Gregoire Barbey

15/07/2013

Inclure plutôt qu'exclure les individus

Chronique, 15.07.13

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Société. Il nous faut œuvrer ensemble pour bâtir un modèle qui permette d'inclure
l'ensemble des êtres humains. Plutôt que d'un système basé sur l'exclusion de certains.


Je ne le dirai sûrement jamais assez. L’exclusion est un modèle de société duquel je ne me sens pas du tout solidaire. J’irai même plus loin: je ne veux pas vivre dans un monde qui base son fonctionnement sur le rejet d’une partie des individus. A cela, il y a soit la démission, soit l’engagement personnel. Et pour ma part, vous l’aurez compris, j’ai choisi de ne pas rester dans l’inaction. A ma façon. Avec la réserve qu’il me faut bien évidemment observer de par mon métier. Mais écrire, c’est déjà une façon d’agir. Je n’ai jamais prétendu avoir la science infuse, et ceux qui me connaissent réellement savent que je remets souvent en question mes propres réflexions. Je pense néanmoins qu’il y a quelque chose sur lequel je ne puis transiger: les valeurs humanistes.

 

J’ai un profond respect pour l’initiative individuelle, que je trouve à la fois valorisante et nécessaire, même dans une communauté. En cela, et pour de nombreuses autres raisons, je me sens très proche du libéralisme, plus particulièrement de ses théoriciens du XIIIe au XIXe siècle, qui ont contribué à l’émergence d’une pensée respectueuse de l’individu, et équilibrée pour une vie en société. Et c’est justement cet attachement au libéralisme et aux principes fondamentaux de la liberté qui me font refuser, viscéralement, toute société qui base sa législation sur l’exclusion. Je suis convaincu que nous avons toutes et tous un rôle à jouer dans une communauté, qu’elle soit de petite taille ou à l’échelle d’une nation, d’un continent.

 

J’aime les êtres humains, parce qu’ils cachent tous une richesse qui leur est propre. Il n’y en a pas un seul qui soit l’exacte copie d’un autre. Chaque individu mérite d’être connu. J’en suis intimement persuadé. Et j’essaie de mettre en pratique cette conviction au quotidien. Lorsqu’il m’arrive de rencontrer, par hasard, d’autres personnes, je m’attache à les écouter. A les comprendre. Et, lorsque c’est possible, de me mettre à leur place. J’ai à ce titre une chance monumentale: j’exerce une profession qui m’offre la possibilité de multiplier les rencontres. De celles qui ne seraient pas possible autrement. Je l’avoue, j’en profite pour aiguiser ma curiosité, et ma sensibilité. J’y prends d’ailleurs beaucoup de plaisir. Ici, un ancien conseiller d’Etat mû par le désir de partager son expérience. Là, des jeunes qui préparent un événement économique d’importance internationale.

 

Et ce sont les autres qui nous apprennent. Qui nous renvoient une part de ce que nous sommes. Nous informent de notre propre personnalité. Nous font évoluer. Dès la naissance, les rapports sociaux nous bonifient, nous améliorent. Nous sommes interdépendants. Plus encore dans une société où chacun est spécialisé dans un domaine particulier, permettant aux autres d’assouvir certains besoins s’en devoir s’en occuper. Il faut donc accepter une réalité: nous ne sommes rien sans les autres. Ils sont essentiels à notre développement, à notre survie. Et à notre bonheur aussi.

 

De ce fait, la société doit pouvoir accueillir l’ensemble des individus, en adaptant les législations pour rendre possible cette inclusion. Une place pour chacun, voilà un slogan qui me parle. Bien sûr, avec la liberté de l’occuper ou non. Parce qu’il faut aussi faire preuve de bonne volonté. La communauté, c’est un ensemble de règles qui doivent favoriser la cohésion sociale. Qui doivent permettre aux êtres humains de faire corps avec leurs semblables. Où chacun peut vivre sans craindre de l’autre. Aujourd’hui, nous en sommes malheureusement loin. Et je pense que c’est lié à une réalité très simple: notre modèle de société est basé sur l’exclusion. Alors plutôt que de nous tirer dans les pattes, essayons de nous entre-aider pour construire ensemble une société qui englobe tout le monde, sans discrimination aucune.

 

Grégoire Barbey

23:42 Publié dans Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | | | |

Commentaires

TOUT EST LA : "Il faut donc accepter une réalité: nous ne sommes rien sans les autres. Ils sont essentiels à notre développement, à notre survie. Et à notre bonheur aussi."

Bonne continuation

Écrit par : Gorgui NDOYE | 16/07/2013

Sauf qu'il y a une part non compressible de sociopathes "non incluables". Le principal est de savoir ou on veut placer la barre.

Et je dois dire qu'aux US, ou on appel une agression un crime et pas une "incivilité" pour se la jouer assistant social, il est beaucoup plus agréable de se promener dans les centres ville. Enfermer 1 ou 2% de t-d-c pour le plus grand bien des 98% restant, c'est peut-être ça la vrai démocratie, celle ou la dictature des minorité n'a pas le droit de pourrir la vie de la vaste majorité.

PS: Moi aussi j'ai la chance de rencontrer beaucoup de gens d'horizons différents.. Et je m'entend bien avec 98% d'entre eux.

Écrit par : Eastwood | 16/07/2013

Quel est donc ce genre d'exclusion :

"Et je pense que c’est lié à une réalité très simple: notre modèle de société est basé sur l’exclusion."

Comme par exemple le fait de vider l'Afrique de ces blancs ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 16/07/2013

Du moment que chacun respecte les règles en place.. je suis d'accord.. c'est quand une minorité se fout des règles que ça dérape.. et puis il faut pas rêver.. cela doit déraper parce que l'humain est comme ça.. donc respect des règles pour tous sinon enfermement et sanctions.. c'est normal.. encore un texte bien écrit.. merci Grégoire..

Écrit par : Anken Etienne | 19/07/2013

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