Gregoire Barbey

22/03/2012

De gauche ET de droite

 

La politique genevoise, en l'état actuel, promulgue davantage des confrontations clivées que des solutions multiples. Il y a cet éternel combat, que mènent certains partis de droite, de s'allier non pas pour offrir une amélioration qualitative et quantitative aux citoyens, mais uniquement pour s'opposer à la gauche. Et vice versa, bien évidemment.

C'est cette attitude stérile qui conduit notre République à faire la une de journaux satyriques alémaniques de mauvais goût. Les Genferei sont un exemple criant de ce climat délétère dans lequel évolue notre population.

Les débats d'idée ne sont plus à l'ordre du jour. Non, il est plus calviniste de se tirer dans les pattes sans même penser à s'écouter mutuellement que de se témoigner un véritable respect. C'est « fashion ». C'est dans l'air du Temps. Toutefois, cela n'amène rien de positif.

Il faut, je le crois sincèrement, cesser ces vieilles querelles, et se mettre à table, toutes et tous, pour trouver des convergences, là où certains ne voient que des différences !

Lorsqu'une motion passe, il serait judicieux de ne pas se bloquer dans la contestation idéologique.

Les solutions, les vraies, ne comportent aucun clivage. Au contraire, elles doivent annihiler le dogmatisme que peuvent alimenter les plus belles idéologies.

Je désire m'engager pour une politique fédéraliste, une politique de gauche et de droite, une politique qui réunit les êtres humains autour d'une même table, d'un projet commun. Je veux bâtir.

Le fédéralisme suisse n'est pas né dans l'affrontement perpétuel. Il a offert aux différents acteurs de la scène politique une opportunité de se retrouver toutes et tous, ensemble, pour construire.

Nul doute qu'il faut parfois savoir dire « non ». S'opposer est une sainte réaction, je le pense.

Mais, de grâce, un peu de nuance ! Ni la droite, ni la gauche n'ont l'apanage de la justesse.

Il ne faut pas se détester. Donnons-nous la main, offrons à nos semblables des idées qui percutent, qui rassurent et qui fonctionnent. Cessons d'alimenter, d'un côté comme de l'autre, les peurs les plus primitives.

Mettons un terme à l'électoralisme marketing. Ayons à cœur de nous soutenir, même dans l'adversité ou le désaccord.

Le manichéisme est révolu. Rien n'est blanc ou noir. Il existe autant de nuance de gris qu'il y a d'êtres humains. Il ne tient qu'à nous d'en faire un tableau artistique.

La constellation des idées qui bâtit notre République ne doit pas être oubliée à des profits électoraux. Hommes et femmes du Peuple, écoutez-le !

Alors, pour celles et ceux qui ne l'ont pas encore compris, je ne suis pas « ni de gauche, ni de droite », au contraire : je suis de gauche ET de droite.

Et ainsi des projets naîtront.

Déconstruire sans jamais oublier d'ouvrir les deux mains pour mieux rebâtir...

 

Grégoire Barbey

14:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : gauche, droite, clivage, réflexion, politique, république, fédéralisme |  Facebook | | | |

Commentaires

"Alors, pour celles et ceux qui ne l'ont pas encore compris, je ne suis pas « ni de #gauche, ni de #droite », au contraire : je suis de gauche ET de droite.

Et ainsi des projets naîtront.

Déconstruire sans jamais oublier d'ouvrir les deux mains pour mieux rebâtir..."

On se croirait à la messe (pire, au culte, n'oublions pas que le capitalisme s'est développé grâce à l’avènement de la Réforme qui a "sorti l'ascèse du couvent" : il était désormais bien vu d'être riche, car c'était l'héritage d'un dur labeur pour gagner son salut, mais il fallait savoir scrupule garder et ne pas dépenser l'argent de manière trop ostentatoire. Les régimes d'austérité, s'obstinant à préconiser la rigueur, qu'imposent les dirigeants européens actuellement, sont donc encore largement tributaires de cette pensée protestante) du dimanche, et M. Barbey joue bien son rôle de nouveau prédicateur des foules, de nouveau rassembleur : on le voit "les deux mains" ouvertes, arrangeant la foule, "pour mieux rebâtir", "et ainsi des projets naîtront", je rebâtirai le Temple en trois jours, et adviendra le royaume de Dieu ! Amen !

On a envie d'y croire, de faire le saut de la foi avec les Verts libéraux, et de chanter avec le Père Barbey "Alléluia, un élu nous est né ! qui va la gauche et la droite réconcilier", et, nous, les nouveaux moutons, nous viendrons l'adorer....

Plus sérieusement, "de gauche ET de droite" n'est qu'un fumant slogan de plus pour créer une brèche, là pour les verts libéraux, là-bas pour fédérer les apôtres du conformisme mou qui permet au mieux de reproduire les inégalités, au pire d'en rajouter de nouvelles. Gageons que le Père Barbey reviendra de ses propos fumants aussi vite qu'il en est arrivé, dès qu'il aura expérimenté un tant soi peu le terrain des luttes sociales et des rapports de force. Laissons-le faire ses petites expériences...

Écrit par : Julien Cart | 22/03/2012

Ni de gauche, ni de droite, ni devant, ni derrière, ni l'un, ni l'autre, ni le contraire, ni l'inverse.

http://www.youtube.com/watch?v=-FYuu5MGrDI

Écrit par : Plouf | 22/03/2012

En matière de terrain, je ne doute pas que M. Cart a une expérience monumentale. Je l'ai d'ailleurs entendu ce mardi au Conseil Municipal, il s'adressait à Pierre Maudet. Je crois qu'il a voulu dire : euh.
Sérieusement Julien, si seulement tu faisais quelque chose plutôt que de contester continuellement...

