Gregoire Barbey

25/03/2014

Des citoyens soutiennent le Père Glôzu

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VILLE DE GENÈVE – Le mythique Café de l’Hôtel-de-Ville arrive en fin de bail. Jean-Yves Glauser, plus connu sous le nom de Père Glôzu, loue les locaux à la Ville depuis vingt-neuf ans. Mais son bail prendra fin au 31 décembre de cette année. La Municipalité veut en profiter pour rénover le restaurant. Ce qui signifie la fermeture (provisoire?) de l’enseigne actuelle. Une perspective qui ne semble pas être du goût de tous. Un groupe Facebook a en effet été créé, exigeant le maintien du Café de l’Hôtel-de-Ville. Près de 600 membres ont déjà rejoint la cause.

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22/03/2014

Pédophiles: pourquoi je voterai non le 18 mai

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Christine Bussat. Contrairement à ce que laisse entendre le fer de lance de la Marche
Blanche, refuser l'initiative n'est pas défendre les pédophiles. Même si l'amalgame est commun.


L’initiative de la Marche Blanche «Pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants» est créditée d’une très nette majorité d’avis favorables (environ 80%) selon le dernier sondage effectué par le SonntagsBlick. Si l’on se contente de l’intitulé du texte soumis à votation le 18 mai prochain, comment pourrait-on raisonnablement s’y opposer? C’est justement là que le bât blesse: il y a une véritable absence de débat sur le sujet. On peut le comprendre, tenter de lancer la discussion à ce propos suscite des réactions parfois hystériques, souvent disproportionnées. Même si le texte part d’une intention louable, des raisons de le refuser existent, et je me propose d’en fournir quelques-unes pour vous permettre de réfléchir à la question au-delà de l’aspect émotionnel.

 

Tout d’abord, se prononcer en faveur du refus ne signifie pas être pour que les pédophiles puissent travailler avec des enfants. Dans ce débat-là, on n’est pas contre le fond, mais contre la forme. Ce qui n’est pas une nuance à prendre à la légère. Le texte de l’initiative a été déposé comme suit: «Quiconque est condamné pour avoir porté atteinte à l’intégrité sexuelle d’un enfant ou d’une personne dépendante est définitivement privé du droit d’exercer une activité professionnelle ou bénévole en contact avec des mineurs ou des personnes dépendantes». On remarque au premier coup d’œil que le nom de l’initiative est trompeur et que son objectif est plus large. Car oui, qu’est-ce qu’une personne dépendante? Ce n’est pas uniquement un enfant. Cela peut être une personne âgée ou incapable de discernement. On ne touche donc pas uniquement aux pédophiles, contrairement à ce qui peut être cru de prime abord.

 

En sachant cela, on peut s’interroger sur certaines notions fondamentales du droit. En règle générale, on considère que les peines et mesures automatiques doivent être proscrites pour que la justice conserve une dimension humaine et s’attache à évaluer chaque cas individuellement. Cette initiative créerait un précédent en la matière en privant définitivement (et automatiquement) «quiconque a été condamné pour avoir porté atteinte à l’intégrité sexuelle d’un enfant ou d’une personne dépendante du droit d’exercer une activité professionnelle ou bénévole en contact avec des mineurs ou des personnes dépendantes». Autre notion qui serait bafouée par l’introduction d’un tel texte dans la Constitution, c’est la proportionnalité. Si le couperet tombe automatiquement sous condition d’avoir été condamné, l’évaluation des peines et contraintes à appliquer n’est plus proportionnelle. Quelles que soient les circonstances, la gravité des faits, la mesure s’applique.

 

Il est donc totalement légitime de questionner la portée juridique de cette initiative, et de tenter d’en comprendre les éventuelles conséquences pour le futur. La subjectivité est aussi dérangeante. On considère implicitement que de violer une femme ou un homme adulte est moins grave que de violer un enfant. Pour ma part, je pense qu’aucune échelle de gravité ne peut être dressée dans de pareils cas. Que l’on viole un enfant ou une femme/un homme adulte, on a porté atteinte à l’intégrité sexuelle d’une personne, et en cela, même si l’on peut considérer que le préjudice peut être plus grave sur un enfant, les peines doivent être évaluées selon des critères plus ou moins similaires. Le distinguo qu’effectue de fait l’initiative me déplait beaucoup. Mais en même temps, comme pourrait-on par exemple interdire un homme condamné de viol sur une femme de travailler avec d’autres femmes? Cela pourrait nuire à son bien-être de façon excessivement préjudiciable. Pourtant, l’initiative de la Marche Blanche nous invite à considérer cet aspect, si l’on veut être de bonne foi.

