Gregoire Barbey

11/05/2013

L'avenir du PDC à Genève est déjà en marche

 

Chronique, 11.05.13


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Sébastien Kaech. Le vice-président du PDC-Versoix a créé une page Facebook dédiée
à son amour de Genève. Elle a déjà atteint 27.000 personnes la suivant.


Les candidats du PDC au Grand Conseil à Genève sont 49. Parmi eux, seule une poignée sera amenée à siéger à la députation. Une dizaine, au maximum. Peut-être moins. Mais probablement pas plus. Il y aura donc une quarantaine de déçus. Qui seront-ils? Il est impossible de le dire aujourd’hui. Ce qui est néanmoins déjà constatable, c’est les quelques noms qui se détachent dans cette liste, et qui prêtent à espérer un renouveau. Ils ne sont pas les plus connus du grand public. Ce ne sont pas ceux qui sont invités aux cocktails des petits amis. Pourtant, ils sont visibles, à leur façon, et dans un périmètre non-négligeable. Ils s’investissent avec passion, se donnent les moyens de faire entendre leurs voix discordantes, celles-là même qui dérangent la présidence du parti, de Béatrice Hirsch à Pierre-François Unger, pour n’en citer que deux.

 

Cette présidence est l’incarnation d’une caste au sein du PDC: celle des notables, des vieilles familles genevoises ayant donné beaucoup pour ce parti. Rien d’horrible là-dedans, bien évidemment. Si ce n’est que cette aile conservatrice sent gentiment le vent tourner. Elle le sent que trop bien, et ces petits candidats très connus à l’interne du parti pour leurs positions souvent progressistes et novatrices ne sont pas sans poser un réel problème. Ils pourraient devenir dangereux. Ils sont l’avenir, et la vieille aile du PDC le sait que trop bien. C’est indéniable: tout parti, quel qu’il soit, évolue au fil des époques. Aujourd’hui, les démocrate-chrétiens, que ce soit à Genève ou ailleurs en Suisse, sont face à des changements cruciaux. Ils doivent repenser leurs positions. Se remettre en question. Sont-ils encore en phase avec leur électorat historique?

 

C’est justement ces quelques candidats qui se posent ces questions légitimes. Ils le font avec conviction, persuadés qu’ils doivent apporter des réponses aux citoyennes et citoyens qui votent pour eux. Et ils dérangent une élite qui pense avoir tout calculé depuis longtemps, et dont la remise en question, même partielle, condamnerait à la disparition définitive. Qu’en est-il alors? Les possibilités ne sont pas nombreuses. Les candidats du renouveau doivent être marginalisés. Ils seront inévitablement biffés, mis de côté, dénoncés, trahis. Et ils le savent pertinemment. Certains s’en inquiètent. D’autres feront avec.

 

Parmi ces nombreuses personnalités à même de changer la donne au sein du PDC, j’aimerais en citer quelques-uns qui ne me laissent pas indifférents dans leur approche politique: il y a Alia Mangeat, Sébastien Kaech, Jean-Charles Lathion, Alain de Kalbermatten, Sascha Gorokhoff (qui n’est malheureusement pas candidat à la députation), Luc Barthassat, et beaucoup d’autres encore. Ils sont toujours motivés, présents lorsqu’il s’agit de battre le pavé, d’expliquer aux autres les différents enjeux à venir. Ils sont partout, le sourire aux lèvres, l’enthousiasme et la conviction marqués sur le visage. C’est ces personnalités, dont les moins connues le deviendront au cours des prochains mois, qui méritent d’être interrogées sur l’avenir du parti. Et qu’importe les pressions à l’interne, les tentatives de sape, les stratégies pour faire taire les voix qui s’échappent du carcan présidentiel. Il n’y a qu’un seul conseil à prodiguer: apprenez à les connaître, ils le méritent! Rendez-vous au 6 octobre.

 

Grégoire Barbey

16:41 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour Grégoire.
Désolé pour le rencard de ce jour, j'ai zappé l'épisode...
Je vous imagine mieux en politique qu'en journaliste. Vous avez vos avis, assez tranchés et vous avez besoin de les exprimer. Un journaliste, dans le sens où je le comprends, est supposé décrire des faits, documentés, et laisser le public se faire une opinion.
Le tout sera de savoir dans quel parti. A moins que vous n'ayez compris qu'une énorme révolution est en route et que les partis, tels que nous les connaissons à ce jour, sont en sursis.

Écrit par : Pierre Jenni | 11/05/2013

Bravo soldat Barbey,

Jamais vu un tableau aussi bien brossé...

4 paragraphes de pures abstractions pour démontrer qu'il ne se passe rien dans ce parti outre leurs petites cuisines internes dont absolument presque tout le monde se contrefout...

Vous titrez : L'avenir du PDC à Genève est déjà en marche

Cela veut dire le retour du néant...

Pour un parti qui par la libre-circulation nous a mis dans des situations inextricables (plus de place sur la route, plus de place à l'hopital, plus de place dans les crèches, plus de place en prison, etc.)et qui aujourd'hui n'est même plus capable ne serait-ce que d'articuler un début de solution concrète et crédible...

Écrit par : quidam | 12/05/2013

Bonjour Pierre,
Je ne partage évidemment pas votre appréciation des journalistes. En quel honneur doivent-ils être dénués de liberté de penser en tant qu'eux-mêmes? Et de quel droit ne pourraient-ils point exprimer leurs avis?
Vous partagez une vision du journalisme proprement anglo-saxonne, basée sur l'idée du «fact, only fact». Mais pour moi, un journaliste se doit de se forger sa propre opinion. Pour transmettre une information digérée, qui soit plus qu'un simple papelard pour remplir sa part du contrat. Une information, surtout en politique, doit pouvoir être rattachée à des faits de société, à quelque chose de tangible. Il faut, bien évidemment, différencier les genres pour ne pas tromper le lecteur. Les avis exprimés doivent être séparés des articles strictement informatifs. C'est pourquoi lorsque j'écris sur mon blog pour donner mon avis, j'écris "chronique" en haut de l'article!
Je travaille dans un journal économique, et mes loisirs personnels sont l'observation et la compréhension de la vie politique en Suisse, dont je partage mes appréciations personnelles à seules fins d'ouvrir le débat. Je ne vois rien de mal à cela!
Et ce n'est que partie remise pour notre café.
A très bientôt, merci d'être toujours aussi fidèle à mes textes.
Amitiés!

Écrit par : Grégoire Barbey | 12/05/2013

Malheureusement le PDC n'est plus assez prèsent dans les mèdias prèsidence,conseiller national dèputès conseillers municipaux.

Écrit par : chauffat albert | 12/05/2013

"A moins que vous n'ayez compris qu'une énorme révolution est en route et que les partis, tels que nous les connaissons à ce jour, sont en sursis."

Tout est dit dans cette phrase.

Il y a les visionnaires et il y a les autres.

Quant à l'avenir du PDC ben il finira par se faire absorber comme les radicaux et liberaux. Laissons-les se battre pour exister.

Écrit par : plume noire | 15/05/2013

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