Gregoire Barbey

16/11/2012

La taxe d'aide aux médias doit être exclue

Chronique, 15.11.12 20h25 (Publiée depuis mon iPad en Provence)

La Tribune de Genève en ligne citait récemment un expert autrichien en économie des médias. Celui-ci proposait l'instauration d'une taxe pour venir en aide à la presse actuellement en proie à de réelles difficultés économiques. Bien que je ne sois pas moi-même un "expert ès économie des médias", je ne pense pas que cette option soit viable, et encore moins souhaitable.

Un tel impôt suppose l'intervention de l'Etat pour le redistribuer. Mais selon quels critères ? Objectifs, c'est-à-dire basés sur l'importance quantitative du média en termes d'employés et de sa distribution ? Ou subjectives, d'après des choix effectués par des votes parlementaires ? Dans tous les cas, les subventions pourraient être perçues comme injustes sinon totalement disproportionnées selon les titres. Et l'Etat aurait, d'une façon ou d'une autre, un pouvoir qu'il n'est pas légitimement censé détenir.

Faut-il également rappeler que les médias visés (en particulier la presse écrite) sont des entreprises privées à but lucratif comme d'autres ? S'agissant de sa rentabilité, un journal se doit d'avoir des annonceurs. Ce qui présuppose un lectorat susceptible d'intéresser des sociétés qui pourraient éventuellement investir dans l'achat de pages publicitaires. Un média n'est pas soumis aux volontés directes de ses annonceurs, mais en serait-il de même si c'était l'Etat qui lui permettait de survivre ? Un journal est libre d'écrire ce qu'il souhaite et s'il prend le risque de froisser ses annonceurs habituels, il peut très bien en trouver d'autres. Dans le cas d'une subvention versée par le biais de l'administration publique, la donne serait différente.

Il est évident que la presse doit garder une distance avec l'Etat, donc se protéger de l'interventionnime des êtres humains qui le dirigent. Car il ne faut pas se leurrer, un politicien, quel qu'il soit, voit d'abord ses propres intérêts. Et il ne fait aucun doute qu'un article qui le met dans une position délicate ne lui plaira pas. Avec un financement, même indirect, émanant du pouvoir public, c'est l'indépendance (déjà hautement remise en question) des médias qui seraient mise à mal.

Grégoire Barbey

12:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | | | |

Commentaires

"Un journal est libre d'écrire ce qu'il souhaite et s'il prend le risque de froisser ses annonceurs habituels, il peut très bien en trouver d'autres."

Vous relisez-vous ?

Écrit par : Dirait-on pas la grande palmeraie de Tizi-Ouzou ? | 16/11/2012

Snap ! Même sujet traité ici:

http://tinyurl.com/cp4g6xe

Écrit par : jaw | 16/11/2012

On peut faire le meme raisonnement pour la RTS... Stop à la redevance tv! Qu'ils se débrouillents avec leur annonceurs.

Écrit par : Pierre Roche | 16/11/2012

Faux URL. Voici le bon...

http://tinyurl.com/c92cvay

Écrit par : jaw | 16/11/2012

Pierre Roche, pourquoi stop?
voulez-vous une TV à l'australienne, ce monde TV grand public type US?

ou peut-être n'êtes vous pas suisse, et attendez le même service TV qu'aujourd'hui - mais gratos

Écrit par : Pierre à feu | 17/11/2012

@Pierre à feu.

Réponse tardive de ma part. Désolé.

De un, je suis Suisse et même Genevois de souche (et je ne vois pas de toute facon pas le rapport avec ma nationalité qui plus est...)

De deux, Ca vous arrive de regarder la TSR ? A part une ou deux émissions de grandes qualités (Temps Présent, etc...), on a deja droit qu'à de la TV grand public type US... à se farcir les Xième rediffusion de Top Models, des Experts... j'en passe et des meilleurs.

Écrit par : Pierre Roche | 22/11/2012

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