Gregoire Barbey

29/02/2012

Contre l'homophobie de Gregory Logean, cité dans le 20 minutes du 29 février

 

À vif.

Le 20 minutes d'aujourd'hui nous gratifie d'un article pour le moins scandaleux.

Le titre est en lui-même révélateur : « Avec les parents homosexuels, l'enfant devient un objet ».

Les propos relevés sont ceux de Gregory Logean, un UDC valaisan.

« L’homosexualité est une affaire privée qui ne doit pas devenir une norme » nous dit-il. Il n'est nul besoin de faire remarquer la teneur homophobe que prennent les paroles de Logean. Peut-être ignore-t-il, perdu dans sa montagne, que le mariage hétérosexuel est en lui-même une forme très stricte de norme, socialement construite également. Que de nos jours, malgré toutes les atrocités que l'Histoire a fait subir aux homosexuels, des personnes un tant soit peu cultivées puissent tenir de telles horreurs me choque et m'indigne. Cette sacralisation de la famille relève de la pathologie, et cette mauvaise foi dont il fait usage n'a rien à envier à ses amis Blocher ou Freysinger.

Reconnaître l'homosexualité comme étant une part inhérente de l'être humain, et non pas selon la théorie freudienne, une névrose, me paraît être d'une importance capitale, ne serait-ce que par égard à toutes ces personnes dont la sexualité n'est pas socionormée.

« Un enfant a besoin de la double figure de l’homme et de la femme, d’un père et d’une mère, pour se développer de façon cohérente en sachant que seuls un homme et une femme peuvent concevoir un enfant dans l’ordre naturel. »

Je doute qu'un enfant ait nécessairement besoin à la fois d'une figure paternelle et maternelle. Cela relève une fois de plus d'une croyance populaire fondée sur des habitus très précis qui n'ont de justification qu'en tant que règles socialement adoptées. Ce qui est impératif pour le développement intellectuel et émotionnel d'un être humain, c'est des repères et des parents qui veillent sur son bien-être. L'enfant, lui, ne fera pas de distinction entre les sexes, son amour n'est pas « genré ».

« Remettre en cause la différence des sexes reviendrait ainsi à faire vivre l’enfant dans un monde où «tout» serait possible: que les hommes soient des «papas» et aussi des «mamans», les femmes des «mamans» et aussi des «papas». »

Monsieur Logean a probablement beaucoup de préjugés et oublie voire ignore que les rôles de « père » et de « mère » sont tout autant arbitraire que l'est son jugement à l'égard des homosexuels.

Invoquer la nature est une stratégie pernicieuse et célèbre des conservateurs de tous poils, toutefois ces personnes ne réalisent pas que la « nature humaine » n'est au fond que l'intégration de diverses normes, règles et autres schèmes qui régissent une société, c'est-à-dire la vie commune.

L'être humain possède une incroyable capacité d'adaptation, et le restreindre à des coutumes et des traditions séculaires serait une triste manière de se considérer en tant qu'être vivant. Ne soyons pas stupides au point de ne voir que les symptômes d'une lente superposition de multiples croyances.

« Dans le cadre de l’adoption par des homosexuels, l’enfant devient un objet au lieu d’être reconnu pour lui-même. Pour le bien de l’enfant et de notre civilisation, nous ne pouvons pas permettre aux homosexuels d’adopter des enfants. »

Une fois de plus, la réflexion – pour autant qu'il me soit possible de nommer cela ainsi – de Gregory Logean repose sur des a priori surprenants. L'enfant ne devient pas un objet parce qu'il est adopté par des parents homosexuels, il l'est parce que certains veulent l'instrumentaliser pour en faire une lutte contre la diversité des préférences sexuelles. Je me réjouirai davantage pour la construction psychique et physique d'un bambin qu'il soit choisi par un couple homosexuel désireux de fonder une famille plutôt que des parents hétérosexuels qui se retrouvent face au fait accompli et l'élèvent malgré eux, dans des conditions effroyables.

« Encore une fois, permettre aux homosexuels d’adopter, c’est mettre en danger le développement de l’enfant et l’exposer à différents risques. »

Qu'il nous parle de ces fameux dangers, car je n'en vois pas, sinon se faire rabaisser par des personnes comme monsieur Longean, dont l'ouverture d'esprit est inversement proportionnelle à son arrogance.

« Je n’entends pas me laisser impressionner par le lobby homosexuel qui, sous couvert de lutte contre la discrimination raciale, espère me museler et m’empêcher de défendre des principes élémentaires de la vie en société. »

Ces principes élémentaires, quitte à devoir me répéter, sont arbitraires et ne trouvent une justification réelle que par la croyance à laquelle ils sont rattachés.

Plutôt que promouvoir une haine farouche à tout ce qui sort de la norme communément admise, ne faudrait-il pas œuvrer pour qu'il y ait moins d'enfants maltraités dans les familles traditionnelles, par exemple ? Je vois nettement plus de risques pour le développement d'un enfant qu'il soit exposé à des parents hétérosexuels violents que des parents homosexuels dévoués.

