Gregoire Barbey

31/01/2017

L'hystérie pascalienne pro-Trump

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Donald Trump suscite une véritable hystérie de part et d'autre de l'opinion publique. Ici comme aux Etats-Unis. Et comme toutes les passions se basent sur des sentiments forts, puissants, les réactions qu'elles suscitent sont souvent exagérées, excessives. Les opposants au nouveau président américain n'échappent pas à cette règle. Mais de là à les réduire, comme le fait Pascal Décaillet sur son blog, à de vulgaires caricaturistes, des agités du bulbe sans aucun intérêt, il y a un pas que je ne franchirais pas.

Pascal Décaillet le répète souvent: il appelle de ses vœux une révolution conservatrice, un retour à des valeurs traditionnelles, et souhaite balayer l'héritage de mai 68 qu'il déteste par-dessus tout. Il en a tout à fait le droit et la politique n'est pas faite d'une vérité qui surplomberait toutes les autres. C'est d'ailleurs bien de cela dont il est question à propos de Donald Trump: ses décisions dessinent les contours d'un projet de société, auquel chacun est en droit d'adhérer ou non. Qu'une partie de la presse se laisse submerger par l'émotion, par la loi de l'information instantanée, quitte à ne donner la parole qu'à ceux qui contestent les choix du président américain, il n'en fait pas l'ombre d'un doute.

Mais enfin, cela ne permet pas pour autant de réduire le message de l'opposition à de vaines jérémiades enfantines! Donald Trump a réussi en une dizaine de jours à diviser l'opinion publique américaine – et même au-delà – comme jamais, ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait réussi à faire en un laps de temps si court. Pascal Décaillet n'aime pas plaire et il le répète à l'envi. Il auréole son personnage d'une solitude qui seule permettrait de saisir le tragique de l'histoire. Raison pour laquelle ces manifestations réalisées par des individus en colère ou inquiets lui paraissent sans doute étrangères.

Lui qui défend, avec raison, l'importance de donner de la voix à toutes les composantes du peuple, y compris celle qui ne nous conforte pas dans nos certitudes, balaie d'un revers de la main les revendications d'une partie du peuple américain qui se sent outragé – à tort ou à raison – par les décisions de Donald Trump. Le peuple ne s'exprime pas qu'au travers des urnes, fort heureusement. Et critiquer l'hystérie d'une partie des médias ne suffit pas à taire la voix des opposants. Il y a, dans ses soulèvements, cette hystérie, un message qui mérite d'être entendu. Tout comme le message qui a porté Donald Trump au pouvoir doit l'être. Les caricaturistes ne sont pas toujours ceux que l'on croit.

Grégoire Barbey

17:46 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (21) |  Facebook | | | |

Commentaires

Je ne crois même pas que P. Decaillet soit pro Trump il est surtout remonté comme un coucou contre les médias mainstream pour des raisons personnelles.

Ceux-ci n’ayant pas caché, à juste titre selon moi, combien ce populiste fou furieux (à l’égo presque aussi démesuré que lui) ne pouvait que faire peur et provoquer des catastrophes, P. Decaillet a beau jeu aujourd’hui de jouer au seul (lucide) contre tous (pourris).

C’est facile et un peu ridicule mais visiblement notre donneur de leçons s’éclate dans ce rôle.

Grand bien lui fasse…..

Écrit par : Vincent | 01/02/2017

un commentaire très équilibré merci

Écrit par : de Chastonay | 01/02/2017

Decaillet est un clown, pas un journaliste. Passer de de Gaulle à Trump qui en est l'antithèse, le contraire absolu, quelle chute...

Écrit par : Miller | 01/02/2017

Concernant les médias, P. Decaillet a simplement essayé de remettre les pendules à l'heure.
La majorité des journaux ont passé plus de temps à parler de la coiffure de D. Trump et à montrer des photos dévalorisantes de ce dernier qui auraient pu le faire engager aux cirques Knie comme Clown.
On aurait préféré un peu plus d'articles fondés.
Que les médias continuent de cette manière et ils suivront le sinistre chemin de l'Hebdo que pas grand monde regrettera.

Écrit par : Boccard | 01/02/2017

De De Gaule à Trump, il y a juste plus de 55 ans d'écart et un monde qui a totalement changé, qui s'est sclérosé et totalement dilué dans la merdicité!

Il y a encore sur cette planète des gens qui croient en ces valeurs et principes fondamentaux qui font le ciment d'une société. (bon je vous l'accorde à l'intérieur des dites-sociétés il y a maintenant 2 pôles)

Inévitablement le virage devait être radical, il l'est et le sera encore un peu de temps.

