Gregoire Barbey

18/02/2012

Nietzsche, rencontre au hasard d'une curiosité irrépressible

 

logo.jpgMa première rencontre philosophique fut Friedrich Nietzsche. Il m'avait été chaudement recommandé par un ami, il y a un peu plus d'une année en arrière. Curieux, je me suis procuré « Antéchrist », suivi de « Ecce Homo ». Bien évidemment, il s'agissait des derniers ouvrages qu'il avait écrits. Ma première lecture fut donc ardue, et il a fallu que je m'accroche pour parvenir à la fin de ce voyage obscur. Une fois mon entreprise achevée, j'étais abasourdi. Je n'avais de loin pas tout compris, mais certains passages m'avaient tout bonnement laissé sans voix. À cette époque, j'ignorais encore qui était vraiment Nietzsche. Je me rendais bien compte de la difficulté présente dans ses écrits, pourtant je n'avais nullement l'envie de renoncer. Téméraire, j'ai entamé « Ainsi parlait Zarathoustra » et ai vite rebroussé chemin. C'était, à n'en pas douter, une erreur de calcul. Je décidai donc d'appréhender le philosophe d'une autre façon, en lisant d'autres penseurs qui ont écrit à son sujet. Cela me permit de le comprendre différemment, et de saisir la portée de son œuvre, tout en assimilant les concepts essentiels qui ont animé ses livres.
Il semblait déjà plus accessible au néophyte que j'étais. Je recommençai l'aventure en m'attaquant au « Gai Savoir ». J'étais irrémédiablement séduit par le style qui lui était propre. Les aphorismes, le ton revendicateur et prophétique, tout cela touchait une sensibilité intellectuelle qui était cachée en moi. Découvrir la philosophie par mes propres moyens était un réel plaisir, c'est même rapidement devenu un besoin. Dévorant la « Gaya Scienza », je tombai sur de courtes phrases qui ne manquaient pourtant pas de sens. Des énigmes, des affirmations, et des déconstructions. Véritablement passionnant. Addictif.
« Que dit ta conscience ? Tu dois devenir l'homme que tu es. »
Un profond sentiment de bien-être m'envahissait chaque fois que je parcourais, avidement, les pages de cet ouvrage. Je m'entretenais, sans mot dire et silencieusement, avec une personnalité qui avait somme toute radicalement transformé la pensée de son temps. Très vite, je compris qu'il y avait plus que de la réflexion au travers de cette philosophie. J'avais en ma possession le témoignage personnel d'un être singulier, qui en disait plus sur lui-même par la tournure de ses phrases qu'il n'en disait sur le monde.
« Le poison dont meurt une nature plus faible est un fortifiant pour le fort. »
J'étais scotché sur mon siège, et je me sentais profondément proche de cet homme, car il y avait au-delà une souffrance palpable, un combat démesuré à l'encontre de la solitude et des fatalités de l'existence terrestre. Difficile, pour un jeune qui se cherche, qui explore l'envers des choses, de ne pas être accaparé et admiratif devant tant de lucidité et d'esprit. Les bases du christianisme, et plus globalement de toutes les religions étaient sapées avec un génie au « grand style ». Lorsque j'ai terminé le « Gai Savoir », je me suis jeté à corps perdu dans la lecture de Zarathoustra, qui ne m'avait clairement pas laissé indifférent la première fois que je l'avais affronté. Et là, stupeur ! L'ascension me paraissait beaucoup plus aisée. Ce livre mêlait avec virtuosité poésie et philosophie. Je me plongeais dans une œuvre d'art d'une rare qualité. Tout mon être était parcouru de frisson. Ce vieux fou qui ne savait pas que « Dieu est mort », c'était un peu moi, qui jusqu'alors ignorait le goût merveilleux du fruit de la connaissance. Je tombai littéralement des nues. Cette poésie philosophique me contaminait.
« Il est temps que l’homme se fixe à lui-même son but. Il est temps que l’homme plante le germe de sa plus haute espérance.
Maintenant son sol est encore assez riche. Mais ce sol un jour sera pauvre et stérile et aucun grand arbre ne pourra plus y croître.
Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne jettera plus par-dessus les hommes la flèche de son désir, où les cordes de son arc ne sauront plus vibrer !
Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos.
Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne mettra plus d’étoile au monde. Malheur ! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même.
Voici ! Je vous montre le dernier homme. »

