Gregoire Barbey

29/05/2012

L'amour des mots

 

Chronique, 29.05.12 14h54

 

Les mots. Rien que les mots. Pour comprendre et décrire le monde. Pour s'élancer dans d'habiles réflexions, dans la construction d'une pensée structurée, pour convaincre, pour dépeindre et relater des faits, pour imaginer, inventer, créer et déconstruire, pour perfectionner ou tout détruire. Pour s'aimer ou se détester. S'accomplir ou se replier sur soi. Guérir ou alourdir les maux. Les mots, disait Nietzsche, sont des préjugés. L'évidence même de cette affirmation est bouleversante. Elle interroge. Un culot démesuré. Nous sommes un univers fait de mots. Nous en mettons sur tout et rien. C'est notre lien entre le spirituel et le physique. La métaphysique des mots, voilà ce que nous sommes en réalité. Nos fondations reposent sur le langage. Sans lui, nous végéterions. Nous ne serions en aucun cas les êtres évolués que les âges ont fait de nous. Mais plus que tout, nous ne verrions pas le monde de la même façon.

 

Les mots constituent notre rapport à ce que nous nommons, à tort probablement, le réel. En vérité, ils sont biaisés, car en prétendant décrire voire étiqueter une chose ou un être, ils font abstraction de son tout. Le vocabulaire renvoie à un imaginaire, un ensemble de signes et de représentations mentales. Qui peut affirmer que nous percevons, à travers le langage, la même définition du monde qu'un autre individu ? Personne ne le peut. À mon sens, nous sommes à nous seuls des myriades d'univers, aussi riches et diversifiés les uns des autres. Pourtant, les mots nous mettent d'accord, même lorsque naissent des désaccords. Non parce qu'ils ont raison ou tort. Non parce que nous les comprenons exactement de la même manière. Tout simplement parce qu'ils décrivent un élément, le façonnent, l'imaginent. L'étude des mots, domaine qui m'est partiellement étranger, doit être Ô combien passionnante. Comprendre le langage est essentiel pour plonger dans l'intimité intellectuelle de l'humanité.

 

Combien de mots mal interprétés ont changé le cours de l'Histoire ? Je me le demande. Qui sait si nous nous faisons entendre tel que nous le voulons ? Je ne sais même pas si le lecteur qui suit ces lignes sera en mesure d'arriver au même raisonnement que moi. C'est tout l'art de l'écriture. Son plus grand défi, aussi. Se faire comprendre, n'est-ce pas l'œuvre de toute une vie ? Écrire, c'est partager une intimité unique avec le langage. Nous pouvons, à travers une constellation de règles et de limites définies, repousser l'originalité. Les mots sont autant de combinaisons possibles qu'ils ont de significations. Ils ne sont pas que mots. Ils sont une musique, qui résonne à notre oreille, et en cela, leur agencement n'en est que plus délicat. Ils permettent de transmettre des messages et de nous faire rêver. L'art des mots, et l'amour qui en découle, est pour moi ce qu'il y a de plus curieux et merveilleux dans ce monde. J'aime la communication, l'inventivité qui va de pair avec l'utilisation de la langue. Je me prends souvent à écouter les mots, lors d'une conversation, et les voir s'imprimer en toutes lettres dans mes pensées. Quand bien même ils ne sont que des préjugés, les mots me transportent et m'interrogent. Ils m'intriguent et me passionnent. De l'orthographe à la calligraphie, en passant par les sons, ils sont d'infinies questions. Pourquoi ? Comment ? Je ne cesserai jamais d'aimer les mots. Et ils me le rendent bien !

 

Grégoire Barbey

 

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28/05/2012

Il y a ces soirs crépusculaires

Il y a ces soirs crépusculaires
Où se mêlent absence et silence
Où les maux épuisent les mots
Comme une lame plantée dans l'âme
Comme une volonté en putréfaction
Le soleil qui se couche à l'horizon
Sans promettre de ne jamais revenir
Et l'envie d'en faire autant
Partir loin, là où les rayons illuminent
Même les cœurs les plus sombres
Pour inonder les déshérités assoiffés
De l'écume des derniers adieux
S'en aller là où les paroles s'étouffent
Et les sourires se cristallisent
Parce qu'il y a de l'Espoir
Au-delà des cercueils de béton
Parce qu'il y a de l'Amour
Même par-delà l'espace et le temps
Parce que j'irai partout où tu iras.

