Gregoire Barbey

29/03/2012

Dans les cordes, 28.03.12 : Maudet l'ectoplasme, signé Charles Poncet

 

En ce mercredi 28 mars 2012, Charles Poncet était l'invité de l'émission Leman Bleu « Dans les cordes ».

Pour lui, le PLR, c'est comme la fable de La Fontaine : « je suis oiseau, voyez mes ailes, je suis souris, vive les rats », dit la chauve-souris.

Voilà son opinion du candidat à l'élection partielle du 17 juin prochain, qui, rappelons-le, représente les couleurs du parti de monsieur Poncet :

« Pierre Maudet est un politicien ectoplasmique, c'est-à-dire qu'il n'a d'idéologie que de se faire élire. »

« Il me fait penser à cette boutade d'Edgar Faure : ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent qui change. »

Là, l'avocat libéral enfonce définitivement le clou pour terminer le cercueil de son collègue radical. Propre en ordre, Poncet rappelle sans détour à Maudet son changement de cap par rapport à l'UDC, ce même parti sur lequel il « a vomi » tout son fiel, pour reprendre la formulation chère à Céline Amaudruz.

Notons, entre parenthèses, que l'invité de Décaillet lâche à son intention des propos que le blogueur de la Tribune de Genève devrait se remémorer : « tout flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute ».

À la question : « pour qui allez-vous voter ? », Poncet répond : « je préfère avoir une femme de gauche, droite dans ses bottes, (...) je préfère avoir des gens qui ont des idées arrêtées, qui sont fermes, qui sont solides, avec qui on peut discuter, que soit un rigolo, monsieur Stauffer me le pardonnera, soit un ectoplasme et monsieur Maudet ne me le pardonnera pas. Alors je voterai pour Anne Emery-Torracinta. »

Saluons ici l'honnêteté de Charles Poncet, qui a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Ce courage n'est malheureusement pas la qualité de son parti.

Gageons qu'avec cela, notre bon Maire de la Ville de Genève pourra mettre de l'eau dans son vin, et qu'à l'heure où j'écris ces quelques lignes, son sourire narquois et complaisant a dû se teinter de jaune...

 

Grégoire Barbey

08:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : charles poncet, avocat, plr, ps, anne emery-torracinta, pierre maudet |  Facebook | | | |

28/03/2012

Le déclin du PLR est irrémédiablement programmé, songeons à l'avenir

 

Le 27 mars 2012, le Président du Parti Libéral-Radical Alain-Dominique Mauris s'est fendu d'un communiqué de presse en réaction à l'alliance consentie entre l'UDC et le MCG.

Ce même parti qui réclame sur un ton Grand Seigneur le siège qu'il a perdu, et qui vante à tort et à travers la nécessité absolue de l'Entente, n'hésite pas à employer les plus viles stratégies électoralistes pour parvenir à ses fins, à savoir un « soutien à la majorité de droite au Conseil d’État ». Comprenez ici : afin que le PLR garde son hégémonie cantonale.

C'est donc, une fois de plus, des tentatives d'alliance infructueuses qui poussent le PLR à s'exposer publiquement et dévoiler ses stratagèmes. Genève ne compte pas. Le seul désir de ce parti en déclin est de pouvoir aligner son jeune champion, Pierre Maudet, pour conserver tant bien que mal un règne qui s'essouffle et peine à se renouveler.

À nouveau, de la même manière qu'après l'annonce de la candidature du Vert'Libéral Laurent Seydoux à l'élection partielle du 17 juin, les vieux dinosaures libéraux-radicaux nous illustrent leur médiocrité par un communiqué cinglant d'incompétence et de traîtrise dont eux seuls ont le secret.

Il ne faut pas se méprendre, la tactique est claire, et si Maudet échoue à son élection, le PLR accusera tous ceux qui ne l'auront pas soutenu d'être responsables de son échec.

Espérons que le PDC, un parti qui mérite une considération beaucoup plus positive que son allié de l'Entente, ne restera pas les bras croisés pendant que certains poignardent le dos de ses membres, à seules fins électorales.

Je le dis, l'Entente entre le PDC et le PLR doit maintenant cesser. Il faut reconsidérer les forces en place et transférer la gouvernance vers une véritable politique centriste. Le PDC pourra, avec patience, considérer l'intérêt d'une alliance future avec les Vert'Libéraux (PVL), qui ne sera pas possible avant que l'Entente dans sa programmation actuelle, si souvent bafouée, n'ait été dissoute.

