Gregoire Barbey

01/08/2013

N'oublions pas nos racines en ce premier août

Chronique, 31.07.13

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Suisse. Je souhaite rappeler en ce jour toutes les valeurs qui nous ont réuni. Non pas
glorifier la grandeur partagée de notre nation. Mais donner à chacun sa reconnaissance.

 

A l’occasion du 1er août, je n’écrirai pas de discours sur la grandeur de notre nation. Je n’expliquerai pas ce que tous nous savons déjà. Ce que nous procure la fierté de notre essor économique, de notre réussite face aux défis du XXIe siècle. Tous, vous le savez, et pour la plupart, le partagez. Ce n’est pas ce qui m’amène à vous. Ce que je souhaite vous témoigner, ici, c’est mon attachement à la solidarité de la Suisse. Son profond humanisme, sa capacité à s’investir en-dehors de ses frontières pour aider ceux qui en ont besoin. C’est cet aspect-là, aujourd’hui, dont je souhaite vous parler. C’est ce point fondamental, trop souvent oublié à dessein, qui nous réunit tous. Qui fait qu’en ce moment, vous et moi vivons dans le même pays.

 

Pour certains parmi nous, obtenir l’autorisation de séjour en Suisse puis la nationalité a été une lutte acharnée. Parfois le combat d’une vie entière. Pour d’autres, c’est le legs de leurs parents qui sont venus renforcer la diversité de notre nation. Et pour les derniers, c’est de famille. Quel que soit votre origine ou la raison qui vous a poussé à nous rejoindre, je souhaite à tous témoigner mon amitié et mon respect. Nous sommes un peuple unique au monde. Depuis toujours, la Suisse a été un pays d’immigration. Genève en est l’exemple parfait. Des centaines d’individus qui ont rayonné depuis notre pays étaient des étrangers. Pour des raisons qui leur sont propres, ils ont choisi de se loger dans nos contrées. Et ont contribué, chacun comme ils le pouvaient, à faire de notre pays un important acteur sur la scène mondiale, que cela soit en termes d’idées ou d’économie.

 

C’est cette imprégnation continuelle de cultures différentes qui a nourri la Suisse. Et qui en a fait le centre névralgique de nombreuses organisations non-gouvernementales œuvrant pour la paix et davantage de justice sociale. Cette réalité, nous ne devons pas l’oublier. C’est pourquoi, aujourd’hui, je vous le dis: rappelons-nous fièrement de nos origines. Pas celle d’une nation centrée sur elle-même, se gaussant de ses propres ressources humaines. Mais celle d’un pays ouvert, qui a su donner aux autres, à la différence, l’importance qu’ils nécessitaient pour créer des conditions de vie favorables à toutes et à tous. Quand je pense à la Suisse, ce sont ces notions qui me rendent fier. Qui m’enthousiasment et font de moi ce que je suis.

 

J’aimerais modestement vous faire comprendre que nous devons continuer à parier sur cette stratégie. Aujourd’hui, il est bien vu de renier les étrangers. De les condamner à l’opprobre populaire. Et je pense pour ma part qu'il s'agit-là d’une erreur. Une analyse erronée qui pourrait coûter beaucoup à la prospérité de notre nation. Parce qu’aujourd’hui, avec l’immigration et contrairement aux idées reçues, la croissance de la population n’est pas excessive. Le taux de natalité est d’environ 1,5 enfant par ménage, soit moins que nécessaire pour un renouvellement correct. Et certains veulent vous faire croire le contraire. Que ceux qui viennent prêter main forte à notre pays sont des profiteurs. Qu’ils n’ont rien à nous offrir, à part la violence et la délinquance. C’est faux. Et en ce jour de fête nationale, je veux dire à tous à quel point je suis fier de compter parmi mes concitoyens des individus venus du monde entier. Chaque jour, je me nourris de leur culture. De leurs différences. Et je me sens grandi au quotidien par cette diversité qui m’anime.

 

Pour terminer, j’aimerais exhorter chacun d’entre-nous à faire preuve de respect pour nos semblables. Particulièrement en ce jour. Mais le reste de l’année également. C’est ensemble que nous pouvons continuer à bâtir une société prospère et acceptable pour le plus grand nombre. En guerroyant, nous ne ferons qu’allouer des ressources à la destruction. C’est pourquoi je vous invite encore une fois à vous accepter les uns les autres. A vous accorder respect et considération. Ensemble, nous sommes la Suisse. Et c’est ce que nous fêtons en ce jour du 1er août. Ni la haine ni l’isolement. Mais l’ouverture.