Ce vide abyssal
Je le comblerai
Peut-être un jour.

28 mai 2012.

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25/05/2012

L'envers du justicier Poggia : des principes Mauro à géométrie variable

 

Chronique, 25.05.12 8h45

 

Mauro Poggia, conseiller national MCG et avocat au barreau de Genève, semble avoir la morale qui fluctue au gré de ses envies. En effet, dans la Tribune de Genève de ce jour, ses méthodes peuvent à juste titre être remises en question. Le célèbre politicien qui a construit sa renommée à travers son combat contre les assurances maladies a-t-il des choses à cacher ? C'est la question que peut légitimement se poser les lectrices et lecteurs du quotidien genevois. Si Poggia peut plaider ne pas connaître suffisamment bien la Loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d’habitation (LDTR), peut-il raisonnablement nier devoir s'informer, en tant qu'avocat, des lois qui régissent nos comportements ? Cet argument, de « bonne foi », me semble léger. Pour ne pas dire honteusement mensonger. De surcroît, la déontologie qui va de pair avec le métier qu'il exerce ne devrait-elle pas remettre en question la légitimité de son implication dans cette affaire familiale ? Je ne suis pas persuadé, mais je puis me tromper, que d'un point de vue émotionnel, la défense d'un proche soit la garantie d'un travail exemplaire en la matière.

 

Quelle fable inventera donc le conseiller national MCG pour se disculper de tous les doutes qui s'imposent dans cette sombre affaire ? À force de vouloir se donner une image de défenseur des opprimés, Monsieur Poggia en a oublié les bonnes manières. Et, avec cela, le respect de l'éthique et des lois. Pour un avocat, c'est fort de café.

 

Mise à jour : À la lumière de ces faits, j'ai redécouvert, grâce à un lecteur perspicace, les propos de Mauro Poggia, tenus sur mon propre blog. Le citer est donc de circonstance : « Pour ce qui est de mon programme, je propose, contrairement à certains, non des commentaires sur les actions d'autrui, mais des actes concrets, comme je le fais depuis 30 ans, en qualité d'avocat, au service, le plus souvent, des plus démunis. Ceux-là mêmes qui nourrissent les belles phrases sans lendemain d'une certaine classe politique bienpensante, à laquelle je me garderai bien de vous assimiler précipitamment. » Plus loin : « Je suis peut-être un idéaliste, mais l'on ne fait rien sans idéal. Je ne suis pas venu en politique pour me faire connaître ou pour faire carrière, mais bien parce que j'ai vu, en côtoyant les difficultés de mes clients, que les choses doivent changer. Je continuerai tant que je pourrai croire à ce que je fais, même si, malheureusement, la politique, plus encore que les autres secteurs de notre société, est tenue par des personnes pour qui il s'agit du seul moyen de réussir enfin quelque part. » Il a le sens de l'humour, ou alors ce n'est qu'un fieffé menteur. Au lecteur averti d'en juger. Vous pouvez retrouver ces commentaires sur cet article.

 

Grégoire Barbey

15:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (72) | Tags : politique, avocat, lois, déontologie, morale, corruption |  Facebook | | | |

Débat ouvert : faut-il plafonner les dépenses électorales des partis ?

 

Débat, 24.05.12 16h58

 

En Suisse, nous avons une loi fédérale sur la concurrence déloyale. Je m'interroge depuis quelque temps sur cette notion, et me demande si nous ne pourrions pas imaginer d'étendre ce concept aux dépenses effectuées par les partis lors de leurs différentes campagnes. En effet, un parti qui peut débourser plusieurs millions de francs pour une même campagne (Cf. L'UDC et le PLR lors des précédentes élections à l'Assemblée fédérale, environ 7 millions de francs chacun, contre 2,4 millions pour les Verts) sera à même d'élargir la portée et l'influence de son message, ce qui, évidemment, ne manquera pas d'augmenter son électorat. Bien sûr, il faudrait démontrer ceci avec des études approfondies, mais je ne doute pas que le bon sens donnera raison à ma suspicion.

 

Il m'apparaît essentiel de légiférer à ce sujet, et plafonner sur un montant maximal autorisé lors d'une campagne. Après m'être entretenu avec des personnes ayant des connaissances en la matière, je suis parvenu à ces chiffres, qui sont sujets à débat, cela va de soi.

