Gregoire Barbey

04/04/2012

La manchette du Matin : honteux !

 

Aujourd'hui, j'ai lu par malheur la triste manchette du quotidien Le Matin. « Un transsexuel veut devenir Miss Univers. »

En quoi cette information est-elle capitale ? Pourquoi la mettre en valeur à ce point ?

Où débute le journalisme et où finit-il ? Est-ce acceptable de discriminer ainsi une proportion de la population, même « infime » ?

Je ne connais personnellement aucun-e transsexuel-le. Mais il ne me viendrait pas à l'idée de pointer du doigt le choix, individuel, qui revient à tout un chacun d'être en mesure de changer de sexe. Pourquoi rendre sa décision publique et en faire la Une ? Je ne comprends vraiment pas. J'exècre ce journalisme abrutissant. Il ne s'agit pas d'un métier, dans ce domaine, mais d'une nuisance. C'est une forme d'intolérance et de ségrégation des plus malsaines. Cette attitude est hautement révélatrice de la déontologie de certains médias. Que quelqu'un veuille être Miss Univers, ça nous fait une belle jambe. Et qu'il ou elle ait changé de sexe ne nous regarde en rien. Dans quel but utiliser cette information ? Afin de catégoriser celles et ceux qui font ce choix, sûrement très difficile dans une société où les médias peuvent parfois être aussi cruels et stupides ?

Sincèrement, aiguillez-moi sur une piste de réflexion décente, c'est à n'y rien comprendre. Et ça vend des journaux ?

 

Grégoire Barbey

19:28 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : honte, scandale, journalisme, déontologie |  Facebook | | | |

Commentaires

Bin une femme veut devenir miss U. Pathétique et respectable, de gauche à droite, de haut en bas, par devant et par derriere.

Écrit par : Vero | 04/04/2012

J'apprécie votre indignation au sujet de cette manchette.
Actuellement, les manchettes cherchent à attirer l'attention par de l'immédiat dans sa nouveauté. Or l'essentiel est ce qui dure, ce qui devrait primer. Pour cela, il ne faut pas rester en périphérie des éléments. Notre ère veut qu'on soit pressé, efficace en actions et non en réflexions. Il n'y a qu'à voir tous les slogans pour attirer des voix aux élections ou pour vendre un produit.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 04/04/2012

Et pis quoi? On développe, on analyse, on SYNTHÉTISE!!

Écrit par : Vero | 04/04/2012

Mais n'était-ce pas la publicité que cette personne cherchait? Pour sa cause et pour elle-même? Et n'est-ce pas ce que recherchent toutes les candidates au titre? De quel droit l'en priver?
P.S. Je pense que, pour cette fois-ci, votre indignation est mal placée.

Écrit par : Mère-Grand | 05/04/2012

Rien d'affolant, juste la normalité. Une ère de décadence qui préfère faire la lumière sur des événements sans importance.
L'information est insolite et pousse à la curiosité. Car malhereusement le petit africains ou autres qui meurt de faim ou de soif, il faut le dire, n'intéresse personne. Sauf à Noël ou pendant une catastrophe type tremblement de terre.

Mais il faut croire que les gens aiment puisqu'ils achètent alors comme d'habitude, "show must go on"

P.S. aucun besoin d'éclaircissement vous venez juste de vous réveiller dans cette douce matrice. Ce n'est que le début, bienvenu jeune homme ;-)

Écrit par : plume noire | 05/04/2012

"Je pense que, pour cette fois-ci, votre indignation est mal placée."
J'entends par là que ce que vous désignez n'est qu'un épiphénomène qui inclut les concours de "beauté" eux-mêmes, tout ce qui les entoure ainsi que les motifs superficiels et profonds, les premiers relevant plutôt de l'économie de marché et les seconds du psychisme humain, qui les rendent possibles et même désirables pour nombre de femmes et d'hommes qui y participent en tant que "exhibitionnistes" ou "voyeurs" (pour utiliser des termes qui conviendraient à un procès moral(iste)).

Écrit par : Mère-Grand | 05/04/2012

Je pense que Gregoire s'en fout que le sujet soit relaté dans le matin. Mais il est scandalisé que ce sujet soit en manchette!
Habitué à la débilité du "Matin" je ne suis pas choqué. Je me dis juste que l'on doit avoir beaucoup de débile pour que ce journal fonctionne. Mais comme d'habitude il y en aura peu qui assumerons d'être bête.

Écrit par : plume noire | 05/04/2012

Pour être clair: Le Matin n'est PAS un journal. C'est de la soupe pour ignorant Romands, au même niveau qu'un 20 minutes ou autre journal Gratuit. Il est important de savoir que les personnes qui ''écrivent'' dans ce ''journal'' ne sont en aucun cas des journaliste.
Déjà dans le titre, on parle ''d'une personne transsexuelle'' Donc PAS ''D'UN TRANSSEXUEL''
Nous sommes en 2012, donc oui, se sont tout à fait des faits normaux, la société change, les gens s'adaptent, sauf Le Matin et son éternelle bigoterie.

