Gregoire Barbey

13/03/2012

« Ce n’est point ma façon de penser qui a fait mon malheur, c’est celle des autres. »

Pensée nocturne.

« Ma façon de penser, dites-vous, ne peut être approuvée. Et que m’importe ? Bien fou est celui qui adopte une façon de penser pour les autres ! Ma façon de penser est le fruit de mes réflexions ; elle tient à mon existence, à mon organisation. Je ne suis pas le maître de la changer ; je le serais, que je ne le ferais pas. Cette façon de penser que vous blâmez fait l’unique consolation de ma vie ; elle allège toutes mes peines en prison, elle compose tous mes plaisirs dans le monde et j’y tiens plus qu’à la vie. Ce n’est point ma façon de penser qui a fait mon malheur, c’est celle des autres. » Donatien Alphonse François de Sade

Cette phrase, sur laquelle je tombe au hasard de mes pérégrinations littéraires, me plaît, bien qu'écrite de la main d'un personnage que je n'apprécie guère. Elle me fait réfléchir sur la pensée unique, qui atteint des sommets encore inexplorés de mémoire. Je ne désire point développer une réflexion en cette nuit qui pourtant me remplit d'inspiration. Toutefois, j'appréciais tant ce passage qu'il me fallait le rapporter. Et d'ailleurs, je partage cette idée que bien souvent, la cause du malheur des uns, est la pensée des autres... Cela mérite d'être compris, car même les théories les plus abordables et humanistes ont parfois de fâcheuses conséquences sur le bien-être de certaines personnes. Comment donc concilier toutes les sensibilités en une même société ? Je laisserai mes lecteurs tenter d'y répondre et reviendrai plus tard sur cette interrogation qui, croyez-moi, me passionne au plus haut point.

Grégoire Barbey

01:09 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sade, marquis, pensée, philosophie, réflexion, nocturne, uniformisation |  Facebook | | | |

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