  • Campagne au Conseil d'État : 50'000 CHF par candidat

  • Campagne pour les élections au Grand Conseil : 100'000 CHF pour la liste

  • Votations cantonales : 30'000 CHF

Ces montants sont des exemples et ne constituent en rien une affirmation définitive. Ils peuvent cependant permettre d'ouvrir le débat sur la question et ainsi offrir une piste de réflexion quant à la pertinence de cette proposition et à sa réalisation possible.

 

Ce qu'il faut admettre, c'est qu'en l'état actuel de notre système démocratique, les partis ne concourent pas à égalité des chances. Bien que je sois favorable à diverses formes de libéralisation, celle des dépenses financières lors de campagnes électorales ne m'inspirent guère, sinon un sentiment de non-respect des valeurs que portent une démocratie. Respecter le souverainisme du Peuple, c'est lui octroyer le libre-choix. Or, lorsqu'un parti peut financer des centaines d'affiches, de clips électoraux, de messages à travers divers médias (comme par exemple dans des lieux publics, à Genève nous pourrions mentionner les écrans qui diffusent, moyennant quelques deniers, de courtes séquences vidéos dans les Transports Publics Genevois) a, comme la logique le suggère, plus d'impact sur la réflexion d'un individu lambda. Occuper le terrain, c'est une nécessité qui a très bien été intégrée par nos femmes et hommes politiques. Cela s'appelle, plus crûment, de la propagande.

 

En théorie, libéraliser les dépenses peut sembler logique, voire naturel. Actuellement, c'est le cas. Pourtant, la libre-concurrence du marché, qui est la doctrine en vigueur, ne peut s'assimiler avec la politique. Ce n'est pas la même chose de vendre des produits et de transmettre des idées. Nous, citoyennes et citoyens, avons comme devoir de faire un choix. Celui-ci n'est en rien anodin, et peut être influencé par des facteurs externes. C'est pourquoi, à travers cet article, je plaide pour un plafonnement des partis, ceci afin de permettre une juste répartition des chances aux diverses factions politiques qui fondent, ensemble, la représentation du tissu idéologique de notre société. Un parti qui peut dépenser dix fois plus qu'un autre lors d'une élection verra, mathématiquement, sa représentativité augmenter, ou du moins son influence et son mode de transmission au sein des ménages. Il fera parler de lui, ce qui est le principe de toute bonne propagande.

 

Il s'agit là, ne nous détrompons pas, d'une démarche à la fois éthique et pragmatique. Parce qu'à l'heure où les médias font partie intégrante de la vie quotidienne de millions d'êtres humains, nous ne pouvons minimiser leur impact sur la pensée. Et à ce propos, il faut créer un médiateur qui puisse régir la répartition des dépenses, en l'occurrence en les plafonnant et, logiquement, en imposant une transparence totale des financements reçus par les divers partis, pour qu'il y ait une juste égalité des chances entre les diverses factions politiques. Les partis majoritaires verront l'urticaire leur pousser sur les bras à la lecture de ces mots, mais si ceux-ci méritent légitimement la place qui est à l'heure actuelle la leur, ils ne doivent pas craindre une réforme à ce sujet. Dans le cas contraire, c'est qu'ils fondent beaucoup d'espoir sur l'impact de leurs campagnes, et qu'ils reconnaissent implicitement la portée psychologique de ces dernières. Ce qui revient à légitimer cette proposition de plafonner les dépenses.

 

Bien sûr, tout ce qui précède est un pavé jeté dans la mare : je me propose d'ouvrir un débat, non d'imposer une idée. J'aime la confrontation des points de vue, et je suis persuadé qu'il y a beaucoup à apprendre concernant la position que prendront les divers acteurs de la vie politique quant à cette proposition. Toujours dans la même veine, nous pourrions également réfléchir à la pertinence d'un financement des campagnes par l'État, dans un souci de parfaite équité. Mais ça, à n'en pas douter, sera autant sinon plus controversé encore que l'initiative de plafonner les dépenses. À vos claviers, et débattons donc !