Ces phrases, ou plutôt ces prophéties résonnent encore dans ma tête, comme si je les avais apprises par cœur. Tout me parlait. Les trois métamorphoses de l'esprit, les trois maux, les prédicateurs de la mort, les contempteurs du corps, de la victoire sur soi-même, le chant d'ivresse et tant d'autres encore qui m'hypnotisaient entièrement. Je savais cette rencontre inéluctable. Lorsque je refermai les paroles de Zarathoustra, quelque chose en moi avait mûri. Je ne percevais plus les choses de la même manière, et j'en étais ravi.
J'ai continué à lire. « Le crépuscule des idoles », puis à nouveau « l'Antéchrist », « Par delà bien et mal », « Aurore »... Nietzsche était un tournant décisif de ma vie. Son apport dans mon propre développement est immense, à une période où je cherchais à faire la lumière sur différents aspects de mon existence, il m'a donné des « armes » et une constance, ainsi qu'un désir irrépressible, celui d'apprendre, de connaître et de comprendre ! Il m'a libéré d'une grande partie de mes tourments.
« Créer - voilà la grande délivrance de la souffrance, voilà ce qui rend la vie légère. »
Et puis chemin faisant, je me suis peu à peu éloigné de lui sur certains points, et j'ai pris mon indépendance. Je le considère encore comme un maître à penser, et je n'aurais probablement de cesse de le voir ainsi, néanmoins ma propre réflexion s'est portée au-delà de sa conception personnelle du monde. Lui qui a fait de son enfer une philosophie exemplaire, je l'en remercie. Grâce à Stefan Zweig, qui était un grand admirateur de Nietzsche, j'ai pu mieux cerner le personnage à la moustache si singulière et de fait, saisir la provenance de toute son œuvre.
Un être qui s'est battu bec et ongle face aux souffrances engendrées par un corps hypersensible, la faiblesse d'un physique atterré, la lutte perpétuelle pour voir malgré une vue presque inexistante, tout cela en dit long sur l'ensemble de son travail. Un témoignage d'une grande valeur, et des enseignements très pertinents. Même si je prends le large sur pléthore de ses concepts, je ne renierai jamais l'héritage intellectuel qu'il m'a légué sans le savoir.
Tant sur le plan philosophique qu'artistique, car Nietzsche était avant tout un artiste hors pair, et il a accouché de ses ouvrages tel un peintre qui tente de saisir toute la perspective d'un paysage. Il incarne à la fois le feu et la glace, une contradiction constante.
C'est toujours un immense plaisir que de le lire, et je prends souvent plaisir à m'arrêter quelques heures sur l'un de ses ouvrages pour me remémorer tout ce qu'il a de positif à saisir. Je ne regrette pas tous les efforts que j'ai fait pour m'atteler à la lourde tâche de flirter sur les cimes de la réflexion en compagnie de ce personnage unique. Et je continuerai indéfiniment à améliorer ma compréhension de cette philosophie.
C'est ainsi qu'au hasard d'une curiosité insatiable, tout mon univers intérieur a pris un tournant inimaginable qui m'emmène désormais aux quatre coins du monde.
Le ton « grand seigneur » de Nietzsche m'a définitivement inspiré.
Puisse-t-il en émerveiller d'autres par-delà les âges.

Grégoire Barbey

14:11 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : nietzsche, philosophie, réflexion, art, poésie, zarathoustra, idoles, crépuscule, gai savoir |  Facebook | | | |

Commentaires

Très joli article, complet et profond!

Les livres permettant le développement personnel sont un vrai régal

Écrit par : Odel Alvarez | 18/02/2012

"Puisse-t-il en émerveiller d'autres par-delà les âges."

Friedrich Nietzsche est le pire réactionnaire de l'histoire. Son idéologie est militariste, impérialiste, anti-démocratique, anti-égalitaire, totalement misogyne, esclavagiste et raciste. Il fait l'apologie des instincts animals de l'homme et de la cruauté (qui est un "plaisir"). Il est hypocrite et menteur. Il recourt constamment à l'insulte, aux généralisations et à l'amalgame. Il n'est sorti de la maladie mentale qui fut la sienne qu'une fois son cerveau détruit.


"Les bases du christianisme, et plus globalement de toutes les religions étaient sapées avec un génie au « grand style »."

Faux, il fait l'éloge de l'islam, et s'il critique - en fait il insulte plus qu'il n'argumente - le christianisme, c'est pour tenter d'imposer - vainement, heureusement! - sa propre religion. Friedrich Nietzsche était complètement mégalomane. Tout ce qui se trouve chez lui, il est possible de le trouver, séparément certes, chez des auteurs qui l'ont précédé.

Et dans son cas "génie" = folie.


"Un être qui s'est battu bec et ongle face aux souffrances engendrées par un corps hypersensible, la faiblesse d'un physique atterré, la lutte perpétuelle pour voir malgré une vue presque inexistante, tout cela en dit long sur l'ensemble de son travail."

