aient la même origine commune quelque part et donc si l'on veut le même âge ne signifie rien quant à leur parcours d'évolution, déterminé avant tout par les circonstances matérielles auxquelles ils se sont heurtés et auxquelles ils se sont adaptés.
Prenons pour exemple les Waorani et les Quechuas, deux peuples d'Equateur que j'ai filmés dans "Wapouni wapouni, la médecine en pirogue" et vivant à 2 ou 300km à vol d'oiseau. Tous descendent des mêmes peuples sino-tibétains ayant probablement passé le détroit de Béring à pied sec il y a dans les 15 000 ans.
Les Waorani ont aimé la forêt et s'y sont adaptés, vivant grosso modo comme il y a 15 000 ans, car dans ces conditions à la fois extrêmes et néanmoins luxuriantes, ils n'avaient aucun besoin d'évoluer pour se reproduire et assurer leur subsistance. Résultat des courses: ils vivent nus, de chasse, de pêche et de cueillette, leurs tissages les plus sophistiqués sont des mailles de filet de pêche avec des trous de 2 cm, tous leurs outils sont en os ou en arrête de poissons. Ils sont supergentils, mais leurs proches cousins Tagahiri, en fait un clan dissident, balancent des lances empoisonnées sur tout être humain passant à leur portée. Leur langage comprend 800 mots dont la plupart ont plusieurs significations. Ils ont une excellente connaissance de leur environnement, des feuilles médicales de toutes sortes et sont persuadés que tout ce qui leur arrive de bien ou de mal est la conséquence des sorts qu'on leur a jeté. Ah oui, aussi, à 18 ans, leurs femmes n'ont plus de dents et ont déjà perdus un ou deux enfants, à 35 ans, ils rentrent dans le 3ème âge et à 50 ans ils sont généralement morts.
Les quechuas eux sont des proches cousins des quichuas, qui ont engendré la civilisation Inca. Ils fabriquent des tissages sophistiqués, savent s'habiller pour résister au froid de leurs montagnes et sont d'excellents agriculteurs. Ils construisent des maisons en dur et des routes en pierre, les anciens savent encore utiliser les kipu, l'écriture à base de noeuds. Leur vocabulaire compte entre 3 et 5000 mots et ils sont capables d'émettre des concepts tout à fait sophistiqués. Ils sont en excellente santé. Bref, il y a quelques siècles, ils ont choisis de vivre dans des coins nettement moins insalubres que la forêt, mais où la chasse et la cueillette ne suffisent pas et ils ont mis au point les techniques nécessaires pour survivre. Le tout strictement dans le même espace de temps que les quechuas.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/02/2012

Grégoire, je dis que l'eugénisme est une thèse d'extrême droite dans ce cas de figure, je ne dis pas que vous l'êtes. Néanmoins vous soutenez une thèse qui a été développée par l'extrême-droite.

Pas besoin de m'attaquer personnellement pour vous défendre. "Machiste mal assumé": si j'étais machiste je l'assumerais sans problème, "macho" signifiant "homme". Vous êtes bon et précoce dans le procès d'intention.

Quant au commentaire que je vous ai envoyé hors ligne l'autre jour, j'espérais le voir figurer sous votre billet, puisque j'avais écrit que sa longueur semblait être un obstacle informatique et qu'il ne passait pas. Vous n'avez pas jugé bon de le publier, n'en parlons donc pas, voulez-vous bien? Je vous remercie.

Quant à vos recherches sur cet article, comme vous ne citez rien de précis ni personne, difficile de leur attribuer une part de vérité.

Écrit par : hommelibre | 07/02/2012

Je ne suis pas eugéniste en ce cas, ne me qualifier pas de substantifs qui ne me correspondent pas.

Les personnes que j'ai interrogées ont peut-être préféré garder l'anonymat, ne pensez-vous pas ? Je m'expose publiquement avec cet article, et je l'assume. Mais certain-e-s n'en ont pas envie... et ça, c'est leur choix.

Quant à votre commentaire, non, n'en parlons pas, il vaut mieux...

Écrit par : Grégoire | 07/02/2012

"Quant à votre commentaire, non, n'en parlons pas, il vaut mieux..."...

Ça, c'est vicieux comme méthode.

Mon commentaire vous a visiblement dérangé pour que vous ayez refusé de le publier.

Je redis: je ne vous ai pas qualifié personnellement d'eugéniste. Je dis que la thèse que vous soutenez sur l'avortement des foetus présentant des maladies ou des tares (génétiques) est celle qui a été développée par les racistes et fascistes d'il y a un siècle. J'ajoute que ce qui fondait cette thèse était la supériorité d'une élite qui se donnait le droit de décider qui devait vivre ou non selon ces critères génétiques.

Écrit par : hommelibre | 07/02/2012

J'ai dit que les parents étaient selon moi en droit de faire ce choix, je fais abstraction de ma propre opinion sur le sujet, car je sais faire des exercices de pensée qui permettent de ne pas penser d'abord à son propre point de vue mais à celui des autres également.
Je suis complètement opposé à l'eugénisme.

Écrit par : Grégoire | 07/02/2012

Grégoire, leaders nés, c'est une expression. A priori je pense que l'existence détermine la conscience. Et que l'éducation, les circonstances ont effectivement des responsabilités sans doute plus lourdes que les gênes. Mais en même temps, rien n'est jamais tout blanc ou tout noir, et les gênes ont aussi leur importance. Nous naissons tous égaux en droit, en principe, mais pas aux yeux de Mère Nature. Certains auront des prédispositions pour courir plus vite, réfléchir mieux, feront preuve de davantage de charisme ou d'autorité.
Quand à cette catégorie d'humains "leaders", je dirai que vous vous positionnez clairement comme leader d'opinion. Faut assumer :-)

Écrit par : Philippe Souaille | 07/02/2012

Le droit à l'avortement est-il un avatar de l'eugénisme, selon vous ?
Je ne comprends pas, comment la discussion a-t-elle pu glisser du côté de cette équation ?
Une femme qui décide de faire une interruption de grossesse serait donc condamnable, selon les critères de "droit à la vie".
Déplorer un décès qui pourrait être volontaire ou involontaire (le saurons nous une fois ?) est-ce que cela implique que l'on doit être anti-avortement à 100% ?
Le débat autour de l'avortement reste visiblement d'actualité. Toutefois, il me semble urgent et très concret de s'occuper de son prochain qui est déjà là.

Écrit par : Calendula | 07/02/2012

Ce qui s'est produit au campement des indignés est avant tout l'aboutissement d'une tragédie personnelle. A mon point de vue, ce qui a causé la mort de ce jeune homme, au-delà de l'hypothermie et de la consommation excessive de stupéfiants, c'est le manque de reconnaissance.

Un manque de reconnaissance qui nous accable tous à un moment ou un autre de la vie, à des degré divers. Lorsque cette carence se fait trop forte, que les enjeux de notre existence ne sont - littéralement - plus reconnus, celle-ci perd toute valeur.

Le manque de reconnaissance est dès lors susceptible de pousser un individu vers la violence dirigée - c'est selon - contre soi-même ou contre autrui. La "victime" de ce manque de reconnaissance conçoit son attitude, quelle qu'elle soit, comme un moyen d'exister, le cas échéant dans la mort. Ce jeune homme: personne n'en parlait avant qu'il ne meurt, seul, sous une tente. Aujourd'hui, il existe, sans doute malgré lui, dans les réactions que suscitent son décès.

Le manque de reconnaissance, j'en suis convaincu, est ainsi à l'origine de bien des drames, qu'ils soient personnels ou collectifs.

Il s'exprime de bien des manières, ce manque de reconnaissance, parfois triviales et parfois plus graves.

On trouve toujours de bonne raisons de ne pas témoigner à autrui la reconnaissance à laquelle il a droit: il est de gauche, de droite,trop jeune, trop vieux, trop laid, trop pauvre, trop riche, trop "intello", trop "prolo", trop prétentieux, trop timide, trop gentil, trop méchant... et je pourrais allonger cette liste à l'envie.

Cet article et les commentaires qui le suivent sont la démonstration de cette tendance aussi généralisée que létale. Ils présentent en effet de jolis moments de bravoure et dépeignent - chacun selon un point de vue différent - les différentes facettes d'une seule réalité: la mort d'un jeune homme seul, sous une tente, au parc des Bastions.

