Gregoire Barbey

26/03/2012

« Cachez-moi cette misère que je ne saurais voir ! »

 

À Genève, il ne faut pas avoir l'air d'un miséreux. Le Peuple et les édiles politiques n'aiment pas cela. Dans une ville internationale, où d'importantes personnalités viennent des quatre coins du monde, il serait indécent d'y trouver des pauvres ou des clandestins. Ainsi, il vaut mieux donner le change. Stigmatiser les étrangers, les roms, les frontaliers et les « assistés ».

Remarquons que ce sont toujours celles et ceux qui ont réussi socialement qui tiennent des discours extrêmes sur l'assistanat et les populations marginalisées. Il ne doit pas y avoir de personnes au crochet de l'État, tel est leur credo. C'est évident, tout le monde peut travailler...

C'est ce manque d'humanité qui caractérise la Cité de Calvin. Se montrer insensible est devenu une culture propre à Genève. Les gros titres de nos médias locaux en témoignent. Bien sûr, étaler sa richesse est plus « fashion » que de fouiller les poubelles. Pourtant, ils sont nombreux à devoir le faire, et personne ne s'en indigne, ni n'agit.

Nos concitoyen-ne-s ont élevé en verset biblique cet impératif :
« Cachez-moi cette misère que je ne saurais voir ! »

Triste constat, dans une ville où sont réunis les plus grands trusts de par le monde.

Le traditionalisme occidental dans toute sa splendeur.

Eh bien, sachez que je le vomis.

 

Grégoire Barbey

10:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : indécent, pauvreté, misère, trusts, finance |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.