 

Enfin, un dernier aspect qui me dérange profondément, c’est la négation du droit à l’oubli. Je ne sais pas comment sera appliquée l’initiative, car elle devra l’être puisqu’elle sera acceptée sans aucun doute, mais une contrainte à vie nie à mon sens le droit à l’oubli. Ce droit n’est en rien absolu et il peut être contourné si les actes présents d’une personne précédemment condamnée justifie de mentionner des faits antérieurs. Or, si l’individu condamné pour pédophilie n’a pas récidivé, cette interdiction définitive crée une situation assez gênante de ce point de vue. Il faut pour conclure noter que le Parlement a pris la mesure de cette initiative et a déjà procédé à des modifications du code pénal. La Suisse est également signataire de la Convention de Lanzarote qui prévoit une adaptation de la justice pour renforcer la protection de l’enfance des Etats qui ont ratifié le texte. En cela, des mesures vont être et ont déjà été prises pour améliorer la défense des intérêts des enfants, qui je le rappelle ne doivent être l’objet d’aucune compromission. Sans pour autant faire l’objet d’une initiative qui nie des principes fondamentaux du droit.

 

Une personne condamnée pour pédophilie et interdite de travailler avec des enfants pourrait tout à fait déposer un recours au Tribunal des droits de l’homme. Elle serait probablement victorieuse. En gardant le droit actuel et ses futures modifications, on s’attache à protéger les enfants proportionnellement aux principes en vigueur et en ne risquant pas de perdre face à un Tribunal supérieur pour non-respect des droits de l’homme. C’est pourquoi je voterai non, tout en ayant en conscience la nécessité de protéger les enfants de tout abus, qu’ils soient sexuels, psychologiques ou physiques. Que la raison triomphe sur l’émotion, et que le droit ne soit pas l’otage de l’exagération politique!

 

Grégoire Barbey

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08/03/2014

Naxoo: étrange dit l'ange, étrâne dit l'âne?

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Pierre Maudet. Le conseiller d'Etat était en charge de Naxoo lorsqu'il était magistrat
de la Ville de Genève. Sandrine Salerno a repris le dossier.
(Crédit photo: Haykel Ezzeddine)

 

J'ai commencé à m'intéresser en profondeur au dossier Naxoo, après l'aboutissement du référendum le 9 février dernier refusant la vente à UPC Cablecom. J'ai découvert des détails intéressants, notamment d'anciens administrateurs ou dirigeants qui travaillent maintenant au Département de la sécurité et de l'économie (DSE) dont Pierre Maudet est en charge. Je pense par exemple à Eric Favre, qui était membre du conseil, et a été nommé au 1er juin 2013 directeur des systèmes d'information et de communication à l'Etat de Genève!

 

Je m'étonne par ailleurs qu'il n'y ait rien eu dans la presse à propos de Sandrine Salerno: celle-ci ayant échoué à convaincre les citoyens de la Ville de Genève du bienfondé de sa démarche, il serait normal que le dossier lui soit retiré. Il ne s'agit pas de dire si elle a bien fait ou non son travail, mais elle est maintenant dans une situation où ses décisions seront prises dans une panique tout à fait compréhensible.Il en va de même pour l'actuel conseil d'administration, dont les membres, pour la plupart issus des partis politiques, ont échoué dans leur stratégie. Ils doivent être remplacés, et l'actuel président également!

