Gregoire Barbey

17/10/2012

Le mauvais calcul de l'Office fédéral des transports

 Chronique, 17.10.12 14h59

 

L'Office fédérale des transports étudie actuellement la possibilité de supprimer environ 177 lignes de trains régionaux, dont 60 dans les cantons romands. Ces tronçons ne sont pas jugés suffisamment rentables pour être conservés. En lieu et place des bonnes vieilles lignes ferroviaires : des bus. Parmi ces tracés régionaux visés par l'Office fédérale des transports, le RER « Genève – La Plaine », ou encore le tronçon « Neuchâtel – Chaux-de-Fonds ».

 

Pour l'instant, aucune décision n'a été prise formellement. Mais l'idée en elle-même peut paraître saugrenue. Les CFF sont tenus à l'article 3 alinéa 1 de la loi sur les chemins de fer fédéraux (LCFF) d'« offrir des prestations de transports publics, notamment dans le domaine de l'infrastructure, du trafic voyageurs régional ou à grande distance (...) ». Or, en voulant remplacer des lignes régionales par des bus, les CFF sortent clairement du cadre de leurs objectifs.

 

« Sabrer dans la mobilité publique est une étrange façon de maintenir une cohérence dans les rapports entretenus par les acteurs économiques. A l'heure où la notion de régionalisme fait gentiment son chemin dans l'esprit des politiciens et des citoyens. »

 

Par ailleurs, à l'heure où la notion de régionalisme fait gentiment son chemin dans l'esprit des politiciens et des citoyens, sabrer dans la mobilité publique est une étrange façon de maintenir une cohérence dans les rapports entretenus par les acteurs économiques. Ceux-ci empruntent très souvent des lignes de chemin de fer pour se rendre à leur lieu de travail. Les Suisses sont d'ailleurs les Européens qui voyagent le plus en train : 47 fois par an. Ainsi, la volonté de supprimer des tronçons importants pourrait engendrer des conséquences indésirables et inciter certains travailleurs à revoir leurs priorités.

 

En effet, l'exemple des transports publics genevois n'est pas pour rassurer le remplacement des lignes de train par des bus. Au contraire. Le temps perdu et le changement d'itinéraire seraient catastrophiques sur l'allocation de temps octroyée aux trajets domicile-travail. Et l'engorgement des centre-villes ne cesserait alors d'augmenter, puisque vivre en bordure extérieure n'offrirait plus des avantages comparatifs aussi intéressants. Et pour celles et ceux qui ne voudraient pas s'encombrer des désavantages d'un long voyage en bus matin et soir, la voiture serait l'option qui prévaudrait. Pourtant, le message d'aujourd'hui est totalement autre : il faut limiter les trajets en transports individuels. Ce qui peut être compréhensible.

 

Cette vision du service public est pour le moins particulière. Une telle suppression, si elle devait se concrétiser, aurait de nombreux impacts négatifs, et réduirait de façon drastique la mobilité des personnes. Une perception schizophrène, à l'heure où les zones suburbaines se développent massivement, et où les différentes localités s'imbriquent désormais dans un nouvel ensemble : la région. Gageons qu'une option ne verra pas le jour, aussi funeste est-elle pour le bien-être des personnes comme de l'économie locale.

 

 

Grégoire Barbey

15:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

Commentaires

@Greg ce n'est que supposition,un article sur l'hebdo va contredire tout ce qui a été écrit depuis ce matin.Les CFF n'ont pas encore pris de décision.C'est toujours la même chose,les lecteurs anticipent sur des incertitudes.Ils feraient mieux d'imiter Saint Thomas qui ne prenait pas des vessies pour des lanternes

Écrit par : lovsmeralda | 17/10/2012

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