Œuvrons pour Genève, pour le Peuple, non pas pour des intérêts obscurs qui ne flattent que quelques particuliers.

L'avenir de la politique et de la Suisse est dans la rétro-innovation des comportements qui ont fait la grandeur et la stabilité (toute relative évidemment) de notre pays confédéré.

Rétro-innovation : récupérons ce qui fit la cohésion politique de notre pays, au détriment des récentes formes qu'ont prises certains de nos partis traditionalistes. L'électorat à tout prix n'est pas viable dans une structure politique fédéraliste.
Dans un contexte semblable à la démocratie française, c'est évidemment une stratégie qui, quand bien même elle est discutable, favorise nettement celles et ceux qui y ont recours. Toutefois, il ne faut pas confondre deux situations politico-structurelles différentes sur tous les points, ou presque.
La convergence de nos similitudes est presque inexistante. Ne nous leurrons pas. Agissons pour la politique de notre pays.

À bon entendeur.

 

Grégoire Barbey

20:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : plr, pierre maudet, alain-dominique mauris, communiqué de presse, déclin, entente, pdc, pvl |  Facebook | | | |

Le mariage de l'UDC et du MCG, caricature de La Fontaine

Le mariage de l'UDC et du MCG*

Avant hier,
Éric Stauffer
Lissait ses vices,
Se mirant et s’admirant,
Tel Narcisse,
Dans l’eau flatteuse d’un étang.

Dans le reflet du miroir,
Dame Amaudruz allait chantant
En agitant sa pauvre poire
Nonchalamment.

Cupidon passait céans
Ayant fort mauvaise mine.
Poussé par une humeur chagrine,
(Une vilaine rage de dents!)
Il voulut que sa flèche aille
Transpercer à la fois le cœur
De la dame aux mille détails
Et de notre mignon vengeur.

Aussitôt à la folie ils s’aiment
Et veulent devenir amants
Réalisant dans l’instant même
Qu’ils ont chacun leur élément.

C’est bien connu le populiste
A peur des évangélistes !
Pourtant, tout de courage,
Il tourne la page,
Pour honorer sa belle élue.
Las! Ses efforts sont superflus,
Et sans avoir pu consommer,
Le poids de tous ses vices,
A tôt fait de l’entraîner
Dans les Abysses.

Dame Amaudrz, qui ne prononce
Jamais un mot de trop,
En silence le remonte
À la surface, où Éric, dans ses sabots,
Boit sa honte mais ne renonce:
Il faudra bien qu’il la monte!

C’est bien aussi dans les idées
De la belle admirée,
Qui sur la verge d’un bond se hisse;
Notre bougre veut faire l’amant
Mais sur le bleu ses assauts glissent
Infiniment;
Bientôt notre pauvre présidente
Vient à manquer d’esprit. Elle suffoque,
L’heure de la retraite sonne;
Foin d’amours loufoques!
D’un coup de rein elle rejoint
Son univers ethnique,
Laissant sur le bord son poupin
Avec sa trique!

Voici pourquoi fut aussi triste
Le mariage de l'UDC et du MCG
Tout cela à cause d’un malaimé
Qui avait peur du dentiste.

Librement adapté de la célèbre fable « le mariage de la carpe et du lapin », de Jean de La Fontaine

Grégoire Barbey

15:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Éric stauffer, céline amaudruz, mcg, udc, mariage, alliance |  Facebook | | | |

26/03/2012

Élection partielle : la brute, le truand, l'inattendu, l'insoupçonnée et Monsieur l'Arbitre !

 

Cette élection partielle est pour le moins haute en couleur.

Il y a la brute (Éric Stauffer), le truand (Pierre Maudet), l'inattendu (Laurent Seydoux) et l'insoupçonnée (Anne Emery-Torracinta).

Cela promet une confrontation pleine de rebondissements et d'impensables tours de passe-passe dont seuls nos représentants politiques ont le secret. À Genève, la lutte sera ardue, et personne ne se fera de cadeau. N'oublions pas Monsieur l'Arbitre, le moins neutre des journalistes mais le plus indépendant des politiciens, j'ai nommé Pascal Décaillet. Lui qui, contrarié par la désignation d'Anne Emery-Torracinta, a déjà vomi tout son fiel au travers d'un article peu représentatif du métier journalistique, n'aura de cesse de commenter cette partielle !

Comme le Candide de Voltaire, peut-être Pascal découvrira que tout n'est pas bien dans le meilleur des mondes. Souhaitons-lui de s'en rendre compte rapidement. En attendant, celui-ci se plaît à se travestir en Pangloss, professeur de métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie.

