Gregoire Barbey

19/07/2013

Ueli Maurer en Chine: la Suisse sourit jaune

A chaud, 19.07.13

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 Ueli Maurer. Le président de la Confédération s'est hasardé sur les événements
sanglants de la place Tian'anmen. Oubliant peut-être qu'il représentait la Suisse.


Alors qu’en France les députés s’en prennent verbalement à la Suisse dans l’affaire de l’arrestation de Pierre Condamin-Gerbier, remettant en cause son système démocratique, le président de la Confédération Ueli Maurer s’illustre par une déclaration invraisemblable. Interrogé par un journaliste de la SRF sur le risque que sa visite d’une division blindée chinoise soit reprise à des fins de propagande, alors que «l’armée a tiré sur le peuple et réprimé le mouvement démocratique dans le sang», Ueli Maurer a répondu: «je pense que nous pouvons tirer un trait sur cette affaire depuis longtemps». Evidemment, de tels propos surprennent. Est-ce le moment de se mettre à dos toute l’opinion occidentale en réhabilitant les actes barbares d’une dictature? Pas sûr…

 

Il est probable qu’aujourd’hui en Occident, plus personne ne songe vraiment à cet événement. La question se pose toutefois de savoir si c’est le rôle de la Suisse de s’engager sur un terrain aussi glissant. Notre pays est depuis longtemps le centre névralgique de nombreuses organisations internationales et non-gouvernementales, dont une grande partie œuvre pour la paix dans le monde. Quelle va être la réaction de ces organisations face à cette déclaration? La Suisse est-elle tenue de s’illustrer sur la scène internationale en s’exprimant sur des sujets aussi sensibles alors qu’elle est au cœur d’un conflit fiscal sans précédent? D’un point de vue purement stratégique, il serait raisonnable qu’Ueli Maurer nous explique son objectif. Parce qu’il semble difficilement cernable. Comme embrumé dans un linceul rougeâtre. L’évasion de l’esprit. Le néant absolu de la communication. Le président de la Confédération a peut-être tout simplement oublié, l’espace d’un instant, qu’il représentait la Suisse.

 

Grégoire Barbey

16:17 Publié dans Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | | | |

Commentaires

petite question.. est-ce que la Suisse doit s'écraser et fermer sa g... bouche afin d'éviter de perdre une image qu'elle veut donner? Oser penser par soit-même doit-il dire qu'il faut tenir compte des avis de nombreuses organisations internationales et non-gouvernementales pour savoir ce que le conseil fédéral doit faire? je pense qu'il doit agir pour la Suisse.. pas pour les organisations qui sont présentes sur le sol Suisse.. quand a sa stratégie elle a déjà été maintes fois critiquée.. mais la Suisse est quand même plus forte que toute l'Europe et la Chine réunie.. il peut fanfaronner je pense.. il a de quoi être fier de.. la Suisse..

Écrit par : Anken Etienne | 19/07/2013

Nombreux furent ceux qui appréhendaient l'arrivée de Monsieur Maurer à la présidence de la Confédération. Ils furent sans doute rassurés d'apprendre qu'il n'envisageait pas de voyager beaucoup.
Personnellement, sa sincérité, voire son innocence, me touche. Je me sens proche de certaines valeurs qu'il incarne et que partagent bien des suisses.
Mon inquiétude, à la suite des accords de libre échange avec la Chine, provient du fait que j'estime que nous devrions conditionner la venue de sociétés chinoises. ou internationales. à quelques règles fondamentales de respect des conventions.
En effet, il serait parfaitement schizophrénique de vouloir se profiler à la fois comme le centre onusien des droits de l'homme et favoriser l'installation de toutes les ONGS qui l'entourent et en même temps inviter sur notre territoire des compagnies multinationales qui violent impunément les règles que défendent ces organisations.
Si je pense que Mme Salerno a eu des propos un peu téméraires et suicidaires en fustigeant ces sociétés très présentes dans le canton (24% de la masse salariale), je suis persuadé qu'elle verrait d'un bon oeil l'idée d'établir un cahier des charges minimal pour accepter les candidats.
Ces exigences contraignantes pourraient aussi impliquer une durée d'établissement qui garantisse la couverture des frais induits, y compris les plans sociaux qui suivraient une délocalisation.
Il me semble que l'excellence de notre offre devrait nous permettre d'être un peu plus sélectifs. Une telle attitude nous donnerait immédiatement une aura d'exigence humaniste qui valoriserait incontestablement le label suisse. Et pour une fois, nous innoverions, plutôt que de réagir misérablement devant les charges de nos concurrents.

Écrit par : Pierre Jenni | 19/07/2013

La photo est d'enfer !

Écrit par : Pierre Jenni | 19/07/2013

En fait il suffit qu'un type surjoue le mec simple pour que vous gobiez tout. Pas difficile de vous embobiner.

Écrit par : Boivin | 23/07/2013

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