Gregoire Barbey

30/08/2012

Convention Jornot-Maudet : répression sans réflexion ?

 

Chronique 30.08.12 13h54

 

Le nouveau ministre de la sécurité Pierre Maudet et le procureur général Olivier Jornot ont effectué hier une conférence de presse afin de présenter leur programme commun : une convention qui établit huit axes prioritaires pour lutter contre la criminalité à Genève. Sans préjuger préalablement de l’utilité de ce texte, il est néanmoins possible d’établir une lacune désormais redondante dans la vision sécuritaire des politiques.

 

Systématiquement, la réponse aux problèmes liés à la criminalité est la même : il s’agit d’user de la répression. Certes, les délits doivent être punis, d’une manière ou d’une autre, nul ne conteste ça ; remettons cependant l’Eglise au milieu du village. La population genevoise, en élisant Pierre Maudet au Conseil d’Etat, a transmis un signal très clair : elle est demanderesse d’un réel changement pour le canton. Afin de rassurer le Peuple, Pierre Maudet et Olivier Jornot ont répondu par un symbole, la coopération entre le Ministère Public et l’Etat.

 

Cette impulsion historique peut à juste titre être considérée comme porteuse d’espoir. D’ailleurs, en pleine période de troubles, l’optimisme est salutaire. Mais n’oublions pas de garder un sens critique face aux décisions annoncées. Oui, Justice et Etat vont désormais travailler main dans la main. Il subsiste malgré tout un manque dans cette vision d’avenir pour réduire la délinquance à Genève. La criminalité est pointée du doigt comme si elle était le seul mal à endiguer. Comme si, aussi illusoire soit cette perception, la criminalité n’était pas le symptôme d’une maladie plus profonde.

 

Tant que les facteurs sociologiques ne seront pas sérieusement pris en considération pour élaborer des stratégies afin de parer la prolifération de la délinquance, les décisions prises par les pouvoirs publics ne serviront qu’à titre de politique-spectacle. En effet, comment affirmer, sinon pour rassurer son électorat, qu’en usant de la répression à toutes les sauces, la situation s’améliorera ? C’est se moquer des citoyennes et des citoyens que de leur faire croire pareilles sornettes.

 

Evidemment, mettre le doigt sur les causes qui favorisent la hausse de la criminalité, c’est reconnaître une réalité que de nombreux politiciens se refusent même à aborder : le fonctionnement de la société est la véritable racine de cette « mauvaise herbe ».  Alors oui, pour faire un peu de place, c’est bien joli de couper l’herbe à même le sol ; mais ça ne retire pas pour autant le cœur du problème. Ça l’incite plutôt à lutter pour survivre. Au lieu de crier au loup, de stigmatiser des minorités, d’appeler à la vindicte populaire, le pouvoir en place aurait tout à gagner à reconsidérer ses paradigmes en matière de sécurité.

 

Quitte à changer drastiquement l’orientation de leurs objectifs, Pierre Maudet et Olivier Jornot devront, s’ils veulent véritablement convaincre leurs électrices et leurs électeurs, prendre en compte les causes sociales qui permettent l’expansion de la délinquance. Leur tâche la plus pressante, au-delà de la réforme des institutions judiciaires et de la reprise concrète de la police, est de cerner en amont les différents profils sociaux d’où proviennent les acteurs de la criminalité à Genève. Il n’y a pas de bon, de mauvais, ni même de héros ; il ne s’agit pas d’établir quelle catégorie de la population est dans l’illégalité pour ensuite la vouer à l’anathème. Il faut aider ces gens. Favoriser leur (ré)insertion dans la société. Leur tendre la main si besoin est. Et, en cas de nécessité seulement, utiliser la répression pour protéger la population. Mais de grâce, procédons par étape.

 

Grégoire Barbey

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29/08/2012

Eric Bertinat, un mauvais choix pour la Ville de Genève

Chronique 29.08.12 11h27

 

Le candidat UDC à l’exécutif de la Ville de Genève, Eric Bertinat, a dévoilé le pivot de son programme sécuritaire. Si le député et conseiller municipal était amené à reprendre le Département de l’environnement urbain et de la sécurité (DEUS), l’une de ses premières réformes consisterait à armer les agents de la police municipale (APM).  Nonobstant sa bonne volonté et son éventuelle accession au poste de conseiller administratif, Eric Bertinat ne serait pas en mesure de faire appliquer sa proposition. En effet, fournir des armes à feu aux APM nécessiterait une modification de la Loi cantonale. L’Entente a fait part de son désaccord avec cette position, ce qui semble avoir énervé le candidat UDC, qualifiant la droite modérée de « centre mou » sur son blog.