Et chaque protagoniste du débat apporte une partie de l'explication de ce tragique évènement: le manque de volonté politique, l'attitude parfois méprisante des milieux bourgeois, l'irresponsabilité et le manque de cohérence de certains protestataires, la prise en charge psychologique inadéquate de la victime pour n'en citer que quelques unes.

Tout y est ! La vérité se trouve dans la rencontre de vos analyses ! A l'évidence, pareille tragédie ne peut avoir qu'un complexe de causes diverses.

Mais seulement voilà: personne ne veut reconnaître qu'à sa petite échelle, il porte en lui la responsabilité, fut-elle infime, de ce drame.

Maudet (dont j'admire par ailleurs le courage politique) n'admettra jamais que sa conception du "bon citoyen" (dont il est à l'image) n'est pas à la portée des plus faibles et peut donner à ces dernier le sentiment de ne pas être reconnus.

Les protestataires (dont j'admire également par ailleurs la détermination) n'admettront jamais qu'ils n'ont pas su prévenir ce drame, le cas échéant en faisant en sorte que l'un de leurs membres demeure chaque soir de permanence au camp pour s'assurer qu'un démuni tel que la victime ne puisse y périr seul.

Le personnel médical ayant pris en charge la victime à Belle-Idée n'admettra jamais qu'il aurait pu trouver le moyen de convaincre cette dernière d'y demeurer plus longtemps, qu'une autre issue que la mort était possible.

La Police n'admettre jamais qu'elle aurait du patrouiller régulièrement dans le camp pour prévenir ce type de situation.

Et moi, j'aurai du mal à admettre que, travaillant à deux pas du camps, j'aurais du m'y intéresser davantage au lieu de me répandre ici aujourd'hui.

Mais au lieu de reconnaître ce partage de responsabilité, on cherche des coupables. Encore et encore. Et lorsqu'on n'est pas d'accord sur le coupable en question, on méprise celui qui le désigne, lequel méprise à son tour quelqu'un d'autre.

Ne voyez-vous pas que nous sommes TOUS pris dans cette spirale ? Relisez-vos commentaires ! Ils sont parfois brillants, emprunts d'une culture que je ne peux qu'envier, fourmillent d'informations intéressantes. Tout ça pourquoi ? Pour discréditer l'autre. Pour ne pas reconnaître qu'il est susceptible d'avoir raison, ne serait-ce que partiellement.

Lorsque je lis ce sublime gâchis (qui se répète régulièrement, pour tout et rien)je me demande si l'apologie de la reconnaissance ne mérite pas que je me laisse crever de froid.

Bien à vous tous !

Écrit par : K. Rappard | 07/02/2012

Calendula,

Pour ma part je ne le pense pas et ne fais pas de lien. Ce sont deux choses bien différentes dans l'esprit. L'avortement est une décision qui appartient au couple (autant que possible). Je pense que ce n'est pas anodin et qu'il ne faut pas le banaliser, tant pour les difficultés psychologiques possibles de la femme que pour la possible irresponsabilité de l'homme qu'il peut favoriser.

Je ne suis pas d'accord avec les mouvement comme pro-vie. Je distingue la question générique, éthique, et de ce point de vue l'avortement est une vraie question. Je n'ai d'ailleurs aucune prétention ni légitimation à être un modèles dans ce domaine. Je ne suis pas d'accord que l'on traite les anti-avortement de noms d'oiseaux. Ces gens ont aussi une vision. J'en avais fait un billet l'an dernier:

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2011/05/06/remboursement-de-l-avortement-oui-ou-non.html

Mais je sépare l'aspect éthique de l'aspect légal.


Je reviens à la question de l'eugénisme. Il y a deux sortes d'eugénismes: celui-ci, qui a nourri l'idéologie élitiste fasciste, et qui recommandait d'éliminer les individus présentant des tares. Et un eugénisme qui veut simplement améliorer les conditions de vie des humains en améliorant leur terrain biologique ou grâce par exemple aux préventions précoces et aux thérapies géniques. Cela demande de toutes façons un encadrement sociétal.

Écrit par : hommelibre | 07/02/2012

@K.Rappard, Merci pour votre magnifique texte ! Il est à la fois empathique envers la personne et lucide en ce qui nous concerne, nous qui restons là, à contempler le drame.
Est-ce bien mardi dernier, le 31 janvier, que le débat a eu lieu au sujet de ce campement au Conseil Municipal ? Le décès avait donc déjà eu lieu. Personne n'était donc au courant ou alors se taisait ? On a pu assister à ces morceaux de bravoure rhétoriques, qui semblent bien dérisoires à présent.
Je suis allée lire une grande quantité de blogs et commentaires au sujet de ce décès et effectivement, il est frappant de constater que chacun interprète ce drame de la solitude à sa façon, selon sa sensibilité politique ou personnelle. Il y a tout et son contraire et cette volonté de désigner des responsables. Et une forte envie de s'en laver les mains.
@hommelibre, je crois qu'il était important de préciser les choses concernant l'eugénisme. Je n'ai pas compris que l'on agresse Grégoire à ce sujet.

Écrit par : Calendula | 07/02/2012

Calendula,

Ce petit débat dans le débat a été amené plus haut par un ou une internaute qui citait une phrase écrite par Grégoire sur Facebook:

"Pire, si un embryon est détecté comme étant porteur d'une maladie incurable, par exemple la mucoviscidose, qui te donne une espérance de vie de seulement 25 ans, je considère que les parents sont en mesure de décider s'il vaut mieux mettre un terme préalable à sa vie ou le garder et se sentir responsable de sa condamnation programmée..."

http://www.facebook.com/julien.cart/posts/10150496508231967"

Je pense que l'internaute voyait une contradiction entre d'un côté le fait de pleurer un mort aujourd'hui (et mettre en cause la société), et de l'autre décider de provoquer la mort d'un foetus parce qu'il ne serait pas en bonne santé.

D'un côté la vie d'un "marginal, pas conforme et rejeté" est pleurée par l'auteur du blog; de l'autre cet auteur valide le fait que l'on puisse mettre fin à une vie en formation parce qu'elle n'est pas conforme et rejetée elle aussi (maladie), le choix étant de faire mourir volontairement de suite ou de laisser 25 ans de vie.

J'ai ajouté que l'élimination d'être malades ou présentant des tares était la thèse de l'eugénisme fasciste d'il y a un siècle, le but étant de privilégier une élite saine et de produire une race plus pure et plus forte.

Voilà, c'était lié au débat indirectement.

Écrit par : hommelibre | 07/02/2012

@hommelibre, tout est clair à présent, de ce côté-là, du côté indirect.
Le drame des Bastions pose plein de questions plus immédiates et K. Rappard en dresse une longue liste.
J'ai côtoyé de près une personne qui refusait de rester à Belle-Idée. Elle aurait pu finir à la rue, parce qu'elle pensait ne pas être en sécurité chez elle. Je sais que la situation des proches est très difficile dans ces cas. Essayer de soigner ou de protéger une personne en détresse psychiatrique demande de grandes ressources et une disponibilité rare.
Là, le filet de la société peut être utile et même nécessaire.
En France, où il y a davantage de SDF que chez nous, on met sur pied ce qu'ils appellent des "maraudes", lorsqu'il fait très froid. Il semblerait que les médecins et autres bénévoles qui s'occupent de ça ont beaucoup de peine à faire rentrer les personnes dans les abris. Mais au moins ils essayent. C'est un travail admirable.

Écrit par : Calendula | 07/02/2012

Florilège :

"avorter de foetus porteurs de maladies, fussent-elles la mucoviscidose, c'est faire peu confiance à la vie, et surtout c'est de l'eugénisme. Un projet d'extrême-droite, ça, l'eugénisme, quand il s'agit d'éliminer les faibles et les tarés."

Et donc à cette aune, la société française est une société d'extrême droite puisque les interruptions médicales de grossesse y sont autorisées de par la loi :

http://www.genethique.org/doss_theme/dossiers/interruption_grossesse/legislation_francaise.asp

Et en Suisse aussi :

http://www.smw.ch/docs/pdf/2000_38/2000-38-081.PDF

Au secours! Je vis dans un pays d'extrême-droite!
Que dire alors des Yanomami!


"Mon commentaire vous a visiblement dérangé pour que vous ayez refusé de le publier."

Ca, c'est l'hôpital qui se moque de la charité. Un de mes commentaires sur son propre blog l'a visiblement dérangé pour qu'il le censure à toute vitesse. Ce qui tendrait à confirmer ce propos :

"vous qui êtes un machiste mal assumé,"

Non?