 

Grégoire Barbey

08:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : débat, finances, dépenses, transparence, partis, argent, campagne électorale, montants, financement |  Facebook | | | |

24/05/2012

Initiative de l'ASIN : trop de démocratie ne tue pas la démocratie

Interrogation, 24.05.12 15h38

 

Je suis partagé quant à l'initiative de l'ASIN. Il me semble délicat de dire que trop de démocratie tue la démocratie. Ce slogan m'apparaît honteux. En somme, trop de pouvoir au Peuple, tuerait le pouvoir du Peuple ? Ce sophisme n'est pas recevable. La véritable peur derrière cette votation, c'est d'offrir à des partis conservateurs tels que l'UDC la possibilité de faire dire non à la population des initiatives qui favoriseraient notre adhésion à l'Union Européenne ou en tout cas permettraient davantage de négociations. Mais de là à prétendre des énormités pareilles, il ne faut pas exagérer.
J'ai lu des arguments qui m'ont fait peur, affirmant que nos droits démocratiques sont les plus développés au monde et qu'il faut s'en contenter. Je ne suis pas favorable à cette votation car je ne veux pas donner des armes à l'extrême droite pour renfermer notre pays sur lui-même, néanmoins je ne puis souscrire à cette rhétorique. Ce n'est pas parce que nous sommes privilégiés par rapport à d'autres nations dans le monde que nous devons nous contenter de notre système.
C'est aberrant et inexact. Je me battrai toujours pour renforcer l'assise du Peuple dans son exercice démocratique, car je préfère la décision de la multitude plutôt que celle d'un petit nombre.

 

Grégoire Barbey

15:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : asin, udc, politique, initiative, démocratie, pouvoir, peuple, décision |  Facebook | | | |

La politique vue par un jeune (1)

 

Chronique, 23.05.12 16h56

 

Ce matin, j'ai eu l'occasion de m'exprimer sur les ondes de One FM en compagnie d'Adrien Faure, co-président de la Jeunesse Socialiste genevoise. Le sujet abordé était « la politique vue par les jeunes ». Malheureusement, nous n'avons guère pu nous épancher véritablement sur la question. Je me propose donc de développer mon point de vue. Il va sans dire que je maîtrise mieux l'écrit que l'oral ! Mais je ne me décourage pas pour autant : je suis un battant. Cet article inaugure une série de réflexions qui permettront d'étayer au mieux, je l'espère, ma perception du domaine politique.

 

Redonner confiance aux citoyens

 

Actuellement, le microcosme politique genevois prend acte d'une réalité pourtant présente depuis fort longtemps : bon nombre de citoyens perdent confiance dans la politique. Pour autant qu'ils l'aient eue un jour. Il y a divers facteurs entraînant ce désintéressement progressif de la chose publique. Je ne tenterai pas d'en faire une énumération exhaustive. Les raisons sont multiples. Nous pouvons néanmoins relever un clivage entre les politiciens et la population : les premiers ont de la peine à s'extraire de la bulle dans laquelle ils naviguent quotidiennement en s'engageant corps et âme, tandis que les seconds ont toujours moins de temps et d'énergie pour éplucher méthodiquement toutes actualités qui ont trait à la politique. Ce constat est aisé à réaliser. Pourtant, la plupart des acteurs politiques semblent mimer l'autruche, plongeant leur tête profondément dans le sol, en refusant de voir qu'ils n'ont plus le même impact sur leur électorat. Récemment, cette notion de « perte de confiance » a souvent été relevée, interrogeant sur l'attitude à prendre pour inverser cette tendance.

 

Il n'y a pas de solution miracle, et encore moins de réponse toute faite. Évidemment, il faut faire preuve d'ouverture d'esprit, s'instruire, écouter les doléances des citoyens, s'informer sur les divers ressentis, prêter l'oreille à chaque instant pour en apprendre davantage et s'armer de patience afin de découvrir où sont cachés les nœuds qui paralysent l'action politique. Ce qui me frappe, c'est ce fossé qui sépare citoyens et politiciens. Certes, il y a ceux qui s'engagent concrètement et les autres. Mais il ne devrait pas y avoir une « classe politique ». Si tel est le cas, c'est qu'à mon sens, le serpent se mord la queue. En effet, si nous voyons celles et ceux exerçant la politique comme des individus à part, différents des citoyens lambda, c'est qu'ils et elles ne font pas bien leur travail. Ceci n'est pas une critique acerbe, mais une question de bon sens. Pour se sentir en confiance, il faut que certains prérequis soient réunis. Notamment la sensation d'avoir face à soi des interlocuteurs honnêtes et sincères, ce qui, semble-t-il, fait défaut à Genève. Je prends comme référentiel le fait que personne n'est stupide, et qu'aborder des sujets délicats avec rigueur et méthode ne posera pas de véritable problème à la compréhension de celles et ceux qui s'intéressent vraiment aux sujets traités. Cependant, le paradigme n'est pas le même en politique. Il m'a déjà été dit de faire simple, de me contenter de la forme, et de rester en surface. Je ne suis pas d'accord, bien au contraire. Je m'oppose fermement à cette vision discriminatoire des citoyennes et des citoyens.