 

Si cette proposition d’armer les APM divise déjà la droite en Ville de Genève, il apparaît peu probable qu’une révision de ladite Loi soit envisageable pour permettre la réalisation de ce projet sécuritaire. De surcroît, la mise en application de cette réforme n’aurait a priori pas d’effets vérifiables sur la baisse de la criminalité à moyen terme. Certes, nous pouvons envisager qu’une police municipale armée ait un effet dissuasif sur quelques délinquants. Cependant, si ces potentiels criminels se laissent impressionner par un pistolet qui restera sagement dans son holster en cas d’intervention des APM, à moins d’un événement d’une exceptionnelle gravité,  alors ces individus constituent le menu fretin de la délinquance en Ville de Genève.

 

Mais au fond, cette stratégie repose peut-être une fois de plus sur un schéma politique propre à l’UDC. Il s’agit d’aller dans les extrêmes et d’apporter des propositions disproportionnées, voire irréalisables (comme Eric Stauffer lors de sa candidature au Conseil d’Etat en juin dernier, et sa volonté d’enfermer les délinquants dans des cages disposées à Cointrin), pour ensuite plaider devant le Peuple être la seule formation politique qui « ose » proposer de « vrais réformes » en matière de sécurité. Avec une droite divisée, il devient alors possible pour Eric Bertinat de faire valoir son courage et sa volonté d’améliorer la situation, contrairement à ses collègues de centre-droit qui se contentent d’émettre des propositions plus consensuelles.

 

Tout cela repose encore et toujours sur la manipulation de la population. Pour atteindre son objectif qui est, comme tout parti gouvernemental, d’entrer dans l’exécutif d’une commune ou d’un canton, l’UDC a recours et ce depuis ses débuts à des stratégies de communication qui la mettent systématiquement en opposition avec les autres forces politiques traditionnelles. Plutôt que d’orienter son discours sur un pragmatisme qui consisterait à établir des constats sur des faits concrets pour ensuite proposer des solutions réalistes, l’UDC cherche à toucher l’électorat dans ce qu’il a de plus vulnérable : ses émotions.

 

C’est évidemment plus aisé de pointer du doigt des problèmes et d’y apporter des solutions extrêmes. Les gens y sont plus sensibles car ces hypothétiques changements sont simplifiés et parlent ainsi à tout le monde, même à celles et ceux qui ne connaissent pas les arcanes d’une thématique particulière. Mais cette stratégie a un coût, celui de la crédibilité de l’UDC, qui, bien qu’elle soit parfois prise au sérieux par le corps électoral, n’en est pas moins en confrontation avec les autres formations politiques. En termes de collégialité et d’efficacité gouvernementale, ça n’a aucun effet positif.

 

Au final, Eric Bertinat n’est guère plus original qu’Eric Stauffer, et ses propositions ne diffèrent pas des autres sections cantonales de l’UDC. C’est pourquoi il est profitable de tenir ce monsieur à l’écart du Conseil administratif de la Ville de Genève, et que tant que les représentants de l’UDC proposeront dans la République et canton de Genève des solutions en totale inadéquation avec la réalité, les exécutifs communaux et cantonaux se porteront mieux sans eux.

 

Grégoire Barbey

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24/08/2012

En réponse à l'indignation d'Olivier Francey

Chronique, 24.08.12 09h44

 

Apparemment, mon dernier article, titré « La presse et la stigmatisation » n’a pas plu à certains journalistes, dont Olivier Francey. Celui-ci s’est fendu d’un billet sur son blog afin de pourfendre le malotru que je suis, et punir mon outrecuidance, celle de m’être exprimé librement. Un outrage que je ne m’explique pas. Mais, pour faire amende honorable, je vais dès à présent étayer mon propos.

 

Nous sommes dans une période de crise. À Genève, le paradigme instauré par le Mouvement citoyen genevois est d’accuser, en grande partie, les frontaliers des maux que connaissent les résidents locaux. Bien souvent, cette simplification trouve une certaine résonnance au sein de la population. Eric Stauffer, lors de la dernière élection en date, à savoir le 17 juin, a raflé 27% des voix, si je me souviens bien. C’est quand même un chiffre à ne pas prendre à la légère. Près d’un tiers des électeurs et des électrices sont prêts à faire élire cet individu.

 

Ce que je souhaitais soulever dans mon article, peut-être avec maladresse, était l’importance de ne pas donner du grain à moudre au discours de cette formation politique. En l’occurrence, et contre l’opinion de monsieur Francey, je suis intimement convaincu que cette précision était inutile. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à m’en être offusqué. Fabiano Forte, et d’autres personnes sur Facebook, ont mentionné leurs suspicions quant à cette mention.

 

Je continue dans mon argumentation. Si les résultats d’enquête mettaient en avant le fait que l’agent de sécurité s’en était pris à Stauffer pour des motivations politiques, alors préciser qu’il s’agit d’un travailleur frontalier aurait eu tout son sens. En l’état, si je ne m’abuse, aucune preuve ne permet d’affirmer ou d’infirmer cette thèse. Il va donc de soi que cette précision était vraisemblablement secondaire. De surcroît, mentionner que le personnage est frontalier peut avoir des conséquences délicates. À voir les commentaires sur l’article de presse en question, certains internautes ont fait le rapprochement. Et c’est justement ça qu’il fallait éviter, si rien ne démontre qu’il y a un véritable lien de cause à effet.