Il suffit de voir le nombre d'êtres humains qui souffrent d'être régis par des normes strictes qui ne laissent que peu de manœuvre à des comportements différents pour se convaincre que le problème est ailleurs.

Mais Gregory Longean a probablement des raisons personnelles de vouloir combattre une réalité qui le dérange. J'espère pour lui qu'il comprendra que sa lutte est une erreur et qu'il y a beaucoup d'autres thèmes nettement plus urgents où il serait impératif de s'investir avec autant de verve.

 

Concernant le choix des images pour l'article du 20 minutes, c'est tout simplement honteux.

 

Grégoire Barbey

 

 

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/-Avec-les-parents-homos--l-enfant-devient-un-objet--20667872

 

28/02/2012

SOLDES : Un appartement 7 pièces pour 1800.- par mois sur Plainpalais

Chers concitoyens et chères concitoyennes,

Suite à la démission de monsieur le Conseiller d'État de la République et Canton de Genève Mark Muller, un appartement 7 pièces est désormais disponible sur Plainpalais pour l'incroyable loyer de 1'800.- TTC par mois. Bien évidemment, une telle affaire ne restera pas longtemps sur le marché, d'autant plus que notre ancien Ministre du Logement n'avait semble-t-il pas tout-à-fait rempli ses fonctions en terme de développement pour les familles avec plusieurs enfants à charge, soyez donc rapides !

Si cette incroyable affaire vous intéresse, je vous recommande d'appeler dès maintenant au 022 327 94 00* pour vous entretenir avec les responsables de cet appartement.


Sincèrement,

Grégoire Barbey

 

*Numéro du DCTI

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27/02/2012

Le bateau vers la liberté

Voici un poème que j'ai rédigé il y a quelques mois, et pour diversifier les thématiques proposées sur mon blog, il inaugure une nouvelle section que je remplirai de temps à autre pour varier les plaisirs. Ne vous étonnez pas de n'y trouver aucune structure syllabique, la seule contrainte que je m'impose est la rime, le reste est libre, le but étant d'y donner un rythme sans une réglementation stricte. Bonne lecture.

Dans les délicates nuances de gris de la nuit
Je regarde s'échapper le bateau de la liberté
Sur l'océan infini pour un nouveau pays
Que je n'ai su saisir quelque peu déconcerté.

Les remous et l'écume des vagues frémissent
Tandis que l'embarcation vogue vers l'inconnu
Avec à son bord tant de visages méconnus
Qui pourtant en cet instant semblent complices.

Tous ont le regard tourné vers les cieux,
Cherchant dans les ténèbres nocturnes un signe
Qui leur ferait écarquiller tout grand leurs yeux
Puisqu'à l'impossible ces gens se résignent.

Mais soudain c'est l'orage furieux qui s'abat
De concert chantent les sirènes éhontées
Alors que la foudre pourfend les âmes effrontées
D'avoir voulu fuir dans le lointain de leurs bras.

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Vox populi ad Stauffer eternam : les déboires d'un incapable

 

Il serait peut-être temps de remettre les pendules à l'heure. Investiguant quelque peu sur l'animal Stauffer, je suis tombé sur une vidéo pour le moins explicite. Monsieur le président du Mouvement Citoyen Genevois profère notamment des insultes à l'encontre de quelques habitants devant la salle Municipale d'Onex. C'est intéressant, avec la récente altercation de Monsieur Stauffer et Monsieur Weiss au Grand Conseil, d'illustrer que ce comportement n'est pas un cas isolé, et qu'il pourrait même être considéré comme faisant partie inhérente de la personnalité de notre député MCG.

Qu'un représentant politique se permette de lâcher à l'encontre d'un citoyen des insultes comme « trou du cul » est inacceptable.

Il faut démontrer clairement aux électeurs et électrices le véritable visage de ce personnage, son exubérance et son mépris des valeurs qu'il dit vouloir défendre. Loin de moi l'idée de jouer les moralistes, mais en tant que citoyen, je ne puis tolérer qu'un tel individu prenne des responsabilités qui auront une influence directe sur ma vie avec une attitude aussi malhonnête et irrespectueuse.

Notez qu'à peine le conseiller d'État Mark Muller a annoncé sa démission, Éric Stauffer s'est porté candidat pour le ministère de la Sécurité. Il s'est pourtant exposé d'une manière peu favorable à son image jeudi dernier. N'a-t-il aucune conscience ?

Ses belles promesses et sa fierté ne le porteront pas au pouvoir. Il doit être remis à sa place, ses clowneries ont suffisamment durées !

D'après mes sources, je sais que certains partis de droite ne voteront jamais en sa faveur. Néanmoins, il continuera à briguer des places importantes dans l'administration politique de notre République et Canton de Genève, ainsi que plus généralement en Suisse.

