Gregoire Barbey

25/08/2013

Du divin à la transfiguration de l'existence

Chronique, 25.08.13

517px-Portrait_of_Friedrich_Nietzsche.jpg

Friedrich Nietzsche. Le philosophe est décédé le 25 août 1900 à Weimar.
Il a laissé derrière lui une œuvre riche qui fut souvent sujet à interprétation.


Le monde se souvient de Friedrich Wilhelm Nietzsche, décédé le 25 août 1900 à Weimar, en Allemagne. Probablement l'un des philosophes les plus controversés de l'histoire récente, il est souvent assimilé à tort à Adolf Hitler. Bien souvent comparé à l'idéologie du nazisme, c'est pourtant mal connaître le personnage.



S'il a bien évidemment théorisé le Surhomme dans son livre d'anthologie Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche n'a jamais voulu insinuer par là qu'il y a une race d'être humain qui soit supérieure aux autres. Pour lui, l'homme est une corde tendue entre le singe et le Surhomme. Si ce dernier est au-dessus des hommes, c'est par son essence divine. Pour son auteur, le Surhomme ne doit pas se soucier des hommes, il est égal au divin, ce divin que Nietzsche a tué de sa plume. Le rôle du Surhomme n'est pas de gouverner mais de transfigurer l'existence. Les aphorismes du philosophe, souvent écrits en marchant sur les cimes du Tessin, ont fait l'objet de multiples interprétations. Mais c'est ce même Nietzsche qui a rompu une amitié d'une rare intensité, mêlant admiration, idolâtrie et amour, avec Richard Wagner, jugeant son antisémitisme décadent et contraire à ses valeurs.



Si Friedrich Nietzsche a produit une généalogie de la morale, ce n'est pas pour justifier la barbarie, mais pour mettre l'humanité devant ses contradictions. Nietzsche était un homme profondément seul, viscéralement hors du monde, et la biographie romancée de Stefan Zweig à son sujet en est la traduction parfaite. Un homme à la santé si fragile que chaque jour fut un calvaire, une véritable épreuve. Un personnage à la fois attachant et unique. Un homme qui a parlé du monde comme personne ne l'avait fait auparavant. Un déconstructiviste de grand chemin. Une œuvre irremplaçable et surtout inoubliable. Nietzsche a bouleversé mon existence. Quand j'ai refermé le premier ouvrage que j'ai lu de lui, à 18 ans, j'ai pris goût à la philosophie. Aux questions de la société. A l'esprit critique. Au désir profondément primaire d'apprendre toujours. Un personnage hors norme qui mérite d'être connu et reconnu pour ce qu'il fut. Et ce qu'il a laissé à une génération profondément meurtrie.

 

Grégoire Barbey

13:47 Publié dans Air du temps, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

Commentaires

C'est très amusant de lire qqn qui écrit sur Nietzsche alors qu'il n'a rien compris à la pensée politique de ce salopard. Adolf Hitler lui l'a lu dans le texte original et il a parfaitement compris. Et commencé à mettre en pratique les recommandations de son maître idéologue. Nietzsche n'a jamais été seul, il ne fait que se plaindre pour qu'on le prenne en pitié, ce qui arrivait presque systématiquement. Comme manipulateur il se posait un peu là. On n'est pas obligé de croire tout ce qu'il raconte et s'il s'est séparé de Wagner, c'est que ce dernier avait bien compris à la fois les mensonges et l'homosexualité du personnage. Rien à redire sur le fait d'être homosexuel (et misogyne comme de bien entendu), sauf qu'il ne l'a jamais assumé, l'a constamment caché. Démasqué, Nietzsche ne pouvait plus affronter, fréquenter qqn qui savait, qui avait compris la profonde malhonnêteté du personnage dans ses relations aux autres. Manipulateur d'un côté, mais aussi complètement influençable selon ses fréquentations ou ses lectures. Quant aux valeurs de Nietzsche, son anti-judaïsme (à la base de son anti-christianisme) est constant et sur la question de son antisémitisme vous devriez lire le témoignage de son meilleur "ami". C'est très clair. En tous les cas Nietzsche était viscéralement raciste.

Et vous devriez mieux citer vos références :

"Zarathustra aber sahe das Volk an und wunderte sich. Dann sprach er also:
Der Mensch ist ein Seil, geknüpft zwischen Thier und Übermensch, — ein Seil über einem Abgrunde.
Ein gefährliches Hinüber, ein gefährliches Auf-dem-Wege, ein gefährliches Zurückblicken, ein gefährliches Schaudern und Stehenbleiben.
Was gross ist am Menschen, das ist, dass er eine Brücke und kein Zweck ist: was geliebt werden kann am Menschen, das ist, dass er ein Übergang und ein Untergang ist." [Z 1:4]

Un animal, pas un singe. Une corde, un pont, c'est-à-dire un moyen, pas une fin. Pratique un "moyen". Vous n'avez évidemment pas compris quelle fin politique était voulue par Nietzsche...

Quant au surhomme, Nietzsche en donne deux exemples très éclairants. Mais vous n'avez pas dû lire jusque là.

Lisez l'oeuvre complète et vous découvrirez en Nietzsche le pire réactionnaire de la pensée politique moderne.

Et je ne parle ni de la Wille zur Macht, ni de l'éternel retour. Le problème est que si l'idéologie nietzschéiste a été chassée par la grande porte, elle continue de s'insinuer par les interstices de nos sociétés sans se faire passer pour telle.

Écrit par : Johann | 26/08/2013

"en marchant sur les cimes du Tessin,"

Et vous devriez aussi revoir votre géographie.

Écrit par : Johann | 26/08/2013

Les commentaires sont fermés.