Gregoire Barbey

14/03/2013

La Cour de Justice joint les deux recours contre l'IN146

15h24. La Cour de Justice (Genève) a décidé de joindre les deux recours déposés contre l'IN146 (contre la hausse des tarifs TPG). Les auteurs sont respectivement Daniel Zaugg et le Parti Pirate. De nombreuses personnalités s'étaient prononcées contre la décision de recourir, la jugeant scandaleuse et anti-démocratique. Pour l'heure, il n'est pas possible de savoir si la procédure aboutira.

Développement suivra probablement.

Grégoire Barbey

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Les lois liberticides n'apportent rien à la société

De plus en plus d'initiatives populaires aboutissant sur des lois restrictives et punitives sont lancées. Leur finalité: restreindre les droits fondamentaux des citoyens. La liberté est jugée dangereuse. Ne pas réguler les faits et gestes des êtres humains conduirait à un darwinisme social. La loi du plus fort, en somme.
Les contempteurs des libertés chantent en choeur le même refrain: l'échec de l'autorégulation est démontrée. Il est l'heure de changer de modèle.

Mais l'actuel système ne fonctionne déjà pas sur l'autorégulation.
Les comportements dits dangereux sont pénalisés: rouler à une vitesse excessive, même si cela ne cause aucun dégât ni n'engendre d'accident, peut conduire à des sanctions disciplinaires. Retrait de permis, amende, privation de liberté. Les citoyens sont déjà cadrés par des lois similaires: c'est pour leur bien. Enfin, c'est un discours parmi d'autres, celui qui réunit actuellement le plus de partisans. La taxe poubelle aussi: pénaliser l'ensemble des individus parce que certains adoptent des comportements abusifs. Plutôt que de rechercher une solution ciblée, la facilité est de mise. Condamner tout un chacun au paiement d'un impôt pour leur donner une conscience écologique. Très efficace.

Cette croyance selon laquelle les lois permettent de réduire les problèmes est difficilement compréhensible. Si le constat est effectivement positif (moins de contrevenants), la racine du problème n'en est pas moins toujours présente. Il s'agit d'un sparadrap, d'une pommade. Elle donne bonne conscience, certes. Mais elle ne résout rien.
La drogue est une autre démonstration de l'inefficacité des lois répressives. Les consommateurs augmentent, la plupart des grandes villes en Suisse ont des quartiers où les toxicomanes se réunissent (le plus flagrant étant la place de la Riponne à Lausanne) et les autorités n'arrivent pas à endiguer cette progression. Les interdictions suscitent inévitablement des réactions comportementales chez les individus. Interdire la cigarette dans les lieux publics n'a pas pour autant résolu le problème sous-jacent: la consommation de tabac. C'est d'ailleurs aux seules personnes concernées de choisir si fumer leur convient ou non.

La tendance montante à l'hygiénisme confine à l'hystérie. Il faut toujours craindre les individus qui disent agir pour le bien des autres. Une société qui pense résoudre ses problèmes fondamentaux par l'instauration de lois liberticides et répressives ne peut fonctionner correctement. Cette ingérance à vouloir toujours s'immiscer dans la sphère privée des individus est dangereuse. Non seulement pour l'ensemble des libertés fondamentales des citoyens, mais également dans les rapports sociaux. Celles et ceux qui pensent savoir ce que les autres doivent faire devraient d'abord s'occuper de leurs propres problèmes. Chercher à contrôler les comportements est une erreur évidente.

Une attitude ne se change pas avec des lois. Comment faire pour résoudre des problèmes issus de comportements particuliers? C'est une réflexion profondément philosophique et sociologique. La confiance en l'être humain est nécessaire. Car seul l'individu peut décider de changer ou non son comportement. L'Etat, lui, peut lancer des signaux à travers des lois. Mais ne peut en aucun cas changer drastiquement l'attitude des citoyens par de nouvelles législations. Croire cela, c'est ignorer la complexité de l'être humain. Et l'individu n'accepte jamais volontiers une atteinte à sa liberté. Il la combattra de mille façons. C'est en cela qu'apporter des réponses répressives et liberticides n'a rien de positif pour l'ensemble de la société. Au contraire. Mieux vaut réfléchir à d'autres méthodes pour transformer durablement les comportements des individus.