Avant d'avaler goulument tout ce que la presse vous gave, vous devriez juste avoir quelques contacts aux States pour le moment, et leur demander à eux, ce qu'ils en pensent et ce qui s'y passe réellement.
Vous seriez étonné.....bon quoi que on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif!

Écrit par : Corélande | 01/02/2017

Travail Famille Patrie sur Léman Bleu:
Pascal interview le grand papa , la maman commente l’élévation des élèves genevois, le petit dernier interview Pascal sur sa longue carrière de journaliste , et tournez manège jusqu'aux prochaines chaleurs genevoises .

Écrit par : briand | 01/02/2017

En gros, Vincent a raison. Pour Decaillet, Trump n'est qu'une occasion de nous ressasser sa rengaine favorite, qui tient en une phrase : "Les journalistes romands sont tous cons sauf moi."

Quant à la raison, elle n'est pas difficile à deviner. Decaillet n'est jamais parvenu à occuper la position éminente que, dans sa modestie, il s'imaginait mériter au sein de la presse romande, et il noye son dépit en répétant que les raisons sont trop verts...

Écrit par : Clown Ier | 01/02/2017

@clown 1er : Pascal D. a simplement eu le tord de ne pas se situer dans la masse des journalistes 'de gauche' qui plaisent tant aux media. Son indépendance d'esprit et sa rigueur politique lui ont barré ce chemin que vous laissez flou. Les journalistes romands ont eu le grand tord de ne pas écouter,(sauf la radio avec ses reportages pertinents) de ne pas lire non seulement Trump candidat mais surtout ses supporters dans cet Amérique que certains s'obstinent à ne pas voir.
Dernier exemple de l'hystérie anti-T., l'histoire du mur !

Écrit par : uranus2011 | 01/02/2017

C'est l'âge..

Écrit par : Machin | 01/02/2017

Decaillet ne connaît strictement rien à la politique états-unienne, en témoigne le contenu affligeant de ses billets. Ceux consacrés à l'élection de D. Trump ne contre-balancent rien du tout, ils comportent des erreurs grossières et passent sous silence ce qui fait réagir tous ses confrères.
Plus largement, il assume ne pas aimer l'international (son billlet contre l'IHEID est encore consultable, malheureusement pour lui). A la rigueur, ça pourrait aller venant d'un journaliste œuvrant dans des medias locaux, sauf que là aussi, il y a de quoi s'étonner...

Écrit par : Castellina | 01/02/2017

La Dernière livraison de Pascal: il dégage en profondeur "métaphore footballistique" afin de souligner qu'ouvrir le calendrier de l'avant , soit enchanter le passé reste la marque de fabrique des réactionnaires.
S'agissant des figures du théâtre d’ombres qu'affectionne Decaillet , Mitterand y occupe une place de choix , évoquer "l'attentat" son aspect romanesque stimule les fantasmes de notre journaliste en y ajoutant une note littéraire marque de fabrique de l'animateur de Genève à Chaud.
Pascal fait souvent référence à ses études de philosophie allemande et convoque quelques personnages emblématiques " Thomas Mann, ou son frère Heinrich, ou Klaus "dans le but de conforter ses démonstrations.
Eh ben moi aussi: s'agissant de Trump ! Hannah Arendt et la banalisation du mâle.
non mais !!!

Écrit par : briand | 01/02/2017

Ceux qui aiment Trump sont les memes qui se réjouissent de l`extrémisme en général. Leur discernement limité ne leur permet pas de percevoir que les extrémistes sont d`abord des escrocs dont le fonds de boutique sont la frustration et le mécontentement, marchandises toujours disponibles a profusion. On aurait pourtant pu croire l`Europe immunisée contre ce genre de margoulins malfaisants apres deux guerres mondiales. Apres-coup, lorsque les grands escrocs ont fini de faire des dégats, on les voue aux gémonies mais on oublie qu`ils n`auraient pu faire de dégats sans le support des nombreux naifs qui se sont laissés prendre a leur rhétorique empoisonnée.

Écrit par : jean jarogh | 02/02/2017

Pascal Décaillet, sa Sainte Suffisance Journalistique, c'est des fake news.

Écrit par : Déblogueur | 02/02/2017

Etant le seul représentant journaliste présent dans le camp de la vérité et du glissement à droite, Pascal Décaillet dit de ses confrères, comme le dit de manière (im)pertinente Clown 1er, "qu'ils sont tous cons sauf lui." On a beau chercher parmi tous les rédacteurs de notre beau pays des plumes qui égaleraient l'élégance, le sens du décryptage, et celui de la formule-choc que pense posséder "in petto" P. Décaillet, aucun ne trouve grâce aux yeux du "Journalisme incarné", l'étalon de la pensée journalistique. On ne le lit pas souvent encenser ses confrères.