 

A toutes et à tous, je souhaite une merveilleuse journée. Et que cette fête nationale puisse vous convaincre de l’importance de cette pluralité de cultures et de pensées. Hommage à la Suisse, terre d’accueil et de grandeur.

 

Grégoire Barbey

12:08 Publié dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | | | |

Commentaires

D'où tirez-vous "qu'aujourd'hui il est bien vu de renier les étrangers"? Alors que la Suisse est le pays qui accueille le plus d'étrangers!

Écrit par : Michèle Roullet | 31/07/2013

Initiative contre l'immigration de masse.
Ecopop.
Réforme de la loi sur l'asile.

Etc.

Enlevez vos œillères genevoises.

Écrit par : Grégoire Barbey | 31/07/2013

Quelle toupet que de proclamer la solidarité de Genève avec la Suisse !

Une Genève dont le Grand Conseil se permet de menacer de ne pas verser la participation genevoise à la péréquation intercantonale.

Une Genève dont le même Grand Conseil ne dénonce pas l'accord de janvier 1973 par lequel Genève donne à la France 240 millions de Francs par an. Oui, 240 millions pas an à la France, à la France qui nous fait les poches !

Monsieur Barbey, nos racines c'est la Suisse et la solidarité confédérale c'est la Métropole lémanique.

Monsieur Barbey, ôtez vos oeillères, ces oeillères qui vous empêchent de regarder en direction de la Suisse. Ouvrez-vous à la Suisse !

S'il vous plaît, faite le en ce premier août. Vous en serez ébahi et joyeux.

Écrit par : CEDH | 01/08/2013

Rien que la haine qui habite les Genevois contre les Vaudois ... sans y ajouter celle des Vaudois contre les Valaisans et vous avez déjà tout faux.

Rien que dans ma commune de Vernier, les politiciens se font des coups en douce, alors même qu'ils sont élus et payés pour nous rendre la vie meilleure.

Ne voyez vous pas au minimum les graffitis qui recouvrent tellement de murs partout à travers Genève ?

Non seulement ceux qui achètent les sprays y perdent de l'argent et du temps pour faire leurs dessins, mais en plus, cela nous coûte à nous de les faire enlever.

Il existe partout des poubelles, mais elles ne sont pas intelligentes.
Alors, on va dépenser des milliers de francs pour des poubelles avec wi-fi ... et en plus ... on doit s'estimer contents.

Rien que dans le canton et République de Genève, nous sommes incapables de trouver des politiciens capables de mériter leurs salaires ... que dire de plus juste concernant une espèce de solidarité entre communes ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 01/08/2013

Cher Compatriotes qui résidez en la belle France, ne laissez pas ce jour de joie et de retrouvaille, retrouvaille entre nous et nos amis étrangers, être gâché par ceux qui distillent leur fiel contre notre pays.

Ne prenez pas au sérieux ces deux bloggeurs rigolos, l'un y a quelques jours et l'autre en ce beau jour, qui vous induisent en erreur en matière de droit successoral français. Qui brandissent la fin des avantages fiscaux liés à l'article 783 CGI si la Suisse se refusait à ratifier la nouvelle Convention contre la double imposition.

Cela est faux ! Nouvelle convention ou pas vous continuerez à bénéficier de l'article 783 CGI. En vérité je vous le dit, ce sont des ignares.

Puiqu'ils sont ignares et que le jour est beau, donnons leur notre pardon.


P.S. 1: Pour ma part, le pense qu'il vaut mieux ratifier la Convention, mais que pour vous convaincre la tromperie n'est pas bonne méthode.

P.S. 2 : Je fête ce jour avec des amis étrangers, russes et chinois, qui ne sont, eux, pas nationaux de pays hostiles.

Écrit par : CEDH | 01/08/2013

Je n'ai rien contre les étrangers, j'ai certe un problème avec les frontaliers qui sont beaucoup trop présent. Je suis conscient que nous avons besoin d'eux, mais pas en cette quantité, ou certains poussent des suisses aux chômages.

Écrit par : Vieillard | 01/08/2013

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