Grégoire Barbey

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11/03/2013

Le MCG fera face à des problèmes de taille

Le MCG récupère de nombreuses personnalités issues de différents partis gouvernementaux. Depuis quelques semaines, les transferts sont réguliers. De Delphine Perrella-Gabus (PDC) à Patrice Schaer (Radical), en passant par Sandra Golay (PDC), les arrivées au MCG sont toujours annoncées à grands renforts médiatiques. Il s'agit de porter l'estocade aux partis traditionnels. C'est aussi une stratégie marketing qui fait son chemin: d'autres personnalités vont bientôt officialiser leur départ pour s'inscrire au MCG.

Plusieurs raisons expliquent ces nombreuses défections: les partis en place s'adonnent à des calculs électoraux qui excluent de facto les nouveaux membres au profit des caciques, provenant des vieilles familles ayant participé au développement de ces formations politiques. Les postes les plus intéressants sont réservés aux seuls ayants droit. Les autres sont priés de ne pas trop s'exprimer. De rester dans l'ombre et laisser les experts s'occuper de stratégies politiques. L'âge et la noblesse seraient des gages de compétences.

Bien sûr, la société évolue. De nouveaux enjeux apparaissent, d'autres disparaissent. La technologie a par exemple drastiquement transformé les moyens de communication. Combien de partis ont vraiment réalisé la portée pratique de cette révolution? Très peu. Le MCG, au grand dam des autres, l'a compris. Et les pontes du Mouvement citoyen genevois ne s'en cachent pas. Eric Stauffer (président d'honneur), Roger Golay (président), Carlos Medeiros (vice-président), François Baertschi (secrétaire général), parmi d'autres, usent et abusent des réseaux sociaux pour véhiculer les messages de leur parti. Force est de constater que ça fonctionne. Les réactions sont souvent nombreuses, tant par les convaincus que par les opposants.

Mais le MCG a aussi un argument de poids: les personnalités issues des partis gouvernementaux peuvent obtenir des places de choix très rapidement. C'est d'ailleurs le principal atout du parti. Ce qui va indéniablement aussi lui causer des problèmes sur la durée: comment fédérer les membres d'un parti dont l'élite provient de tous les milieux politiques? Comment bétonner l'identité idéologique d'un mouvement dont la diversification des sensibilités est aussi prononcée? Si la présidence actuelle du MCG semble ne pas trop s'en inquiéter, la question demeure et mérite d'être posée: Vigilance en a fait les frais à l'époque. Et les points communs entre les deux partis sont légions.

Olivier Jornot (PLR) était membre de Vigilance et a obtenu le soutien du MCG pour son élection au poste de Procureur général de la République et canton de Genève. Roger Golay, l'actuel président, a également fait ses gammes au sein du parti déchu. La stratégie politique des deux partis sont similaires: dénoncer les travers de la classe politique genevoise tout en se profilant dans l'opposition. Une opposition qui sera toujours plus difficile à assumer, au fur et à mesure que des membres du MCG seront élus à des exécutifs et des administrations de régies publiques. Comment continuer à cracher dans la soupe si l'on en est l'un des ingrédients principaux?

Le MCG durera encore un certain temps, à n'en pas douter. Mais plus le fossé entre ses membres se creusera, plus sa survie sera compromise: un Mauro Poggia n'a rien de comparable à un Eric Stauffer. Tout comme un Carlos Medeiros ne peut être assimilé à un Patrice Schaer. Et à force de récupérer tous les déçus de la République, le MCG sera bien obligé de faire face à la réalité: un parti a besoin d'une ligne claire, visible et intelligible. Si son élite se renforce, sa base ne suit pas nécessairement la même évolution. Et à trop flirter avec les hautes sphères, le discours du MCG perdra de sa substance. Au profit des autres partis, qui d'ici-là, auront probablement effectué leur introspection. Il s'agit-là d'un cycle politique, comme il y a des cycles économiques, et météorologiques. Rien ne dure vraiment. Aux caciques des partis gouvernementaux d'agir suffisamment rapidement pour limiter les dégâts!