 

En creusant un peu le dossier, j'ai aussi eu vent d'une soirée arrosée offerte par l'une des parties prenantes de la cession de Naxoo. J'y reviendrai lors d'une prochaine publication. A ce sujet, le MCG, qui était contre la vente (Daniel Sormanni était probablement le conseiller municipal le mieux renseigné sur le dossier) a retourné sa veste promptement. J'ai, semble-t-il, un élément de réponse pouvant justifier ce retrait soudain et le dévoilerai lorsque j'en aurai confirmation.

 

Quant à la demande de la commission des finances de la ville, à savoir que Naxoo explique sa nouvelle stratégie, j'ai un peu de la peine à saisir. Est-ce que Swisscom pourra bénéficier d'un apéritif avant la prise de note concernant le développement de son concurrent? C'est intéressant comme démarche. On voudrait couler Naxoo qu'on ne s'y prendrait pas mieux. D'ailleurs, ceux qui ont échoué devant le peuple pourraient alors dire que leur stratégie était la bonne et qu'elle aurait au moins préservé quelques emplois.

 

Une question demeure quant au transfert des fichiers clients. Habituellement, c'est une transaction chiffrée en millions (dans le cadre d'une entreprise comme Naxoo). Mais ici, le transfert desdits fichiers (81'000 prises si mes souvenirs sont bons) était une condition pour débuter la transaction. J'ai calculé, grosso modo, ce qu'aurait coûté la vente à un prix normal de ces fichiers clients. On dépasse les 10 millions. Or ici, il n'a pas été question d'en négocier un prix, visiblement. Par ailleurs, selon mes sources, Naxoo posséderait près de 30 millions de francs en liquidités...

 

La Ville de Genève a pourtant demandé 57 millions de francs pour Naxoo à UPC Cablecom. Vu la rentabilité et l'EBITDA de l'entreprise, je pense qu'il aurait été possible de valoriser davantage Naxoo. Cette interprétation ne tient pour l'instant qu'à moi, mais je vais continuer mes recherches et serai prochainement en mesure de donner davantage d'informations sur cet étrange dossier. Car oui, qu'on veuille ou non nous le cacher, de nombreuses zones d'ombre subsistent. Par exemple l'ancien président du conseil, Michel Mattacchini, serait parti vivre à l'île Maurice... Bref, j'y reviendrai sans tarder.

 

Grégoire Barbey

 

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06/03/2014

Lettre ouverte à Oskar Freysinger

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Oskar Freysinger. Le conseiller d'Etat valaisan accuse ses adversaires politiques de nuire
à son département depuis qu'il a été élu. Peut-être est-il également responsable de ce climat.

 

Monsieur le conseiller d’Etat Oskar Freysinger,

 

Vous vous êtes construit depuis vos débuts en politique un personnage. Vous vous êtes façonné une image, comme les plus grands hommes d’Etat l’ont fait avant vous (François Mitterrand en est l’exemple le plus parlant). Il y a toutefois une différence entre ces personnalités et vous. Aujourd’hui, votre objectif est atteint en Valais: devenir conseiller d’Etat. Pour en arriver-là, il vous a fallu des années. Années où vous avez sciemment combattu les gouvernements qui se sont succédés, que ça soit en Valais ou au Palais fédéral, pour vous faire remarquer. Vous n’avez jamais lésiné sur les moyens: provocation, propos limites, mises en scène patiemment étudiées, etc. Je ne suis pas l’un de vos admirateurs, mais je vous reconnais toutefois un sens très développé de la théâtralité. En vérité, vous êtes un homme de scène. Vous vous êtes créé un personnage, disais-je plus haut, de toute pièce. Il vous a fallu lui donner une identité, des traits facilement reconnaissables. Votre personnage, c’est-à-dire vous, devait être l’objet de toutes les polémiques. Avec habileté, vos combats politiques ont souvent eu l’effet escompté: faire parler de vous. Toujours plus. A tel point qu’aujourd’hui, toute la Suisse romande vous connait, et probablement pouvez-vous en dire autant du côté de la Suisse alémanique.

