Gregoire Barbey

20/05/2014

Sous le règne des divagations

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C’est le temps des déblatérations, des épistémologues de tous bords qui nous chantent déjà la mort du Grand Genève. Projet d’envergure, petit destin, disent-ils la bouche en cœur. Certains vont jusqu’à dire qu’il ne s’agit en réalité que d’un projet «hors sol», «dénué de l’onction démocratique». C’est leur droit de penser ainsi. Mais ce n’est pas le leur que de nous bassiner à longueur de journée avec leurs complexes.

Car c’est bien de cela dont il s’agit. Une peur invétérée du changement. Des autres, aussi. De ces gens qui ne viennent pas de chez nous. Dont le passeport porte un drapeau bleu, blanc et rouge. Une couleur de plus que le nôtre, et c’est déjà l’hystérie. Nos voisins français ont bon dos. Ils sont la cause de tous nos maux. Ce sont tantôt des envahisseurs, tantôt des profiteurs. Une «épidémie», pour reprendre le vocable des petits prêtres de la pensée aseptisée. Ces derniers scandent leurs slogans sans émettre la moindre réserve. Sans honte. Ils en appellent au peuple genevois. Les votations qui vont dans le sens de leurs délires sont autant de signes à interpréter. Les Genevois en ont marre, il faut les écouter. C’est ainsi que ces gens passent de simples vendeurs de néant politique au statut de gourous tout-puissants. Ils se sentent pousser des ailes, alors qu’ils sont plus que jamais loin de toute réalité physique.

Pour se donner quelques airs de grandeurs, ils tentent maladroitement de paraphraser De Gaulle, ce qui, l’un dans l’autre, démontre leur absence de peur pour les contradictions. Ils nous chantent les louanges de la Nation, de l’importance de l’identité dans l’esprit des citoyens. De l’esprit, c’est peut-être bien ce qui leur fait le plus défaut. Mais ils ne manquent pas d’air, eux qui veulent vivre dans leur bulle. Tous les moyens sont bons pour se prêter de bonnes intentions et s’enorgueillir de grands desseins. Que dessinent-ils, si ce n’est l’hiver du cœur? Ils se rêvent descendants de Jean-Jacques Rousseau, mais craignent tout ce qui vient de Ferney-Voltaire. Ils rêvent de hauteur quand ils traînent les pieds dans les égouts. Ils condamnent l’entraide et font leurs courses chez Carrefour ou Leclerc. Comment diantre peut-on les prendre au sérieux, quand la substantifique moelle de leurs discours se résume en trois lettres: non.

L’on pourrait aisément les laisser vivre leur déclination si la déclinaison de ce «non» n’était pas aussi offensive. Ils placardent partout le produit de leurs éructations, comme s’il s’agissait de la plus douce des poésies, quand c’est malheureusement le plus acide des poisons. Leurs cris geignards emplissent nos oreilles et nos visages pâlissent devant tant de lapalissades. Aux grands maux les grands remèdes, dit le proverbe. Mais existe-t-il vraiment une savante mixture pour éloigner à la fois la bêtise et les clichés? Y-a-t-il quoi que ce soit qui puisse, par on ne sait quelle magie blanche, rendre soudain la raison à ces errants du dimanche? Difficile à dire. En tous les cas, il ne faut pas se contenter de les toiser de loin. Il faut les combattre, car ils sont les ennemis du présent, du futur et du vivre ensemble.

Grégoire Barbey

10:58 Publié dans Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | | | |

Commentaires

Espèce de proeuropéen fascistonazi !

Écrit par : Fabio Battiato | 20/05/2014

Les adversaires ont argumenté, quant à vous, vous insultez et vous mettez des mots dans la bouche de vos adversaires pour les discréditer. Ici c'est le contribuable qui dit a quoi doivent servir ses impôts et il s'est exprimé pour rectifier le cadre.

Écrit par : JL | 20/05/2014

Les adversaires n'argumentent pas,JL, ils éructent.
Lisez ces commentaires suant la médiocrité.
Édifiant.

Écrit par : J.-C. Heritier | 20/05/2014

Greg votre article fait plaisir à lire.il rejoint ce que mon cerveau parti en vrille pour un autre sujet me susurrait/ rire/
C'est à dire depuis que l'Armée a réduit le nombre de jours beaucoup sont partis en campagne punitives,castratrices ,dénonciatrice et qui sous le couvert de la bienfaisance diront ,faut sauver les petits commerces mais n'oubliant pas de se servir dans les grandes surfaces gardant les premier pour y aller à crédit en fin de mois afin de ne pas grever davantage leur porte-monnaie
.Situation identique à l'époque ou Migros ouvrit ses magasins
Comme quoi rien ne change surtout depuis l'arrivée des cartes de crédit pour s'alimenter et fauché ,on retourne chez le petit commerce qui lui faute d'argent ne pourra plus les servir d'où grincements de dents de la part de certains consommateurs

Écrit par : lovsmeralda | 20/05/2014

Parlant d élucubrations et de préjugés populiste, vous y allez fort !

Si le grand Genève n existe que dans les rêves de certains, c est pour des raisons strictement factuelles. Pas le même état, pas la même monnaie, pas le même système social, pas les même salaires etc.. Quand a l assise démocratique, effectivement, ou est elle ?

Écrit par : Eastwood | 22/05/2014

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