 

Il semble pourtant dérangeant que je m’ose à la critique d’un tel comportement. C’est vrai qu’en termes d’opinion, notre cher Olivier Francey est cantonné sur son blog à devoir rédiger des textes qui n’en expriment pas. Ou si peu. Et de me voir prendre cette liberté sans que quiconque me l’ait octroyée, ça doit décidément être difficile à avaler. Je ne veux guère polémiquer ici. Ce que je constate, et c’est pourquoi j’avais rédigé cet article, c’est qu’il devient de plus en plus fréquent que des journalistes précisent, sûrement plein de bonnes intentions, la provenance ou l’origine d’un individu.

 

Être frontalier, ce n’est pas une information essentielle, sauf dans certains cas de figure. Ce n’est même pas une origine, une nationalité ! Est-ce devenu si politiquement incorrect de travailler dans un pays autre que celui où nous résidons ? J’espère que non. L’ouverture des frontières, et c’est Economiesuisse qui le dit – difficile de suspecter cette organisation de gauchisme extrême –, a eu des répercussions excessivement positives sur la croissance économique de la Suisse.  Ce n’est pas parce qu’une formation politique, quelle qu’elle soit, a décidé de faire son fonds de commerce sur la stigmatisation* des travailleurs frontaliers qu’il faut suivre la même voie et rentrer dans cette spirale infernale de la dénonciation et la discrimination. Pour moi, c’était une information de trop. Navré, monsieur Francey. Puissiez-vous, un jour peut-être, me pardonner mon culot d’avoir osé publier mon avis.

 

Grégoire Barbey

 

 

*Utilisation volontaire du mot « stigmatisation », qui semble tant plaire à Pascal Décaillet puisqu'il le qualifie sur son profil Facebook de gnangan ainsi que de sentir le patchouli socialiste gentillet.

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Le silex étincelant des idées

 

Je poursuis mes entretiens avec le journaliste Pascal Décaillet. 24.08.12 10h44


GB – Quel est le rôle d’un journaliste au sein de notre société, Pascal ? Je m’interroge sur cette épineuse question depuis des lustres. Et aujourd’hui, plus que jamais, je puis légitimement me la poser, car c’est cette voie-là que je désire suivre. C’est pourquoi je vous le demande, vous qui avez de la bouteille dans ce domaine. Informer comprend également certains risques, n’est-ce pas ?

 

PaD – Il y a tant de fonctions dans le journalisme ! Assurément elles évoluent avec les sociétés: nous ne sommes plus à l’époque de Théophraste Renaudot, ni même à celle des Illusions perdues, de Balzac, dont l’un des personnages est un célèbre journaliste. Ni, non plus, dans cette extraordinaire effervescence du tournant des deux siècles (19ème, 20ème), Affaire Dreyfus, Zola, Barrès, qui fut le sommet de la presse militante. En 2012, au moment où vous vous lancez dans le métier, la presse est au coeur d’une mutation sans précédent. Mais elle le fut toujours, à bien scruter son Histoire.

 

GB – Je n’en doute pas. Je suis peut-être idéaliste. Ou alors totalement déconnecté de la réalité, je n’en sais rien. Nous sommes des êtres humains, qui avons chacun nos propres référentiels, ce qui, inévitablement, a des conséquences sur l’orientation de nos propos. Je crois vraiment, peut-être à tort, que le métier d’informer comporte des devoirs, notamment celui de réfléchir à l’information délivrée. Mais il semble que ma pensée ne soit pas dans l’air du temps, eu égard aux réactions qu’elle engendre.

 

PaD – Tout cela est codifié, dûment, et vous aurez largement l’occasion de vous y initier durant vos deux ans de stage (car je suis persuadé que vous le ferez, et deviendrez journaliste). L’information est-elle juste ? L’ai-je vérifiée sur plusieurs sources ? Quel est l’intérêt de ceux qui me l’ont donnée ? Surtout, j’ajouterai pour ma part: est-elle d’intérêt public? A cet égard, je ne supporte pas qu’on aborde la vie privée des gens. Et condamne sans relâche la dérive, dans ce sens, d’un quotidien romand du matin.

 

GB – J’ai déjà lu quelques ouvrages traitant du sujet. En effet, ces vérifications sont essentielles, en tout cas d’un point de vue théorique. Mais en pratique, après avoir discuté avec de nombreuses personnes qui sont dans le métier depuis longtemps – dont vous –, il apparait que l’ère du net a considérablement réduit le temps nécessaire à ces vérifications et aux interrogations que peuvent susciter la divulgation – ou non – d’une information spécifique. Dès lors, que faut-il faire pour veiller à respecter ces codes ?

