Gregoire Barbey

11/12/2013

St.-Pierre: dans la continuité et la prudence

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François Longchamp. Le président du Conseil d'Etat a prononcé hier le traditionnel
discours de Saint-Pierre lors de la prestation de serment du nouveau gouvernement.

 

Le discours de Saint-Pierre prononcé hier par François Longchamp, président du Conseil d’Etat, lors de la prestation de serment du nouveau gouvernement était excellent: axé sur la région franco-valdo-genevoise, l’exécutif a marqué son désir de continuer la construction d’un bassin lié par-delà les frontières juridico-politiques. Toutefois, pas de grandes surprises dans la déclamation du doyen du Conseil d’Etat. C’est un discours marquant une certaine continuité. Dès les premiers instants d’ailleurs, François Longchamp le confirme. Il convient de mettre en œuvre ce qui a été entamé par les prédécesseurs du nouveau gouvernement.

 

Le discours était empreint d’un évident consensus. Chaque membre y a apporté ses idées, ses convictions. Notamment la préférence locale pour la fonction publique, que mon confrère Pascal Décaillet s’est empressé de relever sur son profil Facebook. Chacun y verra la patte de l’ineffable Mauro Poggia. Mais le terme «cantonal» (vocabulaire propre au MCG) a été substitué au profit de l’aspect local. Et dans la bouche de François Longchamp, ces mots ne résonnent pas comme une préférence faite aux résidents genevois. Lui voit plus grand, plus loin. Lorsqu’il le dit, il entend la région franco-valdo-genevoise. C’est ça, dans son esprit, ce qui est local. Je le rejoins volontiers sur ce point.  

 

Au-delà des phrases marquantes («Genève a choisi la Suisse», «Genève, ce n’est pas rien», etc.), le nouveau gouvernement s’est montré plus général dans son traditionnel discours. Peut-être l’erreur du précédent collège, qui en voulant être trop précis, a payé le prix d’un bilan inférieur aux attentes qu’il a lui-même créées lors de son entrée en fonction. On reconnait ici la prudence habituelle de Messieurs Maudet et Longchamp. A noter toutefois un engagement du Conseil d’Etat très important: défendre le taux d’imposition unique des entreprises à 13%. En effet, comme je le répète depuis plusieurs mois, l’abolition prochaine des régimes fiscaux spéciaux des sociétés est un enjeu crucial pour cette législature. Serge Dal Busco, ministre des Finances, a la lourde tâche de fixer un cap pour l’avenir des recettes fiscales de Genève.

 

Mais je ne me fais guère de souci: l’ancien maire de Bernex est un homme intelligent et surtout malin. Je l’ai vu, lors de l’apéritif offert par l’Etat, rencontrer Pascal Broulis, son homologue vaudois. Les deux conseillers d’Etat vont devoir travailler main dans la main pour défendre les intérêts de leur canton respectif. Bien d’autres thèmes ont été évoqués, et je ne vais pas faire ici l’énumération de chacun d’entre eux. Je reste pour ma part assez sceptique – même si j’ai beaucoup aimé la forme du discours – sur le manque d’engagement du nouveau Conseil d’Etat. Certes, ils annoncent la couleur. On demeure cependant déçu de ne pas voir une volonté d’aller plus loin encore. De se montrer plus volontariste. On mettra ça sur le compte d’un facteur technique important: cinq des sept ministres du gouvernement sont nouveaux. Il est peut-être plus malin de ne pas les griller dès leurs premiers instants d’exercice du pouvoir exécutif cantonal. Je patienterai donc, et ne manquerai pas de revenir, au fil de la législature, sur les points qui m’auront chiffonné ou au contraire réjouit. Je souhaite à chaque membre de ce Conseil d’Etat un franc succès et beaucoup de courage, car il va leur en falloir. Bon vent!

 

Grégoire Barbey

12:00 Publié dans Elections du 10 novembre, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

Commentaires

Excellente critique.

Écrit par : Bertrand Buchs | 11/12/2013

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