"En 1789, la bourgeoisie a au contraire pris le pouvoir."

En 1794 plutôt. Robespierre, Marat, Sain-Juste, Danton, des capitalistes?! Toujours prêt à réécrire l'histoire.
On peut aussi critiquer la terreur, mais c'était peau de balle comparé à ce qui s'est passé jusqu'en 1815.


"On peut noter d'ailleurs que les rares moments où le peuple, en tant que tel se rapproche du pouvoir contre la bourgeoisie, sont aussi celles qui ressemblent le plus à des dictatures sanglantes."

Sans doute parce que la bourgeoisie est incapable de "dictature", n'est-ce pas et qu'elle n'est jamais sanglante. MDR! Enfin non, c'est trop triste.
Toujours prêt à réécrire l'histoire. Bis.


"Monsieur Barbey, pardonnez-moi le "jeune" donc, d'autant que vous êtes visiblement en train de passer vos épreuves d'initiation à l'âge adulte."

Après le coup du "jeune", le coup du mépris. Sans doute parce que Monsieur Souaille a "passé ses épreuves d'initiation à l'âge adulte" en "passant" du trotzkysme au soutien de la bourgeoisie et à sa dictature. Et que, puisque "je" suis passé (décidément!) par là, tout jeune doit aussi y "passer"... Si c'est pas du mépris ça! Entre les lignes il vous traite de jeune con. Ou pas.

Quant à la question de l'âge, soyez adulte Monsieur Souaille et considérez la personne à qui vous vous adressez comme votre égal. Ca s'appelle aussi le respect.

Et pour ce qui est de l'âge et de se comporter en adulte, certain ici sait à quoi s'en tenir. Surtout quand il s'agit de différence d'âges et de responsabilité. Ou pas.


"J'y démontrais notamment, par une étude historique sur les mouvements de jeunesse du XXème siècle, que les leaders des mouvements de révoltes post-adolescentes, si anti-systèmes qu'ils puissent être, se retrouvent généralement aux commandes politiques du-dit système une vingtaine d'années plus tard. Les rares exceptions ayant été victimes de leurs excès ou d'une répression sanglante."

Voyons voir : Daniel Con-Bendit, Alain Gesmar, Jacques Sauvageot... tous devenus premiers ministres ou présidents... tout comme Serge July, Alain Krivine, Guy Debord, Raoul Vaneigem...
Généralement... Ou pas.


Maintenant sur le sujet du jour, il y a visiblement des morts plus utiles que d'autres. Ah! L'égalité devant la mort. Soit-disant... Il n'y a qu'à compter le nombre de blogueurs qui parlent de cette mort et le nombre de blogueurs qui parlent de la mort de cette octogénaire au chuv. Le scandale, c'est le manque de solidarité, cette valeur de gauche pourtant inscrite dans la constitution de notre pays et constamment bafouée par la droite :

"la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres"

Il était où le bien-être de ces deux personnes décédées? Le fascisme naît quand on écrase les plus faibles ou même quand coupe les crédits nécessaires pour que ces plus faibles soient pris en charge avec humanité. Quand les plus riches sont toujours plus riches et les plus pauvres toujours plus pauvres le fascisme n'est pas loin. La dette des Etats correspond à des impôts non prélevés et ces impôts non prélevés servent à leur tour à une minorité de possédants à imposer l'Etat. Le peuple à travers l'Etat n'est plus souverain. C'est aussi un déni de démocratie par les mensonges de la propagande et toutes les possibilités offertes à la bourgeoisie de se soustraire à ses obligations au sein d'une maffia mondialisée.


Grégoire, je vous félicite pour vos commentaires. Ne faites pas trop attention au phénomène de meute. Elle ne fait que vous donner raison.

Écrit par : Johann | 07/02/2012

Salut P'tit,

Tu t'en est très bien sorti! Pas facile de contrer des adultes aux arguments bien ficelés pour certains, bien étayés pour d'autres. Pour le reste, laisse courir...

Le cri de la révolte n'a pas de couleur ni d'âge.L'avortement est un sujet sensible qui n'a servit que pour l'attaque. "Calendula" a raison de le souligner.HL je n'ai pas le même point de vue, car je n'ai pas trouvé derrière les mots employés, ce que vous dites. Il exprime un point de vue d'aujourd'hui, avec des technologies qui ont bien changé, le sens des propos n'est plus le même. Je suis d'accord avec ce que "Calendula" a -précisé dans son commentaire.

Un article de ta part sur ce sujet serait utile et intéressant...

"K. Rappart" votre commentaire aurait mérité d'être en première page de la TDG. Bravo, vous êtes quelqu'un d'éclairé.

Tout ce que tu as exprimé dans ton article tu l'as fait avec ton coeur et tes convictions.C'est cela le plus important, je continue de penser que ce côté "brut de forge" dû à ta jeunesse et à ta vie, va s'affiner au fil du temps et de tes acquis notamment sur ton blog. Oui, je suis de plus en plus convaincu que le passé ira au passif. Garde bien à l'esprit que bien des étapes seront à franchir

Les propos échangés avec P. Souaille, HL et d'autres, te consolideront pour affronter d'autres personnes ayant autant de qualités.Les merdeux, laisse les pour ce qu'ils sont.

Je termine en ayant une pensée pour ce jeune disparu dans de conditions qui sont la honte de nos sociétés soi-disant humaines et avancées.Que le Maire ait "pressentit" je cite: "J'étais bien conscient qu'un jour il allait se passer quelque chose..." -gouverner c'est prévoir. Lorsque quelqu'un sait qu'il va se passer quelque chose de grave, pourquoi ne prend-t-il pas des mesures appropriées? C'est lui le Maire de Genève? En attendant, s'il est confirmé qu'il a déclaré cela, il est responsable et coupable.

Cet être humain est mort de froid; même si le "terrain" était favorable par son passé il y a eut un manquement de la part des autorités et des indignées. Dans un camp, il faut au minimum une logistique?

A bientôt P'tit merci et bravo...

J'avais laissé un commentaire sur un autre blog, je le remets ici:

"Mourir à "belle-Idée" indigné, n'est pas très héroïque; Brassens doit se retourner dans sa tombe. Ils auraient mieux fait de prendre quelques congés pendant cette vague de froid." Quel sens donner à cette mort? Il n'était pas Mohamed Bouazizi, il ne déclenchera certainement pas de révolte en Suisse!

Néanmoins, je partage la peine d'une famille qui doit être plus qu'indignée.

Ecrit par : Pierre NOËL | 06.02.2012

Écrit par : Pierre NOËL | 07/02/2012

@ Johan:

L’Interruption Médicale de la Grossesse n’est pas décidée par les parents comme suggéré par l’auteur, mais par des médecins venant d’équipes médicales différentes, dans des hôpitaux agréés, dans des conditions très strictes et très encadrées. Cela n’a donc rien à voir avec la question de confort des parents. Cela n’a pas non plus à voir avec une maladie où l’espoir de survie est possible dans des conditions acceptables.

Ces interruptions médicales ne se font que si la survie à court terme de la mère n’est plus assurée, ou s’il n’y a pas de probabilité de survie chez l’enfant, ou alors dans des conditions d’extrême souffrance ou d’impossibilité (microcéphalie, anencéphalie, etc), enfin des maladies que l’on n’imagine même pas habituellement et qui aboutissent en général à des décès très précoces.

Rien à voir par exemple avec Grégory Lemarchal et la mucoviscidose. Grâce à lui une fondation dispose d’argent pour contribuer à la recherche médicale sur cette maladie.

Quant à effacer vos commentaires sur mon blog, vous savez très bien pourquoi et c’est cavalier de votre part de mentionner cela de cette manière: vous vous êtes permis à différentes reprises de m’attaquer personnellement d’une manière particulièrement pernicieuse. Votre but évident était de faire mal et d’enfoncer. Je n’ai aucune raison de vous laisser faire cela chez moi.

Écrit par : hommelibre | 08/02/2012

Calendula,

Je suis en partie d'accord et en partie pas d'accord avec M. Rappard. Le fond général de la reconnaissance est très important. Je ne sais pas s'il explique tout mais c'est une nécessité vitale pour l'humain d'être reconnu, que ce soit par la société ou par quelques proches.

D'un autre côté, des responsabilités sont montrées, une interprétation est faite, une appropriation politique de l'événement. Dès lors il est aussi normal, comme dans une enquête, d'aller dans le détail. La responsabilité pouvant avoir des conséquences politiques, juridiques, économiques, selon les cas, on ne peut considérer qu'une complicité collective dans une non reconnaissance suffit à faire le tour de l'événement.

