Gregoire Barbey

16/04/2013

Education citoyenne: la nécessaire réforme des priorités

Les cours d'éducation citoyenne à l'école secondaire (Cycle d'orientation à Genève): je n'en ai conservé pratiquement aucun souvenir. Et ce n'est pas par manque d'assiduité ou d'écoute. Le fonctionnement de nos institutions, les évolutions politiques, les interactions entre les acteurs de notre démocratie, tout ça m'a toujours profondément passionné. Nous avons pourtant en Suisse le privilège de vivre dans un système qui nous permet d'agir à tous les niveaux. Les dirigeants politiques ne sont pas inaccessibles, et un citoyen qui désire transmettre un message à l'un d'entre-eux a tout le loisir de le faire sans passer par d'innombrables intermédiaires. Et qu'au final son message se perde et n'arrive jamais au destinaire. Cette chance, il faut la connaître pour pouvoir en exploiter les différentes opportunités.

L'actualité politique de ces derniers mois démontre très clairement une érosion dans la participation populaire aux votations et aux élections. L'élection au Grand Conseil de Neuchâtel, le week-end dernier, a mobilisé à peine plus de 30% des citoyens. Pour une élection qui n'a lieu qu'une fois tous les 4 ans et qui détermine les rapports de force en place pour toute cette durée. Les citoyens délaissent leurs droits et leurs devoirs. Peut-être par manque de temps. Surtout par lassitude. Alors qu'ils ont la possibilité non-négligeable d'influencer le cours des événements au sein de leur pays, de leur canton, ou de leur commune. Chacune et chacun peut devenir acteur. Et non pas simplement subir passivement les décisions qui sont prises-

Mais pour agir, il faut être conscient de pouvoir le faire. Et c'est justement au système éducatif qu'incombe le rôle d'enseigner aux jeunes ce pouvoir qui leur est donné. Un grand pouvoir, qui nécessite aussi de grandes responsabilités. Un citoyen en Suisse peut véritablement se donner les moyens de changer des choses. Il peut également, par son engagement, donner à d'autres le désir de s'investir. Trop d'exemples, et pas si loin de nous, démontre qu'un déficit de démocratie engendre des conflits politiques et économiques graves et profonds. A ce titre, l'école en Suisse, et particulièrement à Genève, cas que j'ai expérimenté moi-même en tant qu'élève, est démissionnaire. Oui, l'on y parle de la forme, mais si peu du fond. Si peu des interactions possibles, de l'historique politique qui a fait la Suisse telle qu'elle est aujourd'hui. C'est assumé: on ne veut pas faire de politique à l'école.

Pourtant, il ne s'agit même pas d'en faire. Ni de prendre position. Il suffit d'expliquer factuellement ce qui s'est passé en Suisse. L'évolution des institutions, les grands partis qui se sont affrontés sur de nombreuses thématiques fondamentales. Parler des chemins de fer. Du Sonderbund. De la première Constitution. De la création du fédéralisme, entre de petits Etats qui se sont alliés pour faire face aux grandes puissances qui les encerclaient. L'éducation citoyenne est indissociable de l'Histoire politique de la Suisse. Séparer les deux, c'est fermer la possible et nécessaire compréhension des rapports de force qui ont prévalu - et dont certains prévalent encore - durant plus d'un siècle et demi de démocratie telle que nous la connaissons aujourd'hui. Raconter les batailles fondamentales qui se sont déroulées en Suisse. En expliquer le contexte. Tout ça est tellement simple, et peut être fait sans prendre position politiquement parlant. Juste être factuel.

L'éducation publique ne peut pas ne pas assumer ce rôle de pont entre les jeunes et la vie politique. Ne serait-ce que parce que cette dernière régit l'ensemble de notre quotidien. Et ce, que nous le voulions ou non. Après, chacun est libre d'avoir ses sensibilités qui lui sont propres. De préférer l'UDC au PLR, ou le PS aux Verts. La question n'est pas là: elle est dans le fait de donner à tous les bases d'une bonne compréhension du contexte politique dans lequel nous vivons. Et d'offrir les outils nécessaires pour interagir directement avec cette sphère. Si l'Etat a un devoir, c'est de ne pas jalousement garder les clés du pouvoir. Mais de les transmettre aux générations futures. Parce qu'il n'y a pas besoin, en Suisse, d'appartenir à une élite pour agir et avoir un impact. Il suffit de le vouloir. Il serait donc justifié et justifiable de revoir les priorités de l'éducation citoyenne. A bon entendeur!