Évidemment, nous en aurons pour notre argent, nous pauvres fidèles, celui que nous dépensons quotidiennement en de lourdes taxes prélevées sur nos propres achats.

Peu importe le résultat de cette élection, le citoyen lambda finira cul et chemise !

 

Grégoire Barbey

« Cachez-moi cette misère que je ne saurais voir ! »

 

À Genève, il ne faut pas avoir l'air d'un miséreux. Le Peuple et les édiles politiques n'aiment pas cela. Dans une ville internationale, où d'importantes personnalités viennent des quatre coins du monde, il serait indécent d'y trouver des pauvres ou des clandestins. Ainsi, il vaut mieux donner le change. Stigmatiser les étrangers, les roms, les frontaliers et les « assistés ».

Remarquons que ce sont toujours celles et ceux qui ont réussi socialement qui tiennent des discours extrêmes sur l'assistanat et les populations marginalisées. Il ne doit pas y avoir de personnes au crochet de l'État, tel est leur credo. C'est évident, tout le monde peut travailler...

C'est ce manque d'humanité qui caractérise la Cité de Calvin. Se montrer insensible est devenu une culture propre à Genève. Les gros titres de nos médias locaux en témoignent. Bien sûr, étaler sa richesse est plus « fashion » que de fouiller les poubelles. Pourtant, ils sont nombreux à devoir le faire, et personne ne s'en indigne, ni n'agit.

Nos concitoyen-ne-s ont élevé en verset biblique cet impératif :
« Cachez-moi cette misère que je ne saurais voir ! »

Triste constat, dans une ville où sont réunis les plus grands trusts de par le monde.

Le traditionalisme occidental dans toute sa splendeur.

Eh bien, sachez que je le vomis.

 

Grégoire Barbey

10:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : indécent, pauvreté, misère, trusts, finance |  Facebook | | | |

25/03/2012

L'erreur stratégique de la droite

De mon point de vue, le PLR fait une erreur stratégique. Plutôt que de vouloir l'hégémonie lors de cette élection partielle, ses membres devraient songer à l'avenir. Cette élection est une occasion rêvée pour que les partis de droite puissent se compter parmi et se souder. Chacun d'entre eux devraient présenter un candidat, réaliser une campagne enthousiaste et enfin proposer en 2013, lors des réélections pour le Conseil d'État, une liste avec quatre ou cinq personnalités fortes et reconnues après avoir procédé à des alliances négociées et surtout réfléchies. Aujourd'hui, le Parti Libéral-Radical ne représente plus 43%, et l'arrogance avec laquelle il conçoit la collaboration n'est plus viable ni souhaitable dans une démocratie « horizontalisée ». Il est grand temps de reconsidérer la situation de la droite politique genevoise.

 

Grégoire Barbey

14:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : plr, élection partielle, erreur, stratégie, souder, unifier |  Facebook | | | |

23/03/2012

De notre humanité

 

Il ne faut pas craindre son humanité.

Ni de dévoiler ses émotions, ni de reconnaître ses faiblesses. La perfection n'est donnée à personne, et c'est tant mieux. De l'imperfection de notre être, nous créons, nous vivons et nous exultons le plus merveilleux des Arts. Il serait fâcheux de n'en plus vouloir, de s'en départir. Eh ! Quel être humain serait suffisamment prétentieux pour ne désirer point s'épancher dans la gestation d'un art qui lui est propre ? Il faut garder à cœur que nous sommes des êtres en devenir, la finitude est étrangère à notre ontologie. Il faut se surpasser, à chaque instant, et aller toujours de l'avant. Nous nous épanouissons dans l'action, tout autant que dans la réflexion. Ne sombrons pas dans le piège qui nous est tendu, celui de nous définir uniquement par nos actes. De grâce, nous sommes plus vastes, compliqués et merveilleux que peuvent en témoigner nos faites et gestes.

Ne craignons pas d'être ce que nous sommes, ni de nous réaliser dans la construction de nous-mêmes. Œuvrons, si possible, pour être exactement ce que nous sommes, sans la crainte de vouloir-être, ou de devenir ce qu'autrui veut que nous soyons. De l'être ou du néant, je choisis d'être.

La grandeur n'est qu'une image. Ce qui importe n'est pas la taille de notre ego, mais le bien-être qui nous lie, de l'âme au matériel, du métaphysique à la physique, de l'abstrait au concret, et qui nous épanouit dans la transversalité de notre faculté de vivre.