Malgré son extrême politesse, on trouve chez P.D. des formules qui ne sont guère flatteuses vis-à-vis de ceux qui en sont victimes. Lorsque je lis sous sa plume - le bec devrais-je dire, que M. E. Macron "se vautre dans l'européanisme", il ne semble pas se rendre compte qu'il insulte d'abord une personne qu'il ne connaît visiblement pas et ensuite l'Europe - sans la moindre nuance - comme s'il s'agissait d'une maladie honteuse.

Mais, ce qui est plus surprenant (surprenant, vraiment ?) vient de ce que mon bref commentaire à lui adressé - et qui semble avoir été simplement "sucré" - lui demandait comment il réagirait si d'aventure on disait de lui "qu'il se vautrait dans "l'udécisme". Sauf à penser que mon billet ne lui soit point parvenu, j'attends toujours une réponse ou une explication.

Je pensais naïvement qu'on pouvait refuser un commentaire en ayant cependant l'élégance, celle de la politesse, d'en expliquer les raisons.

"(…)En tout cas, ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle. La vérité ne se possède pas, elle se cherche.(…)"
Albert Jacquard - Petite philosophie à l'usage des non-philosophes, p.205 – Calmann-Lévy 1997

Écrit par : Michel Sommer | 02/02/2017

Il est amusant de lire tous ces commentaires au sujet de Pascal Décaillet. Pour être un lecteur assez régulier de ses dépôts (le live de Léman Bleu m'est par contre insupportable) je retiens essentiellement que:

- Pascal Décaillet se revendique d'une droite de tendance maurrassienne
- il critique ses détracteurs et persifle sur tous les autres
- il ne sait que parler de lui

Sa posture par rapport à la presse est encore plus amusante: tous ceux qui ne sont pas lui sont par définition des imbéciles, des obscurs ou des bien-pensants à la solde de la pensée unique - laquelle n'est évidemment pas la sienne. Et ceux qui ne sont pas lui, cela fait beaucoup de monde... Il se voit comme une sorte de Don Quichotte du journalisme, seul et reclus dans les méandres de ses idées rétrogrades (on n'osera pas parler de pensée).

Le plus intéressant est que pas un ou une de ses confrères ou consoeurs n'ait jusqu'à présent jugé utile de lui rabattre son caquet. La TdG continue de lui offrir sa plate-forme de blogs, GHI lui fait exécuter des piges (qu'il republie sur ladite plate-forme des blogs)... Donc, en plus, Décaillet est un profiteur.

On a les bouffons que l'on mérite.

Écrit par : Nicolas D. Chauvet | 03/02/2017

En lisant ces commentaires on dirait que Mr De à cailler à taper dans le mille. La résistance du système s'organise.

Écrit par : Fornara Giorgio | 03/02/2017

Tant de haine impuissante de la part de la pensée unique qui ne supporte pas le vilain petit canard, qui, comme chacun le sait, n'est pas un canard.

Écrit par : Charles | 03/02/2017

@ Charles: sans haine, sans armes et sans violence.

Écrit par : Nicolas D. Chauvet | 03/02/2017

"Tant de haine impuissante de la part de la pensée unique qui ne supporte pas le vilain petit canard, qui, comme chacun le sait, n'est pas un canard."

Tiens, "Charles" la groupie inconditionnelle de Trump...

Écrit par : Machin | 03/02/2017

@Charles

On peut être de droite, "pro entreprise", franc-tireur, voire polémique, et dire du mal du président Trump.

Lisez The Economist.

Et zappez le journaliste Décaillet.

Écrit par : Depasset | 05/02/2017

Decaillet s'emballe et pas pour cent balles, c'est de l'humour ,pas du bon mais notre journaliste ne rit que très peu , il aime les humoristes mais ne rit pas , un peu comme Buster Keaton , mais plus grave cela a été relevé comme... Trump.
Son dernier billet est une ode au passé, "journal de Genève La Suisse etc.
le conformisme des rédactions actuelles le désole , il oublie " Le Courrier" "Le Monde Diplomatique"plus récemment sur le Web " Charles" "Politis"
ça bouge dans les rédactions , pas dans le sens de notre conservateur , polémiste au MCGHI , mais avec la participation de nouvelles signatures qui en France ont beaucoup plus de mal que Decaillet à se faire une place sous la dictature du troisième âge du quatrième pouvoir au main de quelques familles.
Post Scriptum: il n'aime pas le vocable "société" mis à part société de tir peut-être , il est servi actuellement du côté du Tribunal d'Yverdon

Écrit par : briand | 05/02/2017

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