Gregoire Barbey

01/03/2012

Internet, la nouvelle Agora

 

En vitesse.


Je remarque que la politique ignore, ou feint d'ignorer, l'essor impressionnant que prend l'internet.

C'est pourtant, selon moi, une erreur fondamentale. D'autant plus dans un pays qui se réclame démocratique. Le web 2.0, c'est structurellement la nouvelle Agora, les citoyens et les citoyennes s'y retrouvent, interconnectés, pour débattre de tous les sujets de la vie quotidienne. Non seulement, le potentiel politique de la toile ne fait aucun doute, mais de surcroît, cela offrirait aux politiciens une proximité encore jamais égalée avec la Vox Populi.

 

Pourquoi ne pas, par exemple, organiser régulièrement des débats, internet fait finalement très bien office de place publique. Le politique a tout intérêt de se mêler à la masse, de prendre la température auprès de ses semblables, et d'accorder une véritable importance à leurs opinions, qui divergent énormément selon les individus.

La polis selon Aristote, c'est la vie de la Cité. Tout est affaire de politique. Être à l'écoute des attentes de ses concitoyen-ne-s, n'est-ce pas le devoir de toute personne investie dans la politique ?

Les récents événements genevois qui ont déferlé la chronique impactent l'opinion publique. Il est déconseillé dans un système tel que le nôtre de fermer les yeux sur l'avis majoritaire. Je mentionnais dans un précédent article l'importance de la révocation, qu'il faudrait selon moi implémenter au sein des outils démocratique. Génération web, cela implique nécessairement de nouvelles mécaniques, notamment la vitesse phénoménale à laquelle transitent les informations. Cacher des non-dits devient beaucoup plus difficile pour toute organisation, qu'elle soit privée ou étatique. Il suffit de constater le projet de loi ACTA, sur lequel j'ai rédigé un article pour le site de Gauche Anticapitaliste*, qui démontre l'inquiétude des élites gouvernantes à l'égard de l'internet. C'est un formidable outil de propagation, où la transparence y est presque imposée.

La politique doit être connectée aux citoyen-ne-s. Prendre en compte le web est donc nécessaire.

Je le répète, c'est la nouvelle Agora. Ne passons pas à côté d'une telle opportunité !

 

Grégoire Barbey

 

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=5884

20:22 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : politique, agora, athènes, démocratie, révocation, vitesse, internet, web, 2.0 |  Facebook | | | |

Commentaires

L'impact d'Internet est indéniable Grégoire, et pas forcément toujours en bien d'ailleurs. Mais tant que tout le monde n'est pas relié - et disponible - le net ne saurait se substituer aux structures démocratiques usuelles.

Écrit par : Philippe Souaille | 01/03/2012

Si tu crois que la politique est passée à côté d'internet... regarde le nombre de blogs politiques! ;)

Écrit par : Adrien Faure | 01/03/2012

"toute opinion est indifférente aux ambitieux, pourvu qu'ils gouvernent"

Écrit par : ter | 01/03/2012

Les politiques comme les oligarques ne sont pas passé à coté du web...

Ils connaissent la puissance de ce média et ce qu'il permet dans l'organisation de ceux qui sont dans l'opposition avec bon nombre d'entre eux.

Pourquoi crois tu que SOPA ACTA HADOPI sont en train d'êtres mises en place?

Le seul but est de prendre le contrôle du net et de ne pas laisser une arme aussi puissante à la démocratie!

Écrit par : Pierre | 02/03/2012

Nous nous sommes mal compris. Les blogs politiques ne sont pas nécessairement un exemple convaincant de l'investissement d'internet par les politiciens. C'est une part non-négligeable, mais il manque du concret.

Écrit par : Grégoire Barbey | 02/03/2012

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