Gregoire Barbey

11/06/2012

Genève, capitale du Monde

 

Chronique, 11.06.12 11h58

 

Genève par-ci, Genève par-là. Rousseau par-ci, Rousseau par-là. Oui, au bout du lac Léman, certaines personnalités ont les chevilles qui enflent lorsqu'elles parlent de leur canton. À vrai dire, il semble qu'une majorité de genevois se comportent ainsi. Un nombrilisme qu'ailleurs en Suisse l'on qualifie volontiers de calvinisme. Une attitude qui pèse lourd dans nos rapports avec les autres. Une culture de soi qui déplaît en-dehors de la Cité de Calvin. Et c'est compréhensible.

 

Genève, ce n'est pas la capitale du Monde. Ni, d'ailleurs, de la Suisse, fut-il nécessaire de le rappeler. Pourtant, à écouter certains politiciens, ce fait avéré n'est pas de notoriété publique. Alors, faute de pouvoir compter sur la lucidité de nos édiles, enseignons-leur quelques valeurs. Notamment l'ouverture, qui manque tant dans nos contrées. Oui, nous ne sommes pas les seuls à vivre et à diriger ce pays. En théorie comme en pratique, nous vivons dans un système fédéraliste. Ce qui implique quelques notions pour permettre à la politique nationale de ne pas se bloquer. Vouloir renégocier la péréquation intercantonale, c'est bien joli. Mais commençons déjà par nous intégrer véritablement dans la politique sur le plan fédéral. Actuellement, nous nous contentons d'être une ex-croissance qui cause plus de problèmes qu'elle n'en résout.

 

Nos déboires à l'échelle cantonale ont des répercussions directes dans l'ensemble du territoire. Ne serait-ce qu'en terme d'image que nous renvoyons à nos compatriotes. Oui, Genève est une ville internationale, me direz-vous. Zurich aussi, néanmoins son ego ne parvient pas jusqu'à nous avec autant d'insistance... Dans le reste de la Suisse, les genevois sont objectivement mal perçus. À raison, probablement, puisqu'il nous est impossible de nous remettre en question. Nous voulons tout faire à notre façon, sans même regarder ce qui fonctionne ailleurs. La fierté genevoise, quelle blague ! Au final, tout est bloqué. Le logement, les emplois, la mobilité, et la sécurité. Une crise institutionnelle, n'est-ce pas ? Mais qu'importe, continuons sur notre lancée, à ce rythme, d'ici quelques années, nous pourrons demander à devenir une province autonome, et définitivement nous scléroser sur notre propre nombril. Ainsi vont les choses, dans notre petite Genève, qui se plaît à s'octroyer quelques airs de grandeur là où, vraisemblablement, il ne devrait y avoir que du vide...

 

Grégoire Barbey

12:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : politique, genève, genferein, calvinisme |  Facebook | | | |

Commentaires

Genève était une ville internationale quand il y avait des frontières solides. Pour se rendre à Genève il fallait remplir certaines conditions. Ce qui faisait que Genève attirait parce qu'elle était attirante. Maintenant Genève est une ville multinationale n'importe qui peut y venir sans restriction. Résultat n'importe qui vient à Genève et y fait n'importe quoi. Genève n'attire plus. Il faudrait remettre une frontière autour du canton pour redonner de la grandeur à cette ville.

Écrit par : norbert maendly | 11/06/2012

Rousseau par-ci, Rousseau par-là, vous avez raison, c'est pathétique. Genève est la Cité la plus opposée au concept de Volonté générale dans ce pays, concept cher à Rousseau qui en fut l'inventeur. Genève c'est l'endroit de Suisse où l'on viole le plus cette volonté générale. Les verts qui, alors que le principe de mixité des transports est inscrit dans notre Constitution, n'ont cessé de mettre des chicaneries partout à l'encontre des autombilistes au point d'asphyxier totalement tout circulation dans cette Ville. La gauche salernienne qui croit que les caisses publiques sont un porte-monnaie à la disposition de ses membres. Les verts et les socialistes encore, et les autres partis gouvernementaux, qui construisent dans le dos du peuple une agglomération transfrontalière franco-française destinée à tomber dans le giron de l'UE, sans n'avoir jamais demandé l'avis du peuple. Mais à Genève c'est bien connu, les politiciens "sont" la volonté générale, Genève la française obéissant plus au principe de représentation cher à la France qu'à celui de démocratie directe cher à la Suisse. Rousseau vous avez-dit ? Des conneries ! La volonté générale ? Un des plus beau concept jamais inventé mais ici détruit par une classe de bobos pseudo intellectuels. Genève une ville internationale ? Une pensée politique dont la profondeur et la réalité ne dépasse jamais celle de petits hoberaux de provinces et d'afficionados nourris à la seule politique du cochon à gagner. Rousseau c'est bien autre chose.

Écrit par : quidam | 11/06/2012

Tôt ou tard Genève sera avalé par l'Europe. Il suffit que la crise monétaire balaye le système actuel et la refonte ne permettra plus à la Suisse de rester indépendant.

Écrit par : bol chantant | 11/06/2012

@ bol chantant : C'est l'Europe qui va se faire avaler par le reste du monde.

Écrit par : Norbert maendly | 11/06/2012

Merci Quidam ! Votre commentaire était fort à propos et instructif.

