Gregoire Barbey

02/11/2012

L'économie verte par la pratique: modèle de croissance durable

Article paru dans L'Agefi (02.11.12), 01.11.12 21h57


L’économie verte par la pratique


 

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Raphaël Grandjean. Le président et créateur de RG group est également l’un des leaders du parti des vert’libéraux dans le canton de Neuchâtel. Il est convaincu de la nécessité de combiner l’écologie et l’économie. Son groupe lui permet de mettre en pratique cette conviction au quotidien. Pour lui, l’entreprise, c’est le social par la pratique. Et l’innovation pourrait résoudre bien des problèmes de société.

 
 
Modèle de croissance durable

RG group. L’entreprise de technologies basée à Neuchâtel-Corcelles revendique une identité combinant écologie et économie.

 

RG group développe actuellement une borne de recharge électrique intelligente dans l’une de ses entreprises, RG Green Mobility. Elle permettra aux utilisateurs de libérer l’électricité à travers leur téléphone portable et sera principalement destinée aux collectivités publiques. L’utilisation de ce service sera directement facturée par l’opérateur. Le groupe, créé en 1995 à la Chaux-de-Fonds par Raphaël Grandjean (Président), a réuni en 2010 ses différentes sociétés à Corcelles, dans le canton de Neuchâtel. Le quartier général emploie une cinquantaine de personnes. Le holding est composé de quatre sociétés et d’une filiale domiciliée à Paris.

 

Raphaël Grandjean met l’accent sur la complémentarité. Ifrec est actif dans la distribution Européenne de marques et produits innovants, notamment des panneaux solaires, des produits électroniques de divertissement et des utilitaires grand public. Ifrec compte parmi ses clients les groupes Coop, Migros, MediaMarkt, Interdiscount, Manor ou encore Swisscom. RG Passion conçoit et produit des jeux et jouets originaux distribués dans le monde entier. Le Sixième Continent décline de son côté son activité sur des segments en plein développement: l’exploitation et l’édition de créations de marques et de concepts multi supports. France 5 et la RTS constituent ses principaux partenaires. Enfin, RG Green Mobility se concentre sur les concepts de mobilité verte.

 

Pour Raphaël Grandjean, la croissance économique de ces prochaines années se fera avec l’économie verte. «La sobriété de la consommation, la qualité des produits et la proximité de l’approvisionnement constitueront les trois moteurs essentiels de la jonction entre économie et écologie.» L’entrepreneur affirme que l’innovation peut résoudre de nombreux problèmes de société. Les revenus de RG group ne sont pas communiqués, mais la croissance sur dix ans est de l’ordre de 10% par année. Le franc a récemment contraint le groupe à renoncer à l’un de ses objectifs: rapatrier en Suisse les activités de production et d’assemblage des véhicules électriques basées en Europe. La croissance de la filiale de distribution Ifrec a nécessité l’engagement de dix nouvelles personnes depuis le début de cette année. Il existe aujourd’hui un département «Task Force» au sein de la R&D dont l’objectif est de créer les produits de demain.


«L’entreprise? Le social par la pratique»


Raphaël Grandjean s’est engagé en politique en créant la section du parti des vert’libéraux dans le canton de Neuchâtel. L’assemblée constitutive s’est tenue lundi dernier à la Croisée à Malvilliers, lieu symbolique de convergence entre haut et bas du canton.


Pourquoi créer ce parti aujourd’hui?

Le canton a besoin de se réinventer, de trouver des solutions inspirantes et innovantes et les Vert’libéraux souhaitent y contribuer pleinement. Neuchâtel traverse une crise grave. Les membres du comité observent la vie politique du canton de Neuchâtel depuis des années et veulent maintenant s’investir. Notre slogan, «Stimulez Neuchâtel!», représente bien la volonté qui est la nôtre: le canton doit retrouver son tonique des années passées.

 

Est-ce que cet engagement politique est en lien avec votre entreprise?

Non, les activités green au sens strict représentent moins de 3% de notre volume total. La fondation des vert’libéraux est une question de conviction ! On ne peut plus opposer l’écologie à l’économie et inversement. Il faut trouver des solutions, car en les opposant continuellement l’un à l’autre, on risque de perdre l’un et l’autre. C’est une attitude irresponsable.

 

Quel est selon vous l’avenir de votre parti?

Nous le voyons très positivement. C’est avant tout un parti de l’espoir, et il s’adresse à toutes les personnes de bonne volonté. Nous voulons dépasser les clivages habituels, promouvoir la concertation et encourager le dialogue. Notre objectif est de restaurer la grandeur de la réputation du canton.

 

Comment voyez-vous l’engagement politique des entreprises?

Notre société vit aujourd’hui dans une sorte de triangle infernal, composé de trois pôles: respectivement l’Etat, l’individu et l’entreprise. Les uns se reposent trop souvent sur les autres. Les individus comptent sur l’Etat pour leur fournir des infrastructures et un cadre de vie pérennes et sur les entreprises qui doivent leur proposer des produits de consommation qui répondent à leurs attentes. L’Etat compte sur les individus et sur les entreprises pour les recettes fiscales. Et enfin, l’entreprise compte sur les individus qui doivent s’investir dans la réalisation de leurs tâches et sur l’Etat pour leur donner un cadre protecteur et un maximum de liberté dans l’innovation. Il est temps de les réunir. L’entreprise, c’est le social par la pratique, comme j’aime à le dire.

 

Et vous, en tant que créateur d’entreprise, comment percevez-vous votre rapport à la politique?

Je suis avant tout un citoyen. En politique, il est nécessaire d’agir différemment qu’en tant que créateur d’entreprise. Ce n’est pas le même milieu, les règles sont différentes. Et le fonctionnement également. Je souhaite, par amour pour mon canton, qu’il retrouve sa dynamique oubliée. (GB)


Grégoire Barbey

18:00 Publié dans Journalisme | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

Commentaires

mariez vous ayez des enfants ceux-ci vous feront très vite perdre l'envie des belles théories jamais applicables sur le long terme.Ce genre de paroles étaient suffisamment claires pour nous faire comprendre que le mot futur qui était et reste encore inconnu de tous excepté les logiciels tous aussi menteurs que des arracheurs de dents ,fait partie des plus belles inventions pour imaginer n'importe quoi et surtout re-innover des peurs datant de l'antéchrist dont les mouvances sectaires adorent se gargariser et qui finiront par les étouffer comme la poule dans l'oeuf

Écrit par : lovsmeralda | 02/11/2012

Tout à fait d'accord avec le commentaire précédent, il y a la théorie et la pratique, c'est deux choses bien différentes, surtout quand on parle de panneaux solaires par exemple.

Écrit par : éco | 29/12/2013

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