Dire que la police ne reconnaîtra jamais qu'elle aurait du patrouiller régulièrement dans le camp pour prévenir ce type de situation n'est pas possible. La police ne peut être à chaque endroit problématique de Genève en permanence ou même toutes les 30 minutes - car à environ 5°, avec le foie qui ne réchauffe plus parce que ralenti par l'alcool, l'hypothermie potentiellement mortelle est rapidement atteinte. Qu'auraient dit les Indignés d'une présence si intense?

"Et moi, j'aurai du mal à admettre que, travaillant à deux pas du camps, j'aurais du m'y intéresser davantage au lieu de me répandre ici aujourd'hui." Mais il devrait être partout, car partout quelqu'un peut mourir dans l'isolement.

Non, je ne peux être d'accord avec cette manière de voir.

Écrit par : hommelibre | 08/02/2012

Pierre,

"même si le "terrain" était favorable par son passé il y a eut un manquement de la part des autorités".

Cela repose la question de la responsabilité, en général. La société doit se soucier de ses membres. Mais jusqu'où doit-elle le faire? Plus elle se soucie de ses membres - donc de tous - plus il y aura de surveillance et de contraintes.

Il y a régulièrement des gens qui meurent isolés chez eux. Il y a plus de 1'000 suicides par an en Suisse, plus de 10'000 en France, dont on ne parle quasiment jamais et que l'on ne peut prévenir. Les institutions ne peuvent pas gérer 400'000 genevois. Les citoyens doivent en partie s'organiser entre eux: famille, amis, connaissances.

Où est la limite entre laisser le libre arbitre ou devancer la demande? Entre la liberté - y compris celle de mourir, après tout - et une forme de contrôle (même bienveillant cela reste du contrôle)?

On ne sait pas assez ce qui a été fait pour cet homme. S'il a passé des semaines à Belle-Idée et qu'il en est ressorti, c'est qu'il l'a voulu, et la contrainte médicale n'a pas cours heureusement.

Avait-il un suivi thérapeutique? Si oui, le faisait-il? Il y a beaucoup de questions auxquelles ses médecins pourraient répondre, mais le secret professionnel ne le leur permet pas.

Avant d'accuser qui ou quoi que ce soit, avant d'interpréter, d'utiliser politiquement, enquêtons avec rigueur. C'est le minimum de respect pour le mort: plutôt que de l'instrumentaliser, nous lui devons d'abord le respect sous la forme de la vérité. Après il sera temps d'établir des responsabilités.

Écrit par : hommelibre | 08/02/2012

Pierre Noël, c'est sur mon blog, http://voix.blog.tdg.ch/ que vous avez déposé votre commentaire.

Pour le reste,je me suis exprimée sur le sujet, sensible, très sensible mais pas impossible à discuter dans le cadre de vrais débats de société où l'on dépasse les accusations faciles et autres poncifs stériles.

Car s'il est vrai que la fragilité psychique est difficile à suivre, il n'en demeure pas moins vrai que la manière avec laquelle certains SDF ont été perçus et accueillis ou non par les Indignés ne leur a pas échappé.

La réalité de la misère n'a jamais de réponses faciles ni préfabriquées.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 08/02/2012

Merci pour vos commentaires constructifs, notamment mon ami-lecteur Pierre NOËL et aussi Calendula.
Ce soir, j'ai officiellement assisté à l'Assemblée Générale des Indigné-e-s de Genève et j'ai finalement décidé de me joindre à leurs rangs. Fort de cette première expérience enrichissante, je me suis trouvé face à une dizaine de personnes, de tous âges et tous horizons. Contrairement aux dires de nos chers représentants, il s'agit-là de monsieur et madame tout le monde pour la plupart d'entre elles/eux. Illes font des études ou travaillent, mènent une vie de famille, élèvent leurs enfants, bref, dans la rue vous ne les reconnaîtriez même pas.
J'ai décidé de m'engager auprès de ce mouvement pour plusieurs raisons. Premièrement, ils sont enfin passés à l'étape supérieure, celle d'agir plutôt qu'occuper. C'est avant tout pour cela que je me joins à eux/elles.
Deuxièmement, je meurs d'envie de démontrer à tous ces bienpensants qui s'érigent en maître à penser qu'il y a également des raisons valables de se révolter en terres helvètes ...
Troisièmement, j'ai souhaité apporter mon soutien aux Indigné-e-s en m'investissant pour une cause importante. Prêter mes capacités pour permettre à ce mouvement de grandir, et aussi connaître des personnes qui méritent d'être reconnues et qui valent la peine d'être rencontrées.
En bref, je désire changer les choses, mais je ne suis pas un utopiste (bien que j'ai des idéaux), et je sais qu'il faut se faire violence jour après jour pour obtenir des résultats. Je pense sincèrement que ce mouvement a du potentiel, en terme d'impact, et également d'un point de vue humanistique.

Concernant hommelibre, je pense que vous devriez vous désabonner rapidement de mon blog, je ne suis pas certain d'avoir la patience requise pour vous tolérer longtemps. Vous avez sincèrement mal commencé avec votre e-mail, et vos précédents en la matière ne me sont pas inconnus. Je vous connais indirectement, votre palmarès est impressionnant, mais pas nécessairement de façon positive, du moins pour votre image.
Je ne vous interdis pas de commenter, cependant respectez mon éthique... car sinon, je n'accepterai pas vos commentaires.
Et je suis désolé si je vous importune avec mes écrits qui introduisent tant bien que mal une parité entre les genres, car vous n'êtes pas sans savoir que la langue française masculinise les mots de par son genre masculin qui fait aussi office de genre "neutre". Si cela vous dérange, tant pis.

Cordialement,
Grégoire.

P.S. : J'apprécie énormément l'intérêt que vous portez toutes et tous à mon blog et le temps que vous passez dessus ne me laisse guère indifférent, je vous en suis sincèrement reconnaissant, c'est un honneur pour moi.

Écrit par : Grégoire | 08/02/2012

Éloquent étalage de culture...

Mis à part ceux de Grégoire qui c'est intimement immergé et largement exposé, je ne retiendrait qu'un commentaire, celui de K.Rappard sur la reconnaissance ou l’indifférence, Criant de vérité il invite au respect.

Écrit par : Laurent Leisi | 08/02/2012

@ Hélène Richard-Favre

Là vraiment, j'ai été "mufle" toutes mes excuses pour ce manquement.

@ Homme libre

Je faisais allusion à l'avortement, mais je peux aussi bien l'étendre à tout l'article. Pour la responsabilité, il me semble et tu en conviendras que les autorités ont fait preuve de légèreté dans ce cas précis? Une forte vague de froid est annoncée depuis dix jours.

A situation exceptionnelle -prises -d'initiatives -exceptionnelles? Il n'y a pas que ce cas, nous allons vers 500 morts par le froid dans toute l'Europe. Pour une fois, la France à mis les moyens en oeuvre. Le Maire de Genève, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a fait preuve de -légèreté.

Je ne m'étends pas sur la santé de ce jeune, ce qu'il était aux yeux de la loi ou des uns et des autres.

En résumé, ce mouvement des indignés, on sait qui est derrière au point de départ. Ensuite, le mouvement est repris part toutes sortes de groupes "autonomes" dans ces cas là et surtout dans ces cas là, les pouvoirs publiques ont -l'obligation de les rencontrer afin d'assurer la sécurité de TOUS. Si elles avaient eut cette démarche elle obligeait ce groupe à mettre fin provisoirement à leur mouvement compte tenu des conditions météo. Cette démarche n'a rien de politique, c'est du domaine du bon sens et de la responsabilité.Maire de Genève ce n'est pas faire de la figuration.

Je termine en disant que je ne connais pas la teneur de vos premiers échanges et ne veux pas les connaître; je me garderai bien de toutes critiques.

C'est un jeune de très grande qualité, il est généreux, intelligent et très éclairé avec un parcours -singulier, peu ordinaire, hors du commun qui laisse envisager un très bel avenir.Il se reprend en main en n'hésitant pas à mettre la main à la pâte..chapeau bas.

Il n'est pas en train de fleurter avec je ne sais qu'elle théorie fasciste. Il pose les bonnes questions se faisant c'est à lui qu'il s'adresse au travers de nos interventions. Cette démarche est saine lorsque l'on se reconstruit.Pourquoi à-t-il créé ce blog? Pas pour frimer ou pour le bien paraître, c'est pour lui au travers de nous.C'est un redéploiement pour une autre dimension.