Grégoire Barbey

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08/03/2013

Le Parti pirate dépose un recours contre l'initiative de l'AVIVO

08.03.13, 16h00

Le Parti pirate dépose aujourd'hui un recours visant à faire annuler la votation de l'initiative contre la hausse des tarifs TPG. Le texte soumis au peuple comportait des différences par rapport à la version originalement déposée par l'AVIVO. "C'est inacceptable de présenter un texte modifié au citoyen", s'insurge Alexis Roussel, président du Parti Pirate Suisse (PPS). "Une simple virgule peut changer le sens de l'initiative. Toute modification du texte de départ impose l'annulation du vote. Il faut revoter l'initiative."

Le texte original, déposé par les initiants et sur lequel le Grand Conseil a effectué son travail préparatoire, contient des différences avec le texte soumis à votation. La version proposée dans la brochure de votation ne mentionne pas les catégories d'âge (6 à 18 ans) pour les abonnements juniors et les tarifs horaires. Les électeurs n'ont pas pu prendre connaissance du changement induit par l'initiative. Celle-ci réduit la fourchette d'âge comprise dans la catégorie junior (initialement de 6 à 25 ans).

Le recours est déposé dans les temps. S'il aboutit, les citoyens seront appelés à se prononcer une nouvelle fois sur les termes de l'initiative. Alexis Roussel se dit confiant quant aux chances de succès du recours. Le député PLR Daniel Zaugg s'était par ailleurs fendu d'un billet sur son blog pour dénoncer les différences entre les deux textes.

Développement suivra d'ici à demain.

Grégoire Barbey

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02/03/2013

Rasha Alzrir est-elle celle qu'elle prétend?

Rasha Alzrir doit être libérée de sa détention administrative selon une lettre ouverte rédigée par Charly Pache et co-signée par de nombreuses personnalités. L'auteur de la lettre a signé de son titre de vice-président du Parti pirate. Contactée, la présidence du parti a été informée par Charly Pache mardi de son action. Sans que celle-ci n'ait donné son accord. Le Parti pirate a été engagé dans les médias sur cette affaire alors qu'une réunion extraordinaire du Comité directeur doit avoir lieu mardi 5 mars pour décider de donner ou non son soutien à la cause.

Rasha Alzrir est libano-syrienne, et a effectué une demande d'asile en Suisse en tant que réfugiée politique. De sources gouvernementales, la mère de Rasha est libanaise, ce qui peut fondamentalement remettre en question son statut de réfugiée politique. Rasha travaillait pour une banque syrienne. Elle a effectué ses études à Beyruth à l'American University of Beirut (AUB) en obtenant un master (environ 10.000 dollars par année). Sur son profil Facebook, les dernières publications montrent une femme qui aime les voyages. Des photos de plage et de soirées. Tout ça en 2012, alors que la guerre fait rage en Syrie depuis plusieurs mois déjà. Mais ce profil-ci est nouveau: rasha.alzrir.5. Un ancien profil, plus opaque (rasha.alzrir), existe également.

Fin octobre, Rasha arrive à Genève et fait une recherche de logement sur le site d'annonces petitesannonces.ch pour trouver un appartement. Y-a-t-il beaucoup de réfugiés qui cherchent à louer un appartement? Rasha Alzrir fait également partie du One World Leader, une association de jeunes cadres à haut potentiel soutenue par Havas.

Sa soeur, Rashda Alzrir, travaille dans une banque franco-syrienne à Abu Dhabi et mène la grande vie. Son profil Facebook montre des photos d'elle effectuant quelques voyages, dont un en Chine datant de décembre 2012 (306 photos publiées sur Facebook). Elle a suivi exactement le même cursus universitaire que sa soeur qui se termine par un master à Beyruth.

Les motivations d'une demande d'asile selon les informations recueillies soulèvent de nombreuses questions. Charly Pache s'est-il fait instrumentaliser par Rasha Alzrir et sa soeur (qui lui a téléphoné pour l'avertir que Rasha ne répondait plus au téléphone)? D'autres informations suivront. Pour l'heure, rien ne peut être exclu.

Grégoire Barbey

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