Gregoire Barbey

23/03/2012

De notre humanité

 

Il ne faut pas craindre son humanité.

Ni de dévoiler ses émotions, ni de reconnaître ses faiblesses. La perfection n'est donnée à personne, et c'est tant mieux. De l'imperfection de notre être, nous créons, nous vivons et nous exultons le plus merveilleux des Arts. Il serait fâcheux de n'en plus vouloir, de s'en départir. Eh ! Quel être humain serait suffisamment prétentieux pour ne désirer point s'épancher dans la gestation d'un art qui lui est propre ? Il faut garder à cœur que nous sommes des êtres en devenir, la finitude est étrangère à notre ontologie. Il faut se surpasser, à chaque instant, et aller toujours de l'avant. Nous nous épanouissons dans l'action, tout autant que dans la réflexion. Ne sombrons pas dans le piège qui nous est tendu, celui de nous définir uniquement par nos actes. De grâce, nous sommes plus vastes, compliqués et merveilleux que peuvent en témoigner nos faites et gestes.

Ne craignons pas d'être ce que nous sommes, ni de nous réaliser dans la construction de nous-mêmes. Œuvrons, si possible, pour être exactement ce que nous sommes, sans la crainte de vouloir-être, ou de devenir ce qu'autrui veut que nous soyons. De l'être ou du néant, je choisis d'être.

La grandeur n'est qu'une image. Ce qui importe n'est pas la taille de notre ego, mais le bien-être qui nous lie, de l'âme au matériel, du métaphysique à la physique, de l'abstrait au concret, et qui nous épanouit dans la transversalité de notre faculté de vivre.

Nos choix, nous devons les assumer, et être en mesure de les justifier, non en s'offrant l'armure d'un soldat d'acier, mais en acceptant toujours que se tromper fait partie du jeu et que le reconnaître, c'est faire avancer l'humanité.

L'honnêteté intellectuelle est le propre d'un humanisme pleinement vécu.

Écoutons-nous et faisons tomber les masques.

Vivons ad vitam æternam, dans l'infinie spirale du devenir plutôt que du pouvoir. Gardons-nous d'exister ad nauseam. Réalisons-nous.

 

Grégoire Barbey

14:11 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : réflexion, humanité, humanisme, réaliser, devenir, être, ontologie |  Facebook | | | |

Commentaires

Bravo. Excellent billet. Etant sans doute beaucoup plus vieux que vous, ne serait-ce qu'en années, je confirme que la spirale "du devenir plutôt que du pouvoir" est saine et vitale. A l'inverse, celle du pouvoir est aspirante (vers le bas) et toxique.

Écrit par : Déblogueur | 23/03/2012

Grand merci à vous, Déblogueur.

Écrit par : Grégoire Barbey | 23/03/2012

Fromm dénonçait la confusion entre avoir et être. Vous vous placez, me semble-t-il dans la même ligne de pensée, qui exige que le vrai fonde un efficace de valeur.
Cela revient à s'interroger sur l'importance et les places relatives de savoir et du pouvoir. J'entends, bien sûr, un savoir non dogmatique, critique et prêt à renoncer à l'acquisition et l'exercice d'un pouvoir qui n'a d'autre fin que lui-même et le maintien d'un système de domination.

Écrit par : Mère-Grand | 25/03/2012

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