Gregoire Barbey

06/09/2013

Oskar Freysinger: reflet du pouvoir autoritaire

Chronique, 06.09.13

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Oskar Freysinger. Le ministre valaisan n'a pas perdu de temps pour prouver à ses
détracteurs qu'il ne changerait pas les mauvaises habitudes qui lui sont reprochées.

 

Le conseiller d’Etat UDC Oskar Freysinger s’est à nouveau illustré aujourd’hui par ses manières autocratiques. Il a muté le chef de l’enseignement valaisan Jean-François Lovey, qui occupait ce poste depuis 17 ans, parce qu’il n’a pas la même vision que le tribun. Encore et encore, Oskar Freysinger démontre ce que tous déjà soupçonnait: il ne veut pas partager le pouvoir et n’a surtout pas envie d’être amené à se faire critiquer par ses collaborateurs dans ses choix. Le ministre n’aime pas qu’on lui dise ce qu’il doit faire et comment il doit s’y prendre. C’est un fait. Qu’il donne congé aux enseignants qui veulent pratiquer la chasse, ou qu’il limoge l’un des plus fidèles fonctionnaires de son département, Freysinger prend ses décisions lui-même et nul ne peut le contredire.

 

Pour Jean-François Lovey, c’est un coup de butoir six ans avant sa retraite. Le sémillant conseiller d’Etat lui a créé un poste sur mesure pour l’empêcher d’interférer dans ses prises de décision. Une attitude bien peu honorable de la part d’un individu qui aurait au contraire tout à gagner à s’entourer de collaborateurs reconnus et compétents. Et agir avec un peu plus de discernement lui permettrait sûrement de faire les mauvaises langues à son sujet. Si de nombreux romands craignaient de voir en Valais l’élection d’Oskar Freysinger, ce n’est pas seulement parce qu’il s’agit d’un UDC. C’est le personnage lui-même qui se donne l’image d’un ultra-autoritaire qui ne veut pas qu’on vienne empiéter sur la parcelle de son pouvoir.

 

Elu à une nette majorité par les Valaisans, Oskar Freysinger ne changera pas pour autant son naturel. Et à vouloir le chasser, il reviendrait au galop. Ce qui est sûr, c’est que le personnage ne manquera pas de nous surprendre – ou de nous conforter dans nos a priori – lors de sa législature. Et c’est bien malheureux de devoir s’en tenir à penser: ils l’ont voulu, ils l’ont eu. Les Valaisans méritaient probablement mieux qu’un individu imbu de pouvoir et de lui-même à la tête de deux aspects politiques essentiels: la sécurité et l’enseignement. Le canton va devoir assumer la volonté du peuple, et la facture pourra peut-être sembler salée à la fin. Seul le temps nous dira si Oskar Freysinger est capable de changer et de s’adapter à ses fonctions ou si ce sont ses fonctions qui devront s’adapter au personnage.

 

Grégoire Barbey

17:41 Publié dans Humeur, Politique, Suisse, Valais | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | | | |

Commentaires

Tu pleures avec Freisinger, tu vas hurler avec l'ayatollah comme Jenni !

Écrit par : Pierre Jenni | 06/09/2013

Il me semble qu'un certain Pascal Couchepin a déclaré qu'il ne fallait pas oublier que c'étaient les chefs qui commandaient.

O.F a déjà assimilé la recommandation.

Les hommes se croient intelligents. Ils ne le sont cependant jamais assez pour se rendre compte qu'ils ne le sont pas autant qu'ils croient. (Auteur dont j'ai oublié le nom)

Écrit par : Michel Sommer | 06/09/2013

Excellente initiative! 56913 Valaisans ont voulu le changement. Le changement c'est maintenant que ça commence. Il a pris le temps depuis le 1er mai et maintenant ça bouge.
1) l'été a été calme pas de problèmes avec les gitans. Mesures en place.
2) Citoyens rassuré beaucoup moins de cambriolages, la police fait son job, ça se voit!
Maintenant l'école, il y a des mesures à prendre, c'est bon, ça vient!

Écrit par : Corélande | 06/09/2013

Est ce qu'être fonctionnaire pendant 17 ans au même poste est une preuve de compétence et un acquis d'indéboulonnabilité ? Ne connaissant pas cette personne je m'abstiendrai de juger.

On notera quand même que le noyautage de l'administration pour biaiser l'application des décisions démocratiques, l'exclusion par mobying et diffamation des collègues qui ne pensent pas comme eux et la récupération des copains alcooliques d'autres cantons est largement une spécialité socialiste.

Écrit par : Eastwood | 07/09/2013

Selon la TdG M.Lovey aurait, dans les années 90, été un fervent défenseur et participant de la réforme de l'école valaisanne 2000. Celle-là même qui a ensuite été balayée par le peuple.
Une réforme qui ressemblait étrangement à ce qu'on a appelé la Rénovation à Genève! Elle aussi balayée en 2006! Tout porte à croire que ce Monsieur Lovey pencherait du côté des pédagogos. Et ça, Freysinger n'en veut pas car il a une autre vision de l'école. Il n'a pas tort... D'ailleurs, si seulement on avait fait de même à Genève! On se mordrait moins les doigts aujourd'hui...

Écrit par : Duval | 07/09/2013

L'image du Valais a vraiment changé depuis qu'Oskar Freysinger est entré au Gouvernement.