 

Oui, vous avez un indéniable talent pour vous draper d’une auréole de popularité. Vous cherchez l’extrême: être adoré ou détesté. Et toutes ces années durant, ce rôle vous a admirablement bien convenu. Quand vous avez défendu l’interdiction des minarets – faisant d’un monument quasiment inexistant en Suisse un problème national –, ou lorsque vous militiez pour le renvoi des criminels étrangers, vous n’avez jamais reculé devant les méthodes à utiliser pour créer le buzz, pour susciter l’indignation des uns et l’admiration des autres. Ces autres qui constituent votre électorat, en grande partie. Vous êtes un homme d’une grande intelligence. Cela aussi, mon honnêteté intellectuelle me force à le reconnaître. Je vois dans vos choix politiques et dans vos communications publiques un machiavélisme d’une rare finesse. Vous êtes quelqu’un de cultivé, vous lisez beaucoup, écrivez avec une certaine aisance, jouez même de la musique. Et pourtant, quand il s’agit de dire la vérité à vos lecteurs, notamment sur le renvoi des criminels étrangers, vous singez le parfait imbécile. Vous faites celui qui ne sait pas. Celui qui, dans sa montagne, ignore qu’on ne peut pas expulser les criminels étrangers sans accords de réadmission avec les pays concernés. Que de nombreux traités internationaux rendent l’application du texte de l’UDC particulièrement problématique. Mais ça, je le sais et vous le savez, ça n’a qu’un objectif: plaire à votre public cible.

 

Une fois encore, vous êtes un homme de théâtre tout en étant un excellent publiciste. Tous vos propos sont destinés à ceux qui vont consommer «l’image» Oskar Freysinger. Comme un slogan sur un paquet de biscuits, vous devez attirer l’œil de vos potentiels électeurs. Ceux qui glisseront, le moment venu, votre nom dans l’urne. Et vous atteignez votre but avec brio. Laissez-moi vous concéder encore cette qualité. Vous êtes à mon avis de ceux qui peuvent faire contracter à un aveugle une assurance au cas où ses lunettes de vue viendraient à se casser. Pour beaucoup, c’est un défaut. J’y vois pour ma part une compétence rare et profitable. Pour autant qu’on l’use avec une certaine éthique. Un certain sens du bien commun. Or, c’est là, Monsieur le conseiller d’Etat, que le bât blesse. Vous usez de vos talents à des fins peu louables. Vous allez dire à un journaliste quelque chose qui fera assurément le buzz. Lui, naturellement, s’empressera de le publier et de le relayer. Il fait son travail. Pendant quelques heures, voire quelques jours, vous laissez monter la mayonnaise. Puis vous prenez votre caméra ou votre plume pour démentir les propos qui vous sont attribués. Les journalistes, auxquels vous tentez d’apprendre leur travail, sont en réalité vos jouets. Et en même temps, malgré eux, ils sont vos plus grands alliés.

 

Que seriez-vous sans les scandales médiatiques liés à vos propos sur le génocide arménien? Sur les étrangers? Les sans-papiers et j’en passe? Sans les caméras ou les journaux, vous ne seriez au fond qu’Oskar Freysinger, enseignant valaisan de son état, publiant quelques poèmes et livres pamphlétaires contre la société comme elle va en Suisse. Mais caméras, micros et stylos sont braqués sur vous. Vous le savez, comme lorsque vous faites venir Le Matin Dimanche dans votre chambre et lui montrez votre fusil. Ou lorsque vous invitez dans votre cave des journalistes suisses alémaniques pour leur montrer un drapeau du IIe Reich, feignant penser qu’il n’est pas question de connotation avec le nazisme puisqu’il représentait le symbole de l’empereur allemand Guillaume II. Encore une fois, vous jouez avec les limites. Vous provoquez en gardant toujours une carte dans votre manche pour vous tirer d’un mauvais pas. Comme un bon prestidigitateur, vous n’abattez jamais tout votre jeu sur la table. C’est habile et cela démontre votre sens de l’analyse et de l’élaboration de stratégie politique. C’est dommage que vous en usiez à des fins proprement personnelles, plutôt que d’en faire bénéficier le canton du Valais et ses habitants qui le méritent.