Nos choix, nous devons les assumer, et être en mesure de les justifier, non en s'offrant l'armure d'un soldat d'acier, mais en acceptant toujours que se tromper fait partie du jeu et que le reconnaître, c'est faire avancer l'humanité.

L'honnêteté intellectuelle est le propre d'un humanisme pleinement vécu.

Écoutons-nous et faisons tomber les masques.

Vivons ad vitam æternam, dans l'infinie spirale du devenir plutôt que du pouvoir. Gardons-nous d'exister ad nauseam. Réalisons-nous.

 

Grégoire Barbey

14:11 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : réflexion, humanité, humanisme, réaliser, devenir, être, ontologie |  Facebook | | | |

22/03/2012

De gauche ET de droite

 

La politique genevoise, en l'état actuel, promulgue davantage des confrontations clivées que des solutions multiples. Il y a cet éternel combat, que mènent certains partis de droite, de s'allier non pas pour offrir une amélioration qualitative et quantitative aux citoyens, mais uniquement pour s'opposer à la gauche. Et vice versa, bien évidemment.

C'est cette attitude stérile qui conduit notre République à faire la une de journaux satyriques alémaniques de mauvais goût. Les Genferei sont un exemple criant de ce climat délétère dans lequel évolue notre population.

Les débats d'idée ne sont plus à l'ordre du jour. Non, il est plus calviniste de se tirer dans les pattes sans même penser à s'écouter mutuellement que de se témoigner un véritable respect. C'est « fashion ». C'est dans l'air du Temps. Toutefois, cela n'amène rien de positif.

Il faut, je le crois sincèrement, cesser ces vieilles querelles, et se mettre à table, toutes et tous, pour trouver des convergences, là où certains ne voient que des différences !

Lorsqu'une motion passe, il serait judicieux de ne pas se bloquer dans la contestation idéologique.

Les solutions, les vraies, ne comportent aucun clivage. Au contraire, elles doivent annihiler le dogmatisme que peuvent alimenter les plus belles idéologies.

Je désire m'engager pour une politique fédéraliste, une politique de gauche et de droite, une politique qui réunit les êtres humains autour d'une même table, d'un projet commun. Je veux bâtir.

Le fédéralisme suisse n'est pas né dans l'affrontement perpétuel. Il a offert aux différents acteurs de la scène politique une opportunité de se retrouver toutes et tous, ensemble, pour construire.

Nul doute qu'il faut parfois savoir dire « non ». S'opposer est une sainte réaction, je le pense.

Mais, de grâce, un peu de nuance ! Ni la droite, ni la gauche n'ont l'apanage de la justesse.

Il ne faut pas se détester. Donnons-nous la main, offrons à nos semblables des idées qui percutent, qui rassurent et qui fonctionnent. Cessons d'alimenter, d'un côté comme de l'autre, les peurs les plus primitives.

Mettons un terme à l'électoralisme marketing. Ayons à cœur de nous soutenir, même dans l'adversité ou le désaccord.

Le manichéisme est révolu. Rien n'est blanc ou noir. Il existe autant de nuance de gris qu'il y a d'êtres humains. Il ne tient qu'à nous d'en faire un tableau artistique.

La constellation des idées qui bâtit notre République ne doit pas être oubliée à des profits électoraux. Hommes et femmes du Peuple, écoutez-le !

Alors, pour celles et ceux qui ne l'ont pas encore compris, je ne suis pas « ni de gauche, ni de droite », au contraire : je suis de gauche ET de droite.

Et ainsi des projets naîtront.

Déconstruire sans jamais oublier d'ouvrir les deux mains pour mieux rebâtir...

 

Grégoire Barbey

14:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : gauche, droite, clivage, réflexion, politique, république, fédéralisme |  Facebook | | | |

Sur l'Amour

 

Qu'est-ce qu'aimer ? Cette question est intimement liée à mon expérience personnelle. Je m'interroge régulièrement à ce sujet, sans nécessairement n'avoir jamais trouvé réponse satisfaisante. Je ne suis d'ailleurs pas convaincu qu'il y ait une seule manière d'exercer ce que je nommerai l'Art d'aimer.

