Gregoire Barbey

12/11/2013

Le syndrome de Stockholm des libéraux

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 Isabel Rochat. La non-réélection de la dernière représentante du feu Parti libéral genevois
ravive les tensions identitaires au sein du Parti libéral-radical. Mais la direction nie en bloc.


La fusion du Parti libéral genevois (PLG) et du Parti radical démocratique (PRD) ne fait pas que des heureux sur le territoire de feu Calvin. Les résultats du second tour des élections au Conseil d’Etat ce dimanche l’ont confirmé (lire mon précédent article sur l’Entente). La perte du dernier siège détenu par la libérale canal historique Isabel Rochat a ravivé quelques tensions au sein du Parti libéral-radical (PLR). Quand bien même la stratégie interne de la direction est simple (elle consiste à nier l’existence de quelconques dissensions), les différents messages postés sur les réseaux sociaux laissent planer le doute.

 

Le président du PLR genevois Alain-Dominique Mauris et l’un de ses vice-présidents Murat Alder s’efforcent de communiquer en faveur d’une famille nouvellement crée qui vit plutôt positivement son mariage. A ce sujet, Yvan Zweifel semble plus réservé. Compréhensible sûrement, quand on pense qu’avec l’éviction de Mark Muller en 2012 (et l’obtention de son siège par l’ancien président du PRD Pierre Maudet) et l’échec d’Isabel Rochat ce soir, les Libéraux ont réduit leur représentation gouvernementale de deux à zéro en l’espace de quatre ans. Il en va de même pour le Parlement, puisqu’aujourd’hui si l’on compare les différentes provenances des élus PLR, on constate un net recul des libéraux (9 radicaux et 15 libéraux). Il y a vingt ans, les libéraux comptaient 27 sièges au Grand Conseil.

 

Ce sont les faits. Il y a maintenant la psychologie. L’identité est une notion particulièrement ancrée dans nos êtres. Il suffit de voir la nécessité qu’ont les individus à se rattacher à un drapeau, à des valeurs communes, à un langage. Ce pathos est aussi visible en politique. Un parti n’est pas inerte. Ses membres sont des êtres humains avant tout. Et l’on peut comprendre leur frustration quand ils voient leur famille politique historique se réduire comme peau de chagrin. Oui, le PLR fonctionnera à terme. Il faudra une génération pure souche et les vieilles querelles identitaires seront reléguées à leur place: les archives. Parmi ceux qui ne contestent pas la place prise par les radicaux au sein du PLR, ce sont les libéraux atteints du syndrome de Stockholm.

 

Pris en otage par les radicaux, ils finissent par ressentir de l’affection voire de l’admiration pour ceux qui leur ont ravi la gloire et le pouvoir. Lorsqu’il y a au restaurant VOC tôt le vendredi matin des réunions avec ce que certains membres issus des rangs du PLG appellent ironiquement «la vraie présidence», il n’y a pas un seul ancien libéral. Que des radicaux. Parmi eux, Pierre Maudet, François Longchamp et son éminence grise et secrétaire général Bernard Favre, Hugues Hitpold, Rolin Wavre, et j’en passe quelques-uns. Pas d’identitarisme au PLR, dites-vous? Je n’en suis pour ma part pas absolument certain. Pour proposer une métaphore qui permette d’imager correctement ce qu’il se passe au sein du PLR genevois (et je me borne à ne pas aborder la situation du parti national qui n’a pas du tout la même configuration), c’est exactement comme une fusion-acquisition entre deux entreprises concurrentes. L’une acquiert l’autre et la démantèle peu à peu. Sans oublier d’intégrer tout ce qui a fait son succès, ce qui peut aller jusqu’à l’utilisation de sa raison sociale… Alors, toujours pas convaincu?

 

Grégoire Barbey

23:21 Publié dans Genève, Politique, Post-élection du 10 novembre | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | | | |

Commentaires

Ce qu'il faudrait qualifier de ;

"Quand l'ennemi est à l'intérieur" !

Écrit par : Corto | 14/11/2013

Grégoire, très bon compte-rendu !

