Gregoire Barbey

23/04/2012

Marine Le Pen, un résultat représentatif du malaise identitaire et culturel français

 

Les résultats des votations pour le premier tour de la présidentielle française ont, semble-t-il, étonné certains médias, qui ne s'attendaient pas à voir sortir Marine Le Pen avec un score aussi élevé (entre 18 et 20% des suffrages). Pour ma part, je ne suis aucunement surpris de ce chiffre. Il suffit de regarder les sujets traités par les médias audiovisuels pour s'apercevoir du malaise qui règne en France. Une crise identitaire et culturelle ? Avec des articles quotidiens sur l'Islam radical qui envahirait le pays des Droits de l'Homme, les « intellectuels » régulièrement appelés au front pour décrire les risques qu'encourt la France face à l'immigration, l'instrumentalisation de certains drames, ce n'est ni inquiétant ni surprenant que des électeurs votent pour celle qui se revendique comme étant la voix des français de souche. Ce qui devrait néanmoins inquiéter, c'est la propension qu'ont les médias français à jouer la carte de l'hypocrisie. Ils sont majoritairement responsables de la représentation que se font les françaises et les français des problèmes structurels et institutionnels de leur pays. Les médias sont, comme l'a très bien fait remarquer Noam Chomsky, un excellent outil de propagande, et les politiques l'ont bien évidemment compris et en usent sans vergogne.

Si aujourd'hui, la Présidente du Front National peut rassembler un cinquième des électeurs français autour d'un programme d'exclusion, il s'agit d'une conséquence directe de l'image transmise par les médias. Pour inverser cette tendance qui, tant que perdurera ce climat au sein de la presse et des organes d'information, ne cessera de croître et s'affirmer, il est essentiel d'interroger la responsabilité des médias dans le résultat de ces votations et plus précisément réfléchir sur leur rôle en tant que médiateur entre l'information et les citoyens.

Marine Le Pen a su surfer sur cette vague et en ressort plus forte. Elle sera, à l'avenir, une sérieuse concurrente pour les partis « modérés ». Ce qu'il faut, pour lutter contre l'extrémisme, c'est de mettre un terme à l'ignorance. Les réponses faciles, en Suisse comme ailleurs, ont toujours eu le vent en poupe. Mais dès que tombent leurs épouvantails, la mascarade cesse. Il faut redonner confiance aux électeurs, aux citoyens, et leur donner de véritables réponses, sans les prendre pour plus bêtes qu'ils ne le sont, et en leur témoignant également une confiance dans leur libre-arbitre et leur réflexion.

 

Grégoire Barbey

09:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, présidentielle, marine le pen, malaise, identité, sécurité, islam, racisme, exclusion |  Facebook | | | |

Commentaires

Je vous remercie pour cet article. Vous avez su exprimer en quelques lignes ce qui se passe de nos jours; Chapeau bas

Écrit par : Maldivitta | 23/04/2012

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