Gregoire Barbey

16/07/2013

Pascal Décaillet: la messe est dite

Jet d’encre, 15.07.13

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Pascal Décaillet. Il ne fait pas bon d'afficher des avis
contraire à mon éminent confrère.

 

Pour la seconde fois en moins d’une semaine, Pascal Décaillet m’a retiré de sa liste d’amis sur Facebook. J’ai en effet eu l’outrecuidance de publier un article sur mon blog exposant sa photo, où je mentionne qu’il est l’un des chantres romands de la défense du souverainisme. Quelques jours plus tard, je poste un autre article, cette fois-ci sur Michèle Künzler, pour dénoncer les attaques qu’elle subit continuellement depuis des mois. Dans ce dernier, aucune référence à Pascal Décaillet. Il a cependant dû se sentir visé, puisqu’il a à plusieurs reprises publié des articles remettant en cause la conseillère d’Etat, allant jusqu’à demander son départ (GHI du 07.03.13). Il est évident qu’un jeune impétueux comme moi n’a pas le droit de remettre en question le verbe d’un confrère plus expérimenté.

 

Et pourtant! Je ne me permets pas de m’attaquer à son travail, duquel j’ai un profond respect et dont j’ai encore beaucoup à apprendre. Ce sont ses idées et ses méthodes que j’aime parfois à dénoncer. Comme par exemple son habitude récurrente à surfer sur la vague de l’opposition au service public. C’est ce même Pascal Décaillet qui a travaillé 17 ans à la RTS, ayant d’ailleurs fondé l’émission politique Forum. Il en va de même pour son incessant recours à l’Histoire. Certes, il est essentiel de se référer au passé pour comprendre le présent. Mais de là à ériger en modèle tout ce qui s’est produit précédemment, il y a un fossé que je ne traverserais pas.

 

On ne peut pas refaire l’Histoire politique de la Suisse. Mais rien n’empêche d’avoir des idées pour l’avenir, qui ne vont pas nécessairement dans le sens des courants du passé. C’est pourquoi je conteste avec force la vision romantique qu’il donne de la Suisse, avec son arrière pays, son «pays profond». La vision intellectuelle n’est pas dénuée de fondements non plus. Chacun a sa façon de concevoir les choses.


Les approches peuvent être différentes sans pour autant valoir des dénigrements perpétuels. Un peu comme le fait régulièrement Pascal Décaillet à l’égard du Temps, qui assume une ligne éditoriale plus mondialiste que ne l’est mon éminent confrère et qui écope de ce fait de multiples critiques de sa part. Le Temps serait trop ci, trop ça, pas assez comme ci, pas assez comme ça. Assurément, le journal n’est pas adapté à sa vision du monde. Et alors? Il faudrait qu’il y ait une seule presse, celle qui partage la vision de Pascal Décaillet? Les autres n’auraient donc pas voix au chapitre…

 

C’est ainsi qu’à trop vouloir défendre des idéaux passés, Pascal Décaillet oublie de vivre avec son temps. Rien n’est plus dommageable que de ne pas vouloir réaliser certaines réalités. Comme le fait que le processus de mondialisation ne date pas d’hier. Plutôt du VIIIe siècle, comme le démontre Gérard Chaliant dans son ouvrage Vers un nouvel ordre du monde. La globalisation est une conséquence logique de l’évolution de l’humanité, et a débuté il y a plusieurs siècles. Un long cheminement qui semble bouleversé par les avancées rapides des technologies.


Mais ça, Pascal Décaillet refuse de le voir. Et donne des leçons d’Histoire à qui s’opposerait à son interprétation. J’ai la mienne, et j’y ai autant droit que lui. D’ailleurs à ce propos, s’il fallait être en accord perpétuel pour figurer parmi ses contacts Facebook, alors il a bien fait de m’en retirer: je n’ai pas pour habitude de me taire lorsque je ne suis pas d'accord. Personne n’a le droit de m’empêcher de m’exprimer. Et surtout pas quelqu’un qui revendique la liberté d’expression et s’en sert à loisir. La messe est dite.


Grégoire Barbey

12:23 Publié dans Débats pascaliens, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook | | | |

Commentaires

Vous avez des amis sur Facebook? Grand bien vous fasse!

Écrit par : Mère-Grand | 16/07/2013

"Pour la seconde fois en moins d’une semaine, Pascal Décaillet m’a retiré de sa liste d’amis sur Facebook."

Je n'ai pas compris. Pour vous retirer deux fois de sa liste d'amis, il faut qu'il vous ait réaccepté après le premier retrait, non ? C'est votre habitude ? Vous vous brouillez un jour et revenez le lendemain ? N'est-ce pas le propre des gamines de 15 ans de se disputer avec leur meilleure amie pour toujours, et de se rabibocher pendant la récréation suivante ?

Écrit par : Plouf | 16/07/2013

Précision: la première fois, il m'a retiré, puis m'a soumis une demande de contact à nouveau.

Écrit par : Grégoire Barbey | 16/07/2013

Histoire d'amour ou dépit amoureux?!

Écrit par : Jmo | 16/07/2013

Pascal Décaillet est un homme du passé et, qui plus est, qui ne supporte pas la critique de sa personne, au point de manifester parfois une certaine paranoïa. Il vous retire de sa liste d'amis... Quelle importance, finalement?