Nous avons tous eut besoin de quelqu'un, des autres, proches ou non, d'un ami, d'une amie, d'un animal etc...Il avance et il évolue c'est cela le plus important. Il n'est pas obtus, figé...

Nous devons avoir les bons réflexes face a un jeune qui se remet en mouvement du potentiel il passe à la phase cinétique. Il sait que le cerveau ne sert pas qu'à réfléchir mais également à agir.

Qu'il aille vers le mouvement des indignés,où à l'amicale des anciens boulistes, peu importe ces son affaire. Il a les capacités de faire que ce mouvement à Genève, ne tourne pas en bandes organisées à d'autres fins que de défendre la dignité, la vie. Ce ne sont pas de minces revendications!

S'il y avait eut un responsable, un meneur avec le talent requis, la sécurité, aurait été assurée dans une organisation adéquate. Ce mouvement autonome est plus facile à gérer s'il est organisé; c'est dans l'intérêt de tous. Il sera un interlocuteur reconnu.

Restons zen bonne journée à tous..

Écrit par : Pierre NOËL | 08/02/2012

@ Pierre:

Les autorités ont-elles agi à la légère? Il faudrait savoir ce qu’elles font en général, puis savoir quels étaient les moyens de subsistance et de logement de la personne décédée. Oui, je comprends que l’on soit choqué et attristé quand un humain meurt de froid en pleine ville. Non, je ne pense pas que l’on puisse se prononcer ni accuser précisément tant qu’une enquête complète n’aura pas été faite. C’est la moindre des choses, surtout quand il y a mort d’homme. Au-delà de ce qui choque dans ce décès, je ne comprends pas que l’on puisse prendre des positions fortes et quasi-définitives avant la conclusion d’une enquête sérieuse médico-légale impartiale.

J’ai vu assez souvent comment un mouvement d’opinion peut se lever et devenir une arme qui pousse aux pires extrémité. J’en avais fait un article à propos du suicide de Pierre Bérégovoy.

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2009/05/02/malheur-aux-vaincus.html

Je ne suis pas d’accord avec l’idée que tout le monde serait responsable de tout le monde. C’est irréaliste et inefficace. Cela me semble ressortir plus d’une culpabilité que d’un véritable humanisme. Nous ne pouvons pas être partout et porter la responsabilité des gens à leur place. Nous ne pouvons pas décider de leur vie à leur place. Nous pouvons faire en sorte de diminuer la détresse, là où nous sommes, c’est déjà loin d’être négligeable.

Je n’accuse même pas le mouvement des Indignés, que j’avais défendu il y a quelques temps face à une diatribe de Me Marc Bonnant. Qu’aurions-nous fait à leur place? Comment entendre quelqu’un qui perd silencieusement pied à quelques mètres? Nous n’y étions pas. Ils ne sont pas là pour faire la police du Parc des Bastions.

La politisation de ce drame lui enlève une partie de sa dimension simplement humaine. L’instrumentalisation du décès de cet homme lui enlève une part de sa dignité. Je m’abstiendrai d’écrire l’image dure qui m’est venue en tête. Mais l’effet de meute autour de ce décès et de sa récupération politique est choquant. On n’en fait jamais autant pour tous les autres suicidés. On les respecte plus. Ici le deuil est l’objet d’un pugilat.


En ce qui concerne le commentaire auquel Grégoire fait allusion, il s’agit d’une controverse à propos de la psychanalyse. Ce commentaire n’a pas passé en ligne quand j’ai voulu l’envoyer, même découpé. Je l’ai envoyé hors-ligne à Grégoire en espérant qu’il puisse le mettre sous son billet. Il ne l’a pas voulu. Ce commentaire ne contient rien de si particulier, j’y expose un autre point de vue et je souligne des contradictions. Une controverse normale de blog, comme elles sont coutumières, sans agressivité.

J’en ai fait un billet, retravaillé puisqu’il n’a plus la même fonction.


@ Grégoire:

Si vous voulez me rejeter de votre blog, si vous ne pouvez pas me «tolérer» comme vous le dites, vous pouvez me rejeter. Je ne suis apparemment pas «conforme» et vous me stigmatisez, m’affublant ça et là d’un terme dans lequel je ne me reconnais pas. Quand j’amène une controverse je l’argumente toujours, ce qui permet d’y répondre. Vous vous exposez, j’apprécie d’autant plus que je le fais moi aussi à longueur d’année. Alors si vous me rejetez, merci de m’en donner la raison.

Écrit par : hommelibre | 08/02/2012

Cher Grégoire, je m'associe avec reconnaissance et totalement à ce que vous écrivez au sujet de la mort d'un homme, de la lutte des Indignés/eés. Ces mots de M. Maudet: "J’étais bien conscient qu’un jour ou l’autre, il allait se passer quelque chose." Dès l'abord, il se "méfie..." Pour une personne, maire, à qui Genève est confiée, il y a de quoi se méfier en retour!
S'il nous reste un souffle d'humanité, nous devons - même en prétendant le contraire - nous n'avons pas le choix, sommes des indignés...
claire-marie

Écrit par : cmj | 08/02/2012

Assez d'accord avec le texte de Rappard, avec le bémol que cette micro-part de responsabilité que nous partageons tous et toutes fait partie intégrante de notre condition d'être humain et qu'il importe de la prendre en compte dans nos structures sociales. Ce qui est fait, mais encore imparfaitement.
Toutes les idéologies et autres religions fonctionneraient si l'être humain était parfait, mais il ne l'est pas, et c'est avec cette imperfection que nous devons dealer individuellement et que la société doit dealer institutionnellement, dans ses lois et ses cadres. Avec l'imperfection et avec l'infinie complexité des choses et des circonstances. Deux exemples: "la police aurait du patrouiller". Sauf que si elle l'avait fait, cela aurait été le début de la révolution aux Bastions... En tout cas de mon temps de vieux schnock croulant 68tard... Et Pierre Noël réagit en Français méconnaissant le système collégial suisse en prétendant que Maudet est coupable de n'avoir rien fait, alors qu'il avait la prescience des risques. Il a voulu faire, le reste du collège l'en a empêché. Alors dans de telles circonstances, le "je vous l'avais bien dit" est peut-être déplacé, il n'en est pas moins humain, c'est à dire imparfait, en plus d'avoir été fortement sollicité par le journaliste qui a été l'interroger.
Si les positions avaient été inversées et que la droite se soit retrouvée le nez dans son vomi, la gauche aurait lâché les chiens, et ne les aurait pas rappelé des semaines durant... C'est ce qui m'a conduit à intervenir sur votre blog, jeune Grégoire :-) Et aussi parce que j'aime beaucoup l'idée d'allonger JC sur un divan.
J'en reviens donc à ce que je disais plus haut: s'occuper des personnes en souffrance est un métier ou un apostolat. Perso, je ne pense pas que mon karma sur Terre soit d'être Mère Teresa. Entre autres parce que j'ai la folle prétention de penser pouvoir être plus utile à l'humanité par mes réflexions que le nez dans le guidon, et aussi parce que j'aime m'amuser et profiter de la vie. Comme je n'ai pas envie de me culpabiliser pour cela, je préfère que ce soit un métier. D'ailleurs un éduc, à qui je faisais part, un jour de mon dilemme de ne pas pouvoir prendre un jeune orphelin de ma connaissance davantage en charge, m'a dit ceci: mieux vaut qu'il vienne vous voir de temps en temps dans un environnement sain et équilibré que de vous voir tous les jours dans des conditions qui déséquilibreraient votre mode de vie et au final ne feraient que des malheureux.
Pour le même genre de raisons, je suis pour l'avortement, le libre choix de donner la naissance à la vie. Par la contraception, c'est mieux qu'après, parce qu'un avortement est toujours un traumatisme profond pour la femme qui le pratique (et parfois aussi pour le père potentiel, mais c'est nettement plus rare), mais il est important que cette possibilité de libre choix demeure. Et faire référence au nazisme sur ce coup, John, je trouve ça un peu en dessous de la ceinture même si en théorie, vous avez raison et que le jeune Grégoire est en âge de comprendre que d'autres que lui ont exploré les limites auparavant. C'est d'ailleurs l'un des drames de nos sociétés humaines, de devoir sans cesse recommencer les mêmes erreurs, par défaut de transmission du savoir, mais en même temps, on peut espérer qu'à chaque fois, on progresse un peu, et c'est le cas. Car on ne repart jamais totalement de zéro.
Enfin, à Johann, le justicier masqué des blogs de la TDG, l'homme qui tire sur tout le monde sans jamais sortir de l'ombre, je ne ferai que quelques remarques: Robespierre et Marat n'étaient pas des capitalistes. Danton en était un, mouillé jusqu'au cou avec la bourgeoisie et c'est bien pourquoi Robespierre l'a fait décapiter, avec tous les siens bourgeois et francs-maçons de la société des amis des noirs (dont l'Abbé Grégoire :-). Parmi eux, le financier genevois Etienne Clavières, inventeur des Assignats et père de l'abolition de l'esclavage, qui préféra le suicide en prison à l'échafaud, son ami Brissot. Sans oublier les bourgeois qui soutenaient les exagérés contre Robespierre, à commencer par le Neuchâtelois Perregaux co-fondateur de la banque de France et le ministre des finances du comité de Salut Public, le vaudois Pache.
La victoire de Robespierre fut celle, brève et sanglante, du "peuple" sur la bourgeoisie. Elle ouvrit la voie à la Terreur, puis à la dictature populiste bonapartiste qui s'en est suivi. Un gouvernement nationaliste qui se construisit par la guerre contre l'étranger, à l'image de ces idées protectionnistes que défend Johann, le gauchiste pro-MCG.
Sur Mai68, ses exemples sont amusants. Il se trouve qu'en 81, avec la victoire de Miterrand, c'est toute la génération 68tarde qui est arrivée au pouvoir. Cohn-Bendit est député européen, leader de parti, vit entouré d'un aéropage de jeunes beautés qui lui servent d'assistantes à tout faire. Non il n'est pas ministre. Mais vit comme si. Serge July fut le patron de Libération, le plus gros succès de presse de ces années-là, faiseur de rois. Krivine ne fut jamais président. Mais la majorité des membres de son bureau politique de l'époque ont finit ministres, dirigeants nationaux du PS, directeurs de journaux (dont le Monde) ou producteurs d'émissions de télévision à succès. Alain Geismar n'a pas été ministre mais directeur de cabinet de plusieurs ministres de l'éducation socialistes, inspecteur général de l'éducation nationale et il a finit conseiller de Delanoë aux questions d'éducation. Sauvageot a fini directeur d'une des plus importantes école d'art française.
Guy Debord, Raoul Vaneigem n'ont jamais dirigé quoi que ce soit. Ils étaient de purs intellectuels et le sont restés.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/02/2012