 

PaD – Le net est un outil extraordinairement pratique. Il a révolutionné nos métiers. Pour ma part, je ne vois pas exactement en quoi le fait de disposer d’un ordinateur (plutôt que des vieilles machines à écrire sur lesquelles j’ai commencé, au Journal de Genève) devrait nous dispenser, lorsque nous travaillons sur une info exclusive, de procéder aux vérifications nécessaires. Mais vous savez, le fameux “intérêt de la source”, il n’est pas à questionner seulement sur les scoops. Mais sur toute donnée d’informations: pourquoi le Conseil d’Etat, tel jour, organise, sur tel sujet, telle conférence de presse ? Vous y découvrirez que ces grands-messes aux allures placides sont toujours des actes de pouvoir, de monstration, de majesté. Beaucoup, hélas, recrachent tels quels les propos du pouvoir. Ce qui est un métier (fort honorable, d’ailleurs) de porte-parole. Mais pas de journaliste.

 

GB – Nous sommes d’accord sur ce point, vous et moi. D’ailleurs, lorsque je vous regarde interviewer certains politiciens sur Leman Bleu, je prends toujours beaucoup de plaisir à vous voir leur poser des questions embarrassantes. C’est cela que j’aime. Vous partagez ma position qui est de ne pas caresser le pouvoir dans le sens du poil. Il ne faut pas non plus le conspuer à tout va. Mais il est impératif de l’interroger, de le remettre en question. Pour moi, c’est cela, le métier de journaliste. D’un point de vue intellectuel, ce domaine est passionnant. Pour chaque information, des dizaines de questions s’interposent. J’aime ça.

 

PaD – Il me semble primordial que chacun ait un regard. Nous assisterions, vous et moi, à un même événement. Mais nos articles, assurément et c’est tant mieux, ne seraient pas les mêmes. Une fois l’info donnée, il y a toute la dimension que chaque sensibilité viendra lui donner. Et surtout, osons le commentaire. Un journaliste, ça n’est pas un eunuque. Ca n’est un douanier (qu’avez-vous à déclarer ?). C’est quelqu’un qui propose une vision. Mais sur ce point, comme vous avez commencé par cela, jouant un peu avec les charrues et les boeufs, je n’aurai pas grand peine à vous convaincre.

 

GB – Oui, et en l’occurrence mes opinions semblent parfois déranger certains individus qui exercent ce métier. Les commentaires, et je le regrette, sont bien souvent proscrits, à moins d’être indépendant, comme vous. Il faut se contenter, hypocrisie totale, de transcrire l’information. Comme s’il y avait une objectivité quelconque dans cette façon de faire. Rien de tout cela n’est vrai, et j’espère un jour qu’en Suisse, d’autres journaux tenteront, comme le fait le Courrier, l’expression d’opinions, fussent-elles en désaccord avec le plus grand nombre.

 

PaD – Le Courrier est un journal courageux, que j’admire, malgré l’océan qui nous sépare. De même, Gauchebdo. Je rêve que la presse romande retrouve le goût salé du combat, du verbe militant, du silex étincelant des syllabes et des idées, lorsqu’elles s’entrechoquent. Rejoignez cette profession. Vous en avez les qualités.

 

Grégoire Barbey + Pascal Décaillet

 

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23/08/2012

La presse et la stigmatisation

 

Chronique, 23.08.12 15h59

 

Dans un article publié aujourd’hui sur le site de la Tribune de Genève (23.08.12), l’auteur mentionne la provenance de l’agent de sécurité qui avait sprayé Eric Stauffer lors des Fêtes de Genève. Dès les premières lignes, nous apprenons qu’il s’agit d’un frontalier. Le Courrier (09.08.12) s’est déjà fendu d’un éditorial vitriolé sur la question qui consiste à savoir s’il faut ou non préciser l’origine des délinquants et autres lors de la publication d’articles journalistiques. Un éditorial avec lequel je suis en parfaite adéquation.

 

Il serait néanmoins intéressant de réfléchir à l’objectif du journaliste qui tient à préciser ce fait. A-t-il imaginé, l’espace d’un instant, que l’agent de sécurité s’en est pris à Eric Stauffer parce que celui-ci fait ses choux gras en discriminant les frontaliers ? Si tel est le cas, est-ce son rôle d’investiguer sur cette possibilité ? Pas que je sache. Pour ma part, c’est un dérapage que je trouve véritablement honteux, pour ne pas dire scandaleux. En effet, bien que je ne sois pas un adepte de l’idéologie selon laquelle les journalistes se doivent d’être impartiaux (c’est, à vrai dire, une théorie qui me semble totalement déconnectée de la réalité), il me semble essentiel, sinon vital, que les personnes exerçant ce métier fassent de la réflexion leur modus operandi avant la publication d’un quelconque article.