Écrit par : Grégoire Barbey | 23/03/2012

Dès lors où l'on comprend qu'il faut oublier ses principes pour entrer au sein de l'establishment, il est normal d'adopter ce genre de discours ; fade, réchauffé, conformiste, sans fond, etc.

Un politicard de plus, un !

Écrit par : Roby | 23/03/2012

Bravo Grégoire, encore une fois.

Par ailleurs, le commentaire de Julien Cart est d'une affligeante vacuité, en plus de tragiquement refléter le sectarisme de gauche genevoise. Et en matière de slogans verbeux et dépassés, celle-ci n'a rien à envier à personne.

Écrit par : Déblogueur | 23/03/2012

« ni de #gauche, ni de #droite », mais d'extrême droite, réactionnaire comme Nietzsche?

Écrit par : Johann | 24/03/2012

Vous avez de l'humour. Vous me pensez sincèrement d'extrême droite ?

Écrit par : Grégoire Barbey | 24/03/2012

Pour Adrien :
Dans ton magnifique article louant le clivage gauche-droite (oui j'exagère mais c'est voulu), tu places de nouveau les anarchiste à la gauche radicale. C'est une vision.

Mais j'ai envie de dire : si tu mets un groupe qui veut la liberté, donc aussi celle des idées, si tu le cantonnes dans un coin d'un échiquier prédéfini, alors désolé mais non... Parce qu'alors, ceux qui trouveraient qu'une idée venu de l'UDC est bonne seraient de faux anars ? Merci bien.
Franchement, fait gaffe avec ce clivage ! Parce que, tu as beau dire qu'il est, mais à cause de lui, tu as perdu ton amitié avec Grégoire, et vous deux et Julien n'avez pas arrêté de vous envoyer des insultes. Génial, le gouffre gauche-droite, à cause de lui tu as perdu deux amis.
Et si pour comprendre le clivage gauche-droite, tu te cites toi-même... Pas beaucoup mieux, il y a peut-être d'autres sources. Si tu es tant révolutionnaire que cela, alors pourquoi accepter ce que le système a posé ?

Sinon, Grégoire (ben je me dois quand même dire dire un mot), ben... euh... que dire ? Ben il est cool ton article ! Même si je ne comprends pas ton entrée dans un parti, mais chacun ses choix.

Écrit par : Daniel | 25/03/2012

Une idée s'ancre dans des positions idéologiques qui ne viennent pas de nulle part, mais qui ont des sources dans tels ou tels mouvements de pensée. Il n'y a que M. Barbey pour penser pouvoir s'extraire des socles idéologiques d'où elles émanent, en ayant la prétention qu'il y aurait des idées qui existeraient en soi : danger d'une telle idéologie, nous faire croire que ses idées sont nouvelles, atemporelles, hors de tout contexte idéologique, pour mieux nous tromper. Mais fort heureusement cet argument, à part son aspect pertinent pour le marketing à court terme, n'attirera pas longtemps les foules qui, elles, comprennent que les luttes se forgent dans les rapports de force, et non dans des positions "centristes" qui "profitent à chacun d'entre nous" parce que catégoriser "c'est mal". Rendez-vous chez les dauphins avec G. Barbey, il était une fois le petit Barbey dans la prairie, bref, il y a des titres de films à trouver au moins grâce au nouveau trip de Grégoire qui semble avoir trouvé une famille politique assez conciliatrice pour lui passer ses petits caprices.

Écrit par : Julien Cart | 25/03/2012

"Vous me pensez sincèrement d'extrême droite ?"

Je ne pense rien. J'observe. Et votre dernier billet, c'est à droite toute!


"Si tu es tant révolutionnaire que cela, alors pourquoi accepter ce que le système a posé ?"

Parce que la révolution ne se décrète pas. Le capitalisme ne peut fonctionner qu'avec des ressources illimitées. Et comme les ressources ne sont pas illimitées, tôt ou tard il entrera dans une crise par rapport à laquelle l'actuelle crise n'est que roupie de sansonnet. Il est vrai que le capitalisme pourra se sauver par une nouvelle guerre mondiale et l'élimination de millions, voire de milliards d'êtres humains. Ou par le déclenchement d'une épidémie savamment préparée dans les laboratoires type P4.

Pour vous instruire et comprendre ce qui est révolutionnaire ou pas, vous devriez lire les textes de Robespierre et de Marat. Entre autres.

Écrit par : Johann | 25/03/2012

Pour Johann : je ne vous parlais pas, mais bon. Je sais très bien comment fonctionne le capitalisme, vous ne m'apprenez rien ici. Mais vous, vous préféreriez attendre d'être dans le gouffre avant d'agir, si j'ai bien compris ? Et la Troisième Guerre mondiale viendra, elle viendra...

Pour comprendre ce qui est révolutionnaire ou pas, autant faire la réflexion moi-même. Je peux sans autre lire Marat et Robespierre, mais je ne boirai en aucun cas leur paroles.
Pour comprendre ce qui est révolutionnaire, autant en avoir l'expérience.

Écrit par : Daniel | 26/03/2012

"Pour vous instruire et comprendre ce qui est révolutionnaire ou pas, vous devriez lire les textes de Robespierre et de Marat. Entre autres."

Ces terroristes sanguinaires qui courraient après les "contre-révolutionnaires" pour leur couper la tête ? Non, ce ne sont pas des révolutionnaires, mais de simples criminels !

Écrit par : Roby | 26/03/2012

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