Qu'on s'entende bien, mon intervention n'avait rien de juridique, ni de politique.

Ces univers comportent leur florilège de règles qui laissent trop souvent bien peu de place à une réflexion approfondie sur l'éthique et le cadre psychologique qu'ils sont supposés englober.

J'avais seulement à cœur de montrer que face à un tel drame, il est vain pour le simple citoyen de chercher des coupables, de stigmatiser telle personne en angélisant une autre.

L'enjeu est de prendre conscience qu'en tant que simple citoyen, nous avons le devoir d'accorder à nos concitoyens la reconnaissance qu'ils méritent, de tenir compte de leur ressenti.

Cette exhortation, bien pompeuse, peut se résumer à des actes tout simples tels que, par exemple, les remerciements dont nous a gratifié Grégoire pour nos commentaires. Un sourire à un passant, demander à un interlocuteur téléphonique comment il se porte, même si on ne le connaît pas sont autant d'actes de reconnaissance quotidiens malheureusement en voie de disparition.

Partir du principe, en somme, que nous avons toujours quelque chose à apporter à notre prochain, mais aussi qu'il a toujours quelque chose à nous apporter, quelle que soit sa couleur de peau, sa religion, son statut social, son opinion politique, son âge ou que sais-je encore.

C'est pourquoi je m'insurge contre le mépris ambiant, pour ne pas parler de défiance primaire, pour tout ce qui ne nous ressemble pas et ne saurait, partant, rien nous enseigner que, dans notre présumée science infuse, nous ne sachions déjà.

Avant de changer le monde, de s'insurger, de pointer du doigt, il est peut-être nécessaire de modifier notre état d'esprit, de le rendre plus critique, tant envers les autres qu'envers nous-même et la qualité de notre rapport aux autres.

Voilou ! Bises à tous !

Écrit par : K. Rappard | 08/02/2012

Il est certes agréable de lire des propos cultivés, généreux et bien intentionnés mais ni la culture ni la connaissance accumulée, pas davantage le mea culpa collectif d'après coup n'aident vraiment à cerner le problème.

Car on est là en face d'une situation concrète et bien précise. Un homme a trouvé la mort près d'un campement dont l'objectif était de réfléchir à quelques grandes questions qui agitent le monde et les esprits.

Or au milieu de ces débats d'idées, apparaît la réalité humaine à laquelle peu de ces indignés ont semblé être en mesure d'apporter de vraies réponses.

Je me suis souvent exprimée dans mes blogs sur ces sujets pour avoir observé et entendu autant de SDF que d'Indignés, témoigner des uns et des autres.

Un fossé sépare ce que vit une personne en situation précaire morale, physique ou matérielle et ceux qui en parlent des heures et des heures.

Dans ce cas, admettre ce "bon sens" qu'évoque Pierre Noël serait de mise ici. Car oui, seul le bon sens aurait permis, autant aux Indignés qu'aux pouvoirs en place de réagir à la présence d'un campement avec des températures pareilles.

Seulement voilà, quand on se perd en cogitations et autres débats sans fin, on ne voit plus l'évidence. Et l'évidence eût été de réaliser que mener un combat en dehors et en dépit du bon sens, ne peut que le desservir.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 08/02/2012

"Je suis indigné", cette affirmation, ce leitmotiv me semblent bien superficiels, comme le mouvement qui porte ce nom "les indignés".
C'est une manifestation de jeunes désoeuvrés plutôt urbains qui revendiquent des droits sans penser aux devoirs.

Il est vrai qu'un pouvoir politique sans critique et sans remise en question s'enlise. Il est bon de s'opposer à des institutions vacillantes pour faire une mise au point afin que les choses soient plus claires.

Alors, je préfère le terme "Les Engagés". Cette appellation a une autre portée politique, philosophique, sociale. Une personne qui s'engage par des actions concrètes à l'amélioration des laissés-pour-compte, des plus démunis est plus bénéfique pour ces derniers qu'un groupe "d'indignés" qui plante leur tente sur une place de Genève par un froid sibérien. Je ne sais pas si c'est pour un teste d'aptitudes pour affronter des conditions climatiques extrêmes,lors des expéditions dans le Grand Nord!

Écrit par : Noëlle Ribordy | 08/02/2012

Noëlle, il y a autant de jeunes dans ce mouvement que de moins jeunes (peut-être même plus). Je suis consterné que les gens jugent a priori alors qu'il y a de tous les horizons au sein de notre communauté.

Écrit par : Grégoire | 08/02/2012

Soyons honnèpte, je ne parle et n'écris pas aussi bien que la majorité de vous et je ne tient pas à faire un débat monstrueux là-dessus.

Pour le débat, je n'ai pas été plus loin que les 10 premières réactions et là-dessus j'exposerai certains faits.

Info: Je suis au campement et je fais partie de ce mouvement.

1) Le mot marginal.
Bien que Maudet l'utilise, libre à lui tant qu'il reste dans une mesure non-insultante. Moi personnellement je suis fier d'en être un (je suis punk...)

2) Les circonstances du décès
Ayant été la personne qui l'a accueilli au camp lui et son "frère" (entre guillemets puisque bien qu'ils ne le soient pas légalement, ils l'étaient dans le coeur) car ce que les journaux ne disent pas, c'est qu'il n'était pas seul.

Je préciserai à ce propos, que son "frère" s'est bien intégré au mouvement en comparaison à Greg, mais que nous en pouvions décemment pas demander à Greg de partir puisqu'il n'avait pas d'autre maison que la tente qu'il partagait avec son frère.