 

Bien évidemment, ce débat peut s'éterniser. Quant à savoir s'il faut simplifier à outrance ses discours ou non, nous ne serons jamais d'accord. Pour ma part, je pense qu'il s'agit là d'un point crucial : ne pas prendre les autres pour des abrutis. Je considère qu'une bonne communication prend tous les éléments en compte et ne cachent pas des faits. C'est un principe, il faut respecter autrui, qu'ils soient ou non des électeurs potentiels. Chacun a sa propre perception du monde qui l'entoure et l'interprète à sa façon. Ne pas accepter cela, c'est nier l'individualité à laquelle nous avons droit toutes et tous. J'aime à penser que les divergences sont fécondes. Il ne faut pas pour autant minimiser l'importance de fédérer au mieux, afin de répondre aux attentes du plus grand nombre.

 

Bref, je crois qu'un autre aspect fondamental qui manque en politique, c'est ce côté « humain ». Je réalise à quel point c'est difficile de le faire ressortir, moi-même, lors d'interventions radiophoniques ou télévisées. Pourtant, je ne doute pas que nous y sommes toutes et tous sensibles, et qu'il est essentiel de ne point devenir des automates insensibles qui paraissent totalement déconnectés du quotidien de la population. Il est d'ailleurs palpable que celles et ceux arborant ce petit plus ont davantage de succès d'un point de vue électoral. Il ne faut pas sous-estimer les apparences. Et à trop les cultiver, nous nous méprenons et créons finalement rien d'autre que des épouvantails. À l'opposé du but recherché, en somme. C'est exactement la sensation qui m'a traversé lorsque j'ai lu l'opuscule d'un certain candidat à l'élection complémentaire au Conseil d'État, lorsqu'il traitait du courage et de la sincérité. L'idée ne manque pas de justesse, mais la forme – et le fond – sont absents. Le lecteur lambda, comme moi, n'est rien d'autre qu'une donnée qu'il faut convaincre. D'une écriture administrative. Je critique cet ouvrage car c'est le dernier que j'ai eu entre les mains, mais c'est également valable pour les autres. Il ne suffit pas d'inscrire des valeurs sur un bout de papier pour convaincre. Il faut les faire ressentir. Que notre aura rayonne de celles-ci. Sinon, ce n'est que du vent, et les gens ne sont pas dupes.

 

La confiance n'est pas gratuite. Elle n'est pas non plus spontanée. Elle se gagne, au travers d'une lutte acharnée. Ce n'est pas un dû. À mon sens, obtenir la confiance de ses semblables est l'œuvre de toute une vie, car le moindre écart nous sera facturé avec sévérité. Faire de la politique, ce n'est pas seulement caresser son image personnelle et se sentir important. Pour beaucoup, malheureusement, cela apparaît être la seule motivation palpable dans leur engagement. Il faut s'investir, et se battre. Accepter de recevoir des torrents de boue, et garder la tête haute. C'est, effectivement, une constante lutte de pouvoir. Mais ça ne doit pas être la finalité. Uniquement le chemin !

 

Enfin, pour conclure, s'il me fallait synthétiser ma vision d'une politique qui mérite la confiance des citoyennes et des citoyens, je me contenterais de ces quatre mots : authenticité, honnêteté, valeurs, transparence. Le reste n'est que fioriture. Alors, quand est-ce que nous commençons ?