 

Par exemple, à vouloir donner trop d’informations, quels sont les risques encourus ? N’est-ce pas la question que devrait se poser tout un chacun avant d’écrire n’importe quoi ? Car pour moi, il est évident que cette précision biaise l’analyse des lectrices et des lecteurs. Les médias incarnent depuis des lustres le « quatrième pouvoir », et doivent en conséquence prendre la mesure de la tâche qui est la leur, à savoir interroger le pouvoir en place, et non s’y conformer aveuglément. Et là, une partie de ce pouvoir tente de pointer du doigt des minorités en prétendant agir en faveur des petites gens. En acceptant, consciemment ou non, de rentrer dans ce jeu, la Tribune de Genève, régulièrement habituée à mentionner l’origine des délinquants, offre à ces sombres personnages qui manipulent les émotions du peuple une assise qu’ils n’obtiendraient pas sans cette connivence avec le monde médiatique.

 

Nous ne devons pas tolérer d’être ainsi orientés par des organes de presse qui, de par cette attitude, deviennent des organes de propagande politique. Il nous faut attendre mieux des médias. J’avais lu il y a quelques temps une étude qui mettait le doigt sur l’érosion de la confiance des gens dans leurs journaux. À voir certaines de ces feuilles de choux, cela n’est guère surprenant. Et cela démontre même qu’une part importante de la population ne se laisse pas berner docilement. Mais pour tous les autres, qui se font prendre au piège, il est important d’œuvrer de sorte à proposer des articles de qualité, en évitant d’y distiller ses propres suspicions. Parce qu’en l’occurrence, préciser que tel ou tel est frontalier ou maghrébin, ça n’intéresse personne. Et ça réveille des mécanismes émotionnels qu’il vaudrait mieux tenir à l’écart.

 

Grégoire Barbey

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Rien n'est drôle - sauf ce qui est drôle

Suite de mes entretiens avec le vieux pince-sans-rire Pascal Décaillet. 23.08.12 13h17


PaD – Je n’aime pas les humoristes. Ils ne me font pas rire. Et se révèlent souvent, dans la vie, des personnages sinistres. Le saviez-vous ?
 
GB – Serait-ce mon actuel engagement au sein de Vigousse qui vous fait aborder ce sujet, cher Pascal ? Je ne connais pas suffisamment d’humoristes pour souscrire à vos propos, malheureusement.
 
PaD – J’aime l’humour, mais pas les humoristes. C’est très impopulaire de dire cela, je sais, mais j’assume.
 
GB – Pourtant je vous connais une admiration profonde pour Eric Stauffer et Philippe Nantermod…

PaD – Il existe, en France, une chaîne continue qui ne diffuse que des sketches humoristiques. Au premier (si on tombe bien), on rit aux larmes. Au deuxième, un peu moins. Après dix minutes, pour ma part, et quel que soit le génie des auteurs, je suis pris d’une nausée. Je crois que l’humour est une grâce, elle doit surgir de l’imprévisible, évidemment là où on l’attend le moins. Mais la production industrielle d’humour, non merci. C’est pourquoi je m’interroge sur ceux qui en font métier. J’en admire certains. Mais ne les envie pas.


GB – Pour ma part, je me suis souvent ennuyé durant les sketchs de certains humoristes. D’autres m’ont fait rire. Mais qu’importe, que cela soit l’humour ou des domaines tout à fait différents, il s’agit aujourd’hui de produire, pour répondre à la demande, et augmenter ses bénéfices. Peut-être est-ce cette course à la création qui dénature toute chose.


PaD – C’est le statut d’humoriste qui m’intéresse. Se lever le matin en se disant: «Je vais faire rire. Je vais produire de l’humour. J’ai intérêt à être drôle, sinon je perds mon job». Je trouve cela totalement horrible, angoissant. Et à la limite du sinistre. C’est une chose, profondément, qui me fait peur. Contraire à la grâce de l’imprévisible. Je n’aimerais pas être à leur place. Je ne trouve pas, à la vérité, que l’humour soit drôle. Les humoristes, encore moins. Remarquez que moi-même, je ne me trouve pas drôle du tout.


GB – C’est pourtant un métier comme un autre. Vous connaissez sûrement l’adage «panem et circenses». Les gens aiment l’humour. Être distraits. Dès lors, l’humoriste est investi d’un rôle essentiel dans la cohésion sociale, car il permet à monsieur et madame tout le monde d’oublier leurs petits problèmes quotidiens. Les tracasseries du matin. Ces mécènes du rire voient peut-être leur tâche différemment. Ils se disent, avec une certaine fierté, qu’ils vont permettre à des personnes de passer un moment agréable. Tout simplement. Non ?

PaD – L’humoriste serait donc un assistant social. Je veux bien. Mais c’est la question du talent qui me tarabuste. Se lever le matin avec pour tâche de produire de l’humour ne résout pas l’imprévisible de la grâce. Et cela, les humoristes doivent bien le savoir. Et l’immensité de cette angoisse (vais-je être drôle ?), je ne sais pas comment ils peuvent l’assumer. La question se pose aussi pour le poète. Pour l’amant. Le soupirant. Mais là, c’est encore moins drôle. Voulez-vous que je vous dise: rien n’est drôle. Sauf ce qui est drôle.