L'hypothèse du suicide est plus que probable, du moins, un suicide par "négligence de vivre" puisqu'avant son internement à bel-idée, il avait déjà fait une tentative (il a avalé 5dl de métadone...) et qu'il annonçait déja cette envie lorsqu'il buvait trop (on sait tous que dans ses divagations, un bourré dit souvent ce qu'il pense vraient).
Je ne suis pas légiste, mais si l'on reste honnète, de l'héroïne, de la métadone, des céléstas et de l'alcool fort ont très certainement dût aider sa mort autant voir plus que le froid lui-même (je préciserai aussi à ce sujet, que ce soir là je em suis tenu plus d'une demi-heure dehors avec lui à discuter alors que j'étais en t-shirt!!!)


3) La médiatisation
Nous avions depuis quelques temps émis l'hypothèse de lâcher le campement à cause du temps et de l'énergie qu'il nous prennait.
Le weekend dernier (juste avant l'annonce médiatique de ce decès) nosu avions décidé de quitter volontairement le camp et nosu avons pour ce fait organisé une conférence de presse ainsi qu'un communiqué de presse (visible sur la page d'accueil de www.occupygeneva.ch) dont les médias s'en sont royalement foutus puisqu'un des memebres du mouvement, vexé de ne pas avoir pu dire son mot sur cette décision (il ne s'est pas présenté aux réunions dûements annoncés (messages sur site, groupes facebook, et même un événement) à annoncé aux médias (par inadvertance ou volontairement, il ne nous a rien dit) ce déces. Et, comme vous le savez bien, un mort sur le camp, rien de mieux pour vendre leur papiers, donc l'information était que "y a eu un mort sur le camp des indigné. PS: Ils lèveent le camp" donc de là, un immanquable amalgamme fait que maintenant le travail d'un weekend est bousillé, notre réputation en s'est pas améliorée et Greg n'a pas eu de respect...
En effet, sachez que c'est médias m'ont personnellement harcelé pour obtenir des interview deux heures à peine après que j'aie assisté à son enterrement.

5) Récupération politique
Ne nous leurrons pas, Maudet et la droite s'en foutent royalement de qui est mort, de comment il est mort; mais c'est juste que y a quelqu'un qui ets mort sur le camp des indignés, camp dont avait "la responsabilité" (j'trouve pas d'autre terme, mais on se comprend...) M.Pagani qui est dans un parti opposé. Donc on se sert de cette mort pour demander sa démission...

Comme l'avait exprimé uen personne, mais je ne me rappelle plus qui: "Il y a eu un mort de froid dans les rues de Carouge et pourtant personne n'a demandé la démission du maire de Carouge..."


6) Les abris pour SDF
Je n'y ai jamais passé une nuit, mais j'en ai eu beaucoup d'échos et je comprend très bien pourquoi certains d'entre eux (les SDFs) ne les aiment pas...
Il sont accueilli par des personnes que je respecte, mais qui ne peuvent malheureusement pas accorder une attention particulière à chacun d'eux, ils font leur travail, rien d'autre.
Ils ont des horaires, il doivent être là à telle et telle heure, manger à telle et telle heure, dormir à telle et telle heure, se lever et partir à telle et telle heure. Vivre 100% de sa vie avec des horaires c'est chiant à la longue.
De plus ils n'ont aucune intimité puisqu'ils dorment dans des dortoirs où il y a souvent des histoires de vol (et oui, ils arrivent même à se faire voler le peu qu'ils ont...)
Sur le camp, ils pouvaient se coucher à l'heure qu'ils voulaient, c'était gratuit, ils pouvaient se faire à manger eux-même, se lever quand ils voulaient et même faire la grasse-matinée... Ils avaient une autonomie, une liberté et en quelque sorte un "chez-soi"...
Sans parler non plus des petites fêtes que nous faisions de temsp en temps afin de nous réchauffer les coeurs et passer du bon temps (chose impossible et inimaginable dans un abri PC)




Ma demande à toute personne serait seulement de ne pas prendre tout ce qu'on lit dans les médias comme des aquis, d'avoir une vision objective des choses, d'essayer de voir les choses cachées et subliminales et surtout de respecter tout le monde, quelque soient leurs opinions.

Écrit par : Xavier Brand | 08/02/2012

Xavier Brand, vous avez bien fait de vous exprimer ici.

Sans revenir sur les nombreux blogs que j'ai consacrés depuis novembre dernier au sujet, je pense qu'en dépit de toutes les informations que vous livrez, le bon sens a fait défaut dans cette affaire. Autant de la part des Indignés que de celle des pouvoirs locaux en place.

Pour le reste, je me suis exprimée encore aujourd'hui sur mon blog http://voix.blog.tdg.ch/.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 08/02/2012

Xavier, votre intervention est bienvenue et précise. La réalité se glisse entre la froideur d'une prise en charge professionnalisée et les trous dans le filet d'une prise en charge bénévole... Mieux vaut toujours remonter aux sources et se défier des on-dits, des informations de deuxième ou troisième main ainsi que des amalgames faciles.
C'est pourquoi je me permets de vous demander où avez-vous vu que "la droite réclame la démission de Pagani!". Perso, je n'ai rien vu de tel. Pas Maudet en tout cas, qui tout au contraire a déclaré: "Il n'est pas question de chercher un coupable". Quant à son parti, le PLR, je n'ai rien lu dans ce sens. Cela m'étonnerait également du PDC. Pour les partis d'extrême-droite, MCG et UDC, qui adorent réclamer les démissions d'élus à tort et à travers je ne sais pas. Il semble qu'il y ait contradiction entre les déclarations d'un élu MCG, ici même dans ces blogs, et celles du MCG au Conseil Municipal, mais SVP, ne mettez pas dans le même sac tout ce qui est à droite des Verts...

Écrit par : Philippe Souaille | 08/02/2012

Philippe Souaille, pour votre information, Mauro Poggia s'est exprimé sur mon blog:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2012/02/06/mourir-indigne.html#comments

Merci de votre attention.
HRF

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 08/02/2012

Bien des commentateurs font de l'anti-jeunisme à propos du mouvement des Indignés et de la prise de position de Grégoire.
En quelque sorte, comme il n'a pas vécu les années 68 et suivantes en temps réel, il n'aurait pas grand'chose d'intéressant à dire. L'expérience des chevronnés pèserait tellement lourd, aurait une telle valeur universelle, que toute position autre serait un peu ridicule.
Grégoire fréquente les Indignés. Il se positionne donc clairement et nous transmet des informations de première main. Qu'elles nous plaisent ou pas, elles ont l'avantage d'être peu travaillées par les médias.
Je suis surprise d'apprendre qu'il n'y a pas que de jeunes fils à papa en mal de rébellion facile. Ce profil caricatural véhiculé par les médias et certains blogs a permis de condamner le mouvement comme celui des enfants gâtés.
Faut-il croire Grégoire ? Pensez-vous qu'il ne dise pas la vérité ?
Les Indignés ont dérangé la majorité de la population genevoise, qui les a trouvés trop comme-ci et pas assez comme-ça. Il y a certainement eu un déficit de communication, de bon sens et de leadership, de part et d'autre.
L'expérience des aînés est essentiel dans la transmission d'une culture humaine, mais si les jeunes ne se contentaient que du déjà-vécu, ils seraient vieux avant l'âge. Ils doivent trouver des solutions adaptés à leur époque. La société ne s'est jamais transformée aussi rapidement que pendant ces 40 dernières années et ça demande de sacrées capacités créatives pour bien s'en sortir.

Écrit par : Calendula | 08/02/2012

Calendula, vous avez raison de remettre en question ces points de vue qui évoquent 68 ou l'héritage de générations à transmettre. Car c'est un besoin de la jeunesse, que de faire ses expériences.

Mais le bon sens, Calendula, ce bon sens que Pierre Noël a aussi rappelé ici et ailleurs sur mon blog, doit-il faire défaut à la jeunesse?

Non, je ne le crois pas car il n'attend pas le nombre d'années. Les enfants eux-mêmes ont font souvent preuve. Alors, pourquoi a-t-il si cruellement manqué ici?

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 08/02/2012

Pour répondre à la question de comment je sais que la droite (j'avoue avoir fait une généralité, puisqu'il s'agit en fait principalement du MCG) à demandé la démission de Pagani; la réponse est simple et de source sure puisque c'est Pagani lui-même qui me l'a dit, dans son bureau lorsqu'un "comité représentant les Indignés" a été discuter avec lui.

