Gregoire Barbey

09/07/2012

Pour une société plus juste

 

Chronique, 09.07.12 15h01

 

Une société, c'est la mise en commun d'une pluralité d'individus. Nous sommes la société. Tout l'art est ensuite de régir l'ensemble de la communauté en tenant compte des différences propres à celles et ceux qui la composent. Nous avons chacune et chacun nos propres référentiels, qui proviennent d'une éducation, d'une culture et d'une personnalité qui divergent inéluctablement d'un être humain à un autre. De nos jours, c'est d'autant plus frappant avec les innombrables moyens de déplacement, de communication et d'information. Que nous vivions dans le même univers ne garantit pas que nous le percevions de la même manière. C'est à la fois ce qui fonde la richesse de l'humanité, et l'extrême complexité des rapports qu'entretiennent les hommes et les femmes entre eux.

 

De fait, la société que nous construisons se doit de répondre à divers prérogatives essentielles pour le bon déroulement des interactions entre ses membres. Elle doit par exemple fixer des règles afin de prévenir les comportements qui pourraient nuire aux autres. Ce sont les Lois. L'essence d'une société n'est pas immuable. Son évolution est constante, car concomitante aux changements qui surgissent dans les mentalités de celles et ceux qui interviennent dans son fonctionnement. Aujourd'hui, nos mœurs ne sont plus celles d'il y a un millénaire, sur de nombreux aspects. Nos technologies se sont d'ailleurs perfectionnées, permettant de meilleurs moyens pour garantir des besoins fondamentaux, comme se nourrir, vivre avec un toit au-dessus de la tête, etc.

 

Pourtant, alors que nous découvrons de nouvelles méthodes pour nous faciliter la vie dans divers domaines, notamment l'alimentaire, dans une société comme la nôtre, en Suisse, et plus localement encore à Genève, des gens sont forcés d'errer de poubelle en poubelle pour tenter de récupérer quelques déchets qui leur permettraient de se sustenter un minimum. Personnellement, cela m'interroge énormément. D'autant que l'actuelle idéologie dominante tend à être libérale. Or, offrir un minimum vital pour chaque individu rentrerait clairement dans cette optique. Je ne remets pas en question la nécessité que chacun apporte sa pierre à l'édifice, notamment par l'intermédiaire d'un travail. Ce qui me dérange davantage, c'est le mythe de l'égalité des chances. Cette idée, selon laquelle nous avons toutes et tous les mêmes chances de succès et qu'il ne dépend que de nous pour réussir, est à mon sens totalement biaisée.

 

Je ne crois pas à l'égalité. Je la souhaiterais, mais d'un point de vue déterministe, elle n'est que chimère. Nous pouvons la créer, artificiellement, la feindre aussi. Mais à l'état de nature, nous sommes toutes et tous différents. Ce que j'entends par « nature », c'est l'absence d'intervention humaine. Il faut donc, dans une société égalitariste, qui désire promouvoir le bien-être et respecter la dignité des êtres humains, non pas reproduire un darwinisme social sauvage et aberrant, mais donner le nécessaire pour assurer la survie de chacune et de chacun. Tout en favorisant certains comportements, en rétribuant davantage celles et ceux qui en font plus pour l'ensemble de la communauté. Je ne désire même pas remettre ici en question l'idéal libéral, ou même le capitalisme.

 

Je suis intimement convaincu qu'une société, comprendre ici : les divers acteurs qui la composent – peut tout-à-fait entretenir un système capitaliste tout en observant un principe de protection des individus plus faibles. Dans notre pays, en tout cas, c'est un objectif réaliste. Ailleurs, dans le monde, la question est bien plus épineuse. Mais ne serait-ce qu'ici, nous pouvons déjà garantir à nos concitoyens (ici sans aucune distinction entre nationaux et immigrés) la possibilité de vivre décemment. Peut-être faudrait-il que les nantis goûtent à la misère pour être convaincus qu'il n'y a aucune morale qui justifierait l'indifférence à ce mal, mais soyons pragmatiques, cela n'arrivera pas. Il incombe donc à celles et ceux qui ont une sensibilité suffisamment développée de se battre pour garantir les droits aux minorités. Qu'à cela ne tienne !

 

Grégoire Barbey

15:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : société, politique, misère, réflexion, libéralisme |  Facebook | | | |

Commentaires

ah si vous saviez le pouvoir de l'action en solitaire pour en aider d'autres,diablement efficace .Cela peut surprendre dans un monde qui se complait à parler association ,groupe et qui en définitive parle beaucoup,énormément mais qui dans une année aura toujours les mêmes problèmes avec d'autres en sus pour les compliquer davantage.En Primaire on nous enseignait déjà à agir par nous même et dieu merci sinon nos anciens n'auraient pas vécu aussi longtemps,nos initiatives personnelles ont porté leurs fruits mais grâce aussi aux privations en tous genres et aussi à l'aide des séances de cinoche Fip Fop organisées par Nestlé et d'autres.en 49 on savait tout du conflit 39-45 ,alors que les plus anciens faisaient mine de rien savoir mais on savait c'était l'essentiel .ON a été grand bien avant l'âge de la secondaire et maintenant encore on arrive à épauler ceux qui malgré leur 90 berges se mettent à jurer comme des pâtiers pour être entendus,il était temps mais après bien des téléphones presque quotidiens ils se sont réveillés,rire et on est jamais aussi content que d'avoir réussi ce challenge.Surtout auprès de gens d'une classe sociale plus élevées diable qu'il fait bon d'en parler mais peut-être cela fait il partie aussi de cette chance de connaitre tous les tours et détours d'une commune de connaitre tous les anciens habitants ,leur vie,leurs chagrins etc
,Alors GReg fin prêt pour l'aventure personnelle?
cela je peux vous le certifier est un bonheur qui ne se trouve nulle part ailleurs apprenez à compter sur vous en premier nous a été transmis par un chef scout et combien a-t'il eut raison

Écrit par : lovsmeralda | 09/07/2012

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