GB – Les humoristes ont leurs astuces, comme tous les corps de métier. À force d’exercice, ils savent ce qui fonctionne infailliblement, et en cas de doute, ils sortent leurs jokers, afin de ne pas perdre la main. Mais si rien n’est drôle, sauf ce qui est drôle, la vie vaut-elle la peine d’être vécue ?

PaD – L’astuce, c’est bon pour la mécanique du rire, celle qu’on nous décrit depuis l’Antiquité et qui a intéressé les plus éminents philosophes, dont bien sûr Bergson. Mais l’astuce – en humour, comme en écriture, comme en amour – ne garantit pas l’imprévisible de la grâce. L’une de mes filles m’a annoncé hier être tombée face à un chamois, en pleine forêt. J’aime. Ca n’est pas drôle. Mais c’est une grâce.

GB – Alors de grâce, Pascal, dorénavant, essayez d’être drôle !


Grégoire Barbey + Pascal Décaillet

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21/08/2012

Le profil décrypté des migrants de l’Arc jurassien

Article paru dans L'Agefi du lundi 20.08.12, 21.08.12 10h26

 

 

Les migrants français ont un niveau de formation élevé. Au contraire des suisses qui s’établissent en France.


 

Comment évolue le développement des régions transfrontalières en conséquence de la redéfinition des frontières nationales ? C’est sous l’angle de différentes formes de mobilité que Géo-Regards tente de répondre à cette question. La revue neuchâteloise de géographie explore les effets liés à l’accroissement de la mobilité des biens et des personnes entre les Etats et les régions. Le numéro spécial contient un recueil d’analyses effectuées par des chercheurs francophones sur ces thématiques. L’un des articles, cosigné par des chercheurs de l’Université de Neuchâtel et de l’Université de Franche-Comté, se focalise sur la mobilité résidentielle transfrontalière au sein de l’Arc jurassien franco-suisse, entre le département du Doubs et le canton de Neuchâtel.


Davantage présents dans les régions francophones et dans les cantons urbains, les ressortissants français en Suisse étaient 88.213 en 2008 selon l’OFS. Cet effectif a fortement augmenté entre 1991 et 2008 (+36.000;+68%). Les individus concernés par la migration sont majoritairement des jeunes adultes. 57,3% des migrants ont entre 20 et 40 ans, tandis que les ménages d’une personne seule représentent 37% et les couples sans enfant 29,1%. Ils se caractérisent par un niveau de formation élevé. Près de deux tiers sont au bénéfice d’un titre universitaire.


Le rôle du marché du travail dans les flux migratoires depuis la France occupe une place prépondérante attestée par la part importante d’actifs occupés dans l’échantillon (69,7%) dont la quasi-totalité travaille en Suisse (285 sur 288). Les motivations principalement évoquées sont les raisons personnelles (transition dans le parcours de vie) et le rapprochement du lieu de travail pour les doubiens. Pour le reste du territoire français, la recherche d’un nouvel emploi en est la raison première, avec en seconde position ces mêmes arguments personnels. Rares sont les ménages à avoir établi un budget comparatif global avant d’opérer un tel changement de contexte institutionnel. L’attitude la plus fréquente consiste soit à comparer de manière ponctuelle certains coûts, soit à s’assurer que le salaire perçu en Suisse suffit aux aspirations du ménage.


Concernant les flux résidentiels de la Suisse vers la France, l’effectif des ressortissants helvétiques est passé de 137.528 à 179.106 entre 1995 et 2009, toujours d’après l’OFS. Cela représente une croissance globale de 30% ou une augmentation annuelle moyenne de 2970 personnes. Selon le recensement de la population de l’INSEE français, 33.353 personnes sont arrivées en France depuis la Suisse entre 2000 et 2006, dont 2018 qui ont choisi la Franche-Comté (soit une proportion de 6%). Les migrants sont majoritairement des couples trentenaires avec deux ou trois enfants qui ne sont en général pas encore scolarisés. Selon l’échantillon des chercheurs, les mouvements résidentiels tendent à diminuer avec l’âge. En termes de profil socio-économique, les individus qui font le choix de migrer sont essentiellement des ouvriers (56% de l’échantillon), alors que les cadres et les techniciens supérieurs représentent une proportion de 40%. La plupart des migrants (25 sur 37) vivent dans des couples où les deux partenaires travaillent en Suisse, garantissant un pouvoir d’achat élevé au ménage.


Ces nouveaux frontaliers cherchent en outre à ne pas trop s’éloigner des pôles d’emploi helvétiques, ce qui renforce le fort développement résidentiel à proximité des points de passage de la frontière. Pour la plupart des migrants, être propriétaire représente un placement financier maîtrisable dans le temps tout en étant perçu comme plus rationnel que le paiement d’un loyer. Ainsi, 17 ménages sur les 20 interrogés désirent migrer pour accéder à la propriété. Parmi les éléments qui incitent les ménages à franchir la frontière, le niveau des prix du foncier et les coûts de construction plus faibles en France sont des motivations importantes. La plus grande tolérance des banques françaises au financement d’un bien immobilier, et en particulier sur le montant de l’apport personnel, est également mise en avant. Par les ouvriers en premier lieu. Finalement, les couples biactifs bénéficient en devenant frontaliers des avantages offerts par la souscription d’un prêt hypothécaire en devises tout en utilisant leur deuxième pilier pour une partie du financement.