Pouvons-nous, nous citoyens et citoyennes, accepter qu'un monsieur incapable de gérer ses émotions et ses pulsions puisse avoir en mains des postes clefs? J'ose espérer que non.

Lui qui parlait de République bananière jeudi au Grand Conseil peut à présent se présenter comme le président des gaffes et du manque d'égard porté à la population.

Monsieur Stauffer, je vous prie de vous verser un verre d'eau bien froide sur la tête, et de vous réveiller. Nous ne sommes pas en Russie, ici les gens doivent se respecter, et se comporter de manière à ne pas porter atteinte à l'intégrité (psychique et physique) de leurs semblables.

Il serait peut-être temps de suivre l'exemple de votre collègue Mark Muller et vous diriger vers la porte de sortie définitivement, afin de laisser gérer la politique à des personnes compétentes et intègres.

Vous promettiez le nettoyage des rues de Genève en 40 jours. Montrez le chemin à suivre, faites le premier pas !

Le Peuple vous en sera reconnaissant.

 

Grégoire Barbey

 

http://www.youtube.com/watch?v=quqcreU9HGc&feature=re...

 

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26/02/2012

Stauffer doit démissionner pour le bien du Grand Conseil et de la République

 

24 février 2012, le président du MCG Éric Stauffer s'illustre une fois de plus par son attitude indigne d'un député au sein du Grand Conseil. Que Pierre Weiss se soit mal comporté en l'accusant à tort, c'est un fait, et je ne défendrai pas son geste que je trouve tout-à-fait inadéquat. Nonobstant cette provocation gratuite, l'attitude d'Éric Stauffer est inadmissible et dénote clairement le vrai visage de l'intimé. La réaction du député est symptomatique. Le PLR Pierre Weiss lance des accusations à son encontre, et Stauffer tape du poing sur la table tout en se levant brusquement. Peu de temps après, il se saisit de son verre et en vide le contenu sur Weiss, ce qui crée instantanément une réaction hostile des membres du Grand Conseil. Non-content de son action totalement inadaptée en ces lieux, le président du MCG invite ses acolytes à le rejoindre et se dirige avec véhémence dans la direction de son adversaire, passant ses mains derrière le dos, comme pour se retenir d'une pulsion violente.

Cette description de la scène (visible sur le lien présent à la fin de cet article) permet de constater le populisme archaïque dont fait usage Éric Stauffer. Plutôt qu'essuyer avec intelligence et retenue les critiques de Pierre Weiss pour ensuite y répondre de manière civilisée, il préfère se livrer à l'expression de ses pulsions animales, découvrant sa vraie nature, celle d'un rustre incapable de se contenir ! Parce qu'il n'obtient pas ce qu'il veut, à savoir renvoyer le projet de loi du CEVA en commission, il perd les pédales. N'y a-t-il pas des problèmes plus importants que la construction de cette ligne ferroviaire ? Qui, effectivement, pourraient donner envie de se lâcher tel un taureau enragé ?

Ce comportement est à l'image de son parti, qui joue sur la peur des gens, acclamant des mesures xénophobes, comme ce récent soutien à la préférence nationale pour les travailleurs des HUG.

Pire, un communiqué de presse s'en est suivi, prenant la défense inconditionnelle du président MCG. Dans une interview donnée à la TSR, Stauffer confie qu'il n'agirait pas autrement si cela devait se reproduire. Quid d'un tel député ? Lui qui a demandé la démission de plusieurs élus dans divers secteurs, n'est-ce pas finalement quelque peu culotté de sa part ?

Et ce n'est pas tout. Sur son profil Facebook, il publie le lien de l'article parut dans Le Matin, comme par satisfaction. Je lui ai adressé un commentaire, respectueux, dans lequel je lui faisais part de mon désaccord sur son attitude, et ai également appuyé sur mon désir de le voir démissionner.

Monsieur Stauffer, en grand républicain qu'il est, amoureux des valeurs de la démocratie, a supprimé mon intervention et m'a par la même occasion bloqué l'accès à son profil.

Pour un homme qui se dit proche des citoyen-ne-s genevois-es, cette anecdote met à mal son image.

Qui sait, si je le croise, peut-être me versera-t-il le contenu de son verre sur la tête ?

En tout cas, cet énergumène n'a rien à faire au Grand Conseil, et il doit être destitué de ses fonctions.

En tant que Citoyen, je requiers sa démission.

 

Grégoire Barbey

 

http://www.youtube.com/watch?v=X_33KRtYZr8&context=C3...

 

Une image créée par un ami, la Politobox, l'alternative pour jeter les politicien-ne-s qui oublient les intérêts du Peuple !

 

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25/02/2012

De l'utilité de la révocabilité des élu-e-s pour combattre la corruption institutionnalisée des lobbys multinationaux

 

En ces temps politiques conflictuels, il est impératif de s'interroger sur la viabilité, les qualités et surtout les défauts de notre système démocratique.