 

Grégoire Barbey

 

 

08:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : chronique, politique, authenticité, confiance, jeune, vision, réflexion, sincérité, valeurs |  Facebook | | | |

21/05/2012

Une campagne lobbyiste

 

Analyse, 21.05.12 13h22

 

Si Pierre Maudet n'est l'homme d'aucun lobby, comme il le prétendait au lancement de sa campagne, il en a néanmoins l'attitude. En effet, son slogan a investi toutes les plate-formes imaginables. Des affiches à la vidéo diffusée par les télévisions se situant dans les véhicules et autres trams TPG, rien n'est laissé au hasard. Un vrai lobbyisme, ni plus ni moins. Le prix de cette mascarade ? En tout cas 300'000 francs, d'après mes sources. Et ce n'est pas encore terminé, puisqu'il reste quatre semaines avant la fin des votations. Heureusement qu'il y a derrière « l'homme de l'action responsable », un parti au porte-monnaie pour le moins rempli. Si Monsieur Maudet veut dissocier son image du PLR, il lui faudrait commencer par renoncer au financement de sa campagne par son propre parti.

 

Mais nous savons bien que cela est impossible. Pierre Maudet est donc bien l'homme du PLR, n'en déplaise à son Comité de campagne qui fait des pieds et des mains pour éviter l'amalgame.

 

Grégoire Barbey

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13:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : plr, pierre maudet, campagne, politique |  Facebook | | | |

19/05/2012

Le 17 juin, opportunité d'un vote anti-PLR

 

Analyse, 19.05.12 16h00

 

Le 17 juin prochain, lors de l'élection pour le poste vacant au Conseil d'État, il s'agira non seulement d'un vote important, car il faut remplacer un magistrat au sein de notre gouvernement cantonal, mais aussi d'un message adressé aux instances politiques par le Peuple au travers des urnes. Il sera donc primordial de faire le meilleur choix pour Genève, tout en gardant à l'esprit les récents événements qui ont défrayé la chronique.

 

Notamment les frasques du Parti Libéral-Radical, qui a multiplié sur les terres genevoises d'innombrables erreurs qui ont eu des résultats catastrophiques pour l'ensemble de la population. Ce parti, première force politique de notre Canton, doit aujourd'hui payer l'addition, certes salée, de ces derniers mois. Entre Mark Muller, qui a perdu de par son attitude inqualifiable son poste au DCTI, et François Longchamp qui s'est empressé de mettre la main sur le département de son collègue afin, probablement, d'y faire le ménage, le constat est plutôt lugubre.

 

Tout comme nos voisins français, qui ont le 6 mai dernier fait le choix de ne pas réélire le Président sortant Nicolas Sarkozy, il va falloir donner le ton au PLR, dont l'arrogance n'a eu de cesse de s'illustrer bien tristement par des choix et des comportements indignes d'un parti de sa trempe. Rappelons qu'ils ont déjà perdu leur troisième siège au sein du Conseil national lors des votations du mois de novembre passé. Non content de cet échec cuisant, les membres du PLR ont continué la débandade. Trop, c'est trop. Et le Peuple n'est pas dupe. Dès lors, le 17 juin, il s'agira d'un vote anti-PLR, qui s'illustrera par la nomination, probable, de la candidate Anne Emery-Torracinta, favorite de cette élection. Mais ce n'est pas tout.

 

En aucun cas François Longchamp ne doit conserver le poste du DCTI, ce n'est pas acceptable. Il est, plus que jamais, l'heure des comptes. À force d'entasser des cadavres dans ses placards, le PLR a perdu sa légitimité au sein de notre gouvernement, ainsi que sa crédibilité. Je ne doute pas que le moment venu, l'arrogance et les déboires de ceux qui le composent seront justement taxés par la décision du Peuple souverain. Et tant mieux, car ça ne peut plus durer.

 

Grégoire Barbey

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16:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : plr, votation, 17 juin, conseil d'état, mark muller, françois longchamp, peuple |  Facebook | | | |

17/05/2012

Désillusion politique

 

Constat, 17.05.12 15h04

 

La politique. Ça fait trois mois seulement que j'y ai plongé les pieds. J'ai rencontré de nombreuses personnes depuis, en si peu de temps. Ces personnalités qui sont toujours présentes dans les médias locaux, qui font parler d'elles même involontairement. Celles qui représentent notre Canton, et également notre pays, mais plus important encore, nos valeurs. J'ai échangé bien des réflexions avec certaines d'entre elles. En quelques mois, j'ai vu et entendu des choses que je n'imaginais même pas, ou peut-être préférerais-je m'en préserver. Oui, je suis curieux et ai toujours les oreilles grandes ouvertes. Néanmoins, il y a des détails que j'aurais préféré ignorer...