Écrit par : David Dolley | 05/04/2012

Je suis étonné que D. Dolley qualifie les personnes qui écrivent dans Le Matin ne sont pas journaliste. Il faut croire qu'il lit aussi ce journal puisqu'il a un avis aussi tranché donc il est aussi ignorant !

Écrit par : Gedeon Teusmany | 05/04/2012

Traiter de torchons les journaux que l'on méprise personnellement ne sert à rien et peut représenter une forme de mépris envers beaucoup de gens. Car une grande partie de la culture populaire (j'utilise une définition anthropologique du terme, qui ne restreint pas son usage à la culture bourgeoise dominante ni à la culture des élites intellectuelles) est véhiculée par des formes méprisées et rejetées soit par ceux que je cite entre parenthèses, soit simplement par ceux qui ont vieilli et dont certains formes enthousiasmes de leur jeunesse sont devenus acceptables avec le temps.

Écrit par : Mère-Grand | 05/04/2012

" En quoi cette information est-elle capitale ? Pourquoi la mettre en valeur à ce point ? "

C'est le genre de réflexions que je me fait en voyant la plupart des manchettes du " Matin ". C'est généralement des infos misent en première ligne qui se retrouvent en fait divers sur " Le Temps ".

D.J

Écrit par : D.J | 05/04/2012

Oui la manchette du Matin est honteuse, mais ton billet de blog peut l'être aussi pour toute personne transidentitaire...

Qu'un fait de vie soit livré en pâture au public parce qu'une personne désire s'inscrire à un concours de beauté n'est pas juste désolant mais relève d'une infraction grave au respect de la sphère privée.

Qu'un organisateur se permette d'avoir un comportement discriminatoire en raison de chromosomes non conforme chez une femme, pour l'exclure de la compétition montre à quel point la société en général est mal informée et confond sexe et identité de genre ou pour être plus claire : chromosomes et sentiment d'appartenance sociale !

Que cette désinformation conduise à violer aussi bien les lois canadiennes que suisses sur le plan des articles protégeant les personnes des discriminations en raison de leur sexe, race, religion ou selon la formule suisse "mode de vie", ne choque personne...

Faut il vraiment que je parle de certains commentaires "live" sur le site du Matin ??? Oui, car certains contiennent des appels à la haine "raciale" (si tant est que l'on assimile le sexe à une race)et à la violence.

Tout ça, restant impunis, non censuré ; notamment en raison d'une législation inexistante et non désirée tant par le Conseil fédéral (voir la dernière réponse du Conseiller Burkhalter à un courrier du commissaire du conseil de l'Europe pour les droits humains)que par le parlement !!!

Tant que les paroles et écrits homophobes et transphobes ne seront pas bannis des propos publics, la communauté lGBT dans son ensemble aura bien des motifs de se sentir discriminée !

On ne s'aperçoit de l'importance des droits de l'Homme ou constitutionnels dans la vie de tous les jours qu'une fois que l'on s'en trouve privé !!!

Que dans ton billet, tu assimiles (même si tu le respectes) à un CHOIX, le besoin VISCERAL et non discutable d'une personne à changer de genre démontre clairement à mes yeux qu'il faut d'urgence qu'il faut que tu t'interroges d'urgence sur toi même. As-tu choisis ton identité de genre, as-tu choisi ton orientation sexuelle ???

Pourquoi cette "affaire" est-elle publiée dans les journaux ? Simplement que notre communauté LGBT s'est mobilisée pour faire fléchir l'organisateur du concours via les réseaux sociaux et que les journalistes en manque d'information sérieuse les fréquentent aussi... D'autre part, mettre une trans* en une fais vendre. Nous sommes tout à la fois désirées sexuellement et haïes pour cette même raison, donc nous faisons vendre...

Il serait temps de s'habituer à notre présence, il y a 1/1000 de personnes transidentitaires en Suisse, bien que généralement invisible, vous nous croisez tout les jours. Nous pratiquons dans tous les corps de métier !!!

C'est peut-être un ou une trans* qui aide vos grands-parents à l'EMS, qui publie tel ou tel livre ou a inventé tel programme informatique...

Alicia Parel
Co-présidente Transgender Network Switzerland
Secrétaire générale élue de Pink Cross

Écrit par : Alicia Parel | 06/04/2012

Pourquoi rendre sa décision publique et en faire la Une ? Pour faire de l'oseille, tout simplement.

Écrit par : produits gratuits | 09/04/2012

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