Les récents événements qui ont déferlé la chronique ne sont pas anodins, et ne doivent en aucune façon être pris à la légère. Les élus de la Ville de Genève, du moins une certaine proportion d'entre eux, semblent avoir oublié les valeurs fondamentales que sont le respect, l'honnêteté, la transparence, la dévotion et l'abstraction de leurs intérêts au profit du plus grand nombre.

Comment rester silencieux face à de tels comportements ? La mode actuelle est apparemment, eu égard aux discours de quelques politiciens, de nier l'importance d'une politique éthique, je dirais même d'une « poléthique ». Philippe Glatz, ancien président du Parti Démocratique Chrétien, s'est illustré sur mon blog par un commentaire tout-à-fait symptomatique de cette nouvelle tendance.

Je défendais dans un article, publié il y a quelques temps, la nécessité pour notre démocratie et le respect du Peuple de connaître le montant de la transaction effectuée par Mark Muller avec le barman, victime de la violence du conseiller d'État le 31 décembre.

D'après Glatz, donc, vouloir invoquer les valeurs morales aurait « quelque chose de très inquiétant pour ces mêmes démocraties ». Plus loin, il continue : « Vous vous rendrez peut-être compte que, sous prétexte de "morale", lorsque vous remettez en question les fondements de notre droit qui accorde à chacun la possibilité d'un arrangement à l'amiable avec la partie adverse, en fait, vous remettez en cause bien plus que l'attitude exemplaire que vous souhaitez, mais les bases de notre démocratie. (...) Sous aucun prétexte nous n'avons à contester cette liberté reconnue par le droit, à moins que de vouloir instaurer une forme de dictature, dans une société inégalitaire qui n'offrirait plus aucune garantie, dans le cadre d'une application aléatoire du droit selon que l'on soit un élu ou un simple citoyen. »

Monsieur Glatz prêche pour sa paroisse, cela va de soi. Néanmoins, cette tentative de manipuler ma réflexion sur l'importance d'une « poléthique » est révélatrice. Dès lors qu'un-e citoyen-ne ou un-e élu-e désire apporter des changements dans le système pour y permettre davantage d'honnêteté et de transparence, les mêmes arguments sont rabâchés continuellement, comme s'il fallait comprendre que le respect des valeurs constitutionnelles était un danger pour notre démocratie, justement basée sur cette fameuse Constitution. Cette position est intrinsèque à la pensée élitiste qui veut éloigner le Peuple des véritables décisions.

Selon la définition du Vocabulaire technique et critique de la philosophie (Éditions puf, 1996), la démocratie est un « État politique dans lequel la souveraineté appartient à la totalité des citoyens, sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité ».

Notons bien que nous pouvons interpréter que la non-distinction de naissance implique qu'un étranger peut également prendre part à la politique et faire usage du droit de vote. Je ne désire pas rentrer dans ce débat, toutefois j'y accorde une grande importance également.

Là où j'aimerais en venir, en parlant des dernières affaires qui ont éclaboussé le monde politique genevois, c'est l'impossibilité du Peuple à révoquer ses élu-e-s.

La révocabilité devrait être une part essentielle des outils démocratiques. Il ne faut pas confondre la révocation avec « l'impeachment ». Ce dernier permet au pouvoir législatif de destituer un représentant du gouvernement, alors que la révocation, comme ce fut le cas à Athènes, donne ce pouvoir au Peuple. Cette mesure doit bien évidemment être rigoureusement institutionnalisée et constitutionnellement délimitée. La révocation pourrait être une option épisodique. Un représentant serait ainsi amené à rendre des comptes, par exemple, une fois par année, et la décision reviendrait au Peuple de lui octroyer le privilège de continuer son mandat ou d'y mettre fin immédiatement.

Les oppositions ne manquent pas, et la difficulté à intégrer cette procédure n'en est pas moins non-négligeable.

Cependant, il est à noter les avantages qu'offrirait une telle option. Notre système démocratique est imparfait, c'est une évidence qu'il serait malvenu de nier, et la transparence des député-e-s, élu-e-s, représentant-e-s et consorts fait cruellement défaut. L'institutionnalisation de la révocation impliquerait instantanément cette valeur que nos édiles combattent tant.

Je m'entretenais pas plus tard qu'aujourd'hui avec une connaissance, qui est conseiller national. Cette personne m'a confié des anecdotes d'une alarmante actualité. L'omniprésence des lobbys au sein de notre gouvernement est quelque chose d'inacceptable et de profondément anti-démocratique. Je précise que mes mots sont pesés. Certaines entreprises proposent aux député-e-s des sièges dans des conseils d'administration ou de consultation, moyennant rémunération. Cette méthode, que je considère être une grave corruption et un charlatanisme malsain, n'est pas une exception. Non, c'est même la règle. Ces grands groupes de pression, qui représentent les intérêts de multinationales diverses et variées, comme l'industrie pharmaceutique, nucléaire, agroalimentaire, les assurances maladie, les armes, les banques, et ainsi de suite font usage de techniques flirtant bien souvent avec l'inégalité.