 

Je ne désire pas prendre la position du Juge, et de dicter ce qui est bien et ce qui ne l'est pas. Cependant, je ne puis qu'avouer la profonde désillusion qui s'est emparée de moi en découvrant ce microcosme politique, où les sourires sont traîtres et les paroles toujours s'envolent. Davantage en période électorale. Ceux qui se dévouent réellement à la chose publique (res publica) sont rares. L'abnégation n'est pas une vertu excessivement répandue. Bien au contraire. J'ai le sentiment qu'il y a plus d'orgueil, d'ego et de soif de pouvoir que d'intérêt réel pour la communauté derrière l'engagement de quelques-uns. Difficile de garder une vision positive de notre politique.

 

Je lis et écoute avec attention tout ce qui a trait à notre Cité, du moins j'essaie. Les programmes, par exemple, sont instructifs. Des beaux discours, et surtout des promesses. Souvent intenables, voire totalement fantaisistes. Pour citer un politicien connu parmi d'autres : « les voix n'ont pas d'odeur ». Effectivement, je le constate avec amertume. Plus de carriérisme que de volontarisme. La gloire, les médias, les privilèges, c'est bien évidemment alléchant. Qui résisterait sans peine ? À défaut d'avoir des idées, une véritable vision d'avenir, ils ont le goût des bonnes choses. La politique de nos voisins français, régulièrement condamnée par nos concitoyen, n'est pas pire que la nôtre. Les mêmes stratégies, trahisons, conspirations, attaques et autres corruptions peuvent y être aisément comparées. Il faut faire attention où l'on met ses pieds lorsqu'on gravit les marches de la politique, les peaux de banane délibérément déposées ne manquent pas.

 

Oui, je suis désabusé. De voir qu'il faille renier bon nombre de ses valeurs pour accéder à la fonction publique. D'entendre des horreurs sans que personne ne s'en émeuve. D'écouter l'autosatisfaction de ces représentants qui devraient pourtant regarder leur bilan avec plus de recul et d'introspection. De constater que tous les moyens sont bons tant qu'ils permettent d'atteindre le but ultime : l'élection. Je ne dépeindra pas une toile joyeuse de cette triste scène. Ce ne serait pas légitime. Je ne veux pas mentir, ou me jeter de la poudre aux yeux. Ce que je constate, c'est que ceux qui hurlent au respect des institutions sont ces mêmes qui les trahissent le plus souvent. De l'hypocrisie, et rien d'autre. Des mots qui s'élèvent puis se perdent. Je parle habituellement d'éthique dans la politique. Et ça dérange, je l'ai bien compris. Parce que ça remettrait en question l'attitude de beaucoup de politiciens. Mais aussi des médias, qui jouent un rôle prépondérant dans la transmission des informations sur le sujet.

 

Avoir des valeurs et des principes, et s'y tenir, c'est sûrement ce qu'il y a de plus utopique dans notre bonne vieille République et Canton de Genève. Mais moi, je ne me tairai pas. Je ne rentrerai pas dans ce jeu mesquin. Je préfère encore n'être jamais élu en ayant dit la vérité, ma vérité, que de l'être en ayant balayé tout ce qui m'a construit, c'est-à-dire des idées et des désirs. Ceux qui me font envie de bâtir une politique nouvelle. Toutefois, certains me rappelleront, comme ils aiment à le faire, que je suis trop jeune pour comprendre. Eh bien, qu'ils comprennent à ma place. Moi, je ne veux pas de ça.

 

Grégoire Barbey

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15/05/2012

Silence

Humeur, 15.05.12 14h30

 

Certains l'auront remarqué, je n'ai pas écrit depuis quelques jours. Ce silence est volontaire, car nous traversons toutes et tous des périodes où tout mot est de trop. Où même la parole trahit les états d'âme. Mieux vaut alors s'empresser de se taire. De ne pas céder à la tentation d'écrire. N'être rien d'autre que soi, et s'écouter, calmement, avec mélancolie et résolution. Aujourd'hui, écrire ces lignes me coûte bien plus qu'à l'accoutumée. Je ne saurais en décrire les raisons.
Sachons rester dignes, car le silence est d'or.

Grégoire Barbey

14:30 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : humeur, silence, écrire, décrire |  Facebook | | | |