Gregoire Barbey

11/11/2013

Editorial: la fin des guerres de tranchées

Editorial paru dans L'Agefi du 11 novembre 2013

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Les résultats du second tour de l’élection au Conseil d’Etat à Genève sont sans appel: les citoyens ont élu hier un gouvernement très clairement à droite (cinq sièges sur sept). Le centre sort complètement éclaté de ce remaniement. La composition du Grand Conseil l’avait déjà indiqué il y a cinq semaines. Trois blocs ont émergé: la droite radicale (MCG-UDC), l’Entente (PDC-PLR) et la gauche (Socialistes, Verts et Ensemble à Gauche). De ces trois alliances parlementaires, deux apparaissent naturellement porteuses de majorité: il s’agit des deux blocs de droite. Bien qu’il y ait au sein de l’Entente un certain rejet de la politique défendue par l’alliance MCG-UDC, il semble évident qu’il y aura sur les questions sécuritaires et économiques davantage de possibilités de  construire des avancées notoires en accordant aux formations restées jusqu’ici en marge de la politique cantonale une place plus importante.
A l’aube d’une législature imprégnée de dossiers cruciaux pour Genève (abolition des statuts fiscaux spéciaux, fin du secret bancaire sur la place financière, etc.), cette majorité gouvernementale et parlementaire paraît pleine de promesses: en acceptant de ne plus laisser de côté le MCG et l’UDC – qui pèsent tout de même 31 sièges sur 100 –, l’Entente a l’occasion historique de mener une politique économique pragmatique et proche des attentes des entreprises.
Ce compromis ne sera évidemment pas gratuit: il ne faudra pas songer à réaliser uniquement des alliances de circonstance. Les représentants du PLR et du PDC ont maintenant le devoir d’aller au-delà des guerres de tranchées. Sur la sécurité et l’économie, les deux coalitions de droite peuvent s’entendre. L’inconnue à ce stade, c’est le magistrat qui devrait obtenir les Finances.
Logiquement, on pense au démocrate-chrétien Serge Dal Busco, dont le profil correspond aux défis qui vont de pair avec ce département: il faudra être implacable, déterminé et compétent. Le canton ne doit-il pas faire face à des difficultés persistantes et croissantes? Le centre n’est plus à même de créer tout seul les bonnes dynamiques économiques. L’heure n’est plus aux désaccords de forme. Il faut vraiment se mettre à bâtir l’avenir. Seules des majorités intégrant toutes les composantes de droite le permettent.

 

Grégoire Barbey

11:22 Publié dans Genève, Humeur, Journalisme, Post-élection du 10 novembre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

Commentaires

Selon ma conception du Centre, il est au milieu, pas à droite :-)

Difficile aussi de dire que le MCG est à droite, car il est un peu partout, selon les sujets.

Ce ne sont pas des partis qui ont été élus, mais des candidats au Conseil d'Etat, qui semble-t-il sont tous capables de collégialité, d'écoute et d'arguments.

C'est le Parlement qui va devoir apprendre à travailler ensemble, pas ces conseillers qui visiblement ont déjà assez de maturité pour le faire.

Écrit par : Jmemêledetout | 11/11/2013

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