Gregoire Barbey

21/02/2013

Sans-papiers contre sans-idées

Certaines personnalités ont de la peine à faire la part des choses entre leur haine farouche des étrangers et une réalité qui les dépasse. Dans un article de la Tribune de Genève rédigé par mon confrère Olivier Francey, nous pouvions prendre connaissance de la décision du Conseil municipal de la Ville de Genève d'approuver l'engagement de jeunes sans statut légal pour des places d'apprentissage. C'est une position louable qui mériterait plutôt le respect. Mais cause chez quelques-uns une forme de démangeaison qu'il serait utile de mettre en exergue.

Les messages sur les réseaux sociaux font florès sur le sujet. Avec une logique pour le moins discutable. En effet, certains (dont des élus ou de futurs candidats à l'élection du Grand Conseil) s'en prennent à la décision du Conseil municipal en arguant qu'il serait mieux de favoriser l'emploi des jeunes résidents Suisses possédant un statut légal. C'est l'exacte démonstration d'un populisme bas de gamme et sophistique. Parce que ce sont les mêmes individus (sans exception) qui se plaignent vertement des problèmes d'insécurité à Genève et dans le reste de la Suisse. Ils sont toujours présents pour monter au créneau lorsqu'il s'agit de critiquer les minorités. Mais lorsqu'il faut réfléchir, il n'y a plus personne. Proposer aux jeunes sans-papiers des possibilités d'insertion dans la vie professionnelle, c'est permettre à ceux-ci de sortir de la clandestinité, et tout ce que cela comporte.

Parce qu'il est bien question de ça, dans cette mesure prise par le Conseil municipal de la Ville de Genève: favoriser une insertion sociale pour celles et ceux qui arrivent dans un pays au sein duquel ils n'ont aucune existence juridique. Avec les conséquences que ça engendre. Condamner des jeunes à la marginalisation ne peut être toléré. En cela, favoriser l'apprentissage pour les jeunes sans statut légal est une décision pragmatique et positive pour l'ensemble de la société. Si ceux-ci profitent d'une insertion professionnelle efficace, ils éviteront peut-être ainsi la précarité à laquelle ils sont tristement destinés. C'est pourquoi ces personnalités qui critiquent cette décision font fausse route. Et se tirent plutôt une balle dans le pied en niant les possibilités d'un tel projet. Pourvu qu'ils s'en rendent compte.

Grégoire Barbey

16:04 Publié dans Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | | | |

Commentaires

Ce ne serait que justice ... "favoriser l'emploi des jeunes résidents Suisses possédant un statut légal" ...

Écrit par : Victor Winteregg | 21/02/2013

Intéressant mais erroné. Les enfants de sans-papiers peuvent aller à l'école et faire en apprentissage par la voie scolaire! Ce n'est que l'apprentissage dit "dual" en entreprise qui n'est pas acceptable pour deux raisons. Une raison juridique car on ne peut pas conclure un contrat de travail avec une personne qui n'est pas légalement domiciliée en Suisse, et il est inquiétant que la Ville de Genève puisse entrer dans une telle illégalité. Une raison pratique ensuite car nous savons la difficulté des enfants d'habitants du canton à trouver une place d'apprentissage et il est difficile d'expliquer une telle discrimination positive. Les bons sentiments n'empêchent pas de rester les pieds sur terre.

Écrit par : mauro poggia | 21/02/2013

Une seule solution ... l'expulsion !

Écrit par : Victor Winteregg | 22/02/2013

ce n'est rien d'autre qu'une illégalité appliquée par des élus
à quelques individus n'ayant pas eu de respect pour les lois du pays dont ils exigent tout

on peut discuter à plus soif de rêves sociaux-égalitaires à outrance

sauf qu'avec de telles mesures contournant les lois exigées de tous citoyens et respectées de tous migrants officiellement établis,

on atteint là les limites de notre démocratie
un "tel projet" ne fait qu'ouvrir les portes d'un anti-démocratisme larvé

une "discrimination positive" consistant à accorder un contrat d'apprentissage, puis d'embauche à tous clandestins, histoire "de les soutenir",

contourner la question de l'immigration économique clandestine en niant le respect de toutes lois d'immigration

ne pourrait résoudre les questions d'affluence, de surpopulation aux 100% de besoins sociaux, éducatifs, d'emplois au noir, d'habitats en sous-sous colocations, de délinquance, drogue, soutiens psy, etc que pose la clandestinité dans l'enclave genevoise, bien au contraire.

ce choix de projets dédouanne leurs auteurs de leur capacité à gérer la cité.

