Gregoire Barbey

22/04/2014

Quelle politique pour les générations futures?

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Plutôt que de promettre une filière universitaire pour intéresser les jeunes à la politique (!), je m'interroge beaucoup sur la question de l'intérêt des jeunes pour la politique. Pourquoi cet abstentionnisme? Certains disent que c'est par méfiance envers les politiciens. C'est probablement un élément de réponse. Mais c'est sûrement aussi parce que les jeunes sont trop souvent oubliés des politiques proposées par les élus. On vise systématiquement des changements pour les plus âgés, ou ceux dont la situation est déjà stabilisée. Les jeunes votent moins, on s'y intéresse donc moins également du côté des partis et des programmes électoraux... C'est le serpent qui se mord la queue.

Il faut pourtant comprendre qu'en les excluant sans autre forme de procès du débat politique, on les marginalise et on leur donne raison de ne pas remplir leur devoir de citoyen. Moi je m'inquiète pour ma génération, qui doit et devra faire face à des conjonctures bien différentes de celles qu'ont connu nos parents et nos grand-parents.

Qu'en est-il de nos assurances sociales? Tiendront-elles jusqu'à ce que nous atteignons nous aussi l'âge de la retraite? Aurons-nous une politique monétaire qui laisse un peu d'espace à l'inflation pour que nous puissions emprunter et être en mesure de rembourser sans se saigner aux quatre veines, par exemple pour monter sa propre affaire? Aurons-nous le droit à des stratégies réfléchies pour permettre aux évolutions démographiques (élévation de l'espérance de vie, moins de naissance, etc.) de ne pas trop influer sur nos situations financières?

Oui, alors que les politiques se tournent vers les classes d'âge où les électeurs sont les plus nombreux, je m'interroge en tant que jeune, au titre de la génération qui prendra les commandes dans quelques années, quelle société allez-vous nous laisser? Les deux seuls politiciens que j'ai entendu ces derniers mois parler des générations futures avec conviction, ce sont les PLR François Longchamp et Didier Burkhalter. Quel fardeau devrons-nous porter parce que les décideurs auront sciemment mis de côté l'intérêt des plus jeunes, moins rentable électoralement? Ces questions, je me dois de les poser. Nous, les jeunes, avons le devoir de nous engager. De changer cette situation. Mais du côté des politiques actuels, ils doivent aussi faire leur part d'introspection. Si gouverner, c'est prévoir, alors nous devrions tous être d'accord. En attendant, mes inquiétudes demeurent.


Grégoire Barbey

23:48 Publié dans Air du temps, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | | | |

Commentaires

Il me semble que mon précédent commentaire que vous n'avez pas estimé nécessaire de publier donnait déjà quelques pistes.

Je ne partage pas votre idée que ce soit le rôle des élus d'encourager la jeunesse à participer à la chose publique. En revanche c'est vraiment leur devoir de donner l'exemple pour susciter de l'envie.

Je vous suggère de prendre connaissance des écrits de Jeremy Rifkin, notamment son dernier opus sur la troisième révolution industrielle qui a trouvé des échos auprès de la CE. Vous réaliserez que nous traversons une époque de transition importante et le changement fondamental de paradigme implique justement de tourner la page.
fr.wikipedia.org/wiki/Troisième_révolution_industrielle

En ce sens, la jeunesse que vous représentez devrait jouer un rôle majeur. Les élus d'aujourd'hui ne sont qu'un frein tant ils tenteront de sauver ce qui peut l'être, retardant d'autant la transition qui devrait se faire rapidement comme lors des précédentes révolutions.

Écrit par : Pierre Jenni | 23/04/2014

question cruciale car elle tacle l'avenir des fondements de notre système de démocratie directe en romandie, cantons où une nouvelle génération devient majoritaire mais n'est détentrice de pass à croix blanche que par le biais de l'opportune binationalité de leurs origines françaises frontalières de la Suisse.
Leurre d'un partage de compréhension de l'esprit des lois suisses,
via une fausse communautalité implicite du langage de français d'origine salariés/résidents en Suisse,
leurre qui joue un rôle traître de synonyme d'appartenance aux fondamentaux suisses.
Leurre devenant évident dans la montée du 4e parti, l'abstentionnisme
etc

excellent sujet si davantage développé par le brillant esprit dont est doté l'auteur de ce billet.