Néanmoins, j'en suis arrivé à une certaine étape de ma réflexion – ou de mes pérégrinations intellectuelles. Bien souvent, je me suis simplement positionné en observateur de ceux qui s'aiment. Il est toujours plus aisé de prendre du recul sur ce que nous analysons. Or, j'ai constaté à de multiples reprises, pour l'avoir vu et vécu, que l'amour peut apporter la discorde dans les relations humaines, et son lot de fléaux. Les êtres humains, et j'en fais partie, ont souvent tendance à associer amour et possession. Ce cocktail est par essence voué à l'autodestruction. L'amour peut être métaphoriquement comparée à une montagne. Vouloir posséder, c'est risquer l'érosion des roches qui la fondent. Je pense, avec humilité, qu'un amour sain doit être libéré de la dévoration et de l'appropriation. Le désir, qui est un fondement de l'amour, est un langage sans mot. Il n'est cependant pas une justification suffisante pour aspirer à la propriété de ce qui est désiré.

Aimer, ce n'est pas avoir, ni contrôler. Il a besoin d'être détaché – et par détachement je n'entends pas qu'il ne doit pas être pleinement vécu – pour offrir à l'Autre, à l'être aimé, toute l'indépendance à laquelle il a le droit. Je conçois l'amour comme un défi, celui de pouvoir accepter de n'être pas la seule source d'épanouissement de celui ou celle qui est la cible de ce puissant sentiment. Accepter l'être dans son ontologie et dans sa spiritualité. Aucun corps ne peut ni ne doit être soumis à une quelconque propriété. Le mythe de l'amour possessif, je n'y crois guère. La faculté d'aimer, c'est de pouvoir profiter de la personne qui égaie, amplifie, crée cet affect, sans pour autant l'emmurer dans les douves d'un château immensément vaste. La liberté de mouvement, pour moi, peut s'accompagner de l'amour. Pouvoir dire « je t'aime, mais tu ne m'appartiens pas » est probablement la plus belle preuve d'amour qui soit. Encore faut-il y donner du sens. Aucun être ne peut se laisser passer les chaînes aux poignets sans vouloir, à un moment donné, les briser, ne serait-ce que l'espace d'un instant. Pourquoi aliéner le corps à l'amour ? Je suis persuadé – avec des réserves, comme à mon habitude – qu'aimer ainsi conduit au bonheur et à l'épanouissement. Ne pas souffrir, ni de la dévoration, ni de la détestation, qui sont si communément liées à l'amour.

Je me souviens de ces vers écrits par Baudelaire :

« Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer ?

Maudit soit à jamais le rêveur inutile

Qui voulu le premier dans sa stupidité,

S'éprenant d'un problème insoluble et stérile

Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté ;

Celui qui veut unir dans un accord mystique

L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,

Ne chauffera jamais son corps paralytique

À ce rouge soleil que l'on nomme l'amour. »

Aimer ne doit pas être un diktat. Il lui faut être libre. Un amour emprunt de possessivité n'est finalement rien d'autre qu'un travestissement de l'amour-propre. Un narcissisme infini de l'ego démesuré qui veut avoir l'Autre pour son intérêt. C'est sûrement dans un sentiment amoureux détaché que peut naître les plus belles histoires, et de merveilleuses complicités. Un partage sans tabou. Un respect sans compromission, sans aliénation.

Aimer l'Autre pour ce qu'il est, dans son être, dans sa beauté toute entière, et non pas pour en faire un trophée personnel.

Je réalise qu'il m'est profondément agréable, aujourd'hui, d'être en mesure de dire : « je t'aime ab imo pectore mais j'érige ta liberté en principe fondamental de cet amour qui coule dans mes veines ». Ainsi, je me libère des tourments de l'âme prisonnière de son propre désir. Je vis ma relation, pour ce que l'Autre m'offre, pour ce qu'il est, et non pas pour une illusion métaphysique qui flatte ma personne au détriment du reste.

« Hyppolyte, cher cœur, que dis-tu de ces choses,

Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir

L’holocauste sacré de tes premières roses

Au souffle violent que pourrait les flétrir ? »

Aimer est un Art. Le plus beau.

 

Grégoire Barbey

02:07 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : réflexion, amour, détachement, possessivité, liberté, épanouissement, respect, désir |  Facebook | | | |

21/03/2012

L'action responsable : la liste du PLR avant l'heure ?

Le dépôt des listes pour la campagne en vue de l'élection partielle du 17 juin est ouvert depuis le 19 mars. La première liste : l'action responsable. Ce slogan est celui de Pierre Maudet. Or celui-ci n'a pas encore été officiellement désigné par son parti, puisque l'assemblée générale a lieu ce soir, mercredi 21 mars. Le candidat du PLR serait-il à ce point sûr de lui ? À vérifier.

Et nous verrons également le nombre de slogans lobbyistes qui viendront s'ajouter à ces listes électorales.

Grégoire Barbey

19:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : maudet, plr, liste, campagne, élection partielle du 17 juin |  Facebook | | | |