Gregoire Barbey

20/01/2015

Finances: fini de jouer, l'heure est à la diète

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Dans un entretien paru aujourd'hui dans la Tribune de Genève, titré: «Comment réduire la dette? Serge Dal Busco se dévoile», le ministre des Finances explique quelles sont ses moyens d'améliorer la situation financière du canton. De prime abord, avec un tel titre, on se dit ouf, il y a donc une méthode pour nous sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons à Genève. Mais non. Serge Dal Busco n'est pas surhumain, il ne peut pas créer des solutions là où il n'y en a pas. Et il le laisse entendre. Comment réduire la dette? En ne grillant pas l'éventuel excédent aux comptes pour l'année 2014 pour couvrir les charges courantes (comme par exemple les annuités). C'est effectivement la seule manière de rembourser peu à peu les créances du canton, et le ministre vaudois des Finances Pascal Broulis l'a toujours dit. C'est rassurant de voir que cette évidence commence à faire son chemin à Genève… Mais est-ce que cela suffira?

Pendant des décennies, le Parlement s'est toujours jeté sur les excédents aux comptes pour maintenir des prestations ou éponger des charges courantes. Aujourd'hui, il est évident que ce n'est plus possible. Ce serait même à proscrire totalement pour les années à venir. Et là, seul Serge Dal Busco et ses collègues du Conseil d’Etat peuvent agir. Ils doivent obtenir un deal avec le Parlement, faire comprendre aux députés que jouer les autruches n'a que trop durer. Fini d'utiliser les éventuels dividendes de la Banque nationale pour continuer à maintenir des prestations et des charges excessives. Il en va de même du côté des excédents aux comptes. Fini de s'amuser avec l'argent du contribuable, en résumé. Fini de flatter son électorat en lui maintenant des privilèges qui ne sont pas justifiables en temps de crise.

Il n'est pas acceptable que le Conseil d’Etat en soit réduit à «espérer» que la croissance économique ne va pas ralentir, sous peine de voir le premier palier du mécanisme de frein à l'endettement s'activer (ce qui plongera Genève dans un blocage institutionnel et politique). Les syndicats peuvent bien appeler la fonction publique à des débrayages répétés. Ce ne sont pas les seuls à devoir faire des efforts. L'heure est aux négociations, et il n'est pas possible de perdre ne serait-ce qu'un quart d'heure supplémentaire. Les Genevoises et les Genevois doivent prendre conscience qu'ils ne peuvent pas être les dindons de la farce. Les générations futures n'ont pas à assumer les largesses et les excès politiques de leurs aînés. Certes, il n'est jamais agréable de devoir se saigner aux quatre veines. Mais quand on a laissé la situation devenir intenable, il faut en payer le prix. Les efforts à consentir sont nombreux, et ils ne doivent pas uniquement concerner la fonction publique. L’Etat doit redéfinir ses priorités et l'utilité de chaque prestation qu'il délivre à la population. Est-elle nécessaire? Est-ce un luxe ou un progrès social? L'heure est décidément à la concertation. Et Serge Dal Busco sait très bien qu'il peut pavoiser depuis son bureau de ministre, s'il ne va pas à la rencontre de ses partenaires (députés compris), il n'arrivera à rien.

Fini de jouer. C'est enfin l'heure de passer aux choses sérieuses. C'est-à-dire d'assumer la responsabilité de ses actes politiques. Et oui, les partis représentés au Parlement risquent de devoir se fâcher momentanément avec une certaine part de leur électorat. Ce sont les conséquences de décisions irresponsables. Au boulot!

Grégoire Barbey

08:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

Commentaires

"Les efforts à consentir sont nombreux, et ils ne doivent pas uniquement concerner la fonction publique. L’Etat doit redéfinir ses priorités et l'utilité de chaque prestation qu'il délivre à la population. Est-elle nécessaire? Est-ce un luxe ou un progrès social? "

Oui, la fonction publique doit faire un effort. Oui, les prestations doivent être délivrées avec plus de circonspection. Mais, l'effort doit être encore plus commun. La pertinence d'une baisse importante du taux d'imposition des entreprises se pose également (sans compter le laxisme en matière d'optimisation fiscale), de même que la tendance baissière de la fiscalité des personnes physiques. Il serait dangereux de croire que seule la baisse des coûts soit LA solution.

Écrit par : Roldana | 20/01/2015

"Fini de s'amuser avec l'argent du contribuable, en résumé. Fini de flatter son électorat en lui maintenant des privilèges qui ne sont pas justifiables en temps de crise."

Marrant...c'est exactement ce que son parti et le PLR on essayé de maintenir, DES PRIVILEGES.
Ces derniers voulaient préserver le 14ème salaires des cadres fonctionnaires. Déjà que les députés se sont augmenter de 25% en 2013... mais ca il semblerait que tous le monde est déjà atteint d'alzheimer...

Écrit par : plumenoire | 02/02/2015

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