J'ai eu vent que la Tribune de Genève avait souhaité publier des articles dénonçant les méthodes peu orthodoxes de ces groupuscules et s'était vue menacée par l'un d'entre eux d'un retrait momentané de leurs publicités. Cela représenterait une perte de plusieurs centaines de milliers de francs en quelques mois. Avec une telle pression, le silence est une impérieuse nécessité. Les intérêts financiers sous-jacents sont monumentaux. Que la Suisse tolère de pareilles manœuvres d'intimidation est non seulement un scandale, mais également une grave atteinte à l'intégrité des élu-e-s politiques.

En de telles circonstances, la révocabilité se justifie d'elle-même, afin de pouvoir juger de l'honnêteté et de l'implication des édiles dans leurs tâches.

Les représentant-e-s du Peuple sont à son service, et doivent œuvrer dans son intérêt, non vendre leur âme au Diable.

J'ai bien conscience que je jette un pavé dans un océan trouble et pollué, et qu'il ne risque pas de faire de nombreuses vagues. Pourtant, il m'apparaît être de mon devoir, et de celui de chacun-e de mes concitoyen-ne-s de s'impliquer pour dénoncer ces abus, et faire en sorte de laisser aux générations futures un monde où la corruption n'est pas une affaire d'État.

Tant pis si je dois m'attaquer à la gauche comme à la droite pour mettre en lumière ces méthodes honteuses qui donnent la possibilité à des « réseaux mafieux » de s'approprier le pouvoir.

La révocabilité des hauts fonctionnaires de notre gouvernement est une idée qui doit faire, et je le sais, fera son chemin dans l'esprit du Peuple.

 

Grégoire Barbey

24/02/2012

EXCLUSIF : Maître Bonnant rejoindra-t-il les Indigné-e-s ?

Après avoir essuyé les attaques littéraires de l'éminent avocat genevois, dont la réputation n'est plus à faire, le mouvement contestataire « Ocuppy Geneva » s'est entretenu avec l'intimé dans son luxueux bureau, proche de la route de Champel. Trois émissaires se sont donc laissés happer dans la gueule du loup !

« Je vous attendais plus nombreux » confia le maître des lieux. « Je pensais que vous viendriez à quarante-deux, armés de sprays pour vous venger du vieux con. Je m'étais préparé à cette éventualité. »

Visiblement, l'ancien ne semblait pas dormir l'esprit tranquille. Le trio, bien éduqué et poli, l'a rassuré qu'il n'avait jamais été question d'une telle manœuvre – bien que l'idée fut séduisante.

Contenant son aversion pour les vêtements bas de gamme et fripés, Maître Bonnant s'est ensuite emporté par son verbe acéré et entraîné, gesticulant en tous sens, fixant tour à tour le regard de ses invités. Il énonça ses reproches au mouvement des Indigné-e-s genevois : l'absence de hiérarchie, de porte-parole, de structure et l'opacité des revendications. Selon lui, l'homme qui détruit doit avoir également les mains du bâtisseur. Il n'a pas mentionné l'offense esthétique que ces personnes lui procuraient.

Peut-être parce qu'il avait lui-même conscience que ses vieux jours ne sont pas ce qu'il y a de plus artistiquement agréable à contempler.

Cela étant, un long et poétique monologue s'en est suivit. Le plaideur s'est plaint des différences entre sa personnalité et celle de ses filles, ce à quoi un jeune indigné lui a rétorqué, en citant Confucius : « n'oublie pas que ton fils n'est pas ton fils, mais le fils de son temps ».

À la stupéfaction lisible sur son faciès, il a réalisé que la jeunesse n'était pas si stupide et inculte qu'il ne le pensait. Bien sûr, comme un Roi sur son trône, le Peuple est la dernière de ses préoccupations. Il est contre la distribution des richesses, leur a-t-il dit, parce qu'il gagne de très hauts revenus. Néanmoins, il paie ses dettes. À commencer par celles du fisc, bien sûr ! Il a également assuré qu'il avait beaucoup d'amour pour son prochain (moins pour sa prochaine, il faut le souligner) au point de ne pouvoir laisser personne sur le bord de la route... pour autant qu'il croise la sienne ! Cela fait chaud au cœur de l'apprendre, car les multinationales et autres entreprises qui font appel à ses services d'avocat n'ont pas cette vocation sociale.

Bref, lorsque l'hôte céda la parole à ses convives, ils purent s'exprimer quelque peu, et ce avec l'improbable privilège de ne pas avoir d'honoraires à payer en fin de séance. Que de bonté pour ce prototype de la bourgeoisie d'un siècle passé !

Les Indigné-e-s, comme toujours très stratégiques, ont proposé à leur adversaire idéologique une petite visite au sein d'une assemblée générale pour qu'il puisse se rendre compte de la « réalité du terrain ».

