Gregoire Barbey

29/04/2013

L'homme derrière les projecteurs

Chronique, 28.04.13

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Yvan Perrin. Le candidat de l'UDC a terminé troisième au premier tour des élections cantonales à Neuchâtel. Derrière les socialistes Laurent Kurth et Jean-Nathanaël Karakash.

 

Le premier tour des élections au Conseil d’Etat neuchâtelois a démontré aujourd’hui une évidente réalité: les citoyens, contrairement à ce que pensent certains démagogues, ne votent pas uniquement en fonction de ce qui est écrit dans les journaux ou dit dans les émissions de télévision. Ainsi d’Yvan Perrin (UDC), qui avait fait l’objet de vives critiques sur son état de santé de la part de ses adversaires et dans certains articles de journaux. Mis à nu par des révélations concernant sa vie privée (dont chacun jugera de la pertinence selon ses propres convictions, ne refaisons pas le débat), le candidat de l’UDC au Conseil d’Etat n’en est finalement paru que plus humain. 

 

C’est sur ce point qu’il faut insister: oui, les personnalités politiques sont des êtres humains. Il en va de même des dirigeants, ces gens qui sont élus par le Peuple pour accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat. Ces individus, légitimés par le suffrage universel, connaissent les mêmes faiblesses que les autres et souffrent également durant certaines périodes de leur existence. Qu’Yvan Perrin ait mis, ne serait-ce qu’un instant, le genou à terre pour mieux se relever ensuite, il n’en fait aucun doute. Et c’est peut-être grâce à cet aspect humain, cette sensibilité qui est la sienne (comme d’autres ont la leur), qu’il a pu en ce 28 avril 2013 réunir autant d’électeurs et finir troisième au premier tour des élections cantonales. Et probablement sera-t-il élu le 19 mai prochain lors du deuxième tour du scrutin.

 

Pour autant, Yvan Perrin ne manquera pas d’être jugé d’après ses actions s’il doit être effectivement élu. Ce qui est normal: un élu du Peuple doit rendre des comptes. Ainsi va la démocratie. Mais ses faiblesses, ses crises existentielles s’il en est, son humanité, à ça, nul ne peut lui en vouloir. Et à personne d’autre, d’ailleurs. La richesse de l’être humain, c’est justement ses accès de doute, sa sensibilité, sa nostalgie aussi, sa capacité à se remettre en question. Qu’un homme en proie à des incertitudes se batte avec autant d’énergie et de convictions (bien que je ne partage pas la plupart de ses idéaux) est une garantie: que même face à lui-même, à ses démons, l’homme se maîtrise, et sait garder le cap. Face aux attaques, il reste debout, le menton levé, les yeux fixant l’horizon. Car il s’agit bien de cela: l’avenir. Et ce sont ces femmes et ces hommes, tournés vers le futur, vers les lendemains de notre société, qui aident à bâtir de nouveaux projets.

 

Alors oui, Yvan Perrin, vous ne pouvez qu’être fier de votre réussite d’aujourd’hui. Parce que vous la devez à ce que vous êtes, et non à une image entièrement maîtrisée. Et c’est justement ces êtres humains sachant se nourrir de leurs faiblesses qui font les meilleurs dirigeants. Parce qu’avant de gouverner les autres, c’est leur cœur qu’ils ont appris à gouverner. Félicitations, rendez-vous le 19 mai.

 

Grégoire Barbey

12:47 Publié dans Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | | |

Commentaires

..beau texte..merci pour lui ..il le mérite :-)

Écrit par : Valérie | 29/04/2013

à mon humble avis, plus personne ne voteras pour Valérie Garbani.

Écrit par : Victor Winteregg | 29/04/2013

Disons que pour le moins, je reste réservé !

Ces hymnes aux populismes me laissent pantois !!

Écrit par : Corto | 30/04/2013

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