 

Maintenant que vous êtes devenu conseiller d’Etat, vous n’avez pas su opérer la transition entre le personnage d’Oskar Freysinger dans l’opposition et l’Oskar Freysinger ayant enfilé le costume de ministre. Ce n’est plus ici pour moi le signe de vos compétences et de votre intelligence. Non, malheureusement, j’y vois plutôt ce qui devait arriver: vous ne pouvez plus changer de casquette. Et vos adversaires politiques, en Valais, vous le font payer. Ont-ils raison? S’ils font tout pour vous faire craquer, je pencherais pour le non. Mais après tant d’années à jouer vous-même cette partition, comme leur en vouloir? Ils ne font, à vrai dire, que de vous rendre la monnaie de votre pièce. Aviez-vous seulement pensé vous en sortir sans devenir l’homme à abattre? Que vous pourriez prendre les rênes d’un département et ne plus subir les feux croisés de ceux qui, au fil du temps, sont devenus des ennemis plus que des adversaires politiques? En homme cultivé que vous êtes, vous avez dû lire Le Prince de Nicolas Machiavel. Peut-être même figure-t-il sur votre table de chevet. Une somme pour toute personne souhaitant faire de la politique et pour qui la fin justifie les moyens. Oui, mais voilà, vous commettez les mêmes erreurs que César Borgia, le fils du Pape Alexandre VI. A trop vouloir utiliser toutes les méthodes à votre disposition, vous avez minimisé l’importance de l’opposition que vous avez suscité. Vous étiez probablement trop occupé à compter le nombre de vos fidèles.

 

C’est cette erreur qui a également conduit César Borgia à la mort misérable qu’il a connu. Grand stratège, il rêvait continuellement d’augmenter son pouvoir, sans se fixer un but final sur lequel s’appuyer et s’arrêter lorsqu’il serait atteint. C’est l’une des leçons que donne Baltasar Graciàn dans son ouvrage L’Homme de cour, que vous avez peut-être lu vous-même. Ce qui vous a permis d’accéder à la fonction de conseiller d’Etat vous a aussi mis dans la position de faiblesse qui est la vôtre aujourd’hui. Vos budgets, selon vos dires, sont sans cesse réduits. Vous répétez à l’envi que vous ne pouvez pas travailler dans ces conditions. N’est-ce pas vous qui avez voulu en arriver-là? N’est-ce pas votre comportement qui vous a rendu si populaire et si détesté à la fois? Ce qui vous a manqué, en devenant conseiller d’Etat, c’est du bon sens politique, c’est le respect des institutions suisses. La collégialité est l’un des principes fondamentaux de nos exécutifs multicolores. Vous faites encore et toujours cavalier seul, comme si vous ne pouviez compter sur autrui pour avancer et remporter des victoires. Vous vous êtes mépris sur l’importance d’afficher une bonne volonté une fois à l’exécutif. Cela vous coûte déjà, et ça n’est pas prêt de cesser. Plus vous gémirez, et plus vous ferez le bonheur de vos ennemis.

 

C’est dommage que le Valais soit le théâtre d’une telle pièce. Vous aviez (et avez encore) tout pour bien faire. Il a pourtant fallu que vous vous complaisiez dans votre rôle d’électron libre, de sniper. Vous étiez un parlementaire hors pair, vous êtes devenu un gouvernant médiocre. Vous faites probablement du bon travail avec les moyens qui sont à votre disposition. Mais votre communication est désastreuse. C’est ce qui finira par vous perdre, car les Valaisans ne sont pas dupes. Vous avez obtenu votre siège à l’usure, n’oubliez pas que vos ennemis ont maintenant la force de frappe pour vous en déloger, si vous ne décidez pas de mettre un terme aux guerres de tranchées. Si vous ne changez pas d’optique, vous creuserez votre propre tombe politique. Et l’épitaphe est déjà toute trouvée: ci-gît Oskar Freysinger, prisonnier entre les quatre planches de son propre personnage. Il est l’heure pour vous de retirer vos habits de clown et d’enfiler le costume que les Valaisans vous ont octroyé.

 

Avec l’assurance de mes sentiments dévoués,

 

Grégoire Barbey

15:05 Publié dans Air du temps, Humeur, Politique, Suisse, Valais | Lien permanent | Commentaires (27) |  Facebook | | | |