Celui-ci a accepté, mais n'a cependant pas mentionné les coûts qu'occasionnerait un tel déplacement, ni la date. Il faut dire que malgré l'âge, Maître Bonnant a ses petites habitudes bourgeoises, le contrarier dans ses attentes serait, à n'en pas douter, une mauvaise manière de le faire adhérer à leur cause.

Après avoir, gratuitement une fois de plus, rédigé un autographe sur un ouvrage d'Adam Smith, la « théorie des sentiments moraux » que l'un des Indigné-e-s avait apporté, il dut mettre fin à l'entretien. Près de deux heures se sont écoulées, le tout à l’œil !

Fort de son assurance, le trio a souhaité faire une photo en la compagnie de leur ancêtre commun, l'homo aristocratus, qui, il y a de cela quelques siècles, représentait une espèce répandue au sein de l'humanité.

Maître Bonnant, toujours heureux de pouvoir rendre service, a accepté. Il désirait simplement que cela se fasse dans son bureau onéreux afin de compromettre davantage ses adversaires. N'est-ce pas de bonne guerre ?

Les Indigné-e-s ont ensuite quitté les lieux, après les remerciements et salutations d'usage.

Une seule question persiste : Marc Bonnant rejoindra-t-il le mouvement ?

Grégoire Barbey

 

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21/02/2012

Entretien avec Pascal Décaillet : la morale en politique ?

Voici un article que Pascal Décaillet (journaliste indépendant, animant notamment l'émission Genève à Chaud sur Léman Bleu) a publié sur son blog. Discussion calibrée en 4'000 signes, soit 350 signes par intervention. D'autres dialogues sont à venir !

J'inaugure ici une série d'entretiens avec le jeune écrivain Grégoire Barbey - Bonne lecture! - Mardi 21.02.12 - 17.16h

 

GB - Pourquoi pensez-vous qu'un élu du Peuple, dans une démocratie telle que la nôtre - qui a ses grandeurs comme ses faiblesses - ait droit de prétendre au luxe de ne point divulguer ses actes dans une affaire juridique qui somme toute appartient désormais à l'ensemble de la population ? N'avez-vous donc pas d'égard pour l'éthique ?



PaD - Un élu du peuple répond de ses actes publics. Mark Muller doit rendre des comptes sur son bilan politique, assurément loin d'être parfait, d'ailleurs ! L'affaire du réveillon est d'ordre privé. Seriez-vous à ce point acharné à vouloir sa perte, s'il était un élu de gauche ? Ou du centre ? Tiens, un gentil Vert. Ou un gentil PDC. Votre hargne ne serait-elle pas - allez, au moins un peu  - de l'ordre d'une vengeance de classe ?

 

GB - Nullement, mais vous faites bien de le demander ! Qu'une telle affaire soit à gauche, au centre ou à droite n'a guère d'importance. Néanmoins, j'étais sûr que vous invoqueriez la notion de « privé ». Définissez-la moi ! Soyons clairs, ce monsieur a des responsabilités, et le MàD n'est pas un lieu où le privé peut faire office de barrage face aux débauches d'un politicien quel qu'il soit !

 

PaD - Débauche ! Vous voilà glissant sur le terrain de la morale. La vie sentimentale, voire charnelle, d'un politicien ne m'intéresse pas. J'attends de lui qu'il soit un bon politicien, dans le sens de la Cité, l'intérêt public. Pas qu'il soit un saint. Ni un eunuque. Qu'il dérape dans un bar, un soir de réveillon, ne m'enchante certes pas. Mais n'est pas, à mes yeux, une cause de démission.

 

GB - Eh quoi ! Devons-nous faire abstraction de la morale en politique ? Ce n'est pas de ses rapports sentimentaux ou charnels dont il est question, mais de son comportement violent et de ses mensonges sciemment proférés pour protéger ses intérêts ! N'a-t-il pas lui-même avoué avoir triché sur ses allégations ? Oui, cela mérite une démission, et vite !

 

PaD - Âme sensible, je vous choque, désolé : oui, il est possible qu'il faille faire un peu abstraction de la morale en politique. La politique est une chose. La morale, une autre. Que l'une et l'autre se nourrissent, s'interpellent. Mais la politique, ça n'est pas la morale. Ni l'immoralité, bien sûr. Elle est d'un autre ordre, d'un autre horizon d'attente. Machiavel, dans Le Prince, a écrit de fort belles pages sur ce sujet.

 

GB - Machiavel est d'une autre époque ! En démocratie, il ne faut pas se considérer comme un Prince, bien que cette dérive soit commune à quelques-uns. Non, l'éthique et la politique ne sont pas dissociables. L'une et l'autre sont nécessaires. Le Peuple est en droit, et a même le devoir de demander des comptes à ses élus. Diantre, ne faudrait-il pas pouvoir les révoquer en cas de dérives ? Allons !

