Gregoire Barbey

18/06/2012

L'après 17 juin en Ville de Genève

 

Chronique, 18.06.12 15h00

 

Au lendemain du résultat des votations cantonales et fédérales ainsi que l'élection partielle au Conseil d'État, l'heure est aux analyses. Pierre Maudet, ex-Maire et actuel conseiller administratif en Ville de Genève (PLR) s'est vu élire haut la main avec 39,8% des voix, soit plus de 40'000 bulletins, devançant ses deux principaux adversaires, la candidate socialiste Anne Emery-Torracinta et le tribun du Mouvement citoyen genevois Éric Stauffer avec plus de douze points.

 

Pierre Maudet, une victoire inespérée

 

Alors qu'à gauche comme à droite, un large consensus voyait Mme Emery-Torracinta remporter l'élection partielle sans trop de difficultés, Pierre Maudet a littéralement renversé les pronostics et démontré qu'en politique, l'arithmétique n'est certainement pas un indicateur fiable sur lequel se reposer grassement. Avec près de 40% des suffrages, nul ne pourra contester la légitimité de son élection, qui le place au sein du Gouvernement cantonal à l'âge de 34 ans, une première historique pour le pays. Un succès que l'intéressé n'est pas près d'oublier. Cependant, celui-ci ne peut se permettre de se reposer sur sa réussite et doit désormais faire preuve de célérité afin d'arriver à convaincre son électorat de la justesse de son choix : seuls 16 mois lui permettront de faire ses preuves en tant que conseiller d'État avant de rentrer à nouveau en campagne pour conserver son siège. Le Peuple sera amené fin 2013 à restructurer l'actuel Gouvernement, et de nouvelles têtes pourraient surgir pour redonner de l'espoir aux citoyennes et citoyens genevois.

 

Le parti Socialiste, une « erreur de casting » ?

 

Nombreux sont celles et ceux qui, dès la désignation d'Anne Emery-Torracinta par son parti lors de l'Assemblée Générale qui l'opposait au conseiller national Manuel Tornare, parlaient d'une « erreur de casting ». Inconnue du grand public, elle n'en restait pas moins une candidate crédible et compétente pour occuper un poste de magistrat à l'exécutif cantonal. Mais, peut-être par excès de confiance, la gauche a pêché, et n'a pas su réunir son électorat, laissant la favorite de cette élection avec un score relativement faible (28,4% des voix), talonnée de près par Éric Stauffer (27,6%). Quelles conclusions doit en tirer le parti socialiste et son jeune Président Romain de Sainte Marie ? La question est ouverte et se posera jusqu'aux prochaines élections, fin 2013. Néanmoins, ce revers magistral encaissé par la gauche ne sera pas facile à gommer. Donnée gagnante dès le début de la campagne, la député socialiste, pourtant reconnue pour son excellent travail, n'aura pas mobilisé les foules ni convaincu ses propres troupes. Les facteurs sont divers. À droite, quelques-uns pointent du doigt son discours, selon eux trop radicalisé pour son électorat centriste, qui a peut-être préféré Pierre Maudet, d'ailleurs vainqueur sur son propre territoire, en Ville de Genève, fief pourtant connu comme étant majoritairement à gauche, en témoigne le Conseil administratif de la commune en question. Désormais, l'alliance rose-verte n'a plus que seize mois pour tirer les conséquences de son cuisant échec et réussir à rassembler une gauche qui semble aujourd'hui peu encline à la réunification. Gageons qu'il y aura des surprises ces prochains temps !

 

Une partielle en Ville de Genève

 

Pierre Maudet élu, c'est une place à l'exécutif de la Ville de Genève qui se libère. L'élection partielle devrait s'achever le 14 octobre, cependant la Chancelière n'excluait pas un report au mois de novembre, la votation pour le projet de la nouvelle Constitution devant se tenir sans interférence. Pour remplacer la place laissée vacante par l'ancien Maire, quelques noms sont déjà sortis. Adrien Genecand, ancien libéral et conseiller municipal PLR, sera probablement opposé ce lundi 18 juin à son collègue et chef de groupe Olivier Fiumelli lors de l'Assemblée Générale de leur parti. D'autres candidats ne sont pas à exclure. Du côté du PDC, l'heure est aux comptes. Il est évident que sans l'Entente bourgeoise, Pierre Maudet n'aurait pas réuni suffisamment d'électeurs pour se voir accorder le siège de magistrat cantonal. Dès lors, le PDC peut légitimement réclamer sa part et parachuter un candidat. Son Assemblée Générale se tiendra ce mercredi 20 juin, tout comme celle du parti Vert'Libéral. D'autant qu'un accord semble s'être tenu entre le PDC et le PLR, pour le soutien du candidat Maudet à l'élection du Conseil d'État. Si celui-ci n'était pas respecté, quelles seraient les conséquences pour l'Entente ? Quant à l'union MCG-UDC, c'est visiblement Éric Bertinat qui représentera la droite populiste. La gauche, de son côté, a indiqué ne pas vouloir d'un exécutif mono-colore. Mais des bruits de couloir n'excluent pas qu'un candidat serait proposé si le PLR Olivier Fiumelli devait être plébiscité par son parti. À peine l'élection partielle au Gouvernement cantonal terminée, les rapports de force se restructurent déjà pour une nouvelle campagne, tout autant stratégique, puisqu'elle donnera deux ans et demi de législature à celle ou celui qui sera élu l'automne prochain.

