Gregoire Barbey

15/02/2012

Aux faux prophètes du journalisme

 

Qu'ils sont nombreux, les faux prophètes du journalisme ! « Vive la liberté de la presse », scandent-ils à qui veut bien prêter l'oreille à leurs élucubrations. Leurs lapalissades recouvrent des pages entières, que cela soit sur des blogs ou dans des journaux. Ils se prêtent volontiers une image. J'en connais un parmi tant d'autres qui prétend ne pas avoir d'amis, d'être libre et indépendant ! Eh, faut-il le croire ? Au gré du vent, il se laisse porter. Il prend la défense des opprimés, non pas de ceux qui meurent de faim ou qui agonisent dans l'injustice, mais de ceux qui récupèrent la monnaie de leur pièce, après avoir trop longtemps joué avec la confiance du Peuple. Ces mêmes personnages, lugubres, apathiques, qui se précipitent pour vanter leurs mérites et l'effort qu'ils font pour protéger les intérêts des leurs. Oui, mais encore faut-il faire partie de cette caste privilégiée.

Ces discoureurs de l'actualité qui n'ont foi qu'en la liberté érigent des temples à la gloire de ce mot, comme s'il était question d'un symbole sacro-saint. Ne blasphémez pas en leur présence, ils sont à l'affût du moindre mécréant, prêt à bondir sur leur proie tout en psalmodiant pour vous convaincre de rejoindre le cortège funèbre des hypocrites. Pas de Judas dans leurs rangs, ils sont tous à la solde d'un idéal inexprimé et pourtant palpable : l'opportunisme. Si vous osez vous opposer à leur idéologie universaliste, ils proféreront menaces, insultes, métaphores et anathèmes à votre encontre ! Certains, pas les plus futés, iront jusqu'à vous recommander d'ouvrir des cahiers pour y lire toute la propagande qu'ils veulent vous faire avaler, de préférence sans la moindre résistance. Soyez discrets, les murs ont des oreilles, et ces prêtes séculiers n'hésitent pas à se passer le mot.

Fuyez, où vous serez brutalement jeté en pâture aux lions de la cité de Calvin.

Ils n'auront aucun remord à s'essuyer les pieds sur vous, et si vous vous relevez, ils feront de vous un exemple à ne pas suivre.

Ne vous laissez pas tenter par le Diable, votre nom pourrait rapidement faire le tour des agences de presse ! Vous ne devez pas déranger ces contempteurs de la bienpensance, où vous serez sacrifié sur l'autel de la Liberté néolibérale. Ils parent leurs torchons de termes acerbes, usent de rhétoriques fallacieuses, de dialectiques éristiques et vous prouvent que deux et deux font cinq parce qu'ils l'ont voulu. Ils s'autoproclament « voix du peuple », celui-là même qu'ils méprisent en cirant les pompes des édiles engraissées sur le dos du contribuable.

Il faut les garder à l'œil, quitte à devoir les attaquer de front, car ce sont les faux prophètes du journalisme, et ils corrompront tout ce qui va à l'encontre de leurs principes. Tenez-vous le pour dit.

 

Grégoire Barbey

Commentaires

je me permet de vous soumettre le titre relevé dans l'Express Neuchatelois du jour, dernière page : Air du temps ou un journaliste traite Internet de paradis pour souillasses j'ai tellement rigolé que j'ai envie de vous faire partager cet instant de galéjade qui en aura fait rire beaucoup d'autres à n'en point douter

Écrit par : lovsmeralda | 16/02/2012

Journalistes complices des pouvoirs politiques et économiques.
Ils ont le contrôlent de l'information, possèdent donc un pouvoir. Et ils profitent allègrement de leurs prérogatives.
On remarquera qu'ils sont rares à taper sur les affaires politiques. Par contre, les affaires de moeurs, pas de problème. On tape encore sur les petits, pas sur les hauts responsables.
Il faut un "scandale" pour qu'ils s'y intéressent.

Triste presse.

Écrit par : Râ NyaNya | 16/02/2012

Extrait de la Tribune de ce jour:
"...Le pape vient d’élever (Patrick Buisson), ancien directeur du journal d’extrême droite Minute à la dignité de commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand qui est réservé aux laïcs ayant rendu de grands services à l’Eglise catholique. C’est lui qui se trouve à l’origine de l’actuel virage vers la droite dure pris par Nicolas Sarkozy".

Écrit par : Don Camillo | 16/02/2012

je signe ici d'un "suisse qui peut" comme sauve-qui-peut

car ce jeune journaliste témoigne de la piètre occuppance démocratique à la suisse de l'espace journalistique sur notre territoire suisse,
subissant l'assaut d'une majorité & la pression de cadres de frontaliers résidents francophones, que nos concitoyens ne relèvent pas, même au détriment de leurs propres emplois.

Démocratie avancée helvète oblige: une majorité d'employés non suisses d'origine ne peuvent s'arroger le droit de donner le sol
sur le marché de l'emploi:
car il y a encore bien trop de suisses qualifiés en recherche d'emploi !
soit bien trop de suisses licenciés mis au chomage avant retraite bien que qualifiés, mis en concurrence avec tous européens sans connaissance professionnelle réelle, mais embauchâble dès 2.300 CHF/mois (salaire brut qui me fut proposé, pour un poste de trilingue auprès d'une mission diplomatique de l'ONU).

Écrit par : suisse qui peut | 16/02/2012

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