Gregoire Barbey

10/06/2014

Le rapport accablant sur l'établissement Villars

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A la suite de l’évasion d’un détenu du centre de détention ouvert Villars, Politeia a obtenu le rapport de l’Inspection cantonale des finances (ICF) datant de 2010 relatif à l’établissement. Le document pointe de nombreux dysfonctionnements, notamment liés à un manque important de ressources humaines pour gérer les affaires courantes. Un député proche du dossier a confié à Politeia que peu de mesures spécifiques à Villars ont été prises, en raison de la planification pénitentiaire qui prévoit à terme la fermeture des petites structures comme Villars. Le Département de la sécurité et de l’économie (DSE), en main du conseiller d’Etat Pierre Maudet, n’a pas souhaité commenter le rapport de l’ICF. Emmanuelle Lo Verso, secrétaire générale adjointe au DES, a quand même précisé «qu’une série de mesures a déjà été prise pour améliorer la situation de l’établissement de Villars. L’une de ces mesures consiste à ne placer à Villars que des courtes peines et des cas évalués non dangereux». Politeia n’a pas pu en apprendre davantage du côté du département «pour des raisons de sécurité».

L’audit s’attarde longuement sur les activités de contrôle de l’établissement Villars. Selon le document, l’audité a informé l’ICF de son incapacité (en termes de personnel) à «effectuer les contrôles pertinents pour s’assurer que les détenus en régime de semi-détention bénéficient toujours d’un emploi, sont présents sur leur lieu de travail et ont un comportement adéquat». Le rapport précise que les mesures prises par Villars ne couvrent pas le risque que des détenus bénéficient à tort du régime de la semi-détention. Par ailleurs, l’établissement n’a également pas les moyens nécessaires pour fouiller tous les détenus en régime de semi-détention lorsqu’ils rentrent de leur journée de travail ou de formation à l’extérieur. Les visiteurs du week-end ne sont pas non plus fouillés de façon approfondie (seules des fouilles sommaires des sacs sont effectuées, selon le document). Les colis reçus ne sont pas non plus contrôlés systématiquement.

L’audit s’inquiète du niveau de sécurité insatisfaisant du bâtiment. «Il ressort des constats (…) que la sécurité et la santé des détenus ne peuvent pas être assurées. Cette situation favorise notamment le maintien d’un trafic de stupéfiants au sein de l’établissement (trafic avéré selon les propos de l’audité).» Ce qui expose les agents de détention à des risques d’agression (puisqu’il n’est pas impossible que les détenus soient en possession d’objets dangereux, en conséquence des contrôles lacunaires), détaille le document. Les responsables de l’établissement précisent toutefois dans le document que d’autres structures comme Champ-Dollon connaissent aussi des trafics de stupéfiants. Selon eux, la sécurité du bâtiment serait grandement améliorée si une fouille systématique des détenus était effectuée à leur retour d’activités externes.

Politeia s’est renseigné sur la situation du personnel de l’établissement de Villars. Une source interne affirme qu’aucune augmentation des ressources humaines n’a été effectuée. Elle confirme également que les fouilles des détenus ne sont pas systématiques en conséquence d’une insuffisance de personnel. Le rapport mettait également en cause l’approvisionnement des médicaments, effectué par un collaborateur de l’établissement. L’acheminement des médicaments prescrits aux détenus comportait des risques pour la sécurité du collaborateur, notamment en termes «de vol avec agression» en raison du transport de méthadone. La source interne de Politeia a toutefois confirmé que cette situation a été corrigée et qu’un service s’occupe maintenant de l’approvisionnement de l’établissement en médicaments.

Grégoire Barbey

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Pendant ce temps, Géo se biture au Chasselas. Santé Géo !

Écrit par : Boubacar Cuendet | 10/06/2014

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