La mobilité résidentielle transfrontalière s’explique donc par une combinaison de trois logiques: une logique socioculturelle, une logique spatiale et une logique fonctionnelle. Cet ensemble de logiques montre en définitive une forme de filtrage migratoire qui devrait limiter l’extension de ce phénomène ces prochaines années.

 

Grégoire Barbey

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16/08/2012

L'instrument favorisant la transparence politique

 

POLITNETZ. La start-up mise sur une stratégie de diffusion pour étendre ses activités en Suisse romande.

 

Politnetz, la plate-forme web entièrement consacrée à la politique en Suisse alémanique va s'étendre sur le territoire romand. Le site connaît un succès croissant depuis sa création en 2009, avec près de 19.000 membres actifs, dont plus de 2700 sont des politiciens. La start-up compte aujourd'hui sur Raphaël Leuenberger, anciennement responsable de Smartvote romandie pour étendre son activité en Suisse occidentale. Pour ce faire, ce titulaire d'un master en sciences administratives a mis en place une stratégie de diffusion, qui consiste à vendre leur produit aux Parlements cantonaux et communaux. Il s'agit d'un outil interactif offrant aux internautes la possibilité d'afficher l'ensemble des résultats d'une votation parlementaire. Ceux-ci peuvent être triés par canton, par parti, et par individu. Le site du Parlement fédéral a déjà contracté un partenariat pour s'en servir.

Raphaël Leuenberger prend parallèlement contact avec des politiciens de l'arc lémanique pour susciter leur intérêt concernant les possibilités offertes par le site. Parmi eux, les genevois Mauro Poggia et Pierre Weiss ont déjà assuré qu'ils participeraient volontiers lorsqu'il sera traduit en français. A terme, l'objectif est de devenir une plate-forme de discussion incontournable pour les politiciens et les citoyens, favorisant ainsi la transparence politique.

En outre, le site offre un service «blog» qui permet aux membres inscrits de publier librement des articles. Ils peuvent également se connecter via leur profil Facebook. Il est toutefois à noter que les modérateurs peuvent en limiter l'accès en cas d'utilisation abusive. Enfin, si l'outil atteint ses objectifs sur l'ensemble de la Suisse, un développement international semble tout à fait envisageable.

 

Grégoire Barbey

Article paru dans L'Agefi du mercredi 15 août 2012

09:00 Publié dans Journalisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : l'agefi, grégoire barbey, politnetz |  Facebook | | | |

12/08/2012

À mes lectrices et mes lecteurs

 

Information, 12.08.12 17h12

 

Chères lectrices, chers lecteurs,

 

Je tiens à vous informer que mon blog risque de ne pas être mis à jour les cinq prochaines semaines, car j'entreprends consécutivement deux stages au sein de rédactions (à l'AGEFI puis chez Vigousse), ce qui impactera de façon significative mon temps libre, les bureaux de ces journaux se situant à Lausanne. Et, selon toute vraisemblance, il se pourrait que je sois amené à devoir cessé mon activité sur cette plate-forme définitivement.

 

Il va sans dire qu'au cas où les événements évoluent dans cette direction, je vous avertirai sans délai. Permettez-moi de toutes et tous vous remercier pour votre assiduité, et l'intérêt que vous m'avez témoigné tout au long de ces derniers mois où je me suis évertué, tant bien que mal, à vous proposer des articles de qualité, quand bien même cette appréciation reste intimement subjective. Je continuerai, cela va sans dire, à écrire, mais n'aborderai peut-être plus les mêmes sujets...

 

Encore une fois, je vous fais part de mon immense gratitude, car le succès que mon blog a connu (une dizaine de millier de visiteurs mensuellement!) est essentiellement dû à un lectorat fidèle et régulier. Je suis infiniment flatté d'avoir suscité un tel engouement, et espère ne pas devoir, dans la mesure du possible, fermer boutique, tant j'aime cet échange, même silencieux, que nous avons, vous et moi.

 

Néanmoins, je suis toujours disponible si vous désirez prendre contact avec moi, soit par e-mail : gregoire.barbey@gmail.com, soit via mon profil Facebook ou ma page Twitter, tous deux régulièrement mis à jour.

 

Avec mes sincères remerciements,

 

Grégoire Barbey

17:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : absence, information |  Facebook | | | |

09/08/2012

La fugue des chiens fous

Suite de mes entretiens avec le journaliste Pascal Décaillet, aujourd'hui en plein dans l'actualité politique de la Ville de Genève, 09.08.12 15h16

 

PaD – Malgré ma grande sympathie (qui lui demeure acquise) pour la candidature de Jean-Marc Froidevaux, je dois avouer que l’obstination d’Olivier Fiumelli à se maintenir, ne pas se laisser faire, force le respect. Il montre qu’il a très envie: pour un candidat, c’est une vertu cardinale.

