Gregoire Barbey

19/05/2014

Serge Dal Busco doit apprendre à dire non

Editorial de Politeia.ch

Serge Dal Busco est en charge des Finances genevoises depuis six mois maintenant. Une lourde tâche dans un contexte particulièrement délicat: recapitalisation de la caisse de pension publique, réforme de l’imposition des entreprises exigée par l’Union européenne, initiatives cantonale et fédérale visant la suppression de l’imposition d’après la dépense… Tout ça devrait déjà suffire à la peine du conseiller d’Etat. Mais comme les ennuis ne viennent jamais seuls, Serge Dal Busco a écopé de l’Office des bâtiments, alors qu’il souhaitait dès le départ coupler les Finances à l’Economie. Ce qui, au dernier moment, lui a été refusé. Le service qui gère les bâtiments de l’Etat lui a donc été donné, tel un cadeau empoisonné. Car oui, de nombreuses infrastructures, notamment des écoles publiques, tombent en ruine. D’inévitables investissements sont à prévoir. Mais quand? Comment? Selon des informations obtenues par Politeia de personnes haut placées dans l’administration cantonale, de nombreux départements négocient déjà des dépassements de budget.

Serge Dal Busco devra montrer sa pugnacité et sa fermeté face à ses collègues. A ce titre, le programme de législature, qui devrait être publié en juin, sera révélateur. Il lui faudra aussi s’appuyer sur les compétences éprouvées de son homologue vaudois, Pascal Broulis. Le ministre genevois des Finances doit maintenant apprendre à dire non par réflexe, puis à négocier. Il est le capitaine du navire, et c’est à lui que revient la responsabilité de gérer les besoins des uns et des autres de ses collègues. En plus des siens. Il est trop tôt pour dire s’il aura l’envergure nécessaire pour assurer ce rôle pivot au sein du gouvernement. Serge Dal Busco doit concevoir des équilibres de part et d’autre de la gestion financière de l’Etat. Son objectif, comme il le confiait dans un entretien livré à L’Agefi fin février, est de réduire l’endettement chronique du canton de Genève. Un but louable mais peut-être intenable. Comment, avec tout ce qui précède, pourrait-il être en mesure de rembourser la dette s’il doit déjà lutter tel un forcené pour ne pas dépasser les budgets? Oui, Serge Dal Busco doit apprendre à dire non à ses collègues. Et le plus vite sera le mieux.

Grégoire Barbey

15:59 Publié dans Economie, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

Commentaires

Serge dal Busco, Conseiller d'Etat effacé agit dans l'ombre, allez savoir pourquoi.
D'accord avec vous, il doit apprendre à dire non.

Écrit par : jacques joray | 19/05/2014

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