Écrit par : Corto | 14/11/2013

c'est très juste, mais cela ne va en rien aider les radicaux. Au contraire, le PLR chasse sur les terres du PS et si en France, certains parlent d'UMPS, on peut parler chez nous de PLRS. Dans lequel, évidemment, les vrais libéraux n'ont pas leur place.
Quoiqu'il y ait un doute sur ce point : Martine Brunschwig-Graf à Genève et autrefois Claude Ruey sur Vaud ont adopté des positions sur les questions sociétales dignes des socialistes, voire de l'extrême-gauche. L'exception vaudoise en matière de réfugiés, c'était Claude Ruey. Dont l'appellation "libéral" est issu de l’Église Libre. Donc chrétien tendance dégoulinant de bonne volonté naïve et stupide.

Écrit par : Géo | 14/11/2013

Géo, accréditez-vous le monopole de la bien-pensance aux socialos ?

Je ne vous suit pas dans vos allégations se rapportant aux tropismes sociétaux.

Comme si soutenir le hamas comme le font les socialos relevait de morales sociétales ??

Écrit par : Corto | 15/11/2013

Corto@ Encore faut-il s'entendre sur ce que l'on appelle "bien-pensance". Le soutien de la gauche aux islamistes, qui rationnellement apparaît comme une énorme hérésie, est basé sur l'anti-colonialisme et l'altermondialisme. Vous souvenez-vous de Axelle Kabou, l'auteur de "Et si l'Afrique refusait le développement" ? C'est elle-même, d'origine camerounaise, qui suggérait que les tiers-mondistes d'alors (deux tiers mondains...)avait plus en tête la lutte contre les idées de leur père que le souci du bien-être des populations du sud.
Cela me paraît sociétal, en effet...

Écrit par : Géo | 15/11/2013

Où vous avez raison, c'est dans l'approche "tiers-mondiste" vieux bastion de la gauche, cependant largement soutenu, entre autres, par les églises, qui elles fricotent allègrement dans les eaux brunes et l'aristocratie catholique "noire", si l'on regarde l'attitude des origines du colonialisme en France mi-19ème, on s'aperçoit que le ciment avait déjà prit et que le modèle n'a pas changer d'un iota !!

Observons l'actualité et le fait que Bokoharam ait opter pour un curton en place au Cameroun, alors que la crise des vocations saigne la France, vous savez un de ces brave curé entouré de petits garçons à la face bigarrée d'alliances avec le FN et les milieux de gauche qui rempli les églises le dimanche juste avant d'aller prodiguer leur morale dans les maisons du peuple. C'est de ça que le libéralisme tente de se distancer et ce n'est pas simple !!

Très bien l'adjonction "deux-tiers mondains" !!!

Écrit par : Corto | 15/11/2013

Ici à Genève ou sa périphérie, on a plutôt le protestantisme. Plus coincés de la culotte que les cathos, et en plus les pasteurs ont le droit de se marier et malheureusement de faire des enfants (qui finissent tous ou presque très mal...).

Écrit par : Géo | 15/11/2013

Vendredi, un premier bébé est né dans l'hôpital de campagne que Tsahal a mis en place la veille aux Philippines pour aider à faire face a la destruction laissée par le typhon Haiyan dans son sillage. Le maire de la ville de Bogo, où l'hôpital israélien a été établi, a annoncé que le bébé sera nommé "Israël".

Cette nouvelle vie suit la massive perte de vies aux Philippines. Une déclaration faite jeudi par l'ONU estime le nombre de victimes du typhon a 4 460, avec 920 000 personnes déplacées par la tempête.

L'hôpital de campagne de la délégation de Tsahal a commencé a traiter les malades et les blessés vendredi, mettant au monde son premier bébé le même jour.

"Israël", un petit garçon, est né dans son huitième mois, pesant 2,15 kilos. Il a été mis au monde par 5 membres du personnel gynécologique de la délégation, dont 3 médecins et 2 sages-femmes.

L'hôpital de campagne israélien comprend des rayons X et des salles d'accouchement, et est capable de traiter 500 patients par jour.

Écrit par : Corto | 15/11/2013

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