 

PaD - L'addition présentée par le peuple aux élus, c'est tous les quatre ans : cela s'appelle les élections. Révocation en cours de mandat ? N'existe pas, pour l'heure, dans notre ordre juridique. Ce qui m'inquiète, c'est votre mot : « dérives ». Nous revoilà dans le jugement moral ! La pire dérive, pour un magistrat, c'est de faire une mauvaise politique. Le reste ne m'intéresse guère.

 

GB - Je suis un citoyen, et en tant que tel, je donne mon avis. Pour moi, cette affaire rentre clairement dans le cadre d'une dérive. Un politicien a des responsabilités envers son électorat. Il n'a pas le droit de se comporter à son aise. Il représente le Peuple, et doit agir en tant que tel. La révocation devrait être une option, la démocratie n'en serait que grandie !

 

PaD - L'éthique protestante - éminemment respectable - va dans votre sens. Elle a beaucoup influencé, en 450 ans, la notion qu'on se fait à Genève d'un « magistrat ». Pour ma part, je suis indifférent à la vie privée. Mais très exigeant sur la performance politique ! A cet égard, il me semble qu'on pourrait porter une certaine sévérité à certaine collègue libérale de M. Muller, responsable de la police. Mais c'est une autre histoire !

 

GB + PaD

À ces quelques-uns qui nous mentent et profitent !

 

Le copinage et l'avarice n'excusent pas tout.
Ainsi ils sont plusieurs, toujours les mêmes, dont plusieurs élus, à profiter de notre démocratie, y abusent et comble de l'ironie, salissent, insultent, vomissent leur acrimonie sur celles et ceux qui ne se plient point à leurs règles, à leurs codes et à leur bienpensance.
Ils renoncent aux promesses liées à leurs fonctions, occultant sciemment le serment qu'ils ont fait envers la Constitution et le Peuple afin de ne veiller que sur leurs propres intérêts au dépend du plus grand nombre.
Le journalisme et la politique de ces quelques-uns ne profitent pas ou peu au bien commun. Plutôt que d'informer et de faire évoluer les mœurs et les mentalités, ils préfèrent se cacher derrière des mensonges tout en adulant un conservatisme barbare.

Informer, diriger, protéger et aider, disent-ils ? Ils ne savent tout simplement plus ce que ces mots veulent dire. Ou ne l'ont jamais su.
Les vérités ne sont décidément pas toutes bonnes à exprimer, mais il est malgré tout essentiel de le faire. C'est un exercice complexe qui demande un investissement personnel total.
Les fonctions qu'exerce ce petit nombre, à savoir le journalisme, la politique, la direction d'entreprises/de conseils d'administration se mêlent étrangement, dans notre ville, de manière fortement incestueuse.

Qu'ils pensent berner l'ensemble de la population n'est guère étonnant, leur autosuffisance est inversement proportionnelle à leur intégrité. La manipulation est leur arme de prédilection. La mienne, enfin la nôtre devrais-je dire, est la franchise. Se taire face à ces attitudes inacceptables revient à coopérer avec des criminels, même indirectement.

Qu'ils continuent à se croire intouchables et indélogeables. Leur ego les perdra, et peu à peu, ils tomberont un à un sous les assauts répétés des voix tonitruantes divulguant les non-dits et les mensonges. La trahison des valeurs démocratiques ne peut être tolérée.

Parce que ce sont toujours les plus pauvres et démunis qui finissent par trinquer sur l'autel de l'oisiveté et de l'opulence de ces quelques pontes, il est impératif de renverser ceux qui bafouent les droits propres à chaque être humain, quitte à y laisser des plumes.

Le Peuple n'est pas aveugle, il n'oublie pas non plus et ne pardonne jamais la méprise de ceux qui prétendent parler au nom de l'autorité.

Désormais, ces manipulateurs doivent savoir que leurs déviances ne seront plus acceptées et encore moins cautionnées.

Ils ont beau être d'excellents bluffeurs, la sincérité finira par triompher.

Qu'ils soient journalistes indépendants, politiciens ou chefs d'entreprise, à la tête d'obscurs conseils d'administration ou dans l'ombre à tirer les ficelles, nul n'est inatteignable. Leur heure viendra, et probablement bien plus vite qu'ils ne l'espèrent.

Je sais que certains d'entre eux liront cela, et se reconnaîtront inévitablement.

Ceci n'est pas une déclaration de guerre, ni un avertissement. Nous ne sommes que des gouttes d'eau, et eux des parois rocheuses. L'érosion est un processus naturel.

Le Peuple finit toujours par avoir le dernier mot.

Les émissaires du libéralisme et de l'accumulation n'auront jamais gain de cause.

Mieux vaut l'avoir en tête.

L'insurrection commence.

Le Léman restera bleu, à chaud ou à froid, et le lait ne caillera point.