 

GB – Oui, il a un sacré mérite, et je suis l'évolution de sa candidature avec beaucoup d'assiduité. Tenez, il ne s'est jamais laissé démonter, quand bien même son parti l'a désavoué en l'ignorant totalement. D'ailleurs, sa persévérance pourrait bien payer, puisqu'il a déjeuné avec Pierre Maudet. Ce dernier a peut-être revu sa position quant à une candidature unique de l'Entente. Fiumelli pourrait-il remporter l'élection, d'après vous ?

 

PaD – Je n’en sais rien. Je n’ai aucune idée de l’issue de cette élection, nous en sommes encore trop loin. Mais les deux candidats PLR me plaisent. Les deux montrent une puissante envie d’aller au combat, ça fait plaisir à voir. Aucun des deux ne se laisse décourager. En politique il faut non seulement avoir envie d’être élu, mais aussi envie d’être candidat.

 

GB – Tout l'intérêt d'Olivier Fiumelli et de Jean-Marc Froidevaux réside dans l'éventualité de mettre en échec la stratégie mise en place par les appareils politiques du PDC et du PLR. Arriveront-ils à convaincre les leurs ? Si le déjeuner de Fiumelli et Maudet a fait changer d'avis le nouveau conseiller d'État, les jeux ne sont pas encore terminés.

 

PaD – J’espère, pour M. Fiumelli, que la cuillère, lors de ce repas que vous mentionnez, était assez longue. Il est des commensaux dont il faut diablement se méfier. Ce qui est extraordinaire, avec ce duo de candidats têtus qui se maintiennent contre vents et marées, c’est qu’ils agissent, comme vous le relevez, contre les préceptes et consignes de leur propre formation. Laquelle roule pour le candidat d’un autre parti ! Surréaliste. Sacrés personnalités, ces Froidevaux et Fiumelli: des têtes de lard ! Donc, exactement ce qu’il faut pour siéger, seul de droite, face à quatre de gauche. Ils ont le profil !

 

GB – Oui, il faut des personnalités fortes pour siéger à quatre contre un, c'est sûr ! Et je trouve très bien que ces deux-là s'opposent à cette politique de manigances. Raisonnablement, nous pouvons estimer que le PDC a le droit de prétendre au siège. Mais ces combines, dans l'ombre et cachées des électeurs, m'exaspèrent. Je discutais avec Froidevaux, il y a peu, et nous partageons une même vision : c'est à l'électeur, et à lui seul, de désigner qui le représente. Non l'inverse. C'est ça, non, la démocratie ?

 

PaD – Ah bon, il y a un candidat PDC, en plus ? Je m’y perds ! Mais le poste laissé vacant, celui de Pierre Maudet, était bien un poste PLR, non ? L’un des rares dont ce parti dispose encore dans l’exécutif d’une grande ville suisse.

 

GB – Il y a deux candidats PDC : Guillaume Barazzone, qui abandonnera si le PLR ne soutient pas sa candidature, et Alain de Kalbermatten, qui sera présent pour porter les couleurs de son parti si le PLR renonce à sa promesse – dont il ne faut pas parler – et qu'il envoie l'un de ses deux prétendants. Compliqué ! En tout cas, si le PLR cède son siège, il risque d'en perdre un second lors des élections cantonales de 2013. Au profit, peut-être, d'un deuxième PDC. Je verrais bien Serge Dal Busco et Luc Barthassat au Conseil d'État. Rochat ne repassera pas, de toute façon. Et le PLR, survivra-t-il ?

 

PaD – Ah bon, il y aurait eu des promesses ? Je n’en reviens pas ! Ca change évidemment tout, parce que les promesses, en politique, sont toujours respectés à la lettre, c’est bien connu. Quel que soit le commensal. Et quelle que soit la longueur de la cuillère. Dans ces conditions je serais reconnaissant à MM Froidevaux et Fiumelli de bien vouloir retirer, séance tenante, leurs candidatures. Et venir demander pardon. Comme des chiens fous. Qui, après une courte fugue, retournent vers le collier du Maître.

GB – Oui, il y a eu des promesses, c'est un fait, que certains ne veulent pas reconnaître. Parce qu'au fond, les promesses n'engagent que ceux qui y croient. J'aime les chiens fous, les personnes imprévisibles, et c'est pourquoi je suis satisfait de voir des candidats à contre-courant comme MM. Froidevaux et Fiumelli. S'ils peuvent, par leur action, scier les dents longues d'un certain personnage, ma joie n'en serait que plus grande. À bon entendeur, et que le meilleur gagne !

 

Grégoire Barbey + Pascal Décaillet

15:52 Publié dans Débats pascaliens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiumelli, froidevaux, barazzone, kalbermatten, maudet, plr, pdc, élections |  Facebook | | | |