Grégoire Barbey

18:13 Publié dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | | | |

Commentaires

Autant je suis 200% d'accord sur le fait qu'il faut revoir et renforcer l'éducation civique et l'Histoire suisse (pas seulement politique d'ailleurs!).
Autant je trouve bien naïf de limiter le désamours des citoyens pour leur devoir et droit de vote, au seul concept d'éducation civique.

Si la population se rend de moins au moins au urne, les responsables n°1 de ce problème sont finalement bel et bien: les politiciens eux-memes!

- Des belles paroles en période électorales qui restent au stade de belles paroles après ladite élection.

- L'inaction (ou pire les mauvaise actions, parfois meme contraire à leur "belles paroles de départ") pendant leur mandat, avec vaguement quelque chose de fait en fin de mandat; histoire de bien prendre le citoyen pour une truffe en imaginant que ce dernier ne se rend pas compte que c'est de la poudre au yeux pour assurer tant que faire se peut la réélection dudit politicien

- Le relatif "non-choix" aux élections: partis qui présentent tjs les memes personnes meme si ces dernières ont clairement décu les attentes des citoyens; voter à gauche ou droite = bonnet blanc et blanc bonnet. Restent que les extremes qui ne sont guère désirable

Et dois-je relever aussi, au niveau genevois, l'affligeant spectacle offert quasi systématiquement sur Léman Bleu par nos élus, tant au niveau cantonal que municipal.

etc...

Écrit par : Pierre Roche | 17/04/2013

Barbey revois ton éducation pauvre type tu nous a bien espèce de P'tit con.

Tu veux donner des leçons, mais à qui?

Écrit par : Pierre NOËL | 17/04/2013

je salue l'élégance de Pierre N. dans son expression très constructive. Là on sent qu'on peut discuter et argumenter !
La question posée par G.B. est pertinente et demanderait que les responsables de l'enseignement se penchent sur le problème soulevé que cela soit pour l'infirmer ou pour confirmer le diagnostic et proposer des remèdes.

Écrit par : uranus2011 | 17/04/2013

Uranus vous êtes un bizarre, car c'est -mon- identité qui est usurpée, pas la votre, sur le blog de quelqu'un qui a trompé son monde moi le premier. Il s'est présenté avec une photo d'un jeune boutonneux, qui a subit l'inceste ou je ne sait quoi. Quelques semaines plus tard, on le voit grandi avec un cigare!

Ensuite il défend des valeurs tout le monde pense qu'il est quelqu'un de bien.

Je lui ai demandé d'ôter le commentaire qui n'était pas de moi; je tiens à ma réputation, d'autant que j'ai toujours été correct avec lui, mais comme beaucoup d'autres j'ai fait confiance et me suis fait piéger.

Ce n'est peut être pas votre cas uranus, mais je défends d'autres valeurs que celles du mensonge et du bien paraître.

Avant de me donner des leçons dévoilez votre identité au lieu de jouer le faux cul et le lèche botte de Barbey.

Écrit par : Pierre NOËL | 17/04/2013

@Pierre Noel ne vous êtes vous jamais demandé si ce n'était pas l'auteur du blogg lui même qui se faisait passer pour un autre en signant d'un pseudo quelconque,le dédoublement de la personnalité n'a jamais été un leurre !
bien à Vous et bonne soirée

Écrit par : lovsmeralda | 17/04/2013

@ Pierre NOËL

Vous êtes mal placé pour vous plaindre de quoi que ce soit.

Écrit par : Le Père Noël est une ordure | 17/04/2013

Lovsméralda je vous avoue ne pas y avoir pensé! Il est vrai qu'un malade mental est capable de tout! Barbey est particulièrement dangereux lorsque l'on y regarde de près. Autiste, menteur et schizophène ? Allez savoir...

Laisser faire, ne pas prendre de responsabilité, bien paraître, bien parler, copier des philosophes et faire sa mayonnaise cache souvent une autre réalité qui pue.

Écrit par : Pierre NOËL | 17/04/2013

Lovsméralda je vous avoue ne pas y avoir pensé! Il est vrai qu'un malade mental est capable de tout! Barbey est particulièrement dangereux lorsque l'on y regarde de près. Autiste, menteur et schizophène ? Allez savoir...

Laisser faire, ne pas prendre de responsabilité, bien paraître, bien parler, copier des philosophes et faire sa mayonnaise cache souvent une autre réalité qui pue.

Écrit par : Pierre NOËL | 17/04/2013

Nerveux? Il se répète le pauvre.

Écrit par : Le Père Noël est une ordure | 17/04/2013

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