Gregoire Barbey

02/05/2013

L'Etat doit rester sous contrôle des citoyens

Chronique, 02.05.2013

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Suisse. La quote-part de l'Etat dans l'économie réelle représentait 29,8% en 2010. Alors
qu'elle n'était que de 17,5% en 1965.


En 1965, la quote-part de l'Etat dans l'économie de la Suisse était de 17,5% (soit l'équivalent de la force du seul Etat du Valais aujourd'hui).
En 2010, la quote-part de l'Etat était de 29,8%, sans tenir compte des assurances sociales. En tenant compte de celles-ci, Economiesuisse estime la quote-part de l'Etat à 43%. (Sources: édition de Bilan du 01.05)



Ce n'est donc pas des inepties que de dire qu'aujourd'hui, l'Etat prend une place beaucoup trop importante dans l'économie réelle. En Valais, le budget 2013 (soumis au vote du Parlement cantonal) prévoit une augmentation des charges de 3,9% tandis que l'économie réelle ne progressera vraisemblablement que de 1,8%. (Sources: idem)



Ce qu'il faut réaliser, c'est que l'Etat doit être au service du citoyen, et non devenir son ennemi. En augmentant encore et toujours la taille de l'Etat sans en améliorer la qualité des prestations et des services, l'oppression des individus est inévitable. Fichage ADN, vidéosurveillance, traçage internet, écoute téléphonique, autant de dérives d'un Etat dont les prérogatives fondamentales sont assumées mais dont la propension à s'étendre toujours davantage est prodigieusement élevée. Quand l'administration publique grossit, encore et encore, et crée des besoins qui ne sont pas vitaux pour la population, les atteintes aux libertés individuelles en sont le corollaire naturel.



A chacun après d'avoir sa propre approche des prérogatives d'un Etat. Mais le meilleur moyen pour mettre tout le monde d'accord, c'est une expertise de la totalité des services publics, pour savoir exactement les taches qui lui sont actuellement assignées. A partir d'un rapport objectif où sont exposés les assignations réelles des services de l'Etat, il convient de décider où il y a lieu de le renforcer si besoin, et où il y a nécessité de couper. Parce qu'il ne faut pas se leurrer: avec une quote-part de 43% dans l'économie réelle du pays, l'Etat est de loin trop important. De par sa taille actuelle, il limite l'initiative individuelle, tout en méprisant l'importance, dans une société comme la nôtre, d'offrir à toutes et à tous les possibilités d'entreprendre librement.

 


Cette politique qui régit aujourd'hui la Suisse n'est de loin pas le néolibéralisme que certains revendicateurs de gauche tentent de nous peindre sur la muraille. Au contraire, c'est une politique très axée sur l'étatisme et l'interventionnisme. Preuve en est la tentative de supprimer le secret bancaire pour l'ensemble des confédérés. En prenant comme exemple les exigences des Etats étrangers, le gouvernement actuel tente de justifier une atteinte inacceptable dans la sphère privée des citoyens suisses en abrogeant le secret bancaire pour les résidents.

 


Il doit toujours s'élever dans le paysage politique des opposants à l'expansion de l'Etat. Celui-ci, bien géré et pensé efficacement, peut apporter des soutiens non-négligeables aux citoyens. Il peut également assurer, d'une certaine manière, une redistribution plus équitable. Mais ses tâches doivent être appliquées en respect de certaines valeurs intrinsèques à l'humanité, comme le respect inconditionnel de la sphère privée et de la souveraineté de l'individu. Une société, c'est d'abord des individus. Et ensuite, c'est une collectivité. A nos politiques donc de lutter pour conserver l'Etat sous contrôle citoyen et non l'inverse!



Grégoire Barbey

11:39 Publié dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

Commentaires

Intéressant votre blog, mais pour nous pauvres néophytes, pourriez-vous nous expliquer en 2 mots comment se calcule (ou à quoi correspond) le quote-part de l'Etat ?
Montant du budget/PIB ?

Écrit par : Philippe Calame | 02/05/2013

Avez-vous une réponse de la Savoie suite à l'affiche d’Éric Stauffer ?

Écrit par : Leis | 06/05/2013

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