Gregoire Barbey

20/07/2013

Mobilité: la responsabilité du Parlement

Chronique, 20.07.13

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 Grand Conseil. La responsabilité du parlement dans la gabegie de la politique de mobilité
à Genève est évidente. Affirmer le contraire est totalement hypocrite.

 

A la suite de mon article «Du Künzler-bashing à la vacuité des idées», l’on m’a tenu un faux procès. Certains m’ont accusé de n’avoir aucun argument pour défendre le bilan de la conseillère d’Etat Michèle Künzler. C’est mal comprendre ma démarche. Je ne cherche aucunement à dresser un bilan positif de son mandat. Comme beaucoup, je ne suis pas convaincu par sa politique qui vise à réduire drastiquement l’usage des automobiles dans le canton, et plus particulièrement en centre-ville. Lorsque je dénonce la majorité de droite qui s’en prend obsessionnellement à Madame Künzler, c’est pour une bonne raison: un ministre est en partie subordonné au parlement pour mener à bien sa politique. En l’occurrence, la conseillère d’Etat verte a fait ce pourquoi les électeurs l’ont élue. Elle a proposé un projet de société qui a convaincu une majorité de citoyens, au moins sur le papier.

 

Une fois dans les habits de sa fonction, le législatif lui a toutefois régulièrement barré la route. Elle a été l’objet d’oppositions quasi-systématiques. La majorité élargie de la droite au parlement (UDC-MCG-PLR-PDC) n’était pas en phase avec son projet de société. C’est le risque en politique. Michèle Künzler a par ailleurs péché par absence de communication positive. Elle n’a pas su fédérer les partis représentés dans l’hémicycle et cela lui a coûté cher en termes d’image. Mais il n’est pas acceptable que ceux-là même qui ont participé à sa chute se permettent de lui faire porter l’ensemble de la responsabilité. Certes, elle n’a pas nécessairement brillé par sa capacité à convaincre. Elle n’a pas non plus démontré une compétence hors du commun en matière de stratégie. Quand bien même. Le pouvoir de destruction du parlement est conséquent.

 

Et c’est donc à la fois la majorité élargie de droite, pour son refus constant des projets du Département de l’intérieur, de la mobilité et de l’environnement (DIME), et Michèle Künzler en charge dudit ministère, pour son manque de clairvoyance et son inaptitude à s’adapter, qui portent ensemble la responsabilité des blocages qui péjorent actuellement la vie des Genevois. Ces problèmes sont éminemment politiques, parce qu’ils procèdent de la volonté d’une partie du législatif à ne pas laisser à la cheffe du DIME la possibilité d’appliquer les réformes qu’elle souhaitait. Et qui lui ont valu son élection au poste de conseillère d’Etat. Vouloir rejeter la totalité de la faute à Madame Künzler est totalement hypocrite. Et ne convient pas au principe de responsabilité individuelle, pourtant si chère à la droite, et duquel je suis également très attaché. La situation actuelle n’est pas du seul fait du DIME. C’est une stratégie politique, et il convient d’appeler un chat un chat. Le parlement ne me fera pas croire qu’il n’y est pour rien. A d’autres.

 

Grégoire Barbey

13:20 Publié dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

Commentaires

Il y a un acte qui ne rentre pas dans la dimension de votre article.
L'isolement de la ville de Vernier.

Comment expliquer cet acte-là ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 20/07/2013

C'est étonnant de vérifier une fois de plus le degré d'amnésie de certains journalistes qui tentent de défendre et de valider leurs positions téméraires.
Comment pouvez-vous faire abstraction du fait que Mme Künzler ait profité de la locomotive Hiler pour parvenir à un exécutif ?
Non seulement elle aura fait preuve d'incompétence, mais surtout elle n'aura pas eu la décence de l'humilité, de la remise en question, d'une politique dévastatrice qui aura scellé l'immobilisme.
Je vous vois vous débattre pour justifier votre dernier billet. En ce sens, vous partagez les travers de votre meilleur ennemi, Pascal Décaillet, qui ne supporte pas trop la critique.
Devrons nous supporter encore l'egotrip des quelques journalistes de qualité que notre république à pu produire ? Quelle désespérance....

Écrit par : Pierre Jenni | 20/07/2013

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