Gregoire Barbey

07/02/2013

L'impasse dans tous les cas

Editorial paru dans L'Agefi (07.02.13).

 

Le projet de fusion des caisses publiques de pension CIA et CEH, mis en consultation populaire le 3 mars prochain, crée un climat délétère à Genève. Le canton est en période électorale, et tout se passe comme si une partie importante des opposants de droite à cette réforme n’osaient pas s’exprimer.  

 
La gauche de la gauche et plusieurs syndicats ont fait aboutir le référendum, jugeant trop important l’effort demandé aux fonctionnaires. Qu’en est-il vraiment? Tous les partis représentés au Grand Conseil ont recommandé d’accepter le projet. Un tel consensus sur un objet aussi crucial semble pourtant sonner très faux. Les habituelles oppositions se sont évaporées et ont laissé place à une entente presque cordiale, d’un côté comme de l’autre. Après tout, les fonctionnaires et leurs réseaux représentent un électorat de premier plan.
 

Les employés de la fonction publique verront l’âge de leur retraite augmenter d’un an, à 64 ans. Leur part de cotisation augmentera d’un pourcent. Contre deux pourcents pour l’employeur. La part de contribution des fonctionnaires à la recapitalisation de leur caisse s’élèvera à 2,6 milliards de francs. Et 6,4 milliards pour l’ensemble des contribuables. Ces derniers accepteront-ils de payer pour que la fonction publique conserve ses régimes spéciaux? C’est cette question qui est en jeu.
 

Des politiques prophétisent un avenir économique chaotique pour le canton en cas de refus. D’autres commencent quand même à réinterpréter la situation. Les fonctionnaires ne doivent-ils pas contribuer au moins à part égale à l’effort de recapitalisation? Si le non l’emporte, ce ne sera pas seulement une victoire de la gauche. Idéalement, deux choix s’offriraient dès lors à celles et ceux qui sont prêts à prendre leurs responsabilités: demander davantage d’efforts de la part des employés de l’Etat en cas de refus. En cas d’acceptation, rechercher quand même une majorité au Grand Conseil pour amender la loi en y changeant simplement deux articles: fixer l’âge de la retraite à 65 ans, et faire passer la part de cotisation de l’employé à 10% (contre 8% actuellement). Faisant ainsi baisser la contribution de l’Etat à 17% (contre 18% dans le projet actuel). Le gain s’élèverait ainsi à 2 milliards de francs pour le contribuable, pour un régime restant très favorable aux fonctionnaires. 

 

Grégoire Barbey

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Commentaires

Juste un détail. M. Barbey : vous a-t-il traversé le bulbe que les fonctionnaires sont aussi des contribuables ?

Écrit par : yves SCHELLER | 11/02/2013

Bien sûr. D'ailleurs vous demanderez à un certain service de l'Etat de Genève de vous fournir le montant exact en termes de manne fiscale payée par les contribuables-fonctionnaires. Bien du plaisir pour le calcul.

Écrit par : Grégoire Barbey | 11/02/2013

Vous pourriez être plus clair ?

Écrit par : yves SCHELLER | 11/02/2013

Monsieur,

Si les annuités n'étaient pas toujours bloquées et qu'on nous donnerait à nouveau la prime lié au coût de la vie, on pourrait tout à fait payer un peu plus pour la caisse de pension. Mais là vous voyez, ce n'est pas possible ! En 7 ans de bons et loyaux services auprès de mon cher canton, on ne m'a augmenté les annuités qu'à deux reprises et mon salaire n'a donc quasiment pas changé alors que des amis dans le privé ont vu le leur augmenter. En conclusion, tout augmente sauf notre salaire dans le publique, alors je vous en prie, ne demander pas un effort supplémentaire à des personnes qui n'ont pas les moyens de le faire.

Écrit par : bosseur | 12/02/2013

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