 

Grégoire Barbey

15:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : ville de genève, élection, partielle, campagne, plr, maudet, torracinta, stauffer |  Facebook | | | |

Commentaires

Fiumelli ? Ce n'est pas le type qui avait été embauché à l'Etat pour mettre en oeuvre le rapport d'audit d'Arthur Andersen ? Avec le succès que l'on connait... yark yark...

Écrit par : Stephan R. | 18/06/2012

Merci pour cet excellent copié-collé de la TDG. Le pensé par vous-même a encore du chemin, peut-être que le site de Ruben Hayoun qui est un fac similé du Fig-Mag va vous aider ou ne reste que Minute que la chère Nadine a quitté de manière un peu impromptue.
En route pour de nouvelles "anciennes" aventures

Écrit par : briand | 18/06/2012

L'écrivain Grégoire se fatigue...obligé de passer au plagiat?
Surpris de ne pas voir de photo...il y était pourtant à l'hôtel de ville pour lécher les bottes de ses idoles...

Écrit par : Joe | 18/06/2012

Il semblerait qu'il y ait comme un essoufflement .... Vous n'attirez
plus grand monde, pire encore : vous intéressez de moins
en moins et votre Cour semble vous lâcher...! Vous vous pensez
(soit disant par vous-même.. il semblerait que cela soit de
rigueur..!) brillant : eh bien démontrez-le bon sang ! Et cesser de faire
la girouette car cela ne vous apportera rien de bon. Fixez-vous et n'attendez pas
des autres qu'ils vous propulsent..Ne comptez que sur vous !

Écrit par : Yan | 18/06/2012

34 ans au Conseil d'Etat, ce n'est pas une première Suisse ! On n'est pas obligé de remonter loin dans le temps, Frédéric Hainard avait 32 ans lors de son élection en 2009 à Neuchâtel. Et si on remonte plus loin, Numa Droz avait lui 25 ans lors de son accession au Conseil d'Etat Neuchâtelois en 1869. Ce même Numa Droz qui finira Conseiller fédéral à 31 ans...

Écrit par : Kienholz | 18/06/2012

Et ça se croit journaliste ? Franchement, vous êtes ridicule.

Écrit par : Citoyen | 18/06/2012

Vous plagiez, vous êtes ridicule.

Par ailleurs, Adrien Genequand est un ancien radical, tout comme Olivier Fiumelli, ancien radical. Il n'y a plus de libéraux crédibles. Les derniers sont partis à la retraite ou sont sortis du Conseil municipal...

Il faudrait demander à Sue Putallaz de se présenter... mais c'est vrai qu'elle est une traitresse qui est partie en catimini chez les Vert'libéraux...
D'ailleurs où est votre analyse objective sur le score ridicule et tout petit de votre candidat (2,6% des voix)
Votre cher Laurent Seydoux dont vous étiez la plume n'a fait que 2,3% en Ville. Il ne fait le quorum que dans sa commune.
Et vous croyez vraiment que ce parti mort-né va présenter un candidat en Ville...
Arrêter l'écriture et la politique... vous n'êtes qu'un gamin pathétique et ridicule...

Écrit par : Vert Ridicule | 19/06/2012

Pour en revenir au résultat très surprenant de cette élection et avec un peu de recul, je me pose diverses questions ayant trait au PS lui-même :

a) N'y a-t-il pas eu, au sein du PS, des soutiens de façade à la candidature de Mme Emery-Torracinta devenus, à l'abri des regards, des torpilles contre cette excellente candidate ? On pourrait penser, entre autres, à un élu amer et s'ennuyant dans la Capitale (sa réaction dimanche après-midi était éloquente à ce sujet) et à une élue très pressée de voir arriver son tour à la prochaine élection et qui aurait été "bloquée" si Mme Emery-Torracinta avait été élue ??

b) L'absence d'efficacité dans la mobilisation des troupes du PS par M. de Sainte-Marie, le nouveau président du PS me laisse également très songeur : j'attendais, après le gentil M. Longet, un jeune plein d'énergie, d'idées et d'envie à la tête du PS genevois. Or il n'en a rien été. Peu d'exposition médiatique, peu de stands, pas (ou trop peu) de travail dans les communes périphériques (Le MCG dit merci), pas de présence dans les blogs, pas de mailings "canon", aucun buzz. Le baptême du feu, pour cette élection cruciale, a ressemblé plus à un pétard mouillé qu'à un feu d'artifice. Lors de la débâcle Merck-Serono la résignation et docilité de M. de Sainte-Marie m'avaient également surpris. Sur le plateau de Léman Bleu, mardi, également beaucoup de passivité, aucune remise en question, très peu de drive : unique commentaire "on cherche à comprendre..."
A la tête du PS, au lieu d'une voiture de sport turbo, on a plutôt l'impression de voir une vieille guimbarde presque en panne d'essence...
Plein d'idées aux Jeunesses socialistes et arrivé très (trop ?) facilement à la tête du PS, M. de Sainte-Marie doit se trouver un second souffle et galvaniser l'ensemble de ses troupes pour créer un véritable mouvement de fond.

En aura-t-il les capacités ? A chacun le soin de juger.

Écrit par : A. Piller | 20/06/2012

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