Écrit par : Xavier Brand | 08/02/2012

@Hélène Richard-Favre, il me semble, en le relisant, que Pierre Noël attendait du bon sens de la part des autorités. Donc de prendre des mesures préventives, face au grand froid annoncé.
Entretemps, de nouveaux éléments sont arrivés quant aux causes possibles du décès.
En lisant le premier billet de Xavier Brand, on apprend qu'il y a eu des conflits dans le groupe des Indignés et que la révélation du décès du jeune homme est due à un mécontent, qui aurait agi de façon inconsciente ou non.
Cette brève apposition du décès avec le camp laissait entendre qu'il y avait un lien direct. N.B. , le 29 janvier, le gel intense n'avait pas encore commencé.
Ayant participé dans ma jeunesse à des groupes auto-gérés, je peux imaginer des A.G. où l'on n'arrive pas à prendre de décision, parce que les pragmatiques s'opposent aux idéalistes. Généralement, les décisions que l'on doit prendre n'impliquent pas d'enjeux vitaux ou alors, on a de la chance.
Ici, c'est le contraire qui s'est passé.
Je me souviens, lorsque les grands froids ont été annoncés, que des Genevois critiques des Indignés se sont gaussés du fait que les enfants gâtés allaient devoir rentrer au chaud chez papa et maman. C'était du bon sens et de la Schadenfreude anticipative dans leur plus simple expression.

Même si on veut ou peut penser que ce décès n'est pas directement lié au campement, je pense qu'il y a eu un problème de leadership. Des deux côtés, de la Ville et des Indignés.

Écrit par : Calendula | 08/02/2012

@ Noëlle, être indigné, je crois que c'est aussi être engagé, (stand up and be counted) disions-nous dans nos luttes anti-apartheid.

Les causes de l'indignation sont tellement profondes, que les engagements sont comme des gouttes d'eau, mais le premier geste publique, c'est prophétique, un signe. Puissant. Et je sais, les petits ruisseaux font de grande rivières avec la solidarité.
On ne pouvait prévoir ce froid exceptionnel, alors, changer la forme, c'est normal: c'est le contenu qui compte.
amitié et merci
claire marie

Écrit par : cmj | 08/02/2012

Grégoire,

Le désir d'une société libre, juste, généreuse est porté par toutes les générations. Seules la parole et l'action peuvent différer.

Soeur Claire-Marie,

Je ne doute pas de votre engagement, car je lis régulièrement vos articles: Je ne condamne pas la lutte "des indignés". leur manifestation pacifiste est tout à leur honneur. Je pense que l'indignation ne suffit pas. Mais si elle est suivie par une action précise et concrète sans toujours porter la responsabilité sur les politiciens, sur la société, elle portera ses fruits.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 08/02/2012

Justement, si vous lisez notre communiqué de presse visible sur la page d'accueil de wwww.occupygeneva.ch, vous verrez ue la raison première de notre départ du camp est la volonté de possèder toute notre énergie et notre temps dans des actions concrètes.

Écrit par : Xavier Brand | 08/02/2012

"Et Pierre Noël réagit en Français méconnaissant le système collégial suisse en prétendant que Maudet est coupable de n'avoir rien fait, alors qu'il avait la prescience des risques. Il a voulu faire, le reste du collège l'en a empêché. Alors dans de telles circonstances, le "je vous l'avais bien dit" est peut-être déplacé"

La sécurité n'a pas de frontière, et ce, quel que soit le système.Votre ami n'a pas fait son job de Maire, vous pourrez étaler votre savoir en histoire, cela ne diminue en rien la responsabilité des autorités.

"Il a voulu faire, le reste du collège l'en a empêché. Alors dans de telles circonstances, le "je vous l'avais bien dit" est peut-être déplacé"

Ne vous servez pas de moi pour défendre l'indéfendable.Je vous remercie.Les gens savent lire et comprendre.

"Le reste du collège l'aurait empêché de faire son devoir"

Cet argument est nouveau ? Il est confirmé? Les lecteurs et les électeurs apprécieront.Moi je suis déçu de votre façon de faire, plutôt sournoise et peu chevaleresque. Cette tragédie m'aura aussi révélé P. Souaille...bon tant pis...

Écrit par : Pierre NOËL | 08/02/2012

Tiens pour détendre l'atmosphère..

"On n'a jamais vu une femme vêtue d'une robe au profond décolleté attraper froid, pourvu qu'elle ait été dessinée par un grand couturier."
Qui a dit cela? Non, ce n'est pas Coco Chanel mais... Nietzsche!

"tiré du blog l'Acratopège" "le vol des étourneaux"

Écrit par : Pierre NOËL | 08/02/2012

"@ Johan:
L’Interruption Médicale de la Grossesse n’est pas décidée par les parents comme suggéré par l’auteur,"

Sans la volonté des parents d'interrompre la grossesse, celle-ci n'aura pas lieu. Visiblement vous n'avez pas lu les liens fournis. Dans l'étude vaudoise sur 125 trisomie 21 diagnostiquées en prénatal, seules trois femmes ont décidé de mener la grossesse à terme et 122 ont décidé d'avorter. Etes-vous toujours aussi naïf pour penser qu'une femme qui veut avorter ne trouvera pas les moyens de le faire. Il fut en temps du reste où les Françaises venaient faire du tourisme d'un jour ou deux à Genève. Et pas pour aller déposer de l'argent dans les banques.


"Ces interruptions médicales ne se font que si la survie à court terme de la mère n’est plus assurée, ou s’il n’y a pas de probabilité de survie chez l’enfant, ou alors dans des conditions d’extrême souffrance ou d’impossibilité (microcéphalie, anencéphalie, etc), enfin des maladies que l’on n’imagine même pas habituellement et qui aboutissent en général à des décès très précoces."

Les trisomiques 21 sont viables, ce qui infirme votre propos.


"Quant à effacer vos commentaires sur mon blog, vous savez très bien pourquoi et c’est cavalier de votre part de mentionner cela de cette manière: vous vous êtes permis à différentes reprises de m’attaquer personnellement d’une manière particulièrement pernicieuse. Votre but évident était de faire mal et d’enfoncer. Je n’ai aucune raison de vous laisser faire cela chez moi."

C'est tout le contraire, mais vous ne voulez pas l'admettre. Vous êtes dans le déni le plus total. Vous avez été victime d'une injustice. Soit. Je suis le premier à le reconnaître. Mais quelle a été votre responsabilité dans cette affaire? Faut-il que je sois plus précis*? Je vous invite à y réfléchir. Et à assumer. A tourner la page. Résilience. Mais j'ai compris que c'est apparemment trop pour vous. J'en suis désolé.

* Le pont. Payer ses dettes. Etc.

Écrit par : Johann | 09/02/2012

C'est un sujet qui devrait toucher plus de femmes aussi,car sujet dit sensible puisque on y parle aussi de la programmation génétique .Or on y trouve que des commentaires masculins,étonnant tout de même.

Écrit par : lovsmeralda | 09/02/2012

Pierre Noël, renseignez-vous avant d'écrire. Maudet étant en charge de la voirie et des espaces publics, la gestion du camp des Indignés lui revenait. Lorsqu'il s'est élevé contre les risques et les dégâts encourus et a proposé l'évacuation du camp, le reste du conseil, entièrement à gauche, lui a retiré le dossier pour le confier à Pagani. C'est, me semble-t-il, la seule fois en deux mandats qu'il a rompu la collégialité pour le dénoncer.
Contrairement à la France, les pouvoirs d'un maire en Suisse sont principalement honorifiques. C'est le collège qui décide et Maudet y est minoritaire. Dans le cas présent "les autorités" étaient du côté des Indignés. Vous le rappeler, ou vous l'apprendre, ce n'est pas relever des frontières. Il s'agit simplement d'exposer les faits.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/02/2012

@ P. Souaille

Votre commentaire cette fois ci est étayé.

"Le "je vous l'avais bien dit" n'était pas convenable ce n'était pas mon propos mais ce que vous avez perçu et interprété.

Le "Renseignez vous avant d'écrire" (-formule -agressive) -en communication, il est vivement conseillé de formuler la phrase autrement, comme par exemple:" Il me semble nécessaire de vous informer que..."

Écrit par : Pierre NOËL | 09/02/2012

Maudet, le monsieur propre de Genève, nettoyer les graffitis et autres affiches sauvage, alors que la ville en période des élections est polluée par les portraits de ce monsieur et d'autres du style Stauffer et compagnie... beurk beurk beurk. Nous sommes tous des indignés, de devoir subir les conneries des politiciens de droites et d'extreme droite qui font de Genève une ville sans vie, une ville réservée aux spéculateurs et autres richisimes dictateurs. Tuons les tous.

Écrit par : marcel | 05/06/2012

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