Gregoire Barbey

03/05/2012

Le débat Sarkozy - Hollande : le vainqueur importe peu

 

Hier soir s'est finalement déroulé le débat tant attendu. Deux adversaires, face à face, deux grands noms qui ne sont pas là par hasard. Je ne rentrerai pas dans des considérations subjectives pour savoir qui de Hollande ou de Sarkozy est sorti victorieux de cette joute verbale. En vérité, l'objectif était ailleurs. Les français, environ 20 millions selon les sondages, qui ont assisté en direct au débat ont pu saisir toute l'ampleur et la difficulté du choix qui sera le leur. Choisir, c'est renoncer. Il leur fallait donc savoir à quoi et à qui ils renonceraient en votant pour l'un plutôt que pour l'autre. Il y a toujours les plus convaincus, ceux qui votent pour une appartenance partisane plutôt qu'une personnalité, mais il y a les indécis et les pragmatiques. Ceux-ci auront eu loisir de se faire une meilleure idée.

 

Pour ma part, j'ai pu voir durant ce débat deux personnalités rompues à la politique, ce qui n'est guère surprenant. Mais surtout, j'ai vu un Nicolas Sarkozy harassé, fatigué, à bout de souffle même, qui n'a pas hésité à se victimiser, offrant à son adversaire l'opportunité de le lui faire remarquer. Un Président sortant qui, il faut l'admettre, n'a pas laissé passer une seule occasion pour s'attaquer à François Hollande. L'un comme l'autre ont réussi la démonstration qu'ils devaient produire à cette occasion, devant des millions de français. Savoir qui en ressort vainqueur est impossible à dire avec recul. Sarkozy a ce charisme qui a fait de lui l'homme politique qu'il est aujourd'hui, avec les défauts que comporte sa gestuelle et son comportement nerveux. Tandis que Hollande, moins théâtral, plus scolaire, semblait davantage honnête. Mais il n'est pas possible d'en dire plus. Sinon que chacun prêchait pour sa paroisse et qu'en pareille situation, le bilan d'un tel débat ne peut qu'être mitigé. Bien sûr, nous pourrons spéculer çà et là sur les éventuelles supériorités de l'un sur l'autre. Est-ce bien nécessaire ? Je n'en suis pas sûr. À mon sens, l'essentiel est la symbolique de cette bataille, de cette rencontre « au sommet ». Le reste, les français l'oublieront très vite. Moi aussi d'ailleurs.

Je me contenterai donc d'une considération : nous sommes loin de la superbe d'un débat Mitterrand – Giscard d'Estaing. Nous pourrions en tenir rigueur aux deux journalistes qui n'ont su animer la joute verbale avec la fermeté et l'impartialité qui s'imposent en semblables circonstances.

Néanmoins, les urnes répondront à nos interrogations, dès dimanche. Prenons le temps d'apprendre, de comprendre. Ce débat ne restera pas dans les annales, c'est une évidence. Il aura cependant permis à certains indécis de se décider, c'est ce que nous pouvons souhaiter de mieux. Pour le reste, c'est une affaire de perception et d'idéologie.

 

Grégoire Barbey

09:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : débat, présidentielle 2012, sarkozy, hollande, france, élections |  Facebook | | | |

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