Son corps et son physique étaient excellents, autrement il n'aurait pas pu durer jusqu'à 44 ans et son accident cérébral, puis encore plus de 11 ans. Ce qui clochait chez lui c'était son psychisme qui a été la cause de toutes ses "souffrances". Encore n'est-on pas obligé de prendre les-dites souffrances et ses problèmes de vue pour argent comptant. Ses plaintes était aussi un moyen commode pour susciter la compassion (d'où son hypocrisie quand il dénonce la pitié comme une tare chrétienne, s'il vous plaît) et pour utiliser sciemment les autres comme domestiques. Quand un demi-aveugle lit et écrit des milliers de pages ainsi que des centaines et des centaines de lettres, il faut être bien naïf pour croire à la réalité de son infirmité. Toujours est-il qu'il n'a jamais compris ce qu'il lui arrivait, il n'a jamais compris la cause de ses souffrances physiques et en conséquence il n'a jamais été en capacité d'y mettre fin et de guérir.

Un soi-disant "génie" incapable de comprendre même son propre fonctionnement, incapable de résilience, n'est en fait qu'un pauvre type qui a fini comme une loque entourée des bons soins de deux "vermines" (selon le propre qualificatif de cet homme soi-disant bon, poli, aux bonnes manières, etc.). "Créer" - ratiociner ou vaticiner serait plus exact - n'était pas destiné à le délivrer des souffrances, mais à fuir ce qui causait ces souffrances. Comme personnage velléitaire et asocial, il a constamment été dans la fuite en misérable parasite qu'il était.

Écrit par : Johann | 21/02/2012

Renseignez-vous sur Nietzsche Johann. Je suis loin de le défendre sur bon nombre de ses positions, mais vous ne semblez pas l'avoir réellement lu.

Écrit par : Grégoire | 21/02/2012

Désolé, mais vous faites erreur. Je l'ai lu et plutôt deux fois qu'une et je suis en mesure de soutenir tout ce que j'avance. J'ai aussi lu - entre autres - sa correspondance, ainsi que celle de Lou Salomé qui - elle - savait à quoi s'en tenir: un prédicateur (qui singe la religion chrétienne et qui finit par se prendre pour un dieu). Il n'y a personne comme lui qui se soit à ce point trompé sur son compte: lisez donc les passages sur la "grande santé". Vous l'avez certainement lu avec des oeillères comme tous les nietzschéolâtres. Il vomit, il veut détruire les idéalismes - très bien! - mais c'est pour imposer le sien. Il est constamment dans le "faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais". Il ne veut pas de "disciples" affirme-t-il, mais il suffit de lire ses lettres pour se rendre compte que c'est un mensonge éhonté. Le tout est pitoyable.

Ceci dit je reste sidéré que des gens intelligents puissent continuer à donner un crédit quelconque à un partisan de l'esclavage, un anti-démocrate et un raciste. Entre autres "qualités".

Écrit par : Johann | 21/02/2012

Raciste ?
C'est facile de réduire un auteur à ses défauts. Je n'aime pas non plus tous ces mauvais côtés que vous citez (par contre pour le racisme, je n'ai pas dû faire attention), mais une grande partie de sa pensée mérite réflexion. L'ad hominem, c'est le contraire de l'intelligence...

Écrit par : Grégoire | 21/02/2012

"L'ad hominem, c'est le contraire de l'intelligence..."

C'est qu'il doit y avoir un petit côté nietzschéen en moi...
Mais vous avez tout à fait raison et vous serez alors d'accord avec moi pour dire qu'il était le contraire de l'intelligence. A moins que vous n'ayez pas lu ce qu'il a écrit sur George Sand, sur Rousseau et sur tant d'autres.
Mais dites-moi, votre remarque, ce n'est pas de l'ad hominem aussi?


"(par contre pour le racisme, je n'ai pas dû faire attention)"

Personne n'est parfait.
Et j'avais oublié : colonialiste aussi. Très généralement les colonialistes sont des racistes.


"Je n'aime pas non plus tous ces mauvais côtés que vous citez"

Dont acte.


"C'est facile de réduire un auteur à ses défauts."

Apparemment non, puisqu'on trouve même des nietzschéolâtres de "gauche". Et à propos, est-ce facile aussi de réduire un politicien à ses défauts?

Quant à parler de "défauts" à propos d'un tel penseur réactionnaire, moraliste, raciste, hypocrite et menteur...


Et ceci, vous en pensez quoi?