Elu au Département de l'éducation, il a pris le statut du père de la Nation. Et les enfants se demandent quel rôle va-t-il endosser? Celui du père attentif et juste ou celui d'un père autoritaire qui n'adment pas la contradiction. Les premiers pas d'Oskar Freysinger furent hésitants, c'est le moins qu'on puisse le dire et les jeunes enfants sont inquiets devant un avenir incertain.

Il y a ceux qui se trompent lors d'un serment. Ils lèvent le bras et font un signe qui ressemble au salut nazi. Certainement apeurés et craintifs devant l'inconnu, ils s'embrouillent avec les signes.

Il y a ceux qui cherchent leur place à l'école où ils étaient reçus, mais ne la trouvent pas. Les petits, un peu différents, errent comme des âmes en peine. Innocentes victimes.

Il y a ceux qui murmurent, car le son de leur conversation pourrait parvenir aux oreilles des délateurs. Ce sont les petits sans-papiers.

Pour ces enfants de la liberté, les misérables vexations glissent sur eux et n'atteignent pas leur âme. Seule la vanité des Puissants ronge leur coeur.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 08/09/2013

Ciel, Freysinger a muté un fonctionnaire en charge de bousiller l'école valaisanne et de la réduire au niveau des systèmes vaudois et genevois, qui ne sortent plus que des abrutis paresseux...
Quelle scandale ! Comme vous avez raison de protester, Grégoire Barbey, cela nous permet de voir pourquoi vous vous battez...

Écrit par : Géo | 08/09/2013

@Duval "Tout porte à croire que ce Monsieur Lovey pencherait du côté des pédagogos" ,je connais un directeur, qui vacances", on me fait parvenir un billet d'un étudiant de l'IUFE ", depuis votre casquette de petit chroniquer chez Windish "les Observateurs" réunis, vous vous muez en petit rapporteur, petit délateur fasciné par un apprenti dictateur , narcissique comme ses modèles. Encore un effort camarade.
Despot -despotisme - la chasse est ouverte aux enfants sans papiers , en attendant ceux qui ne seront pas dans les bons papier du Toni Sailer valaisan
Au fait ne vantiez-vous pas le Pisa connection de l'école valaisnne sous Lovey .?

Écrit par : briand | 08/09/2013

@briand
Heu...puisque vous parlez d'effort, pourriez-vous en faire un petit afin de formuler un texte compréhensible?
A propos de Pisa...je vous rappelle que la réforme valaisanne a été refusée par le peuple et que donc, justement, les élèves testés n'étaient pas issus de la pédagogie que semble prôner ce M. Lovey.

Écrit par : Duval | 08/09/2013

"@briand
Heu...puisque vous parlez d'effort, pourriez-vous en faire un petit afin de formuler un texte compréhensible? "

Euh... le résultat d'une pédagogie socio-constructiviste... qui détruit le discours, pardon qui le déconstruit pour mieux le socio-constuire?

Écrit par : Johann | 08/09/2013

C'est drôle comme les gens du voyage sont bien informés! Cette année ils ont largement évité les problèmes en Valais, par contre le Jura, maintenant Bulle les ont sur le dos.
Freysinger a du bon, rien que de lui avoir offert un siège au Conseil d'Etat VS, nous avons la paix et le respect de nos biens.
Rien que pour ça, cela vaut la peine de voter pour un UDC, alors Genevois un peu de courage si vous voulez que cela change!

Écrit par : Corélande | 09/09/2013

Monsieur Grégoire Barbey, le poste pour remplacer Monsieur J.-F. Lovey est mis en postulation sur le BO du canton du Valais alors rien ne vous empêche de postuler puisque vous êtes si fort pour donner des conseils.
J'ai voté Oskar et suis fier de lui, oui il est à ce poste pour faire bouger les choses, pour sortir l'école de l'ornière qui suivait le chemin des Vaudois et Genevois.
J'ai vu qu'a Genève vous avez élu Monsieur Jean Romain, je suis content pour Genève, mais il aurait pu postuler pour le poste en valais pour remettre l'école sur les bons rails.
Nous sommes bons aux contrôles Pisa au niveau Suisse, mais nous avons encore de la marge pour talonner Shanghai, Singapour, la Corée du Sud ou la Finlande. J'ai confiance en Oskar pour cela, tous les élèves sont capables de fournir les efforts nécessaires s'ils sont très bien encadrés.

Écrit par : Eddie Mabillard | 09/10/2013

Je suis française,originaire de l'outremer et je dis que ce Monsieur Oskar FREYSINGER est un grand MONSIEUR ! les habitants du canton du valais ont de la chance de l'avoir.
J'ai juste une réflexion à adresser à Monsieur FREYSINGER en ce qui concerne les indemnités octroyées aux femmes qui ne travaillent pas. Il ne faut pas oublier que les femmes qui ne travaillent pas sont en majorité des musulmanes car "leur travail" en réalité est de rester à la maison pour "faire" beaucoup d'enfants dans le but de faire basculer "la majorité directe" en leur faveur dans quelques années pas lointaines. Alors je vous dis ne donnez pas d'indemnités aux femmes qui ne travaillent pas pour cette raison. Je pense que les femmes suisses qui restent à la maison pour s'occuper de leurs enfants sauront s'organiser comme il faut...

Écrit par : ATUAHIVA HANA | 16/10/2013

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