 

Grégoire Barbey

11:21 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : manipulateurs, politique, journaliste, autorité, insurrection |  Facebook | | | |

19/02/2012

Propos sur les différences

Évidemment que nous sommes différent-e-s ! Qui le nierait ? Mais ce ne sont pas nos caractéristiques biologiques, ni un quelconque sexe qui nous différencient. Ce qui fait notre singularité, ce sont nos actes et notre personnalité. La couleur de nos cheveux, de notre peau ou la forme de notre visage ne peuvent nous diviser, car ce ne sont que des détails aléatoires. Que notre pilosité soit teintée de blond, de noir ou de châtain n'a aucune importance en soi. Que nous soyons « femmes » ou que nous soyons « hommes » n'importe pas davantage. Nous ne décidons pas de l'aspect physique de notre enveloppe charnelle, nous ne pouvons donc pas utiliser cette caractéristique pour différencier deux individus. Si aujourd'hui la doctrine du différentialisme semble aller de soi pour la majorité de nos contemporain-e-s, ce n'est en aucun cas une démonstration empirique de la justesse de cette idéologie. J'ai d'ailleurs pour principe de me méfier toujours des pensées qui se réclament du rationalisme, car ce dernier est une nouvelle forme de croyance. Ce que nous jugeons rationnel est arbitraire et repose sur des a priori. Ne faut-il pas craindre les certitudes ? Quand bien même elles revêtent l'argument d'autorité que confère les recherches scientifiques. La science n'est-elle pas proprement ce qu'il y a de plus incertain ?

Nous avons appris à percevoir des différences partout, comme une maladie mortifère, corrompant tout ce qui nous entoure. Mais dans nos relations sociales, qu'est-ce que le sexe ? Avoir un pénis m'octroierait plus d'intelligence ? Je ne pense pas. Si mon attitude s'apparente à la possession de cet attribut, la cause s'explique par les constructions sociales qui se sont forgées au fil des siècles, catégorisant les individus dans diverses cases. La catégorisation de certains comportements comme étant spécifiques à un genre donné relève de l'attribution arbitraire. Ces différences sont ancrées dans nos esprits. Le virilisme serait l'attitude propre aux hommes et le sentimentalisme celle qui serait propre aux femmes. Les déviances que ces croyances engendrent sont multiples. Certains hommes tentent de correspondre à cet idéal, tout comme certaines femmes en font autant de leur côté. Finalement, si ces personnes se sentent bien dans leur peau en jouant le rôle qui leur a été attribué, il serait malavisé de leur en vouloir. Toutefois, personnellement, je refuse d'être réduit à un genre, une couleur de peau, de cheveux ou d'yeux, une préférence sexuelle ou quoi que ce soit d'autre qui n'est pas de mon fait !

J'ai conscience que les seules choses qui me différencient réellement de mon semblable, ce sont mes actes et ma personnalité. Mais ce que je fais n'est pas déterminé par une quelconque appartenance à un sexe. Cultiver de vieux clichés n'a aucun sens. Dois-je pour autant être jeté dans une catégorie et ne plus en sortir ? Je ne l'accepte pas. C'est devenu une manie d'associer chaque individu à un ensemble de critères, comme s'il fallait impérativement décrypter les êtres humains pour rentrer en relation avec eux. Je ne me considère pas comme un « être fini », mais en devenir. Chaque jour, je me développe et évolue. Je ne pourrais donc rentrer dans une case sans risquer de devoir en changer le lendemain. Je refuse de me soumettre sur l'autel de la différenciation. Je n'ai aucunement besoin de me rattacher à un genre pour me rassurer, tout comme mon identité ne se fonde pas sur la forme et l'utilité de mon sexe. Nous avons trop souvent tendance à percevoir d'abord nos divergences avant nos similitudes. Ne serait-ce pas là le signe d'une dégénérescence ? Que cherchons-nous à obtenir dans la différenciation ? Est-ce la manifestation de l'individualisme omniprésent dans notre société ? Je n'y vois en tout cas rien de positif. Cela sert davantage les intérêts du système que ceux des êtres humains. Répartir les tâches en fonction d'une catégorie précise facilite amplement le fonctionnement du capitalisme, qu'elle soit d'ordre ethnique, générationnelle ou sexiste. Il est probablement temps de déconstruire ces idoles qui règnent sur la pensée humaine depuis tant de siècles – voire de millénaires ! Il nous faut impérativement nous extraire de ces carcans réducteurs qui non seulement prétendent nous connaître mais qui de surcroît nous prédestinent à des fonctions spécifiques. Le différentialisme est un dérivé d'abus de pouvoir. Il permet de justifier des comportements contraire à une éthique égalitaire. Nous sommes différent-e-s par nos actes et notre personnalité, cependant nous sommes toutes et tous égaux devant notre humanité. C'est elle-seule qui nous distingue. Le reste n'est qu'un détail, celui d'une rencontre entre un spermatozoïde et une ovule. Le fruit du hasard.

En définitive, ne laissez personne vous dicter quel comportement vous devriez adopter selon une appartenance arbitraire à un genre quelconque ! Soyez vous-mêmes, et ce quel qu'en soit le prix.

 

Grégoire Barbey