Écrit par : Grégoire Barbey | 11/06/2012

ça sent le Rousseau, : au salon de l'auto, :"l'inventeur. Genève c'est l'endroit de Suisse où l'on viole le plus cette volonté générale. Les verts qui, alors que le principe de mixité des transports est inscrit dans notre Constitution" ,etc. commentaire abruti d'un quidam qui confond peuple et vulgaire.
combien de temps ,Ménie Grégoire allez-vous être le supplétif , la copie juvénile du Copié -Décaillet ?
Non seulement pensez par vous-même mais volez de vos propres ailes,au delà de la Clémence pourquoi pas jusque dans la vallée verte? juste une fois, pour essayer.

Écrit par : briand | 11/06/2012

Je ne suis pas très honnête, je vous l’accorde, je ne vous ai pas confondu avec Fidel Castro dans votre ancienne posture, manifestement vous n'avaliez pas la fumée comme lui, j'ai trouvé assez charmant votre visite chez Maitre" Bonnant mal an" , mais de là, à compter les mauvais et le bons coups dans une République qui se cherche et à distribuer les mauvais et les bons points dans une cour de récréation qui ne vous a pas admis comme camarde de jeu.Selon Duras il faut écrire pour ne ne pas trop souffrir , vous voyez ce qu'il reste du chemin à parcourir pour enfin "écrire " une ligne mais un vrai ligne juste une ligne.
Ceci est mon dernier envoi, j'abuse de votre hospitalité , ailleurs ils ont appris à être plus "grave"

Écrit par : briand | 11/06/2012

"Genève, ce n'est pas la capitale du Monde. Ni, d'ailleurs, de la Suisse, fut-il nécessaire de le rappeler".

En revanche Genève est et doit pouvoir rester la "capitale mondiale de la paix". A ce titre elle gardienne de nombreuses conventions liées à la défense des droits humains. Pour tenir ce rang et le conserver, Genève doit impérativement restaurer sa sécurité et cesser de croire ceux qui parlent de "sentiment d'insécurité" terme instauré par un funeste conseiller d'Etat qui, quatre années durant, n'a rien fait si ce n'est laissé faire.

Rousseau n'est qu'un paravent idéologique s'il n'est pas compris dans le sens du "contrat social" c'est à dire le contrat de confiance qui lie tous les citoyens entre eux avec l'Etat comme partenaire-garant et non pas comme partenaire du laisser faire.

Une démocratie est en péril à partir du moment où ceux qui ont accepté de gouverner abandonnent le navire à la moindre difficulté.

Genève va mal parce que sur 7 ministres seuls deux font leur boulot. Les autres sont soit en roue libre soit d'une incompétence crasse.

Plus que seize mois à attendre pour changer l'équipage et espérer que les partis principaux sauront constater que les mythes ne font jamais bon ménage avec les réalités politiques. Ces partis ont des réserves potentielles énormes dans leurs jeunes et il convient qu'ils les mettent en avant quitte à abandonner certains dogmes, dont celui de la parité qui nous montre tous les matins ses limites que ce soit dans les trafic privé ou dans les transports publics.
Vivement le renouveau et la fin des vieux poncifs. A défaut la Genève internationale ne croira plus en Genève comme place sûre et ce sera le début de la fin, en espérant que ce ne soit pas déjà le cas dans l'esprit de certains dirigeants!

Écrit par : Patrick Dimier | 12/06/2012

@ briand

Quelle vanité ! Parce qu'il faut être vain n'est-ce pas pour s'attaquer ainsi au commentaire d'un autre sans aligner le moindre argument, juste avec du vide et puis du mépris. Alors je comprends que vous puissiez juxtaposer dans votre petite tête les substantifs de peuple et de vulgaire. Tristesse, vous en êtes encore là, à produire du rien et de l'inutile.

Votre vanité pue a plein nez ceux qui ne confondent "pas" peuple et "vulgaire". Pour qui le peuple est un imaginaire haut peuple mais qui pour nous est une basse invention que la France a trouvée pour confisquer le pouvoir aux déshérités, un principe aristocratique de plus.

Vous vous croyez d'une excellence ou de quelque hauteur, alors relisez La Rochefoucauld et peut être y apprendrez vous quelques vraies valeurs, l'humilité par exemple...

Lui qui disait que la noblesse, c'est-à-dire la grandeur, qui vous écahappe, c'est de faire prévaloir les principes avant ses propres intérêts.

Mais qui se plaît, par habitude et par position, dans ses associations d'idées, à séparer le peuple du vulgus et de ce que vous, vous considérez comme le troupeau, est déjà quelqu'un qui se place au dessus du principe du peuple et se place de lui-même dans un point de vue aristocratique, ce qui n'est rien d'autre que la défense d'un intérêt particulier. Fût-il dans votre cas parfaitement égotiste et vain.

De la "gravité" Monsieur ? Laissez moi donc sourire, vos propos sont à la pensée profonde ce que l'argent est au nouveaux riches.

Écrit par : quidam | 12/06/2012

Je m'incline devant l'érudition hugolienne de l'Homme qui rit au quidam inconnu qui lui sourit comme une société anonyme qui elle produit.-

Écrit par : briand | 12/06/2012

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