Gregoire Barbey

12/10/2013

Le MCG doit devenir une force de proposition

Chronique, 12.10.13

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Delphine Perrella. Elle a montré – comme d'autres membres du MCG – que son parti
pouvait apporter des idées. Mais il faudra lutter contre tant qu'il ne se sera pas transformé.

 

Je me suis profondément interrogé depuis les résultats des élections de dimanche dernier. Faut-il continuer à s'opposer au MCG lorsqu'il réalise un score aussi important? J'ai longuement réfléchi. J'ai ressassé ces derniers mois, ces dernières années. Et l'attitude des élus de ce parti pendant ce laps de temps. Et ma réponse m'est apparue clairement, avec le recul: oui, il faut donner toute notre énergie pour lutter contre la ligne politique du MCG. Si je lui reconnais volontiers la qualité de mettre le doigt où ça fait mal, je lui en veux par contre, dans son ensemble, de mettre à mal les institutions de notre Canton. De cracher dans la soupe, alors qu'il s'en nourrit tout autant.



Ce dont Genève a besoin, véritablement, c'est d'une cohésion renforcée entre les différents acteurs de notre région. Notre république n'est pas bananière, comme le MCG – et marginalement l'UDC – tente de nous le faire croire. S'il y a des dysfonctionnements à Genève, ceux-ci ne sont pas irrémédiables. Ce n'est pas en insultant nos institutions qu'un changement durable s'installera. Ce n'est qu'en travaillant ensemble, partis gouvernementaux et partis d'opposition, qu'il sera possible de régler les problèmes majeurs que connait notre Canton.


S'opposer est nécessaire. Tout ne peut être fait dans l'impunité totale. Il convient de dénoncer, de ne pas laisser le pouvoir nous échapper des mains, à nous peuple genevois. Mais l'opposition n'est pas une fin en soi: à trop heurter les institutions, comment proposer des options viables à l'opinion publique? Comment travailler main dans la main pour redresser un canton en proie aux difficultés conjoncturelles? Ce n'est tout simplement pas possible. Ce qu'il faut, au-delà de la délation, de l'opposition constante et de l'injure faite à nos institutions, c'est une force de proposition. Des idées. Et je ne dis pas que le MCG n'en a pas, loin de là.


Des membres, comme Delphine Perrella ou Ronald Zacharias, ont prouvé qu'ils pouvaient apporter des projets intéressants et pouvant contribuer à améliorer le quotidien des Genevois. C'est là-dessus qu'il faut maintenant se concentrer. Et tant que le MCG n'aura pas effectuer sa mue, passant de l'opposition institutionnelle à l'opposition politique, deux notions que je distingue particulièrement, il conviendra de lutter contre son discours. Tant que le MCG n'aura pas, de son propre chef, changé son fusil d'épaule pour devenir l'un des bâtisseurs de ce canton – et donc être amené à perdurer au sein de l'hémicycle –, les partis traditionnels devront eux-mêmes s'opposer à sa ligne.



Non par la parole. Mais par les actes. Il est essentiel de démontrer à la population qu'il n'est pas tout de verser dans le verbiage politique: il faut prouver. Agir. Et force est de constater qu'à l'heure actuelle, les partis gouvernementaux n'ont pas encore subi l'électrochoc suffisant pour les ramener à la réalité. Ils ont fait Genève, ils doivent continuer à veiller sur notre république. Mais pour cela, il est impératif de s'investir. Et de ne pas prêter le flanc aux critiques acerbes d'un mouvement qui fait son beurre électoral sur l'opposition et l'injure aux institutions.



Quand bien même je reste convaincu qu'un jour, les partis du centre pourront travailler avec le MCG, j'invite chacun à prendre ses responsabilités et à réfléchir à ce qu'il pourrait faire pour s'améliorer et redonner confiance au peuple genevois qui, malheureusement, semble lassé de cette politique qui dure depuis trop longtemps. Autant le MCG doit être combattu dans sa forme actuelle, autant le message qu'il délivre à travers le vote-sanction des électeurs doit être entendu par la classe politique. Ce n'est que comme ça que nous arriverons, tous ensemble, à conserver un canton de qualité, et à œuvrer pour le bien du plus grand nombre.



Grégoire Barbey

17:01 Publié dans Air du temps, Elections du 10 novembre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

Commentaires

Oser penser par soi-même dès l'enfance est ce qu'il faudrait... Mais les enfants, encore bien trop souvent ne doivent-ils pas prendre gaffe: penser à être conformes... ce qui donnera "formatés"?
Myriam Belakovsky

Écrit par : myriam belakovsky | 13/10/2013

Voilà que la pro-putine revient la bouche couverte de sucre glace, entre le barbu de ces dames voilées et la soubrette du néo-communisme, quelques blogs plus muets les uns que autres, genre coca-zéro.

Oui, sur les blogs de la TdG, ce sont les pro-putine et autres enturbannés pro-lapidation des femmes qui prodiguent les messages d'amour !

On marche sur la tête !

Écrit par : Corto | 13/10/2013

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