Écrit par : Déblogueur | 16/07/2013

Soyons francs : le blog de P. Décaillet est pour moi comme les histoires sur Nabilla. On sait d'avance ce que l'on va y trouver mais on ne peut s'empêcher de lire quand même.

Certes, la plume est à l'aise, le vocabulaire parfois recherché (bon ce n'est quand même pas du Poncet ou du Bonnant) mais pour finir il tourne toujours en rond ; systématiquement on y retrouve la critique des élites ("prébendes, cocktails" sont parmi ses mots préférés), les petits arrangements entre gens de pouvoir, la souveraineté, l'admiration de l'UDC et du MCG, le tout matiné d'autosuffisance, de références permanentes à sa grande culture et à son intérêt tout enfant à l'histoire, la guerre du Vietnam, la politique française etc.

Adorant le débat et la controverse, chantre de l'affrontement des idées sauf quand c'est contre lui, filtrant soigneusement les commentaires critiques de son blog, P. Décaillet applique les règles d'un bon pigiste qu'il a été et est resté : trouver un sujet accrocheur, le monter en épingle avec quelques arguments populaires/istes bien sentis et broder tout autour en utilisant au maximum le dictionnaire des synonymes pour rallonger la sauce.

Et cela marche !! J'en suis la preuve vivante !

Seul regret : son ego démesuré qui finalement le dessert et finira par faire passer cet homme sans doute intelligent et brillant pour un radoteur aigri et rancunier : par exemple, il est intéressant de voir l'évolution des décors et du générique de présentation de GE à chaud ; au début c'étaient les invités qui étaient en photo ; ensuite c'était le journaliste, désormais c'est le journaliste avec en plus son nom écrit en grand !!!

A un point tel que parfois je me demande, lorsque je le vois debout face à ses invités assis, si ces derniers ne sont pas simplement là pour le mettre en valeur ce "valaisan de Genève" si
exceptionnel !!

Écrit par : A. Piller | 16/07/2013

"Il vous retire de sa liste d'amis... Quelle importance, finalement?"

Aucune. Cela indique cependant la mentalité infantile de Décaillet.

Écrit par : Dan | 17/07/2013

Bravo à A. Piller d'avoir dit tout haut ce que toute la république pense tout bas.

Le problème c'est qu'il n'existe pas un seul politicien suffisamment courageux pour dire son fait à ce journalisme autoproclamé "intellectuel au dessus de la moyenne".

En effet, et il faut lui laisser cette qualité, c'est le journaliste qui donne le plus la parole aux femmes et aux hommes politiques autres que les conseillers d'états et les quelques experts et grandes gueules habituels, du coup, tous lui sont plus ou moins redevables pour la visibilité qu'il leur donne et personne n'ose rien lui dire.

Résultat l'homme qui ne connait effectivement pas le sens du mot humilité, se sait tout puissant et il en use et en abuse....

Écrit par : Christophe | 17/07/2013

Bah... quelle importance ? Vous allez vous en remettre. Moi je trouve son mur ennuyeux à mourir. Qui a envie de voir ses photos de pâquerettes à longueur de journée ? Et toujours les mêmes à lui cirer les pompes et à dire combien ces petites fleurs sont mimi comme tout :-))

Écrit par : Muller Jacques | 17/07/2013

Déblogueur = pseudo d'un lâche auto-proclamé juge de journaliste:

Écrit par : Pierre à feu | 17/07/2013

@ Pierre à feu: je vous provoque en duel!

Écrit par : Déblogueur | 17/07/2013

A. Piller écrit:

"Certes, la plume est à l'aise, le vocabulaire parfois recherché..."

Hé ben, s'il trouve que c'est le cas, il n'est nullement étonnant qu'il ne résiste pas à être au courant du dernier frasque de Nabilla. Chacun ses attachements respectifs.

Écrit par : Machin | 18/07/2013

@ Machin : vous devriez mieux relire mon post, car le sens de la première phrase vous a sans doute échappé...

Je ne polémiquerai pas non plus sur vos aptitudes à rédiger dans un français correct et vous laisse à vos attachements.

Écrit par : A. Piller | 18/07/2013

@A.Piller

Mais non mon vieux, il ne m'est rien échappé. Quant à polémiquer, vous dites une chose et vous faites le contraire.

Écrit par : Machin | 18/07/2013

@ Machin : je ne l'avais pas fait mais si vous le souhaitez, polémiquons...

Je m'étonne simplement de vos jugements sur les qualités littéraires des uns et des autres alors que vous êtes incapable de rédiger 2 posts de 2 lignes sans une grosse faute de français dans chacun !!

Écrit par : A. Piller | 19/07/2013

@ Piller vous réagissez trop facilement à des provocations idiotes. Cela indique le niveau puéril dans lequel vous évoluez. En conséquence, vos opinions ont bien peu de valeur. Depuis le début je suis en train de vous manipuler et vous vous laissez faire comme un parfait naïf.

Écrit par : Machin | 19/07/2013

@ Machin : il ne s'agit pas de réagir avec émotion et jugements de valeur comme vous le faites mais de répondre factuellement ; j'admets que cela me plaît de vous voir à bout d'arguments et obligé de dériver sur l'attaque personnelle. Pour le reste, chacun jugera !!

Écrit par : A. Piller | 19/07/2013

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