"Wenn der Reiche dem Armen ein Besitzthum nimmt (zum Beispiel ein Fürst dem Plebejer die Geliebte), so entsteht in dem Armen ein Irrthum; er meint, Jener müsse ganz verrucht sein, um ihm das Wenige, was er habe, zu nehmen. Aber jener empfindet den Werth eines einzelnen Besitzthums gar nicht so tief, weil er gewöhnt ist, viele zu haben: so kann er sich nicht in die Seele des Armen versetzen und thut lange nicht so sehr Unrecht, als dieser glaubt. Beide haben von einander eine falsche Vorstellung. Das Unrecht des Mächtigen, welches am meisten in der Geschichte empört, ist lange nicht so gross, wie es scheint. Schon die angeerbte Empfindung, ein höheres Wesen mit höheren Ansprüchen zu sein, macht ziemlich kalt und lässt das Gewissen ruhig: wir Alle sogar empfinden, wenn der Unterschied zwischen uns und einem andern Wesen sehr gross ist, gar Nichts mehr von Unrecht und tödten eine Mücke zum Beispiel ohne jeden Gewissensbiss. So ist es kein Zeichen von Schlechtigkeit bei Xerxes (den selbst alle Griechen als hervorragend edel schildern), wenn er dem Vater seinen Sohn nimmt und ihn zerstückeln lässt, weil dieser ein ängstliches, ominöses Misstrauen gegen den ganzen Heerzug geäussert hatte: der Einzelne wird in diesem Falle wie ein unangenehmes Insect beseitigt, er steht zu niedrig, um länger quälende Empfindungen bei einem Weltherrscher erregen zu dürfen. Ja, jeder Grausame ist nicht in dem Maasse grausam, als es der Misshandelte glaubt; die Vorstellung des Schmerzes ist nicht das Selbe wie das Leiden desselben. Ebenso steht es mit dem ungerechten Richter, mit dem Journalisten, welcher mit kleinen Unredlichkeiten die öffentliche Meinung irre führt. Ursache und Wirkung sind in allen diesen Fällen von ganz verschiedenen Empfindungs- und Gedankengruppen umgeben; während man unwillkürlich voraussetzt, dass Thäter und Leidender gleich denken und empfinden, und gemäss dieser Voraussetzung die Schuld des Einen nach dem Schmerz des Andern misst."

Écrit par : Johann | 22/02/2012

Un défaut?

Écrit par : Johann | 22/02/2012

"Schon die angeerbte Empfindung, ein höheres Wesen mit höheren Ansprüchen zu sein,"
Merci, Johann, de me forcer à relire un peu de ma première langue maternelle. Je n'ai jamais été un connaisseur de Nietzsche, mais ce que je viens de lire me laisse presque sans voix. J'en cite un extrait qui me semble contenir le germe de tout le reste de son argument et qui justifie largement un certain nombre des adjectifs que vous avez accolé au personnage.
Même si la conviction qu'il y exprime était certainement très fréquente à l'époque (comme elle l'est certainement toujours dans les milieux auxquels il fait allusion), elle discrédite néanmoins son auteur pour tout un pan de son oeuvre.

Écrit par : Mère-Grand | 22/02/2012

Mère-Grand, soyez sûr que je ne force personne! ;-)

J'avoue avoir acheté il y a plusieurs années le Zarathoustra et l'avoir très vite refermé, car il ne m'apportait absolument rien. Puis sont venues les conférences de Michel Onfray, radiodiffusées au mois d'août sur France Culture. Tout un mois consacré à Friedrich Nietzsche. Enthousiasmant, plein de conseils, comme celui de ne pas commencer par le Zarathoustra. Michel Onfray insiste sur le fait Friedrich Nietzsche enseigne qu'un philosophe "écrit avec son corps". Que la biographie d'un auteur a beaucoup à nous dire sur sa pensée. Fort bien. Michel Onfray n'adresse que des louanges à Friedrich Nietzsche. Soit. Lecture. Crépuscule des Idoles. Et découverte d'une idéologie proprement réactionnaire. Alors plongée dans les autres livres. Et confirmation. Certains prétendent que Friedrich Nietzsche a écrit tout et le contraire de tout. Poudre aux yeux. J'y découvre une pensée parfaitement cohérente et constante depuis le premier livre. Plongée dans la correspondance. J'y découvre un personnage qui cherche constamment à utiliser les autres, coincé dans les convenances sociales, mais qui en même temps en parfait hypocrite n'a que mépris et condescendance pour les autres quand il ne les insulte pas. Il se plaint constamment de ses "souffrances", lui qui vomit la compassion comme dégénérescence. Il vit en ascète comme un prêtre, lui qui prétend détruire le christianisme. On ne lui connaît aucune relation hétérosexuelle et même la fréquentation des bordels est fort suspecte, mais il ne craint pas de prêcher ce qu'il ne connaît pas. Wagner veut le faire soigner comme disciple d'Onan. Au moins il aura connu ça.

