Gregoire Barbey

14/09/2012

Le Comité directeur du PDC revoit sa stratégie pour la Cour des comptes et désavoue Delphine Perrella Gabus

 

Chronique, 14.09.12 15h08

 

Lors de son assemblée du Comité directeur en date d’aujourd’hui, la présidence du PDC genevois a redéfini sa stratégie pour la Cour des Comptes, dont l’élection se tiendra le 4 novembre prochain : les membres du Codir ont accepté d’abandonner leur soutien à la candidate du PDC Delphine Perrella Gabus au profit d’Isabelle Terrier (PLR). C’est pourtant le même Comité directeur qui avait préavisé Perrella Gabus il y a quelques semaines. Et mardi dernier (04.09.12), l’Assemblée générale lui donnait son feu vert pour briguer le siège de titulaire à la Cour des Comptes.

 

Il faut néanmoins savoir qu’en parallèle, le PLR s’est exprimé en faveur d’une liste unique gauche-droite afin de dépolitiser l’institution, selon leurs dires. De fait, Alain-Dominique Mauris, président du parti Libéral-Radical, a souhaité auditionner Delphine Perrella Gabus pour prendre sa décision quant à sa possible candidature avant que les membres du PDC ne se prononcent officiellement. Ce que le parti Démocrate-chrétien a refusé. C’est seulement après sa désignation par l’Assemblée générale de son parti que la candidate PDC a pu être entendue par le Comité directeur du PLR. Malheureusement, Delphine Perrella Gabus n’a pas convaincu ce dernier.

 

Dès lors, les pontes du PLR sont allés chercher une candidate maison, en la personne d’Isabelle Terrier, pour le poste de titulaire. Dans cette situation, deux solutions s’offrent au PDC : soutenir la candidature de Delphine Perrella Gabus, et donc s’opposer à une élection fermée (sur liste unique gauche-droite), ou la désavouer et se rallier au PLR pour sauver la stratégie d’une Cour des Comptes dépolitisée. L’Assemblée des délégués du PDC qui se tiendra le jeudi 20 septembre prochain décidera de la tournure des événements.

 

Il est à noter toutefois qu’au départ, il était entendu que le PDC puisse placer un candidat à un siège de titulaire, puisque Stéphane Geiger (lui-même PDC) ne se représentera pas à son poste actuel. Bien que la stratégie affichée par le PLR soit de dépolitiser la Cour des Comptes, il semble que les négociations et décisions en cours soient au contraire plus politisées que jamais. Quelle sera la réaction des membres du PDC lorsque la présidence du parti leur annoncera son intention : ne plus soutenir Delphine Perrella Gabus, avalisée par l’ensemble de son parti, et céder le siège à un autre candidat qui n’est pas issu des rangs du PDC ? Enfin, une question intéressante peut être posée en ces termes : le PDC est-il soluble dans l’Entente ?

 

La réponse à cette question tombera le 20 septembre. D’ici-là, ce Conte de fées pourrait bien réserver d’autres surprises. Avis aux amateurs.

 

Grégoire Barbey

23:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

Commentaires

Ce n'est pas joli,joli.

Écrit par : Chauffat Albert | 14/09/2012

La position courageuse du comité du comité du PDC m'inspire quelques remarques :
1. L'élection à la Cour des Comptes serait apolitique. La belle blague ! Tout ce que veut le PLR, c'est gagner un poste. Rien d'apolitique la-dedans.
2. La position du PDC n'a rien d'apolitique non-plus. En s'apprêtant à baisser les culottes devant le PLR, elle démontre simplement faire dans celles-ci à la perpective que le PLR puisse lâcher le mignon Barrazzone dans la campagne pour l'exécutif de la Ville de Genève. Cette crainte est totalement irrationne(n'est-ce pas le PLR qui a choisi ledit Barrazzone) et démontre la "trouille" des instances dirigeantes de ce parti. Et puis, en vue des élections du Conseil d'Etat, qui a le plus à perdre ? Le PLR et ses trois magistrats ou le PDC ?
3. Une liste "gouvernementale", constituée d'un Vert, d'un rose et d'un candidat de l'Entente ? Bravo le copinage ! Je rappelle que la mission de cette Cour est de contrôler le gouvernement.
Mais il y a plus. Rappelons-nous : lorsque, l'an dernier, les libéraux avaient voulu faire liste commune avec l'UDC pour le conseil administratif de la Ville, ça avait tourné au psychodrame. Et aujourd'hui, le PLR (ou le PDC) ferait liste commune contre le candidat UDC, candidat qu'il avait d'ailleurs soutenu lors de l'élection partielle à la Cour des comptes en 2011 ? C'est à n'y plus rien comprendre.
3. Le PLR veut que l'Entente ne présente qu'un seul candidat à la Cour des comptes ! En d'autres termes, pour garantir son siege, ce parti n'envisage pas de tenter, avec l'Entente, de reprendre la majorité à la Cour des comptes. Curieuse conception du rôle d'un parti que de renoncer d'emblée à gagner une élection. Il est vrai que c'est plus facile, pour gagner un siège (au détriment de son allié PDC) de se présenter sur une même liste avec la gauche...
Pourquoi une liste comprenant un candidat PLR et un candidat PDC ne lui convient-elle pas ? Aurait-elle,peur de perdre ? Poser la question, etc.
4. La Cour des comptes, apolitique ? Ha ha ha... Il n'y à qu'à voir à quel point la Cour des comptes à majorité de gauche a régulièrement ciblé les entités dirigées par la droite depuis sa création.
L'assemblee du PDC, qui a décidé il y a quelques jours, à l'unanimité, de présenter un candidat, va-t-elle retourner sa veste et se coucher devant le PLR et trahir ses électeurs ? Ce ne serait pas la première fois, vous me direz...

Écrit par : Claude Hulliger | 15/09/2012

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