Écrit par : pierre à feu | 23/04/2014

j'ai oublié l'autre pan de votre sujet, celui de la démotivation de nos jeunes
face au monde politique qu'ils préfèrent fuir, témoins de leurs parents eux-mêmes impuissants
face à des élus aussi incapables que copinés
dans un monde plus qu'instable et pesant de dettes économiques, industrielles et morales, fabriquées au bénéfice de tenants aux manettes d'organismes aux objectifs fantômes

- tel l'ONU & son conseil de sécurité, impotents à régler en Syrie ce que nos ancêtres ont vécu lors des 2 guerres mondiales,

- l'OMC siégeant à Genève, VRP des omnipuissantes industries globalisées

- l'UE, pieuvre sans gouvernement dont certains membres tels le UK-vrp des US est roi de l'optimisation fiscale internationale, ce qui n'a jamais freiné l'UE pour imposer tout & son contraire même aux états non membres et souverains comme la CH.

D'autant plus à Genève qui n'a aucune population authentiquement stable comparé à un NY réellement multiculturel,

ces jeunes ont grandi dans l'instabilité, dans une évolution politique genevoise destructrice du tissus social les déterminant à tourner le dos à la chose politique, dans la nausée, les motivant à concentrer leurs intérêts et investissements au bénéfice de leur survie perso - si ce n'est à s'exiler:

Genève n'est plus qu'un espace investi par des migrants chômeurs d'une part et d'autre part par des investisseurs africains, russes etc de tous poils, qui ont en commun de n'avoir aucun intérêt pour la vie politique suisse.

sachant qu'en 2014 et à l'instar de plusieurs cantons frontaliers, GE n'est plus un authentique canton suisse - les suisses y étant minoritaires.

Écrit par : pierre à feu | 23/04/2014

@Bien le bonjour Grégoire
Votre article pose de nombreuses questions auxquelles bien entendu seul celui possédant la réponse exacte sera l'heureux bénéficiaire d'une rente même sans travailler
Cependant il est vrai qu'en lisant les journaux Genève,Vaud ,Neuchâtel il est difficile de comprendre comment font les Fribourgeois pour rester aussi tranquilles dans leurs coins .
On les entend peu,ils prennent les choses comme elles viennent ,travaillent sans de plaindre malgré beaucoup d'efforts à fournir je pense à certaines petites entreprises qui ont parcontre de jeunes patrons n'étant pas internautes à fond .
Serait-ce que le Fribourgeois par ses siècles de mercenariat au service même des Genevois saurait mieux relativiser?
Déjà à l'Armée les Fribourgeois participaient rarement aux soirées déjantées.
En vrai terrien il préfére travailler que parler pour ne rien dire dirait un ancien malheureusement disparu
Quand à Genève on le sait tous s'il fait soleil en Suisse y'a pas plus Helvètes que ses habitants et en période de crise surtout dans son porte-monnaie il deviendra Français et c'est ainsi depuis des lustres
Toute belle soirée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 23/04/2014

La politique si les jeunes n'y croient plus guére... sont-ils ces jeunes d'un avis tellement autre que l'avis de leurs aînés, de leurs parents, du monde adulte?

Politiciens-pantins aux ordres de Bruxelles...ou, chez nous, comme partout ailleurs, ne parlant avant tout que prochaines, présentes ou à-venir élections?

Essais en diverses formations, groupes ou partis?

Taux d'abstention aux votations, y compris at home/bureau de vote sur la table du salon ou sur le bureau?

Le monde adulte doit-il s'interroger sur les jeunes ou le monde adulte doit-il en tout premier lieu s'interroger sur lui-même... le monde adulte?!

Écrit par : Alix | 27/04/2014

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