Écrit par : Pierre à feu | 22/02/2013

ce n'est rien d'autre qu'une illégalité appliquée par des élus
à quelques individus n'ayant pas eu de respect pour les lois du pays dont ils exigent tout

on peut discuter à plus soif de rêves sociaux-égalitaires à outrance

sauf qu'avec de telles mesures contournant les lois exigées de tous citoyens et respectées de tous migrants officiellement établis,

on atteint là les limites de notre démocratie
un "tel projet" ne fait qu'ouvrir les portes d'un anti-démocratisme larvé

une "discrimination positive" consistant à accorder un contrat d'apprentissage, puis d'embauche à tous clandestins, histoire "de les soutenir",

ne fait que contourner le problème de l'immigration économique clandestine en niant le respect de toutes lois d'immigration

et ne pourrait résoudre les questions d'affluence, de surpopulation aux 100% de besoins sociaux, éducatifs, d'emplois au noir, d'habitats en sous-sous colocations, de délinquance, drogue, soutiens psy, etc que pose la clandestinité dans l'enclave genevoise, bien au contraire.

ce choix de projets dédouane leurs auteurs de leur capacité à gérer la cité.

Écrit par : Pierre à feu | 22/02/2013

Après l'école, l'apprentissage il ne manque plus que le travail et, comme ils ne sont pas déclarés, cela fera encore des travailleurs au noir et sous-payés ! Ils occuperont des places de travail au détriment des citoyens en règle avec leurs papiers et sont soutenus par la gauche qui gueule contre le dumping salarial ! Quelle bande de c..s ! Donc, votez pour la gauche et vous êtes certains d'être chômeur !

Écrit par : octave vairgebel | 22/02/2013

Je suis surpris que le très médiatique avocat Poggia ne sache pas, alors qu'il est élu aux chambres et avocat, que l'art 30 OASA permet de délivrer une permis d'établissement à ces jeunes. Donc rien d'illégal !

Écrit par : Philippe Calame | 22/02/2013

juste un rappel: de tous temps tous grands pays ont eu et auront leur population d'immigration clandestine, il y aura toujours et faut l'accepter, une certaine liberté de voyager sans titre pour quelques individus, des étrangers ne sachant pas trop où aller dans leur vie, des passants-voyageurs sans objectif précis, des résidents temporaires sans grand idéal ni volonté ne voulant pas payer d'impôts et se laissant vivre là où "le vent les porte, tant que ça fonctionne", des jeunes étudiants jobbant au noir, des jeunes femmes et jeunes hommes s'auto-éduquant en allant "à l'étranger" ... jusqu'à attaches plus concrètes (enfant, couples).

les idées seraient à chercher là: accepter cette forme de nomadisme, les recenser, connaître les besoins des communes en matière de logements sous-loués, de police en matière d'ordre public.

Et avoir une politique claire de refus, en appliquant les lois existantes, de l'immigration pour cause économique, systématique
(à Genève en ce moment, on favorise l'organisation de réseaux de passeurs)

du cousin qui arrive clandé chez un cousin clandé déjà "installé", un voisin de village, ou un pote qui s'est trouvé un job au noir et crèchent à 6 ou 12 dans 1 appart clandé, etc.

Écrit par : Pierre à feu | 22/02/2013

Pourquoi favorisez les sans-papiers et pas les autres? A ce moment-là régularisons-les carrément et qu'ils se démerdent après comme n'importe quel citoyens à trouver une place apprentissage. Ceux qui luttent contre la discrimination entre les groupes d'humains, de race, de nationalité, de sexe, d'appartenance sociale etc... sont les premiers à en créer au nom de la bonne conscience.

Mais reste aussi la question à quoi sert les lois votées démocratiquement concernant le droit aux étrangers de s'établir légalement en Suisse si l'on commence à régulariser l'illégalité? Reste à savoir aussi pourquoi des illégaux ont pu faire toute leur scolarité dans l'illégalité?

Il y a aussi le risque d'appel d'air; beaucoup vont choisir l'illégalité puisque l'état fera toute les démarches à leur place pour acceder à l'apprentissage, à un emploi et bientôt à un logement pendant que les migrants légaux eux devront continuer à se démerder eux-mêmes.

D.J

Écrit par : D.J | 22/02/2013

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