L'époque n'explique pas tout (les idées démocratiques, socialistes, abolitionnistes avaient le vent en poupe, toutes des horreurs pour un réactionnaire), mais effectivement il reprend les idées de Gobineau et de Taine. Il faut lire Losurdo qui fait une analyse très détaillée du Sitz im Leben de l'idéologie du personnage. Et sa conclusion est sans appel et confirme totalement ma propre analyse.

La pensée fondamentale de Friedrich Nietzsche se présente ainsi : une civilisation n'est possible que par la présence indispensable de l'esclavage qui permet l'existence d'une caste supérieure dévouée à l'oisiveté, aux loisirs, à l'otium. Tout le reste s'en suit.

Tiens, du coup je vais relire Veblen...

Écrit par : Johann | 22/02/2012

Pff Johann, si vous avez suivi les conseils d'Onfray, évidemment... Onfray c'est tout ce que Nietzsche haïssait justement. L'hédonisme, etc.

Écrit par : Grégoire | 22/02/2012

Moi, je vous conseille Heidegger : Sein und Zeit (Etre et temps), déroutant certes mais...à découvrir

Écrit par : Patoucha | 22/02/2012

Merci de la recommandation !

Écrit par : Grégoire | 22/02/2012

"Pff Johann, si vous avez suivi les conseils d'Onfray, évidemment... Onfray c'est tout ce que Nietzsche haïssait justement. L'hédonisme, etc."

Par une pareille remarque, vous me faites douter de votre capacité de lire et de comprendre. Ai-je dit que j'ai suivi les "conseils" de Michel Onfray? Si ce n'est celui de ne pas commencer par le Zarathoustra que vous aussi vous aviez abandonné dans un premier temps. Et je dirai que vous êtes tombé dans exactement le même piège que Michel Onfray en faisant l'éloge de Friedrich Nietzsche. Trop bête, non? Autrement dit, pour Michel Onfray comme pour vous, Friedrich Nietzsche est un "maître à penser".

Avoir un "maître penseur" réactionnaire et prétendre penser pas soi-même, il faut oser.

Et contrairement à vous, je n'ai pas eu besoin de Friedrich Nietzsche pour "devenir ce que je suis". Et tiens encore une formule nietzschéenne parfaitement ridicule d'un point de vue éthologique. A laquelle j'oppose: il faut vivre comme on pense, sinon on finit par penser comme on a vécu. Appliquez donc cet aphorisme à Friedrich Nietzsche, c'est fort intéressant.

Alors "évidemment..." quoi?
Et j'attends avec curiosité la suite de votre "etc." parce que la phrase "Onfray c'est TOUT ce que Nietzsche haïssait justement" est une analyse un peu courte, beaucoup trop courte à moins de prendre Michel Onfray pour un imbécile. Elle démontre surtout que vous n'avez pas tout compris de l'idéologie de Friedrich Nietzsche et de son hypocrisie.

Démonstration: Michel Onfray est athée, et donc Frédéric Nietzsche haïssait l'athéisme. Vous en avez d'autres comme celle-là?

Écrit par : Johann | 22/02/2012

Idéologiquement, sur de nombreux points, Onfray est l'opposé de Nietzsche. Je trouve, mais cela n'engage que moi, qu'il travestit sa pensée. Après bien sûr, il y a de nombreux aspects que je déteste chez le moustachu... Néanmoins, j'ai toujours eu une aversion profonde pour les hagiographes autoproclamés !

Écrit par : Grégoire | 22/02/2012

"Moi, je vous conseille Heidegger : Sein und Zeit (Etre et temps), déroutant certes mais...à découvrir

Ecrit par : Patoucha | 22.02.2012


Vous remerciez le troll usurpateur de Patoucha! Vous devriez être plus attentif aux IP pour distinguer le vrai du faux/l'ivraie en tant que détenteur d'un blog.

Écrit par : Patoucha | 26/02/2012

Pour être honnête, je m'en fiche un peu... je suis favorable à l'autonomisation des individus. Si certain-e-s trouvent amusant d'usurper l'identité des autres (encore que, vous n'avez semble-t-il pas la propriété privée d'un pseudonyme virtuel), ce n'est pas mon problème.

Écrit par : Grégoire Barbey | 26/02/2012

Les commentaires sont fermés.